Flatiron : Le duel au sommet qui va vous rendre marteau
đïž Flatiron : le jeu de sociĂ©tĂ© oĂč aider son rival fait partie de la stratĂ©gie ! Notre avis sur ce duel malin et ses combos dĂ©vastateurs.
Flatiron

â ïž Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous nâavons reçu aucune contrepartie de la part de lâĂ©diteur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
En bref :
- Un trĂšs bon jeu en duel pour 1-2 joueurs, accessible mais profond.
- Une mĂ©canique maline de construction de moteur et une interaction indirecte oĂč l’on doit parfois aider son rival.
- Un matĂ©riel sublime avec un gratte-ciel 3D qui s’Ă©lĂšve au fil de la partie.
Et si, pour remporter la victoire, la meilleure stratĂ©gie Ă©tait d’abord d’aider votre pire ennemi ?
New York, dĂ©but du XXe siĂšcle. La ville est en pleine effervescence, les buildings poussent comme des champignons et un projet fou est sur le point de voir le jour : un gratte-ciel triangulaire Ă l’intersection de Broadway et de la 5e Avenue. Son nom ? Le Flatiron Building. Câest dans cette ambiance survoltĂ©e que vous plonge Flatiron, le nouveau jeu de lâĂ©diteur espagnol Ludonova.
Aux commandes, on retrouve le cĂ©lĂšbre duo Shei Santos & Isra Cendrero (alias « Llama Dice »), dĂ©jĂ acclamĂ© pour les excellents La CathĂ©drale Rouge et Le ChĂąteau Blanc. Le tout est mis en images par le talentueux illustrateur brĂ©silien Weberson Santiago, dont le style donne un charme fou Ă cette course vers les sommets. Alors, prĂȘt Ă enfiler votre casque de chantier ? AprĂšs plusieurs parties acharnĂ©es, laissez-nous vous raconter pourquoi Flatiron nous a bien plu et dĂ©croche chez nous un solide 4/5.
Alors, comment on construit ce gratte-ciel ?
Dans Flatiron, deux architectes rivaux se tirent la bourre pour Ă©riger le fameux bĂątiment, Ă©tage par Ă©tage. Le cĆur du jeu, c’est ce plateau reprĂ©sentant le chantier, autour duquel vous allez dĂ©placer votre pion Architecte. Mais le plus important, c’est votre plateau personnel : votre QG, le bureau de votre entreprise de construction. C’est lĂ que toute la magie opĂšre.
Le principe est simple : à votre tour, vous déplacez votre architecte sur une des quatre rues de Manhattan, puis vous choisissez une seule action parmi trois :
- Acheter une carte pour améliorer votre entreprise.
- Activer la rue oĂč vous vous trouvez (et dĂ©clencher toutes les actions qui y sont liĂ©es).
- Prendre 2 dollars (parce que les chantiers, ça coûte cher !).
Soyons honnĂȘtes, ce que vous ferez 90 % du temps, c’est l’action n°2, car c’est le sel du jeu. En activant une rue, vous allez rĂ©aliser Ă la chaĂźne toutes les actions que vous y avez installĂ©es sur votre plateau personnel. Au dĂ©but, c’est modeste : acheter des matĂ©riaux, poser un pilier, grappiller un peu d’argent⊠Mais trĂšs vite, vous allez acheter des cartes pour les glisser sur votre plateau, crĂ©ant de nouvelles actions qui s’ajoutent aux anciennes.
Et c’est lĂ que le jeu devient gĂ©nial : vous allez crĂ©er de vĂ©ritables chaĂźnes de combos ! Chaque carte a deux effets possibles, et il faudra choisir judicieusement lequel ajouter Ă votre colonne d’actions. L’astuce ? Chaque carte a aussi un impact sur votre rĂ©putation. Certaines actions, trĂšs puissantes, vous feront passer pour un requin de la finance, tandis que d’autres, plus nobles, redoreront votre blason. En fin de partie, une bonne rĂ©putation vous rapportera des points bonus, tandis qu’une mauvaise vous en coĂ»tera. Serez-vous un entrepreneur vertueux ou prĂȘt Ă quelques arrangements avec la morale pour ĂȘtre plus efficace ? Le choix est vĂŽtre !
Pour pimenter le tout, un cinquiĂšme lieu, l’HĂŽtel de Ville (City Hall), vous permet de rĂ©cupĂ©rer des cartes Objectif qui orienteront votre stratĂ©gie en vous donnant des points bonus en fin de partie. Un petit dĂ©tour par la mairie au bon moment peut faire toute la diffĂ©rence !
