Waterfall Park
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Waterfall Park : Négociations, connexions, attractions

🎡 Construisez votre propre parc d’attraction dans Waterfall Park, ce jeu de négociation intense ! Stratégie, bluff et tractations.


Waterfall Park

⚠️ Avertissement : Pour faire écho à notre article sur le marketing d’influence dans le jeu de société, et dans le cadre d’une démarche de transparence, nous tenons à vous informer que ce jeu nous a été offert par l’éditeur. Notre avis reste toutefois impartial et sincère. Nous vous exposons ici les qualités et les défauts du jeu.


Waterfall Park, de quoi parle le jeu ?

Les joueuses et les joueurs incarnent des promoteurs chargés de construire et d’exploiter un parc d’attractions appelé « Waterfall Park ». Waterfall, la cascade. Car au milieu du parc coule une rivière. Une rivière qui sépare le plateau et qui empêche les connexions, les adjacences. Voir les règles plus bas.

Le but est de rendre ce parc aussi rentable que possible. Il s’agit de la réédition du jeu Chinatown de 1999. On en parle plus bas.

Intéressons-nous maintenant plus en détails aux règles et au déroulement d’une partie de Waterfall Park.

Waterfall Park plateau

Waterfall Park, les règles du jeu

Waterfall Park est un jeu de placement et de négociation pour 3 à 5. Le but du jeu est de construire le parc d’attractions le plus rentable en connectant des tuiles d’attractions adjacentes sur le plateau de jeu.

Au début de la partie, chaque personne pioche au hasard un certain nombre de cartes Emplacement et de tuiles Attraction. Les cartes Emplacement indiquent où est-ce qu’on peut placer ses socles de couleur sur le plateau pour réclamer cet emplacement. Les tuiles Attraction représentent les manèges et attractions du parc.

Vient ensuite la phase de négociation, qui est le cœur du jeu. Durant cette étape, chaotique, les joueuses et les joueurs peuvent négocier et échanger n’importe quelle ressource : emplacements, tuiles Attraction, argent, etc. Tout est permis ! C’est un moment animé, fun, bruyant où les joueuses et les joueurs discutent et marchandent simultanément. Waterfall Park devient le souk, dans les deux sens du terme !

Après la négociation, chaque joueuse et joueur place ses tuiles Attraction sur le plateau sur ses socles et reçoit de l’argent pour chaque groupe de tuiles identiques connectées. Plus le groupe est grand, plus il rapporte. L’objectif est donc de former de grands ensembles d’attractions identiques.

Les règles relativement simples de Waterfall Park cachent pourtant des mécanismes subtils, notamment dans la gestion du hasard, comme nous allons le voir.

Waterfall Park matériel

Du hasard, mais lissé

Bien que Waterfall Park comporte une bonne dose d’aléas dus aux pioches de cartes et tuiles, le jeu intègre des mécanismes subtils pour lisser le hasard et donner plus de contrôle.

Tout d’abord, piocher plusieurs cartes Emplacement et tuiles Attraction au départ permet déjà d’avoir un peu de choix et de variété dans les ressources de départ.

Ensuite, la phase chaotique de négociation permet d’échanger et d’obtenir les ressources dont on réellement besoin pour sa stratégie. Même avec des pioches hasardeuses, un bon négociateur ou une bonne négociatrice saura optimiser ses chances.

Enfin, le placement des tuiles sur le plateau requiert une réflexion pour maximiser les regroupements et la rentabilité des attractions. La victoire ne revient pas juste au plus chanceux ou chanceuse, mais aussi au plus habile tacticien !

Avec ces subtilités, Waterfall Park réussit à introduire une dose de hasard dans un jeu qui reste avant tout stratégique et qui récompense les meilleurs négociateurs et gestionnaires de parc.

Si les règles sont facilement accessibles, le public cible du jeu se révèle quant à lui plus pointu qu’il n’y paraît.

Pour quel type de public ?

Waterfall Park se destine avant tout à un public adulte ou adolescent. Le jeu est conseillé dès 10 ans, et c’est un grand minimum ! Bien que les règles, simples, claires, didactiques, permettent une initiation rapide, certaines mécaniques de jeu demandent un niveau de réflexion stratégique plutôt adapté aux joueurs et joueuses expérimentées.

Notamment, la phase clé de négociation requiert une habileté et une ruse dans la discussion qui risquent de désavantager des joueuses et joueurs plus jeunes, surtout s’ils jouent contre des adultes rompus à l’exercice. Pour négocier au mieux, il faut rapidement évaluer la valeur des ressources à l’échange, anticiper les stratégies adverses, bluffer au bon moment, et finalement mener des tractations savantes. Un sacré calcul !

