Wonders of the First : Kickstarter veut bannir le jeu
🚫 Découvrez pourquoi Kickstarter veut stopper ‘Wonders of the First’ pour son usage des NFTs. Et les vives réactions de son éditeur.
Wonders of the First : Kickstarter en échec face aux NFTs
Imaginez un monde où jouer à un jeu de cartes à collectionner vous plonge au cœur d’une majeure controverse technologique. C’est le tourbillon dans lequel les créateurs de Wonders of the First se trouvent à l’heure actuelle, un projet qui secoue l’industrie du jeu de société.
Avant de plonger dans les détails, permettez-moi de vous poser une question : avez-vous déjà envisagé que notre passion pour les jeux (de cartes à collectionner) puisse vous mener au cœur d’une bataille entre tradition et innovation technologique ? Prenez vos stylos, vous avez 4h (cette question pourrait tout à fait constituer le sujet de bac de philo 2024).

Traduction :
« Comme vous l’avez peut-être entendu, nous sommes en train d’être bannis de Kickstarter. Nous ne sommes pas d’accord avec cette décision et avons partagé les détails avec notre communauté. C’est encore quelque peu en cours mais le bannissement semble imminent.
Nous avons travaillé dur pour être transparents concernant notre utilisation de l’IA, notre politique de non réimpression, et notre modèle de propriété intellectuelle innovant mais… malgré tout cela… de nombreuses personnes croient que notre jeu ne devrait pas exister. »
Une levée de fonds spectaculaire… et controversée
Wonders of the First vient tout juste de démarrer sur Kickstarter il y a quelques jours avec des ambitions élevées, attirant très, très rapidement l’attention de la communauté — plus de 1,4 million de dollars levés en quelques jours. Joli ! Oui, mais. Derrière ces chiffres impressionnants se cache une réalité plus… complexe.
Le jeu proposait des cartes pouvant être échangées contre des NFTs (jetons non fongibles), une démarche qui a immédiatement soulevé des sourcils. Pourquoi ? Parce que Kickstarter, la plateforme de crowdfunding bien connue, a des règles strictes sur l’utilisation de la tech. Résultat ? Une demande de retrait sous 48 heures, sous peine de suspension du projet !
Des débuts fulgurants et des questions
Voici où le mystère s’épaissit : comment un projet aussi controversé a-t-il attiré tant d’argent si vite ? Plus de 400 000 dollars ont été engagés par environ 50 backers au niveau « Supernova », chacun déboursant plus de 8 000 dollars. Cela a mené à des spéculations : et si Wonders of the First n’était qu’un aimant à spéculateurs ? Je (me) pose la question.
Avec plus de 2 200 backers engagés, la majorité au niveau de 195 dollars, la question de la légitimité et de la passion véritable des joueurs et des joueuses se pose. Mais tout cet argent et ces engagements pourraient disparaître si Kickstarter décide de retirer le projet.
La réaction du créateur : défiance, déception et doigt d’honneur
Jeff French, la tête pensante derrière Wonders of the First et déjà connu pour ses précédentes aventures avec Blokpax, a opté pour la confrontation. Sur le discord officiel du jeu, il a lancé un défi à Kickstarter : « Nous ne retirerons pas la campagne. Kickstarter peut aller se faire voir et nous dégager. » Ou dans la langue de Taylor Swift : « We will not remove the campaign. Kickstarter can kick rocks and boot us. »
French s’interroge sur la cohérence de Kickstarter. Comment ont-ils permis au projet de passer la pré-évaluation et de le signaler comme un « Projet que nous aimons » ? Pour lui, les critiques sont claires : une partie de la communauté ne veut pas que Wonders of the First existe, principalement à cause des illustrations générées, assistées par IA et de la nature même du matos de jeu.
French souligne un point intéressant : les règles de Kickstarter ne prohibent pas spécifiquement les NFTs. Et des jeux de cartes à collectionner avec des composants blockchain ont été financés par le passé. Cependant, ces projets datent d’avant 2022, année où Kickstarter a mis fin à une tentative désastreuse d’intégrer la technologie blockchain à son service.
En février de cette année-là, Kickstarter a admis comprendre les inquiétudes liées à la blockchain : problèmes environnementaux, arnaques, spéculations, et risques. Kate Bernyk, alors directrice senior de la communication, avait affirmé qu’il n’y avait « aucun plan pour permettre les NFTs sur la plateforme à ce moment-là ».
Kickstarter : Une plateforme en pleine mutation
Pour clarifier sa position et rassurer sa communauté, Kickstarter a récemment annoncé son soutien au développement d’un protocole de financement participatif décentralisé. Ils veulent utiliser de nouvelles technologies, mais avec prudence et en écoutant leurs utilisateurs.
L’entreprise s’engage à ne pas migrer son site vers le nouveau protocole sans tests rigoureux. Ils veulent éviter de forcer les créateurs et les communautés à adopter une infrastructure non éprouvée. Ils vont investir dans l’expérimentation, en soutenant une organisation indépendante dans ses efforts pour construire une nouvelle infrastructure.
Un conseil consultatif composé d’utilisateurs divers de Kickstarter sera établi pour informer les prochaines étapes. Ce groupe aidera à prioriser le développement de fonctionnalités demandées de longue date par les créateurs, ainsi qu’à explorer de nouvelles solutions pour améliorer et sécuriser la plateforme.
Kickstarter a aussi réaffirmé son engagement à limiter son impact environnemental, en ne construisant pas le protocole sur une blockchain carbonée. Voilà qui devrait rassurer ceux qui craignent les conséquences environnementales des nouvelles technologies.
Vers un futur (vraiment) incertain
Alors, que nous réserve l’avenir pour Wonders of the First et pour Kickstarter ? D’une part, nous avons un éditeur déterminé à ne pas céder, et de l’autre, une plateforme en pleine réflexion sur son rôle dans l’innovation tout en respectant ses valeurs fondamentales.
Est-ce que Wonders of the First trouvera un nouveau chemin loin de Kickstarter ? Est-ce que la plateforme réussira à équilibrer innovation et responsabilité sans aliéner une partie de sa base d’utilisateurs ? Ces questions nécessitent des réponses dans les mois à venir.
Une chose est sûre : le monde des jeux de société se trouve à une croisée des chemins, oscillant entre tradition et technologie. Et nous, passionnés que nous sommes, sommes au premier rang pour observer ces changements.
Et vous, quel est votre avis sur cette controverse ? Pensez-vous que les NFT et la blockchain ont leur place dans le monde du jeu de société ? Partagez vos pensées et continuons cette discussion passionnante.
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