đŻ Le ChĂąteau Blanc : Une pĂ©pite ludique qui secoue. Un gameplay raffinĂ© et des dilemmes intenses au cĆur de la politique locale.
Le ChĂąteau Blanc
â ïž Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous nâavons reçu aucune contrepartie de la part de lâĂ©diteur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.
L’heure est grave sur l’archipel nippon. Le puissant shogun Ashikaga Takauji vient de rendre son dernier souffle, plongeant le pays dans une pĂ©riode troublĂ©e oĂč la noblesse locale cherche Ă asseoir son influence sur le trĂŽne vacant. Dans ce climat d’incertitude, une lutte de pouvoir sans merci s’engage dans l’ombre des hautes murailles du chĂąteau d’Himeji.

Car qui dit pouvoir, dit accĂšs privilĂ©giĂ© au cercle restreint du seigneur local. Or la compĂ©tition est rude quand il s’agit d’attirer les bonnes grĂąces du puissant daimyĆ Sakai Sadayori. Entre le clan des Yamana, alliĂ© historique du dĂ©funt shogun, les rivaliser Takada ou les ambitieux Kobayakawa, l’issue du bras de fer politique qui s’annonce reste incertaineâŠ
C’est dans ce contexte historique passionnant que se dĂ©roule The White Castle (Le ChĂąteau Blanc en français), dernier nĂ© du studio espagnol Devir et de ses talentueux designers Sheila Santos et Israel Cendrero, et localisĂ© par les nancĂ©iens de IELLO. Serez-vous celui ou celle qui saura le mieux tirer les ficelles du pouvoir pour hisser votre clan au sommet de l’influence locale ? Attachons nos sabres et enfilons nos tabis, l’heure est Ă l’action ! Enfin presque. Tout ça va se dĂ©rouler sur un plateau, Ă coup de dĂ©s. On repassera pour l’actionâŠ

Commençons par le début
Avant Le ChĂąteau Blanc, les talentueux designers Isra C. et Sheid S. s’Ă©taient dĂ©jĂ illustrĂ©s en 2020 avec La CathĂ©drale Rouge, bijou ludique quelque peu passĂ© inaperçu en ces temps troublĂ©s de pandĂ©mie mondiale. Et quel dommage !
Sous des dehors de petite boĂźte, de taille exactement similaire que celle du ChĂąteau Blanc, se cache une expĂ©rience riche et intense, faisant la part belle aux drafts de dĂ©s, constructions de tableaux et objectifs Ă remplir. Le tout dans un habillage thĂ©matique rĂ©ussi, avec les joueurs et joueuses s’affrontant pour bĂątir la cĂ©lĂšbre cathĂ©drale rouge de Moscou, en vrai, et en plus long, la CathĂ©drale Saint-Basile-le-Bienheureux.
Bref, une rĂ©ussite Ă tous points de vue, alliant dĂ©fi intellectuel et plaisir de jeu sur une durĂ©e maĂźtrisĂ©e de 80 minutes. Rien d’Ă©tonnant donc Ă ce que Le ChĂąteau Blanc nous Ă©clate tout autant, avec quelques nouveautĂ©s qui le singularisent. Car une fois de plus, les 9 tours imposĂ©s nous forcent Ă tirer le meilleur de chaque action, pour une expĂ©rience cognitive tout en finesse⊠Et en explosion de neurones.
Premier contact : Un matos (compact) de ouf
Commençons cette critique par parler du matos fourni dans la boĂźte. Un plateau en carton Ă©pais et solide occupe la majeure partie de l’espace et reproduit avec force dĂ©tails l’architecture du chĂąteau d’Himeji. On y retrouve la massive porte d’entrĂ©e, les douves extĂ©rieures, mais aussi le pavillon central et ses annexes intĂ©rieures comme les quartiers des samouraĂŻs, l’Ă©tang aux carpes ou les appartements privĂ©s du seigneur oĂč trĂŽne l’incontournable paravent de soie.