La partie s’arrĂȘte net dĂšs qu’un joueur pose le toit du cinquiĂšme et dernier Ă©tage. On compte alors les points accumulĂ©s, et celui qui a le plus de prestige lâemporte. Petite touche thĂ©matique gĂ©niale : en cas d’Ă©galitĂ©, c’est celui qui a posĂ© le toit qui gagne. Une belle rĂ©compense pour l’audacieux qui a inaugurĂ© le bĂątiment sous les flashs des photographes !

Retour dans le futur en 1902
Ou : Le vrai chantier du Flatiron et son écho dans le jeu
Avant d’ĂȘtre un tas de carton et de bois sur notre table, le Flatiron Building est une vĂ©ritable lĂ©gende de pierre et d’acier. Pour apprĂ©cier Ă quel point le jeu est malin, un petit voyage dans le temps s’impose !
Construit par la Fuller Company et achevĂ© en 1902, le bĂątiment a Ă©tĂ© conçu par le cĂ©lĂšbre architecte de Chicago, Daniel Burnham. Son nom officiel Ă©tait le Fuller Building, mais les New-Yorkais l’ont immĂ©diatement surnommĂ© « Flatiron » (« fer Ă repasser ») en raison de sa forme triangulaire spectaculaire, imposĂ©e par l’intersection de la 5e Avenue, de Broadway et de la 23e Rue.
Ă l’Ă©poque, ce fut une prouesse technique. Avec ses 22 Ă©tages et sa structure en acier, c’Ă©tait l’un des plus hauts gratte-ciel de la ville. Mais il n’a pas fait l’unanimitĂ© ! Beaucoup le jugeaient hideux et craignaient que les vents violents créés par son angle aigu ne le fassent s’effondrer. On le surnommait mĂȘme « Burnham’s Folly » (la folie de Burnham). Cette anxiĂ©tĂ© publique a donnĂ© naissance Ă la fameuse lĂ©gende du « 23 skidoo », oĂč des groupes d’hommes se postaient au pied de l’immeuble pour voir les jupes des femmes se soulever avec les courants d’air, avant que la police ne leur crie de dĂ©camper (« to skidoo »). Sympa⊠Oui aujourd’hui en 2025 on appelle ça du harcĂšlement de rue.
Alors, comment tout cela se retrouve-t-il dans le jeu ? C’est lĂ que le travail du duo d’autrice et auteur est remarquable, car le thĂšme est tout sauf plaquĂ© :
- Le duel des architectes : Le jeu nous met dans la peau de constructeurs rivaux. Et comme un clin d’Ćil Ă l’histoire, le mode solo nous oppose Ă un automate nommé⊠Daniel Burnham !
- Un chantier plus vrai que nature : Le plateau central est bien cette fameuse parcelle triangulaire. Le cĆur de la construction repose sur la pose de piliers (l’ossature en acier) avant de poser les tuiles d’Ă©tage, reflĂ©tant parfaitement la technique de construction de l’Ă©poque. Voir le bĂątiment 3D s’Ă©lever est un pur bonheur thĂ©matique.
- L’opinion publique : Le scepticisme initial des New-Yorkais est brillamment retranscrit par la mĂ©canique de rĂ©putation. En choisissant des actions « douteuses » (cartes Ă rĂ©putation nĂ©gative), vous ĂȘtes peut-ĂȘtre plus efficace, mais vous ternissez votre image publique, ce qui vous coĂ»te des points. Ă l’inverse, des actions nobles vous rapportent la faveur du public. Un choix cornĂ©lien entre efficacitĂ© et prestige !
- Les dĂ©crets de la Mairie : Lâemplacement City Hall et les cartes « DĂ©cret » reprĂ©sentent l’influence politique et les rĂ©gulations municipales qui Ă©taient cruciales dans le dĂ©veloppement frĂ©nĂ©tique de New York Ă cette pĂ©riode.
Au final, Flatiron n’est pas juste un jeu sur la construction. C’est un hommage ludique qui nous fait ressentir les dĂ©fis Ă©conomiques, techniques et mĂȘme sociaux de ce projet architectural historique.
