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Next station: London. Métro, boulot, culot

Dans Next station: London, saurez-vous construire le meilleur réseau de métro ?


Next station: London

Construire un réseau de transport en commun, c’est un classique des jeux, de société et vidéo. Est-ce lié au besoin de structurer, d’organiser, notre pensée, nos stratégies, nos vies ? La planification de réseaux de transports, comme des excroissances de nos existences. Dans les jeux de plateau, on peut bien sûr citer Les Aventuriers du rail ou Railroad Ink Challenge, que nous avons chroniqué récemment. Dans les jeux vidéo, Railroad tycoon et A-Train sont des grands classiques. Et le minimaliste Mini Metro a fait un carton il y a quelques années, aussi bien sur ordinateur que sur portable. Next station: London nous propose de relever une nouvelle fois ce défi.

Next station: London est le tout nouveau jeu des éditions Blue Orange, créé par le très prolifique auteur Matthew Dunstan, qui vient tout juste également de sortir la série des jeux immersifs audio Echoes. Next station: London est un petit jeu qui ne va pas sans rappeler Mini Metro, justement.

Chaque joueur et joueuse va devoir, sur sa grille, créer un réseau de métro de 4 lignes, verte, bleue claire, rose et bleue foncée, en reliant les stations.

Next station: London, les règles, en gros

Les règles de construction du réseau de métro dans Next station: London sont assez évidentes :

  • Les sections doivent suivre les segments pré-tracés sur la grille et doivent être droites
  • Les sections peuvent partir de n’importe quelle extrémité de la ligne, mais pas d’une station intermédiaire
  • Une section ne peut pas relier deux stations en traversant une station intermédiaire
  • Les sections ne peuvent pas se croiser, sauf dans une station
  • Une ligne ne peut pas passer deux fois dans une station
  • Une ligne ne peut pas emprunter un segment déjà emprunté par une autre ligne
  • Les stations de départ sont des stations comme les autres, il est autorisé d’y faire passer une ligne d’une autre couleur
  • Le ou la joueuse n’est pas obligé de tracer une section

Bref, plusieurs contraintes qui demandent beaucoup de tactique et de planification.

La grille est découpée en 13 zones :

  • Une zone centrale avec 9 stations
  • 4 zones orthogonales à la zone centrale avec 6 stations chacune
  • 4 zones en diagonale par rapport à la zone centrale avec 4 stations chacune
  • Des coins avec 1 station chacun

Et qui bien sûr, qui dit Londres dit la Tamise. Elle traverse les zones gauche, centrale et droite.

Mais ce n’est pas tout. Il faut encore compter sur 4 types de stations : les triangles, les pentagones, les carrés et les cercles. Le type de station sert à déterminer quelle section sera tracée lors du tour de jeu. Certaines stations présentent également des caractéristiques particulières.

En voiture Simone !

Pour la première manche, chaque joueur et joueuse va recevoir une grille et un crayon de couleur. Lors des manches suivantes, les crayons tourneront à la table, afin que tout le monde ait une ligne de chaque couleur sur sa grille.

Les sections vont être tracées en fonction des cartes tirées. Il y a 11 cartes, 6 cartes bleues et 5 cartes roses. Les cartes sont mélangées, et le contrôleur va tirer les cartes. Lorsque la 5ème carte rose sort, la manche est terminée. Les cartes affichent des symboles qui indiquent vers quel type de station la section doit être tracée.

À la fin de la manche, on compte combien de points sa ligne rapporte, en comptant le nombre de zones traversées. Cette somme est multipliée par le nombre maximum de stations traversées par zone. On ajoute ensuite 2 points par traversée de la Tamise pour cette ligne, et on coche enfin autant de cases sur l’échelle des sites touristiques que de sites touristiques traversés par la ligne.

Puis les cartes sont rebattues, les crayons transférés, et la seconde manche peut commencer.

Au bout des 4 manches, on additionne le score de chaque ligne, auquel on ajoute le score des sites touristique et on compte le nombre de correspondances multiplié par un facteur. Le ou la joueuse avec le plus grand total est déclarée gagnante.

Modules optionnels

Le jeu vient avec deux modules optionnels :

  • Les objectifs communs, qui vont permettre de marquer des points s’ils sont remplis. Il y en a 5 possibles.
  • Les pouvoirs de crayon, qui vont s’attacher à une couleur. Il y en a 4 possibles.

Next station: London, verdict

D’un point de vue esthétique, Next station: London est réussi. Et le pari n’était pas gagné d’avance. Comment rendre la construction d’un réseau de métro… sexy. Le style minimaliste est à la mode. Mais il est ici au service du jeu et ne le dessert pas, comme cela peut être le cas ailleurs dans d’autres jeux. Les couleurs sont voyantes certes, sans être criardes non plus, et les dessins sont simples mais agréables. On prendra plaisir à sortir le jeu et à le présenter à d’autres personnes.

Next station: London utilise tous les ressorts classiques du Flip and Write. Tu pioches et tu coches. Que l’on retrouve également dans l’autre jeu tout récent Get on Board, un autre jeu de construction de réseau de transports publics, qui se déroule également à Londres. Mais de bus cette fois, pas de métro comme ici.

Depuis Welcome to, le Flip and Write est une mécanique qui apparaît de plus en plus souvent sur le marché, avec de nombreux jeux sortis fin 2021 – début 2022 qui surfent sur la hype. Dans Next station: London on dispose d’une grille et d’un tirage identiques pour tout le monde. Mais avec le twist débonnaire des couleurs.

Les stations de départ des lignes étant toutes dans des zones différentes, ce qui va créer un déséquilibre dans le jeu. Déséquilibre relatif toutefois, la grille étant très bien pensée et harmonieuse. La part d’aléatoire du jeu est à chercher dans les cartes.

Mais là aussi, le système de gestion du tirage et le nombre de cartes totales fait que l’aléatoire ne va pas favoriser ou défavoriser quelqu’un. Next station: London n’est de toute façon pas un jeu où on va chercher à mettre en place une stratégie sur le long terme. Une ligne ne fera qu’entre 5 et 10 segments.

Ce format court, ramassé, n’empêche pas de devoir faire des choix. En particulier si on joue avec les objectifs communs. Ajouter une zone pour un potentiel gain futur, ou augmenter le nombre de stations dans une zone pour augmenter le multiplicateur et assurer un gain immédiat ? Jouer les sites touristiques ou les traversées de la Tamise ? Ces questions se posent lors des parties. Et c’est ce qui rend, selon moi, Next station: London réussi. On trouvera toujours une nouvelle façon de jouer, et de marquer des points. La première partie sera sans doute le début d’une longue suite.

Un petit Flip and Write malin, qui plaira à tout le monde, avec une solide rejouabilité

Note : 5 sur 5.

  • Auteur : Matthew Dunstan
  • Illustrateur: Maxime Morin
  • Éditeur : Blue Orange
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : Dès 8 ans (bonne estimation)
  • Durée : 25′
  • Thème : Transports
  • Mécaniques principales : Flip and Write

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Article écrit par Clément de la Team Gus&Co. Adepte des jeux rapides, son pire ennemi est le paralyseur. Spécialiste des jeux de plis, des casse-têtes et des ours. Il a deux chats, trop de plantes et une mémoire défaillante. Devise : « Faut que ça poppe ! »

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