Dark Souls, le jeu de cartes en mode dark-building

Temps de lecture: 6 minutes

Cette critique de Dark Souls vous est proposée par Clément, membre de la Team Gus&Co, qui lâche sa console de jeu vidéo deux minutes pour vous proposer la critique de cette adaptation en jeu de cartes coop d’un jeu vidéo über-connu

Dark souls, le jeu de cartes, de quoi ça parle ?

De dark fantasy, de chevaliers et aventuriers qui vont combattre le mal et sauver le monde. Un grand classique de la fantasy, de Tolkien à Eragon (un troll de qualité s’est caché dans cette phrase, sauras-tu le trouver ?). C’est une déclinaison en jeu de cartes (il y a aussi une version jeu de plateau bourrée de figs) de … Dark souls. Un jeu action-RPG grosse baston sorti sur consoles et PC en 2011-2012, qui a fait l’objet de deux suites, en 2014 et 2016, et d’un remaster en 2018.

Une équipe d’aventuriers, réunie autour d’un feu, devra quitter la chaleur des flammes pour aller combattre des ennemis de plus en plus puissants, récupérer des trésors et des compétences, qu’ils pourront se partager en revenant près du feu, jusqu’à ce qu’ils aient vaincu tous les ennemis, ou que le feu soit mort.

4/5 sur l’ITHEM.

Comment ça marche ?

Chaque joueuse a un rôle (chevalier, héraut, assassin ou sorcier), avec 28 cartes de base, qui se séparent en équipement et en compétences. Ces 28 cartes représentent aussi la vie du héros, et c’est leur épuisement qui marquera la « mort » de la joueuse. Les équipements ont un coût de compétences, avec des effets différents selon les compétences dépensées (attaque, défense, mais aussi conservation de la carte dans la main ou défausse). Au début de chaque tour, les joueuses doivent avoir 6 cartes en main (les autres sont dans la pioche ou la défausse)

Le plateau de jeu est séparé en trois :

  • La zone de rencontres
  • Les emplacements des ennemis lors de la rencontre
  • Les emplacements des héros lors de la rencontre

La zone de rencontre va contenir plusieurs cartes de rencontre, ainsi que deux personnages spéciaux. Les héros vont se déplacer d’une carte à l’autre, et combattre les ennemis rencontrés.

Combat

Chaque ennemi à un emplacement sur le plateau des ennemis, et le placement des héros est libre. Les ennemis vont attaquer (d’abord un emplacement préférentiel, puis un autre s’il est vide), et les joueuses vont pouvoir activer un équipement pour éviter le coup, ou prendre des points de dégâts. Les dégâts sont gérés par la défausse d’autant de cartes que de points pris, de la main de la joueuse, ou de sa pioche.

Une fois toutes les attaques des ennemis effectuées, les joueuses vont pouvoir effectuer leurs actions :

  • Se déplacer d’une case sur la carte d’emplacement
  • Attaquer
  • Défausser des cartes de sa main pour en piocher de nouvelles
  • Activer un pouvoir spécial
  • Utiliser une action non offensive d’une carte d’équipement

Chaque action ne pourra être effectuée qu’une seule fois.

A la fin du tour, s’il reste des ennemis, les joueuses doivent regarnir leur main. Si une joueuse n’a pas assez de cartes dans sa pioche pour avoir 6 cartes en main, le combat est perdu, et les joueuses retournent au feu de camp, et perdent tous les trésors et âmes non sécurisées.

Si tous les ennemis sont vaincus, le combat est gagné, et les joueuses récupèrent des trésors (en fonction de la carte de rencontre) et des âmes (en fonction des ennemis vaincus). Ces trésors et âmes sont mis dans une zone de butin, et ne seront sécurisés que si les joueuses retournent au feu de camp de leur propre volonté. A la fin d’un combat, les joueuses peuvent soit retourner au feu de camp, soit aller sur une autre carte rencontre. Dans ce cas, elles ne regarnissent pas leur pioche par les cartes défaussées.

Feu de camp

Au feu de camp, les joueuses vont se reposer, et donc regarnir leur pioche avec leur défausse. Elles vont aussi pouvoir ajouter à leur pioche les trésors récupérés, et acheter, avec les âmes, des cartes de compétences supplémentaires. Le nombre de cartes de la pioche augmente au fur et à mesure des retours au feu de camp, mais le nombre de retours possibles est limité à 5.

Lorsque les joueuses repartent du feu de camp, elles devront à nouveau combattre les ennemis des cartes de rencontre déjà traversées.

