Behind Purple : 1h30 de jeu, et après ?
🧩 Puzzle-enquête Behind Purple : bonne idée, exécution discutable ? On a testé les 3 tableaux pour vous. Spoiler : c’est compliqué. Littéralement.
Behind Purple
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Behind Purple propose trois puzzles de difficulté croissante avec des tuiles bifaces, mais n’apporte aucune nouveauté par rapport au premier opus
- L’écart de difficulté entre le 2e et le 3e puzzle est trop brutal, et le manque de cohérence visuelle persiste
- Avec seulement 1h30 de jeu non rejouable, le rapport temps/prix interroge : plutôt un jeu de ludothèque que de collection personnelle
87 tuiles. Aucun indice. Et un puzzle qui flirte dangereusement avec l’impossible. Bienvenue dans Behind Purple.
Nous avons commencé l’année 2025 avec Behind, le jeu de puzzle-enquête qui a fait le buzz et provoqué des tensions dans la rédaction : certains adoraient le jeu, d’autres le trouvaient trop dur ou trop facile (ça, c’est moi). Mais comme le monde extérieur n’est pas moi, la première boîte a plutôt bien fonctionné, au point que la deuxième est sortie fin 2025.
Behind Purple conserve le même mécanisme que Behind, avec des tuiles bifaces : un côté mat pour le puzzle et un côté brillant pour le résultat. La boîte propose trois puzzles :
La machine infernale, illustré par Crocotame : pour les nostalgiques de The Incredible Machine, jeu vidéo mythique des années 90, et pour toutes celles et ceux qui adorent les dominos et autres circuits à réaction en chaîne. Avec 42 tuiles de taille identique, c’est le niveau idéal pour débuter et se mettre en jambes.
Le repas, illustré par Mélody Leblond : un ou une artiste, absorbé·e dans son tableau, en oublie son repas… Avec 81 tuiles de formats différents, ce second tableau ajoute un peu de difficulté et pourra déstabiliser certain·es.
Le cahier, illustré par Pierô et Isaak : un écolier écrit dans son cahier… 87 tuiles, et sans aucun doute le puzzle le plus complexe proposé jusqu’alors. À la limite de l’insoluble, même. L’écart de difficulté avec les deux puzzles précédents est conséquent. Trop, peut-être.

Behind Purple, verdict
Behind Purple n’apporte pas de nouveauté par rapport au jeu précédent, mais ce n’était pas forcément attendu. On retrouve ici ce qui a fonctionné dans le premier opus, avec trois puzzles de difficulté croissante. Mais on retrouve aussi ce qui constituait les défauts de Behind, à savoir un manque de cohérence d’ensemble. Aucun rapport entre l’illustration de couverture et les puzzles, ni entre les puzzles eux-mêmes. Et on constate également une certaine disparité dans les difficultés, avec ce saut entre le deuxième et le troisième puzzle.
Du point de vue marketing, on sent que le créateur sait faire vibrer les bonnes cordes : un appel aux souvenirs des années 90 et des jeux vidéo, à l’imaginaire de l’enfance, et au « pareil mais pas vraiment » (ce qui constitue, certes, une répétition par rapport à la première boîte). Les gens qui achètent des jeux appartiennent à une tranche d’âge sensible à ces thèmes. C’est un bon positionnement.
Mais cela ne suffit pas à en faire un bon jeu, pour les mêmes raisons que le premier. C’est un jeu non rejouable, une fois les puzzles terminés. Et le temps de jeu est trop court pour que l’investissement en vaille la peine, en tout cas pour moi. J’ai passé entre 20 et 40 minutes par puzzle, soit une heure et demie au total : ça fait cher payé. Je reste sur mon impression de la première boîte : c’est un jeu pour une ludothèque ou un bar à jeux, pas pour avoir chez soi.