Difficile de ne pas ĂȘtre sĂ©duit par le souci du dĂ©tail apportĂ© ici, avec un art du graphisme typiquement asiatique qui respire l’authenticitĂ©. Seul petit bĂ©mol, peut-ĂȘtre : certains plans de couleurs trĂšs foncĂ©s au niveau des bĂątiments internes du chĂąteau. Sur le coup, cela renforce le cachet artistique mais nuit un peu Ă la lisibilitĂ© des icĂŽnes d’action qui s’y trouvent. Rien de trĂšs handicapant cependant grĂące aux tuiles de couleurs annexes.
Les plateaux perso, Ă©galement en carton de belle facture, sont eux bien visibles et explicites. Ils permettent notamment de suivre l’Ă©volution de nos ressources clĂ©s : fer, nacre et nourriture. Le petit plus astucieux ? Ces plateaux servent aussi de rangement pratique pour ses ouvriers en bois de chaque clan (samouraĂŻs, jardiniers et courtisans). Un bon moyen de libĂ©rer de l’espace dans la boite, remplie de tuiles et cartes en tout genre â mention pour les 3 « ponts Ă dĂ©s », accessoire non indispensable mais tellement claaaaaasse !
On notera d’ailleurs avec plaisir l’effort sur les finitions chez Devir. Rien que de factice ou de « cheap » dans ces illustrations magnifiques et ces 15 dĂ©s, agrĂ©ables Ă manipuler et Ă empiler. MĂȘme constat pour les jetons et autres marqueurs en bois colorĂ©s : le studio espagnol ne s’est pas moquĂ© de nous et a mis le paquet pour nous plonger corps et Ăąme dans le Japon mĂ©diĂ©val !
Mais surtout, surtout, surtout, Le ChĂąteau Blanc est un gros jeu. Un gros jeu dans une mini-boĂźte. C’est juste hallucinant. Rappelons qu’il s’agit ici du deuxiĂšme titre d’une sĂ©rie, aprĂšs La CathĂ©drale Rouge dont on a parlĂ© plus haut (c’est quoi la prochaine couleur / monument historique ?). Qui avait dĂ©jĂ fait pareil en termes de compactitude compacticitĂ© de format compact.
« D’habitude » (vous apprĂ©cierez les guillemets), dans le monde du jeu, plus une boĂźte est grande et plus il faut s’attendre Ă un matos plĂ©thorique et Ă grand, un gros jeu. Oui mais non. Dans Le ChĂąteau Blanc (et La CathĂ©drale Rouge), la boĂźte est minuscule et le matĂ©riel Ă foison. Le tout pour des parties profondes et riches. Bref, un format insolite pour des parties intenses !

Mise en place : lancez les dĂ©s, l’heure du politique a sonnĂ©
Passons maintenant aux choses sĂ©rieuses avec la mise en place, somme toute assez rapide en suivant les indications. Mais qui pourrait sembler longue et fastidieuse lors de sa toute premiĂšre partie ! Et surtout trĂšs, trĂšs confuse. Pour un gain de place, l’Ă©diteur a choisi de ne pas publier la liste du matĂ©riel.
Pour avoir une prĂ©sentation complĂšte du matĂ©riel, et donc comprendre comment mettre le jeu en place pour la toute premiĂšre fois, il va donc falloir aller pĂȘcher sur le site de IELLO pour rĂ©cupĂ©rer le fichier. Ne pas hĂ©siter Ă le faire pour Ă©viter de perdre trop de temps lors de l’installation de sa toute premiĂšre partie.
Mais Ă©galement, petit conseil d’ami avant de poursuivre : prenez bien le temps de repĂ©rer les icĂŽnes et symboles qui vous seront utiles pendant la partie. Entre les bonus « lanterne », les ressources nĂ©cessaires et gains potentiels de chaque action, on ne va pas se mentir, cela fait franchement pas mal d’Ă©lĂ©ments Ă intĂ©grer avant de se lancer. Mais ne vous inquiĂ©tez pas, tout est clairement expliquĂ© dans les pages de rĂšgles, agrĂ©mentĂ©es d’exemples concrets. Et mini parenthĂšse : les rĂšgles de la VF sont extrĂȘmement bien traduites ! Kudos IELLO !