Les enfants apprécieront le thème ludique du parc d’attraction et les jolis visuels du jeu. Mais pour pleinement profiter du jeu et ne pas se faire rouler dans la farine par des adversaires plus matures, mieux vaut avoir au minimum 10-12 ans et jouer entre joueurs et joueuses de même niveau. Waterfall Park s’appréciera donc pleinement entre adultes ou grands ados, le challenge et l’interaction compétitive étant au cœur du fun !

La négociation, élément central du gameplay de Waterfall Park, requiert à elle seule de solides compétences que nous allons détailler ici.

L’art de la négociation

La phase de négociation est le moment fort de Waterfall Park, celui qui requiert le plus de finesse et va déterminer l’issue de la partie. C’est un art subtil qui demande quelques conseils :

👂 Commencez la discussion en demandant ce dont les autres ont besoin, avant d’exposer vos propres besoins.

🤐 Ne dévoilez pas toutes vos « cartes » trop tôt dans la négociation. Gardez des atouts pour la suite.

🤝 Misez sur le donnant-donnant. Proposez des échanges équilibrés qui profitent aux deux parties.

🎭 N’hésitez pas à bluffer sur la valeur de vos ressources, de vos objectifs, pour augmenter votre marge de négociation.

🤸‍♂️ Restez souple. Si une négociation échoue, revenez-y plus tard ou avec une nouvelle offre.

😤 Ne vous braquez pas si un deal vous est refusé. Gardez votre calme et passer à autre chose, à quelqu’un d’autre.

🤼‍♂️ Faites attention à ne pas vous isoler en négociant qu’avec une seule personne. Variez vos partenaires. Dans Waterfall Park, tout le monde négocie avec tout le monde en même temps

Maîtriser l’art de la parole, de la persuasion et du compromis est indispensable pour exceller à Waterfall Park. La négociation est un jeu dans le jeu, qui peut s’avérer aussi excitant que le placement des tuiles !

👉 À lire aussi : Sommet Biden-Poutine. Nos 5 jeux de société préférés de négociation.

Analyses des mécanismes

Le cœur du gameplay repose sur deux mécanismes principaux : la pioche aléatoire de tuiles et la négociation.

La pioche initiale de tuiles Attraction et de cartes Emplacement injecte une part de hasard, tout en offrant un premier choix intéressant. Disposer de plusieurs tuiles et emplacements permet déjà des premiers arbitrages. Cette variété des ressources initiales influence fortement la stratégie, sans pour autant totalement pénaliser certains joueurs.

Mais le vrai intérêt réside dans la négociation. L’échange libre de n’importe quelle ressource durant cette phase est jouissif. On peut réellement discuter, argumenter, faire des offres et des contre-offres pour obtenir ce dont on a besoin. Cette interaction est excellente pour l’immersion. Le jeu prend alors tout son sens : obtenir par le dialogue de quoi optimiser son parc.

Le placement final des tuiles sur le plateau conclut ensuite à la satisfaction d’assembler logiquement les attractions obtenues. La recherche d’ensembles identiques et de combos adjacents procure une tension positive. On mesure ainsi concrètement le résultat de nos négociations.

Ces deux mécanismes assemblés forment un ensemble malin, source de nombreux rebondissements. Même avec des ressources initiales imperfections, tout peut encore se jouer grâce aux échanges !

Derrière une expérience divertissante, Waterfall Park révèle cependant quelques défauts à ne pas négliger, comme un risque de déséquilibre

Risque de déséquilibre

La mécanique de décompte de Waterfall Park peut potentiellement mener à des situations de « tir au pigeon » si certains joueurs et joueuses prennent un avantage décisif dès les premières manches. Alors certes, à l’instar de Small World, les points de victoire sont représentés par l’argent, argent que l’on conserve face cachée tout au long de la partie.

Mais on voit bien qui prend l’avantage.

Rappelons que chaque groupe d’attractions adjacentes posé rapporte des points à chaque tour. Donc si un ou une joueuse parvient à construire un ou plusieurs gros parcs rentables dès la première manche, cela va générer un flux de revenus conséquent à chaque tour par la suite.

À l’inverse, un ou une joueuse qui raterait ses premières manches et ne construirait que des petits groupes peu rentables se retrouverait rapidement distancé. L’écart risque alors de se creuser de manche en manche et de devenir insurmontable. En milieu de partie, on peut très bien se sentir largués et ne plus vouloir finir la partie.

