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Les jeux boostent notre cerveau

🧠 Le vrai impact des jeux vidéo sur notre cerveau révélé ! Des chercheurs prouvent que les jeux de stratégie boostent notre mémoire.


Jeux et cerveau

Une nouvelle étude révolutionne notre compréhension de l’influence des jeux vidéo sur la cognition. Menée par des scientifiques de l’Université de York, elle révèle que contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas les jeux d’action mais plutôt les jeux de stratégie qui améliorent réellement la mémoire de travail.

La mémoire de travail, faculté cognitive cruciale

Rappelons d’abord l’importance capitale de la mémoire de travail dans notre vie quotidienne. Elle nous permet de retenir temporairement des informations, comme un numéro de téléphone, le temps de l’utiliser. Elle joue également un rôle central dans des tâches complexes comme la compréhension, le raisonnement et l’apprentissage. Une mémoire de travail performante est donc associée à de meilleures capacités intellectuelles.

Les études précédentes avaient montré que les joueurs assidus de jeux d’action (FPS, etc) possédaient une meilleure mémoire de travail que les non-joueurs. On supposait que le gameplay intense de ces jeux, nécessitant de traiter beaucoup d’informations simultanément, entraînait les capacités cognitives.

Mais la nouvelle recherche remet en cause ce lien direct entre action et mémoire. En analysant plus finement les composantes des jeux, elle démontre que ce sont en fait les éléments de stratégie, et non d’action, qui boostent réellement notre mémoire de travail.

Une analyse plus précise des types de jeux

Les scientifiques ont fait passer des tests de mémoire à plus de 480 participants, âgés de 18 à 81 ans. Ceux-ci ont également listé leurs habitudes en matière de jeux vidéo.

Contrairement aux études précédentes, les chercheurs ont classé les joueurs et joueuses non seulement selon le type principal de leurs jeux (action, stratégie, puzzle), mais aussi en fonction des composantes de chaque jeu.

Par exemple, un joueur de FPS comme Call of Duty a été catalogué comme pratiquant à la fois l’action ET la stratégie, car ce jeu combine ces deux composantes.

Les jeux de stratégie boostent la mémoire des jeunes adultes

Chez les adultes jeunes (18-30 ans), les résultats sont sans appel. Les joueurs et joueuses de jeux de stratégie pure comme Civilization ou Starcraft obtiennent de bien meilleurs résultats aux tests de mémoire que les non-joueurs.

De même, les amateurs de jeux d’action contenant aussi des éléments stratégiques, comme Call of Duty, surpassent les non-joueurs.

Mais les fans de jeux d’action « pure », comme FIFA, n’ont pas de meilleure mémoire que les non-joueurs.

C’est donc bien la stratégie, et non l’action, qui augmente les capacités cognitives des jeunes.

Les puzzles améliorent la mémoire des seniors

L’analyse par âge révèle une autre surprise. Chez les seniors (60-81 ans), ce sont cette fois les joueurs de jeux de puzzle (Candy Crush, etc) qui excellents aux tests de mémoire comparés aux non-joueurs. Leur performance est équivalente à celle des jeunes adultes.

Les chercheurs avancent deux explications possibles. Soit les personnes avec une cognition préservée pour leur âge sont attirées par les puzzles. Soit les puzzles permettent réellement d’entretenir les capacités cognitives des seniors.

Dans les deux cas, cela ouvre des perspectives prometteuses. Des jeux vidéo spécialement conçus pour stimuler la mémoire pourraient aider à lutter contre son déclin lié à l’âge.

Pourquoi la stratégie et les puzzles sont-ils efficaces ?

Mais pourquoi ces genres de jeux se révèlent-ils si bénéfiques pour la mémoire ? Tout simplement parce qu’ils correspondent aux tâches qui sollicitent le plus cette faculté cognitive.

Les jeux de stratégie nécessitent de mémoriser de nombreuses informations cruciales pour anticiper et planifier. Simultanément, il faut ignorer les détails non pertinents. Ces efforts d’encodage, de manipulation mentale et de filtrage des distractions entraînent la mémoire de travail.

Quant aux puzzles, ils exercent la résistance aux distractions pendant l’encodage mnésique, faculté qui décline avec l’âge. Leur gameplay simple est aussi mieux adapté aux seniors.

L’action ne suffit pas

À l’inverse, contrairement aux idées reçues, l’action intense ne suffit pas à améliorer la mémoire. Le traitement rapide d’informations visuelles et la prise de décision dans l’urgence ne stimulent pas les mêmes processus cognitifs.

Cette étude nous rappelle que la relation entre jeux vidéo et cognition est complexe. Plutôt que de supposer a priori qu’un type de jeu sera bénéfique, il est essentiel d’analyser précisément les mécanismes mentaux qu’il mobilise.

Vers des jeux thérapeutiques ?

Ces résultats passionnants ouvrent la voie au développement de « jeux thérapeutiques » conçus pour stimuler des fonctions cognitives spécifiques. Des études montrent déjà que s’entraîner sur certains jeux améliore les capacités de raisonnement ou la flexibilité mentale.