Une fois le plateau installé et notre stock de départ en ressources aligné, on démarre les réjouissances en lançant le tirage initial des dés, un certain nombre selon le nombre de joueurs et de joueuses. Un lancer par couleur (blanc, noir, corail) nous donne des résultats, à positionner ensuite par valeur croissante sur les fameux « ponts à dés ».

Oui, on sent un peu ici (un peu, j’ai dit) l’inspiration de notre compatriote vaudois SĂ©bastien Pauchon et de sa fameuse tour Ă dĂ©s de son Yspahan (rééditĂ© en 2019 en Corinth).
Ah oui, on place aussi les tuiles marchĂ© avec leurs cartes associĂ©es pour varier un peu les ressources disponibles Ă chaque partie. LĂ aussi, prenez le temps d’observer Ă quoi donnent accĂšs ces duos carte/tuile/couleur du dĂ© nĂ©cessaire avant de poursuivre. Vous allez en avoir besoin pour optimiser vos premiers tours ! CĂŽtĂ© logistique, le jeu intĂšgre enfin trĂšs intelligemment une piste d’ordre de passage qui Ă©volue selon nos progrĂšs sur la « piste du temps ». Vous verrez, finir premier un tour n’est pas si simple⊠ni gratuit !
Assez parlĂ©, passons Ă la pratique avec le cĆur du gameplay ! Le principe est simple : durant les 3 manches de 3 tours chacune, vous allez utiliser vos 9 actions pour accumuler un max de Points de Victoire (PV), aussi appelĂ©s Points de Clan. Comment ? En avançant vos pions sur diverses zones du plateau qui rapportent des PV⊠à condition d’avoir les ressources pour « payer » ces mouvements !

Ă votre tour, vous ne faites qu’une seule et unique chose, en choisir un sur l’une des extrĂ©mitĂ©s d’un pont, soit le plus petit soit le plus grand (en mode⊠Trio), et jamais au milieu, ceux-ci se dĂ©calent alors. Ce dĂ© choisi se pose alors sur l’un des emplacements du plateau pour l’active. Le ChĂąteau Blanc est donc un jeu de placement d’ouvriers de dĂ©s. Un dĂ©, une case. Et c’est tout ! Et le tour est jouĂ©. Quel bonheur de voir son propre clan prendre forme sous ses yeux !
Et c’est lĂ que ça se corse. Car pour gagner de la nourriture, du fer ou ces prĂ©cieuses perles (nacre, dans le jeu) indispensables Ă l’ascension de vos courtisans, encore faut-il prendre les bons dĂ©s et activer les bonnes tuiles au bon moment. Suspense insoutenable ! Heureusement, une aide de choix existe pour vous tirer des mauvais pas : le fameux bonus « lanterne ».
Il s’agit d’un bonus offert Ă chaque fois que vous prenez un dĂ© sur le cĂŽtĂ© gauche d’un pont, le plus petit, pour lisser le hasard. Au fur et Ă mesure de la partie, votre « zone lanterne » (en bas du plateau perso) va s’Ă©toffer en vous permettant davantage d’actions et de gains. De quoi vous sortir de l’orniĂšre lors d’un tour compliquĂ© ! MĂȘme si cela signifie partir avec un petit dĂ© dĂ©savantageuxâŠ
Car oui, selon la valeur du dĂ© et lâemplacement oĂč vous le posez, son Ă©cart en plus ou en moins avec le coĂ»t d’action affichĂ© se traduit par un gain (ou une perte) en piĂšces d’or ! Fun, challengeant et terriblement tactique. Surtout lors des 2e et 3e manches oĂč la pression monte crescendo. Alors, saurez-vous piloter votre clan d’une main de maĂźtre pour faire fructifier courtisans, guerriers et jardiniers ? SuspenseâŠ
Le ChĂąteau Blanc est un jeu tendu comme un string ! Et comme dit l’adage ludique, un bon jeu de gestion de ressources et un jeu dans lequel on manque toujours juste d’un truc. Si seulement j’avais juste une piĂšce de plus. Ou de fer. Ou de nourriture. Ou de nacreâŠ

Critique détaillée : la stratégie à son zénith
Maintenant que les bases sont posĂ©es, entrons dans le dĂ©tail de ce ChĂąteau Blanc prometteur. Commençons par ce qui ravira tout fan (comme moi) de Euro qui se respecte : la gestion astucieuse des ressources. Car ici, impossible de tout faire, mĂȘme en 9 tours. Alors, Ă quoi consacrer son prĂ©cieux fer pour former des bushis ? Ou Ă©pargnera-t-on pour envoyer nos courtisans briguer les faveurs du puissant daimyĆ ?