DerriĂšre Flatiron, un trio de choc
Comme vu plus haut, derriĂšre ce chantier ludique, on retrouve un duo qu’on ne prĂ©sente presque plus : Sheila Santos et Israel Cendrero (Llama Dice). AprĂšs nous avoir fait construire une cathĂ©drale russe (La CathĂ©drale Rouge) et un chĂąteau japonais (Le ChĂąteau Blanc), ils nous transportent Ă New York avec une expĂ©rience cette fois-ci taillĂ©e sur mesure pour deux uniquement (et un excellent mode solo).
L’immersion est totale grĂące aux illustrations de Weberson Santiago. Son coup de crayon, avec sa patine vintage et ses personnages pleins de caractĂšre, nous plonge directement dans l’ambiance de 1902. On s’y croirait ! L’iconographie demande un certain temps d’adaptation, mais rien d’insurmontable. Quant Ă l’Ă©dition de Ludonova, elle est impeccable, comme toujours.
Pour les fans de quel genre de jeux ?
Flatiron plaira sans aucun doute aux fans de construction de moteur (engine-building). Si vous aimez voir votre petit moteur ronronner de plus en plus fort au fil des tours, comme dans Race for the Galaxy ou Terraforming Mars, vous serez aux anges. Le systÚme de cartes à glisser pour créer des combos est un vrai régal et procure des tours de fin de partie spectaculaires et gratifiants.
En tant que duel, il rappelle la tension d’un 7 Wonders Duel. Mais lĂ oĂč Flatiron se dĂ©marque vraiment, c’est dans son interaction indirecte, Ă la fois maline et cruelle. En construisant un Ă©tage, vous marquez des points⊠mais vous prĂ©parez aussi le terrain pour votre adversaire, qui pourra commencer le niveau suivant. C’est un peu comme une course de relais oĂč vous hĂ©sitez toujours Ă passer le tĂ©moin. Ce petit jeu de « je t’aide, moi non plus » pourra diviser : certains adoreront cette tension permanente, d’autres pesteront de devoir faire le jeu de l’autre. C’est ce qui fait tout le sel de Flatiron !
On y revient ?
Ouvrir la boĂźte de Flatiron, c’est dĂ©jĂ un petit plaisir. Le matĂ©riel est ouf, avec un vrai plaisir tactile. Le clou du spectacle, c’est cette structure 3D du bĂątiment qui prend vie au centre de la table, Ă©tage aprĂšs Ă©tage. C’est simple, c’est beau, et ça renforce l’immersion Ă chaque tour. Les plateaux joueurs sont Ă©pais, rĂ©versibles (avec un cĂŽtĂ© « difficile » pour plus de challenge), et les meeples d’architectes sont adorables.
Alors, est-ce qu’on y revient ? Oui, sans problĂšme ! La boĂźte contient 8 plateaux de dĂ©part diffĂ©rents (recto-verso), ce qui assure une bonne variĂ©tĂ© dans les stratĂ©gies de dĂ©part. Les cartes Action et Objectif qui sortent Ă chaque partie renouvellent aussi le jeu. On ne va pas se mentir : aprĂšs une dizaine de parties environ, on commence Ă identifier les combos qui paient le plus, et certains objectifs de fin de partie semblent un peu plus forts que d’autres. La rejouabilitĂ© n’est donc pas infinie, mais elle est tout Ă fait honorable pour un duel de ce calibre, qui se joue en 45 minutes chrono.

Pour qui est fait ce Flatiron ?
Flatiron s’adresse Ă un public trĂšs large.
- Pour les joueurs et joueuses qui dĂ©butent dans le « un peu expert » ? C’est une porte d’entrĂ©e rĂȘvĂ©e. Les rĂšgles sont simples (on se dĂ©place, on fait une action), et le thĂšme aide Ă tout comprendre intuitivement.
- Et pour les vieux briscards du jeu de sociĂ©tĂ© ? Le jeu offre une belle profondeur tactique. Optimiser son moteur d’actions, guetter le bon moment pour finir un Ă©tage⊠Il y a de quoi se creuser les mĂ©ninges et savourer des dĂ©cisions cruciales Ă chaque tour.
C’est le jeu parfait pour les couples de joueurs, les duos d’amis, ou pour une partie parent-ado. Et bonne nouvelle pour les loups solitaires : le mode solo est trĂšs bien fichu ! Vous affronterez un automate, Daniel Burnham (l’architecte historique du bĂątiment), qui offre un dĂ©fi vraiment corsĂ© et une excellente alternative.
On a aimé / On a moins aimé
Les points forts
- Un thĂšme original et ultra-immersif : on a vraiment l’impression de construire ce monument mythique.
