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Le jeu du jour : Parks ⛺️

Temps de lecture: 6 minutes

Parks, de quoi ça parle ?

S’il y a bien un jeu qui a buzzé en 2019 à la Gen Con et longtemps après, c’est Parks !

Dans Parks, vous incarnez un ou une randonneuse dans les grandioses parcs (d’où le titre) naturels américains. Vous vous baladez dans différents lieux, régions, le but étant de visiter le plus de parcs possibles

Parks est un jeu qui parvient à proposer une réelle expérience ! Le matériel est tellement magnifique, illustrations, composants, et les règles tellement fluides, qu’au final, la sauce prend, on s’y croirait vraiment, à se balader dans ces pittoresques paysages de parcs américains. Un 4 sur 5 sur l’ITHEM, ce qui est plutôt impressionnant pour un petit jeu familial pareil

Parks, comment on joue ?

Parks, c’est Tokaido, en plus bucolique. On atterrit sur des cases et on obtient des éléments, des ressources, que l’on va pouvoir échanger contre de grosses cartes « parcs » pour obtenir des points de victoire en fin de partie

Parks fonctionne de la même manière que le sous-coté Egizia, un système de placement d’ouvriers successif. On avance l’un de ses deux pions le long d’une randonnée, et on ne peut jamais revenir en arrière. Avec une case spéciale en toute fin de chemin, qui permet d’acheter du matos ou d’échanger les ressources acquises pendant la balade contre des PV

On ne peut pas s’arrêter sur une case déjà occupée, comme un pur jeu de placement d’ouvriers. Mais si quand même. En début de partie on obtient une tuile « feu de camp ». Pendant la partie, si on veut s’arrêter sur une case occupée, on peut la retourner, pour représenter qu’on campe à ce endroit, et hop, c’est possible

Une fois que tous les meeples ont atteint la fin du sentier, la manche se termine. S’ensuit alors quelques étapes de remise à niveau, la plus notable est que les tuiles « sentier » sont remélangées, et qu’on y rajoute une tuile. La rando et les possibilités augmentent ainsi à chaque manche, sachant qu’on va en jouer quatre. Quatre, c’est court, c’est bref, c’est intense !

Et c’est tout ?

Les ressources peuvent non plus s’échanger pour des cartes à PV, mais également pour acheter des cartes « matériel » qui va offrir quelques avantages. Ce sont d’ailleurs les seules cartes avec (très peu) de texte. On y reviendra plus bas ⬇️

Au final, les règles de Parks s’expliquent en 2-3 minutes max, une fois qu’on a compris la mécanique principale de placement d’ouvriers successifs (= ne jamais reculer)

Et comment on gagne ?

Après quatre tours, on compte ses points présents sur les somptueuses cartes « parcs » acquises pendant la partie. Avec en plus quelques points grappillés par-ci par-là pendant la partie en utilisant son appareil photo pour prendre quelques (tuiles) photos

Et sa carte « objectif secret » de départ vous ramène également quelques points. Oui parce que si en 2020 vous sortez un jeu de société sans carte « objectif secret » de départ, vous avez raté votre jeu ! 😂

Mais en gros, pour faire simple, Parks est un « bête » jeu de contrats : on obtient différentes ressources que l’on va échanger contre des cartes objectifs

Interaction ?

Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Parks atteint un 2/5

Pourquoi ?

Parce que dans Parks, hormis se placer sur des cases que d’autres convoiteraient, ou prendre des cartes « parcs » avant, l’interaction est plutôt… douce. Non, on ne peut pousser les autres ou leur faire un croche-patte sur le sentier. Bande de sadiques !

Et à combien y jouer ?

Le jeu indique de 1 à 5. Alors oui, il y a un mode solo, avec une « IA », mais c’est plutôt ici cosmétique et anecdotique. Et hormis pour cette version solo, Parks ne propose aucune adaptation selon le nombre de personnes à la table. Les expériences ne sont par conséquent de loin pas toutes semblables

À 2, le jeu est peut-être un peu plat pour passionner. Le sentier n’est pas encombré. On se balade où on veut. Le jeu tourne bien, comprenez-moi bien, mais l’interaction est alors moins prenante

À 5, c’est exactement le contraire, le sentier devient trop chargé avec ces dix meeples qui gambadent dans la joie et la bonne humeur. On se retrouve bien souvent à atterrir sur une tuile qu’on n’aurait pas désirée, juste parce que c’était la seule dispo

Donc dans l’idéale, Parks se délecte de 3 à 4

À partir de quel âge y jouer ?

Le jeu indique dès 10 ans. Et on pourrait même y jouer dès 6-7 ans, en retirant peut-être les cartes « matériel » qui contiennent du texte et qui modifient quelque peu les règles du jeu

Mais c’est en effet dès 10 ans que le jeu peut se pratiquer dans son entier

Alors, Parks, c’est bien ?

Mais grave !

On ne peut le nier, depuis sa sortie, Parks fait un buzz de ouf ! Ses illustrations, colorées d’un pastel lumineux et flamboyant parviennent à propulser les joueuses et joueurs dans une réalité rustique et poétique. Ce sont en tout 30 artistes qui se sont succédés sur le jeu pour composer d’opulentes cartes « parcs »

Et ce n’est pas tout. Avec des jeux qui jouent la carte de la démesure avec des tailles de boîte aussi lourdes qu’imposantes, Parks reste d’un modeste incongru. Une petite boîte, pleine, et surtout, au mini-micro thermo d’une efficacité stupéfiante ! Dès la boîte ouverte, on sent que l’éditeur américain Keymaster a pensé son jeu dans son entier, pour proposer une expérience souple et ronde

Au final, Parks propose des parties fluides, intenses, légères et pittoresques comme une balade en forêt d’un parc américain. Alors certes, avec Parks on est loin d’un jeu Core à la stratégique profonde et exigeante, mais comme jeu Familial+, Parks s’avère être un excellent titre et l’une des excellentes découvertes de 2019

🔴 Parks, score final : 5/5

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ Des somptueuses illustrations réalisées par 30 différents artistes

✅ De superbes pièces de jeu en bois. Notamment les animaux, qui servent juste de ressources joker. Autant inutile que nécessaire !