Ces dilemmes cornĂ©liens donnent tout son sel Ă la partie. D’autant qu’en choisissant judicieusement vos bonus « lanterne », vous pouvez enclencher de jolies rĂ©actions en chaĂźne pour booster vos capacitĂ©s. Ah, doux parfum d’optimisation des actions et de furieux combos (qui rallongent votre tour).
Cerise sur le mont Fuji (cette phrase ne veut strictement rien dire), les dĂ©s apportent une dimension tactique hyper bienvenue. Outre la gestion fine des piĂšces d’or qu’ils procurent, selon leur rĂ©partition en fin de manche active, on va pouvoir rĂ©active les pouvoirs de ses jardiniers ! De quoi pimenter allĂšgrement la compĂ©tition.
Autre point mĂ©ritant un 5/5 : l’interaction meeple/plateau. En plus de la classique paire « collection et gestion de ressources » d’un gros jeu, Le ChĂąteau Blanc demande de positionner astucieusement ses pions sur certains emplacements, un peu comme dans un jeu de placement d’ouvrier. Sauf qu’ici, ces emplacements ne sont jamais vraiment « bloquĂ©s ».

Vos guerriers permettent ainsi de démultiplier certains PV en fin de partie si vous avez beaucoup investi dans les courtisans. Et vos jardiniers offrent des bonus immédiats ET récurrents selon leur emplacement. De quoi motiver à pousser un peu dans chaque domaine pour tirer son épingle du jeu !
La dimension Ă©volutive du plateau ajoute au plaisir. Les cartes changent de main au grĂ© des ascensions en courtisans, modifiant les actions possibles des dĂ©s que l’on pose. Du coup, mĂȘme en relançant la mĂȘme partie, son dĂ©roulĂ© resterait diffĂ©rent !
Bref, si on devait rĂ©sumer Le ChĂąteau Blanc en une phrase : un savant mĂ©lange de gestion, dâoptimisation des actions et de combos jubilatoires pour nos neurones dâeurogamers. Le tout mariĂ© Ă une direction artistique aux petits oignons !
Des réserves à émettre ?
Bon, jâexagĂšre un peu dans mon enthousiasme. Il faut aussi pointer certains aspects perfectibles dans le gameplay du ChĂąteau Blanc. Commençons par le nerveusement court : seulement 9 actions pour faire vos preuves, est-ce bien sĂ©rieux ?!
Difficile en effet de totalement remonter la pente aprĂšs un ou deux tours ratĂ©s qui nous laissent sans le sou. Comme on ne jouera que 9 maigres tours, si on « foire » (vous apprĂ©cierez les guillemets, c’est trĂšs discutable) un tour sans l’avoir prĂ©parĂ©, optimisĂ©, on aura de la peine Ă remonter la pente. Le jeu peut se montrer assez âpunitifâ sur ce point, ne pardonnant aucune erreur tactique de notre part.
Autre souci notable : oubliez dâemblĂ©e les parties Ă 4, beaucoup trop longues et statiques lorsque vient votre tour. Le ChĂąteau Blanc peut se rĂ©vĂ©ler ĂȘtre un mĂ©chant « jeu vaisselle » (on peut trĂšs bien aller faire la vaisselle hors de son tour). Et comme Ă son tour on peut crĂ©er des enchaĂźnement : j’active ceci qui me permet de rejouer cela etc. son tour peut s’Ă©terniser. PrivilĂ©giez clairement le duel Ă 2 ou, « au pire », au max, la joute Ă 3. Cette derniĂšre option permet au moins dâempiler les dĂ©s pour se dĂ©panner, mĂȘme si le rythme sâen ressentira. Donc comme Ancient Knowledge, un autre excellentissime jeu sorti cette annĂ©e chez IELLO, oubliez d’y jouer Ă 4, tout simplement. Ă moins que vous n’ayez de la vaisselle Ă finir.