On a aimé :
- Les illustrations signées par trois artistes talentueux — on en prendrait bien en poster
- Le concept malin des tuiles bifaces mat/glossy qui révèle la solution avec satisfaction
- Le premier puzzle « La machine infernale » qui réveille nos souvenirs de The Incredible Machine (et nos neurones endormis)
- La montée en difficulté progressive… du moins jusqu’au deuxième tableau
On a moins aimé :
- Une heure et demie de jeu total — on a passé plus de temps à ouvrir le cellophane qu’à jouer (bon, presque)
- Le gap de difficulté entre le puzzle 2 et 3 : on passe de « sympa » à « appelez les secours »
- L’absence de lien entre la couverture et les puzzles — c’est comme acheter un film pour son affiche et découvrir un tout autre scénario
- Zéro rejouabilité : une fois terminé, le jeu devient un très joli dessous de verre
C’est plutôt pour vous si…
- Vous avez une ludothèque à portée de main (ou un ami généreux qui achète pour vous)
- La nostalgie des années 90 vous fait encore vibrer et vous assumez
- Vous cherchez une activité calme d’une soirée sans engagement à long terme
- Vous collectionnez les puzzles comme certains collectionnent les timbres : une fois, et au placard
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous calculez le prix au centime par minute de jeu (spoiler : ça pique)
- Vous aimez ressortir vos jeux plus d’une fois par décennie
- Le troisième puzzle insoluble risque de vous faire remettre en question vos capacités cognitives
- Vous attendiez une suite qui… innove (on sait, c’est fou comme concept)
Behind Purple, c’est comme revoir un.e ex : la nostalgie est là, le plaisir aussi, mais au bout d’une heure et demie, on se rappelle pourquoi on était passé à autre chose. Suite sans originalité ni changement : mêmes causes, mêmes effets.
Oui, mais avec des réserves.
- Date de sortie : Novembre 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 1 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Cédric Millet
- Illustrations : Maud Chalmel, Crocotame, Melody Leblond, Pierô
- Édition : Kyf édition
- Nombre de joueurs et joueuses : 1+
- Âge conseillé : Dès 10 ans
- Durée : 30 à 90 minutes par tableau
- Thème : Imaginaire de l’enfance, temps qui passe, réactions en chaine.
- Mécaniques principales : Puzzle, déduction. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
Rejoignez notre communauté :
Rejoignez notre chaîne WhatsApp
Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité
Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).
Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :
☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee
3 Comments
William
Le 2e m’a semblé plus dur que le 3e qui était relativement simple… L’expérience temporelle dans la première boîte était largement plus dur selon moi.
Le tout trop court car trop simple globalement ! J’ai un peu retrouvé la sensation « déclic » dans les 2 premiers puzzle ce qui est la force de ce jeu.
Thomas JP
Pour ma part j’ai adoré, cette boîte est meilleure que la première, déjà car éditorialement c’est mieux puisqu’il y a un QR code quand on est bloqué qui mène à la chaîne Youtube de l’éditeur.
L’ajout des petites pièces est une nouveauté bienvenu. 1h30 pour toute la boîte, je ne comprends pas comment vous faîtes alors que vous dîtes que la troisième énigme est insoluble. Pour ma part je pense avoir mis pas loin de 3 heures. La rejouabilité n’est pas un problème en soi sinon faut dire la même chose pour Unlock. J’attends la 3ème boîte avec impatience comme j’attends le prochain Unlock : c’est du tout bon.
amnesix77
je passe mon tour, on n’a pas eu une expérience extraordinaire sur la première boite : le scénario enquête ne nous a pas plu et celui des hiéroglyphes était trop dur pour nous (par contre on a bien aimé celle sur le paradoxe temporel car malgré la difficulté on pouvait progresser doucement.
Le risque est trop élevé pour un nouvel achat. Je suis d’accord sur le fait que c’est plus un jeu de ludothèque.
Même si ca n’a rien à voir on a pris plus de plaisir sur les boîtes de perspectives même si là un scénario sur 3 ne nous a pas plu dans chaque boîte (trop difficile).
Pas facile de satisfaire nos compétences neurologiques bien différentes avec ces jeux d’enquêtes (sachant que parfois c’est même une question de moment ou de chance pour avoir l’illumination 🙂 C’est pour cela qu’il faut une petite progression au fur et à mesure de la réflexion