Et comment on gagne ?

À Dark Souls, on gagne si on arrive à battre tous les ennemis, ainsi que les deux personnages spéciaux (qui sont pilotés par une IA à base de cartes de comportement).

On perd si on doit retourner une sixième fois au feu. Dans ce cas, la partie est finie, et le monde est envahi par les ténèbres (oui, c’est un jeu très gai).

Interaction ?

Dark Souls est un jeu coopératif, donc oui, beaucoup d’interactions, y compris lors de la mise en place du jeu… 5/5 sur l’IGUS

A combien y jouer ?

De 1 à 4 selon la boîte. Les rencontres s’adaptent au nombre de joueuses, mais le jeu est quand même fait pour une équipe complète, qui sera bien équilibrée. Chaque rôle a ses spécificités, et les ennemis sont plus ou moins sensibles à un type de rôle. Donc plutôt 4.

Alors, Dark souls, c’est bien ?

En fait, non.

C’est long. La boîte annonce 60 minutes, mais il faut bien compter le double, et en plus le temps d’installation. 

Il y a beaucoup (plus de 400) de cartes, rangées en 4 paquets dans la boite, qu’il va falloir séparer en 25 tas, sans pouvoir se baser uniquement sur l’envers de la carte. Il faudra ensuite placer tous ces tas autour des trois plateaux de jeu, ainsi que les différents jetons (59, de 7 types), tirer les rencontres, et enfin commencer à jouer. Autant vous dire que vous ne faites pas ça en 5 minutes, en tout cas pas les premières fois.

Les combats sont brouillons, avec un nombre d’actions possibles importants, et sans ordre précis. On va passer plein de temps à déterminer la meilleure combinaison possible, et à la mettre en œuvre. La liberté apportée par le non-ordonnancement des actions et des joueuses est aussi un piège, qui amène une forme d’Analysis Paralysis, renforcée par la réflexion à plusieurs. Et la présence d’un contrôleur ne va pas améliorer les choses, surtout si c’est un perfectionniste.

Le jeu est ralenti, et on sort facilement de l’univers, qui passe du coup au second plan, ce qui est dommage, celui-ci semblant cohérent et complet.

Du point de vue esthétique, Dark Souls est sombre, très sombre. C’est normal vu le thème, mais cela donne l’impression de jouer dans une cave, même dans une salle blanche. De plus, les cartes et règles ne sont pas complètement traduites (on parle de Knight, Sorcerer, Herald, et de bosses finaux (oui j’ai eu du mal à comprendre)), ce qui pénalise la lecture.

La boîte est grande, mais ne permet de ranger les cartes que dans 4 emplacements (donc 100 cartes par emplacement), et vient sans sacs ou pochettes pour séparer les types de cartes. Dommage, encore une fois.

Clairement, je ne rejouerai pas à ce jeu, quelle que soit la configuration. Le fun n’a pas été très présent, les règles sont trop brouillonnes pour un jeu qui vise le public des serious games et trop complexes pour les autres publics. 

🔴 Dark souls, le jeu de cartes, score final : 1/5

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ Pour certains, retrouver l’univers qu’ils connaissaient du jeu vidéo ou du jeu de plateau.

✅ Le système de points de vie à base de cartes à défausser.

Ce qui nous a déplu ⛔️

❌ La longueur de la mise en place.

❌ Le côté brouillon des combats.

❌ La longueur de la partie.

❌ Les règles pas complètement traduites.

Et encore une chose

Je suis allé voir sur différents sites, et Dark Souls est toujours très bien noté. Soit j’ai raté quelque chose (et les autres joueurs avec moi), soit nous ne sommes pas le public-cible (et pourtant certains étaient fans du jeu vidéo). Je m’interroge… Faut-il juste sortir une adaptation, n’importe laquelle, d’un jeu vidéo à succès pour que le jeu de société soit lui aussi un succès, grâce à sa fanbase ???

Vous pouvez trouver Dark Souls en VF chez Philibert ici

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Et également chez Magic Bazar ici

  • Auteur : David Carl
  • Illustrateur : Tom Hutchings
  • Éditeur : Steamforged
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4
  • Age conseillé : Dès 12 ans (mais vu le thème et l’ambiance et les illustrations plutôt dark, comptez plus)
  • Durée : 60′ en tout cas, voire facilement plus
  • Thème : Dark Fantasy
  • Mécaniques principale : coopératif, deck-building