Encore un jeu au nombre de joueurs et de joueuses indiquĂ©s pas des plus fiablesâŠ
Autre bĂ©mol : le plateau surchargĂ©. Au fil des tours et des placements de tuiles/pions en tout genre, il devient de plus en plus illisible. Pas facile de sây retrouver parmi la multitude de pictogrammes et la juxtaposition alĂ©atoire de nouvelles actions !
Et enfin, cerise amĂšre sur le gĂąteau blanc : lâabsence totale dâimmersion dans lâunivers du Japon fĂ©odal. On se croirait face Ă un gĂ©nĂ©rique jeu abstrait sans Ăąme. Un pose un dĂ©, et puis c’est tout. VoilĂ qui contraste avec le magnifique habillage visuel, finalement peu exploitĂ© sur le plan thĂ©matique⊠Le ChĂąteau Blanc est un pur jeu dit eurogame.
Euroquoi ?
Il est peut-ĂȘtre temps d’Ă©voquer cette famille ĂŽ combien « noble » des jeux de plateau europĂ©ens, aussi nommĂ©s « eurogames » en notre belle langue franchouillarde.
DerriÚre ce terme un brin technocratique se cache en fait tout un art de vivre ludique, fait de réflexion intense et de stratégie subliminale. Au diable les jeux façon Las Vegas, avec leur lot de hasards et de conflits ouverts qui font trop souvent des perdants !
Non, le vĂ©ritable eurogame se savoure comme un bon vin de Bordeaux (dĂ©solĂ©, je n’ai pas trouvĂ© de comparaison nippone adĂ©quateâŠ) : avec modĂ©ration et en pleine conscience de la complexitĂ© des saveurs. Car ici, le Graal rĂ©side dans l’Ă©quilibre subtil entre dĂ©fi intellectuel et plaisir du jeu.
ConcrĂštement, les europĂ©ens privilĂ©gient des rĂšgles Ă©purĂ©es, permettant de se concentrer sur le cĆur du gameplay : optimisation des ressources et des actions sur un nombre de tours limitĂ©. Le tout dans un habillage thĂ©matique souvent mis au premier second troisiĂšme quatriĂšme cinquiĂšme trĂšs loin plan qui nâempiĂšte pas sur la mĂ©canique pure du jeu.
Petits et grands joueurs et joueuses du vieux continent raffolent de ces expériences tout en stratégie, faites de combos jubilatoires et de dilemmes stimulants pour les méninges.
Mais retour Ă nos daĂŻmios.
Le ChĂąteau Blanc : pourquoi on kiffe ?
Mais retour à nos daïmios. Car il serait dommage de conclure sans souligner les nombreuses qualités ludiques du Chùteau Blanc.
Tout dâabord, le tour de jeu dâune simplicitĂ© enfantine, se limitant au choix et au placement dâun unique dĂ©. Difficile de faire plus fluide ! Ensuite, lâutilisation extrĂȘmement maline de ces dĂ©s, dont la valeur dĂ©termine un gain ou une perte d’argent selon l’action choisie et la valeur du dĂ© imprimĂ© sur le plateau. De quoi pimenter chaque dĂ©cision !
On apprĂ©cie Ă©galement les diffĂ©rentes voies stratĂ©giques offertes entre optimisation des courtisans, guerriers ou jardiniers. On garde ainsi une bonne latitude tactique. Autre point fort : la mĂ©canique originale de la piste d’ordre de passage. Source d’interaction et d’intĂ©rĂȘt jusquâau bout ! C’est souvent la course pour passer devant. Car commencer Ă jouer reprĂ©sente un sacrĂ© avantage. On pourra choisir son dĂ© avant (et donc prendre les dĂ©s de plus grande valeur !).