- Un moteur à combos jouissif : créer sa propre machine à actions et la voir tourner à plein régime, quel plaisir !
- Un matĂ©riel superbe : la structure 3D qui s’Ă©lĂšve sur la table, c’est la grande classe.
- Accessible mais pas simpliste : facile Ă apprendre, mais avec une vraie marge de progression.
- Un duel tendu et interactif : chaque coup compte et impacte directement l’adversaire, sans ĂȘtre mĂ©chant.
Les petites limites
- Strictement pour 2 joueurs (ou en solo) : ne le sortez pas pour une soirée à quatre, ça ne marchera pas.
- Une rejouabilitĂ© bonne, mais pas infinie : au bout d’un moment, on a fait un peu le tour des stratĂ©gies les plus efficaces.
- Une interaction Ă double tranchant : le fait d’aider l’autre « malgrĂ© soi » peut parfois ĂȘtre frustrant.
- Quelques cartes Objectif un peu trop fortes : une petite course peut s’installer pour rĂ©cupĂ©rer les plus rentables.
Flatiron, verdict
Ou : Alors, on signe pour ce chantier ?
Au final, Flatiron est une franche rĂ©ussite. C’est un duel stratĂ©gique tendu et Ă©lĂ©gant, qui se joue rapidement et qui cartonne autant par ses mĂ©caniques intelligentes que par son esthĂ©tique irrĂ©prochable. On sent le savoir-faire de ses auteurs, qui nous livrent ici une petite pĂ©pite pour deux.
MalgrĂ© quelques petites rĂ©serves sur la rejouabilitĂ© Ă trĂšs long terme, l’expĂ©rience est si plaisante qu’on y revient avec un immense plaisir. Pour nous, c’est un grand OUI ! Avec son 4/5 bien mĂ©ritĂ©, Flatiron s’impose comme un excellent choix pour tous les duos de joueurs et confirme tout le bien qu’on pense du tandem Llama Dice.
On a aimé :
- Le plaisir de monter son gratte-ciel en 3D, comme un meuble IKEA mais sans crise de nerfs ni vis manquante.
- Les combos qui s’enchaĂźnent en fin de partie, donnant l’impression d’ĂȘtre un gĂ©nie de l’architecture (pendant 5 minutes).
- La tension permanente de se dire : « Est-ce que je finis cet étage pour marquer des points, ou est-ce que je laisse ce cadeau empoisonné à mon adversaire ? ».
On a moins aimé :
- Cette mĂȘme tension quand c’est l’adversaire qui finit l’Ă©tage et qu’on se rend compte qu’on a fait tout le sale boulot pour lui. Rageant.
- Certaines cartes Objectif qui sont tellement fortes qu’on se jetterait dessus comme sur la derniĂšre part de pizza.
- Devoir ranger le bĂątiment 3D aprĂšs la partie. C’Ă©tait si beau sur la tableâŠ
Câest plutĂŽt pour vous siâŠ
- ⊠vous cherchez le jeu parfait pour convaincre votre +1 que les jeux de gestion, c’est fun.
- ⊠vous adorez optimiser, créer des combos et voir votre plan se dérouler sans accroc (ou presque).
- ⊠vous pensez que « l’interaction » ne veut pas forcĂ©ment dire « baston directe ».
Ce nâest plutĂŽt pas pour vous siâŠ
- ⊠l’idĂ©e mĂȘme d’aider votre adversaire, ne serait-ce qu’un peu, vous donne de l’urticaire.
- ⊠vous cherchez un jeu Ă sortir avec tout votre groupe d’amis le samedi soir.
- ⊠vous prĂ©fĂ©rez les jeux oĂč le hasard fait tout. Ici, votre cerveau va chauffer.
Flatiron est un jeu qui nous élÚve⊠littéralement.
TrĂšs bon !
- Date de sortie : Mai 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur lâITHEM dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- IGUS : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur lâIGUS dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur lâEcoScore dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici

- Création : Isra C, Shei S.
- Illustrations : Weberson Santiago
- Ădition : Ludonova
- Nombre de joueurs et joueuses : 1-2
- Ăge conseillĂ© : DĂšs 12 ans
- Durée : 45 minutes
- ThĂšme : Architecture
- MĂ©caniques principales : Construction. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, câest ici.
Rejoignez notre communauté :
Rejoignez notre chaĂźne WhatsApp
Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité
Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).
Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :
â Soutenir Gus&Co sur Tipeee