✅ Un mini-micro d’une efficacité prodigieuse

✅ Une petite boîte bien chargée

✅ Un gameplay fluide et évident : placement successif, collecte de ressources, cartes objectifs

✅ Pour chaque jeu acheté, l’éditeur verse une contribution au fond de soutien aux parcs américains

✅ Un jeu qui donne grave envie d’aller visiter tous ces parcs en vrai

✅ Quelques petits choix tactiques : sur quelle tuile atterrir, quelle ressource obtenir, pour quelle carte ? Léger, fluide

✅ Les cartes « matos » qui apportent une certaine variété au jeu

✅ Les deux extensions (mais pas vraiment) qui se profilent à l’horizon. Début février sur Kickstarter. On en reparle plus bas ⬇️

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Des parties à 1, 2 et 5 moins passionnantes. C’est vraiment à 3-4 que le jeu prend tout son intérêt

❌ Devoir attendre l’été 2020 pour la VF chez Matagot

Et encore une chose

Ce mardi 4 février, l’éditeur américain va lancer deux extensions sur Kickstarter, Memories et Nightfall

Nightfall, avec de nouvelles illustrations, de nouvelles cartes, pour un gameplay similaire

Memories, en revanche, n’est pas du tout une extension mais un spin-off. Memories sera également lancé ce 4 février sur Kickstarter. Il s’agit en réalité de la version à deux uniquement, ou en équipe. Comme Parks est plutôt… plat à deux, Memories propose un jeu vraiment adapté à deux. Même « univers », mais différent gameplay, avec une mécanique qui reprend le Memory (d’où le titre), des tuiles similaires à retrouver sur une matrice. On se réjouit de voir ce que cela donne. Si le jeu est financé, mais il le sera, vu le succès de son grand frère, il pourrait bien encore sortir cette année pour la Gen Con

VO ? VF ?

Matagot a décroché la timbale en obtenant la localisation. Cool. Sauf qu’ils annoncent le jeu pour l’été 2020, si tout va bien, et pas avant. Snif. Nous ressortirons cet article quand le jeu sera dispo en français. Si vous ne voulez pas attendre, sachez juste que seules les règles sont en anglais, pareil pour les cartes « matos », qui ne contiennent qu’une ou deux lignes max. Vous devriez pouvoir vous en sortir. Tout le reste n’est que picto

Vous pouvez consulter les règles de Parks en anglais ici

Vous pouvez trouver Parks en anglais chez Philibert ici

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  • Auteur : Henry Audubon
  • Illustrateurs : Fifty-Nine Parks Print Series (=un collectif de 30 artistes)
  • Éditeur : Keymaster Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 5 (mais comptez plutôt 3 à 4)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (voire moins, en retirant peut-être les cartes « matos »
  • Durée : 30 à 45′, max 60′ en traînant un peu la patte
  • Thème : Randonnée
  • Mécaniques principales : placement d’ouvriers successif, contrats, objectifs secrets

Et en parlant de parcs, de rando, le Shirin-Yoku, ça vous dit quelque chose ? C’est la sylvothérapie. La thérapie par les arbres, par la forêt. Les bains de forêt, en japonais, un « traitement » naturel très en vogue au pays du Soleil Levant pour se débarrasser de son stress quotidien. Est-ce que cet article vous a donné envie d’aller faire une petite balade dans un bois, un parc, en forêt ? Juste histoire de vous… ressourcer ? Moi, oui

8 Comments

    • Alfa

      Sur une seule tranche 😉
      Donc pour ceux qui apprécient ça peut être utile, et pour eux qui n’aiment pas c’est une tranche qu’on peut cacher dans une étagère !

  • Alfa

    merci pour cet article ! Je ne connais pas le jeu mais quelqu’un m’a indiqué une certaine similarité avec THE RIVER (règles simples, pose d’ouvrier, contrats , .. ..). Qu’en pensez vous ?

    • YellowDice

      Oops, le texte entre guillemets a sauté … il faut lire :
      « Parks est un bête jeu de contrats : on obtient différentes ressources que l’on va échanger contre des cartes objectifs » … Quand je lis ça, je pense à SOLENIA …

  • Deadmeat_87

    Bonjour à tous !
    Petite question / retour d’expérience sur le jeu :
    Ne trouvez-vous pas (notamment à deux joueurs) la carte « Parks Pass » complétement pétée?
    Dès ma première partie, à deux joueurs donc, j’ai sentis un certain malaise lorsque mon adversaire la prise dès la première saison. Et a usé de ses effets peu de temps en suivant sur la même manche.
    Verdict sans appel je me suis fais rouler dessus.
    D’autres auraient ils eu cette sensation à deux ou à plus?
    ils semblerai que ce point de règles est en débats sur BGG.
    Pour ma part je pense purement et simplement virer cette carte pour les parties à 2 joueurs.

    Mis à part ce détail, je confirme tout le bien que dit cet article sur le jeu ! Beau, sans prétentions et agréable à jouer !

    Merci de vos retours et bientôt !

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