Enfin, dernier atout de taille : la possibilitĂ© de crĂ©er des combos dĂ©vastateurs et des rĂ©actions en chaĂźne grĂące aux bonus d’actions accumulĂ©s. Un vrai rĂ©gal pour lâeurogamer qui sommeille en nous !
Le ChĂąteau Blanc : verdict
Alors oui, certes, mon enthousiasme pourrait sembler excessif, voire⊠suspect aux yeux de certains ? Non, nous n’avons aucune action IELLO (et c’est bien dommage). Et oui, vous l’avez lu en introduction, nous avons achetĂ© ce jeu nous-mĂȘmes. IELLO ne nous l’a pas offert en Ă©change d’un article (qui pourrait ĂȘtre biaisĂ©e ?)
Mais comment rester de marbre face à cette petite merveille ludique Made in Spain, qui vient chambouler avec grùce et raffinement les codes établis du jeu de société ?!
Car derriĂšre ses faux airs de gentil jeu se cache un monstre de finesse tactique, dont la stratĂ©gie subtile saura satisfaire les palais (ou les chĂąteaux. OK je sors) les plus exigeants. Ses rĂšgles Ă©purĂ©es et sa fluiditĂ© dâexĂ©cution le hissent au panthĂ©on des grands, au rang des plus vĂ©nĂ©rables maĂźtres ludiques du genre.
Certes, tout nâest pas parfait dans son gameplay. Mais qui donc est sans reproche en ce bas-monde ?! Pas moi en tout cas. La preuve avec mon haleine au rĂ©veil ! Ces lĂ©gers dĂ©fauts ne sont que pĂ©chĂ©s vĂ©niels au regard de lâexpĂ©rience jubilatoire offerte.
Alors oui, Le Chùteau Blanc mérite amplement une place de choix dans votre ludothÚque. Son format compact et son prix doux sont à la portée de toutes les bourses. Une véritable aubaine pour les fans, comme moi, de défis cérébraux !
Vous aimez les gros jeux (mais dans une micro-boĂźte et pour un micro-prix (30 euros constatĂ©s, pour un jeu d’une telle envergure, c’est moins cher que gratuit !) ? Vous aimez les jeux de gestion, dans lesquels il vous manquera toujours un truc : un tour, une piĂšce, un point de fer, de nourriture, etc. ? Vous aimez les jeux du style eurogames (voir ci-dessus) ? Vous allez adorer Le ChĂąteau Blanc. C’est en tout cas notre cas Ă la rĂ©daction de Gus&Co, nous avons toutes et tous Ă©tĂ© emballĂ©s ! L’un des meilleurs (gros) jeux de 2023 (qui, Ă©puisĂ©, ressort en mars 2024).
Sublime !

- Date de sortie : Novembre 2023 / mars 2024
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur lâITHEM dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- IGUS : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur lâIGUS dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur lâEcoScore dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici

- Création : Isra C, Shei S
- Illustrations : Joan Guardiet
- Ădition : IELLO
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 Ă 4 (tourne bien Ă 1-2. C’est. Tout. Oubliez d’y jouer Ă 4)
- Ăge conseillĂ© : DĂšs 12 ans (c’est peut-ĂȘtre un peu ambitieux. Disons 14 ans, et on reste amis)
- DurĂ©e : 45 minutes Ă 2 (oui c’est possible si on fonce), voire 80-90 minutes (et 4 jours Ă 4 ! Comment ça j’exagĂšre ?)
- ThÚme : Japon féodal
- MĂ©caniques principales : DĂ©s, placement d’ouvriers, gestion. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, câest ici.
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Article Ă©crit par PEF, alias Pierre-François pour les intimes. MaĂźtre incontestĂ© des jeux de sociĂ©tĂ© qui durent une Ă©ternitĂ©. PEF sâest lancĂ© dans les jeux de stratĂ©gie complexes dĂšs quâil a pu tenir un dĂ© dans ses mains. Ses prĂ©fĂ©rĂ©s sont ceux qui nĂ©cessitent de bĂątir des empires et de comploter contre ses adversaires tout en sirotant une tisane. Devise : « Si le jeu dure moins de deux heures, câest une pause-cafĂ© ! »