Cette dynamique peut mener à du « tir au pigeon », où les joueuses et joueurs en tête sont avantagés et il devient risqué pour les autres de commercer avec eux, de peur de les avantager davantage.

Donc :

📈🤑 Du « win-to-win » => plus on gagne et plus on gagne

🎯👎 Du « tir au pigeon » => on risque de se liguer contre le leader

⚠️📉 Punitif => parce que si on prend un mauvais départ, l’écart se creuse

Trois aspects du jeu qui peuvent refroidir.

Waterfall Park, la cascade ratée de Chinatown

En 1999, le jeu Chinatown déferlait sur le monde ludique avec son principe novateur : la libre négociation d’îlots urbains pour les aménager et en tirer des revenus. Vingt ans plus tard, l’éditeur Repos Production tente de rafraîchir ce classique avec Waterfall Park. Pari manqué ?

Pour qui ne connaît pas Chinatown, le but est simple : acquérir des tuiles représentant des quartiers à New York, les aménager avec des attractions, puis gagner de l’argent quand des visiteurs viennent les visiter. La clé du gameplay réside dans une phase de négociation totalement libre, durant laquelle les joueurs échangent et vendent leurs tuiles comme ils le souhaitent. Le vainqueur est celui qui a construit le quartier le plus rentable.

Avec Waterfall Park, Repos tente d’insuffler un vent de fraîcheur à ce principe, en changeant l’habillage new-yorkais pour un parc d’attractions. Exit les rues de Chinatown, place aux allées et manèges colorés ! Les îlots deviennent des attractions à construire pour attirer les visiteurs et visiteuses.

Certaines règles sont aussi modifiées, comme l’ajout d’un plateau en deux parties séparées par une rivière. Les constructions doivent se faire d’un côté ou de l’autre. L’idée est astucieuse pour contraindre les placements, mais son intégration reste maladroite.

Car malgré ce « relooking », Waterfall Park ne parvient pas à séduire autant que l’original. La faute sans doute à son thème trop artificiel et décalé par rapport au principe du jeu. La négociation autour de l’aménagement urbain sonnait plus cohérente que ce concept bancal de promotion de parcs d’attractions.

Surtout, le problème majeur de Chinatown n’est pas réglé : les interminables phases de négociation, souvent chaotiques et sources de frustration. Certes, c’est le cœur du gameplay, mais un meilleur encadrement aurait été bienvenu. Les novices notamment risquent de se perdre dans des tractations interminables et stériles.

Waterfall Park, verdict

Au terme de notre analyse, il apparaît que Waterfall Park est un jeu au fort potentiel, mais présentant quelques écueils d’équilibrage.

Le principe des négociations libres pour construire son parc d’attractions est vraiment immersif ! Les interactions sociales qui en découlent constituent le vrai cœur du fun et apportent une excellente rejouabilité. On prend un réel plaisir à débattre et troquer toutes sortes de ressources pour optimiser ses attractions.

Cependant, certains aspects pénalisent l’expérience. Le risque de « tir au pigeon » et de déséquilibre, si certains prennent trop d’avance dès le début, peut mener à des parties frustrantes. De même, le jeu semble complexe à appréhender pour les novice qui peinent à construire une stratégie gagnante.

Pour finir, Waterfall Park est recommandable pour les joueuses intermédiaires ou expérimentés recherchant des défis compétitifs et des interactions fortes. Les novices auront plus de mal à en saisir toutes les subtilités et risques de subir des parties décourageantes. Avec quelques ajustements d’équilibrage, ce jeu malin et original saura encore mieux déployer son potentiel.

Avec son ambiance animée et sa profondeur stratégique, Waterfall Park saura séduire les fans de jeux de négociation et de pose de tuiles. C’est un titre énergique et malin, qui nécessite seulement de rester fair-play et équilibré durant les tractations.

Entre party-game et jeu de tuiles, Waterfall Park se révèle être un bon moment de fun en perspective pour les joueuses et joueurs en quête d’un défi interactif !

Pas mal !

Note : 3.5 sur 5.

  • Création : Karsten Hartwig
  • Illustrations : Umeshu lovers
  • Édition : Repos Production
  • Nombre de joueurs et joueuses : 3 à 5 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 45 minutes
  • Thème : Parc d’attractions
  • Mécaniques principales : Tuiles, négociation. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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Article écrit par Amélie. Passionnée de jeux de société. A commencé à jouer à des jeux de société à l’âge de 1 année, environ, et n’a jamais cessé depuis. Kiffe les jeux de plateau, coopératifs, narratifs et d’autres qui finissent aussi en « tif Â». Adore partager sa passion et aider les autres à découvrir les top et éviter les flop.

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