Pour la mémoire de travail du cerveau, des puzzles et jeux de stratégie sur-mesure pourraient aider à prévenir le déclin chez les seniors. Les joueurs compétitifs pourraient aussi s’en servir pour booster leurs performances.

Bien sûr, avant d’intégrer les jeux vidéo dans le suivi médical, des recherches plus poussées sont nécessaires. Mais cette étude ouvre des perspectives passionnantes pour exploiter le pouvoir des jeux, bien au-delà du simple divertissement.

En résumé, il semble que ce soit la nature des efforts mentaux demandés, plus que le genre du jeu, qui importe vraiment. Plutôt que de supposer a priori qu’un type de jeu sera bénéfique, il faut analyser précisément les mécanismes cognitifs qu’il mobilise. Cette approche scientifique rigoureuse est essentielle pour développer les jeux vidéo thérapeutiques de demain.

Les jeux de plateau, une alternative aux écrans pour entraîner sa mémoire

Cette étude nous rappelle l’importance de la mémoire de travail et le potentiel des jeux pour l’améliorer. Mais les jeux vidéo ne sont pas la seule option. Les jeux de société traditionnels pourraient tout aussi bien entraîner nos capacités cognitives, sans les inconvénients des écrans.

Tout d’abord, de nombreux jeux de plateau font appel à la mémoire de travail et à la résistance aux distractions. Dans les jeux de carte comme Trio, il faut mémoriser les cartes jouées, demandées, pour anticiper les brelans. Aux échecs, retenir les déplacements de son adversaire est crucial. Quant aux jeux de dés comme les Roll & Write, ils exercent la concentration en dépit des conversations alentour.

La plupart des jeux de stratégie impliquent aussi une intense planification. Pour gagner à des gros jeux, à n’importe quel gros jeu, citons par exemple Ark Nova, il faut élaborer et retenir une stratégie sur le long terme. Aux échecs, calculer plusieurs coups à l’avance est indispensable. Même les jeux de plateau plus accessibles comme les Colons de Catane, Azul ou Splendor font travailler le sens tactique.

Alors oui, le gameplay des jeux de société se rapproche des tâches cognitives quotidiennes. Contrairement aux jeux vidéo, l’information y est traitée de manière séquentielle et profonde plutôt que rapide et superficielle. Leur rythme généralement moins soutenu permet une réflexion posée. Ils stimulent donc l’attention prolongée et la manipulation mentale, facultés essentielles hors des écrans.

Autre atout, les jeux de plateau permettent des interactions sociales réelles. Les échanges entre joueurs et joueuses sollicitent les capacités de communication bien plus que la fréquentation virtuelle des MMORPG des jeux vidéo. Une partie de cartes entre amis exercera ainsi la mémoire, la stratégie et la vie sociale.

Et il faut le relever, le matériel physique des jeux de société facilite la concentration. Le toucher des cartes et des pions est plus concret que les manipulations virtuelles. Les éléments du jeu disposés sur la table forment des repères stables pour la réflexion, à l’inverse des interfaces numériques changeantes.

Enfin, la variété des univers ludiques permet de s’adapter aux goûts et aptitudes de chacun. Pour muscler son cerveau et exercer sa mémoire, le bridge Trio sera plus approprié que Monopoly. Pour la concentration, un jeu simple comme le Yams conviendra mieux qu’un wargame complexe. Il existe des jeux de tous niveaux, permettant de progresser à son rythme.

Bien sûr, pour confirmer scientifiquement ces hypothèses, des études sont nécessaires. Mais nul doute que le plaisir et la convivialité des jeux de plateau en feront des outils d’entraînement cognitif bien plus agréables que les exercices répétitifs sur écran. À l’heure où les « brain games » pullulent, redécouvrons le formidable potentiel ludique et social des jeux de société traditionnels. Plutôt que de passer nos loisirs devant des pixels, profitons-en pour entraîner notre cerveau tout en tissant des liens bien réels.

👉 L’étude est ici : « Higher working memory capacity and distraction-resistance associated with strategy (not action) game playing in younger adults, but puzzle game in older adults« .


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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.


Seriez-vous prêt à utiliser des jeux vidéo ou de société à visée thérapeutique si cela était prescrit par votre médecin ? Qu'en pensez-vous ? 💭

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One Comment

  • Zekka

    Présenter sa carte Vitale et ressortir avec une boîte de jeu sous le bras : le rêve !

    Les jeux de société sont certainement bons également pour lutter contre les troubles psychiques tels que la dépression puisqu’ils favorisent l’interaction sociale positive. En celà ils sont plus efficaces que les jeux vidéo puisqu’on voit et on interagit plus facilement avec quelqu’un en face de soi qu’à travers une barre de chat ou une app de VoIP.

    Sérieusement, déclarer le JdS comme étant d’utilité publique c’est pas si aberrant …

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