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Crafting the Cosmos : Créer sa galaxie étoile par étoile

⭐️ Envie d’un voyage interstellaire ? Crafting the Cosmos mêle science, billes et casse-tête dans un jeu pour les explorateurs ludiques.



Crafting the Cosmos

⚠️ Avertissement : Pour faire écho à notre article sur le marketing d’influence dans le jeu de société, et dans le cadre d’une démarche de transparence, nous tenons à vous informer que ce jeu nous a été offert par l’éditeur. Notre avis reste toutefois impartial et sincère. Nous vous exposons ici les qualités et les défauts du jeu.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

En bref :

  • La gestion d’énergies et la construction de galaxies forment un puzzle interstellaire.
  • Le matériel premium, avec étoiles et jetons de vie, renforce l’immersion.
  • Une richesse stratégique saluée, mais pouvant sembler fastidieuse pour les néophytes.

Au beau milieu du vide sidéral, vous voilà soudain chargé de modeler une galaxie : bienvenue dans Crafting the Cosmos, où tout commence… par vous.

Créer son propre univers, étoile après étoile : c’est l’ambition audacieuse de Crafting the Cosmos, le nouveau jeu de société de l’éditeur Office Dog, fraîchement paru en mai 2025. Un jeu à la thématique cosmique SF et aux mécaniques profondes, ce titre nous invite à endosser le rôle d’« architectes interstellaires » chargés de bâtir la galaxie la plus florissante possible.

Le studio Office Dog, fondé en 2022 par Asmodee North America pour développer des créations originales, signe ici son deuxième jeu après l’excellentissime jeu de pli évolutif sur le Seigneur des Anneaux, et frappe plutôt fort avec un concept mêlant science, gestion et chouettes méca. Préparez-vous à embarquer pour un voyage aux confins de l’univers ludique… étoile par étoile.

Un thème cosmique haut en couleur

Dès l’ouverture de la boîte, Crafting the Cosmos nous immerge dans l’immensité du vide intersidéral. Une vaste toile vierge n’attend que vos actions pour prendre vie. Le thème cosmique est richement exploité : chaque joueur façonne sa propre galaxie en utilisant les forces fondamentales de l’univers – l’énergie, la lumière, le temps, la gravité et la chimie – représentées par des composants de jeu spécifiques. On manipule ainsi ces éléments presque comme un démiurge scientifique, pour donner naissance à des étoiles, des nébuleuses et même à la vie.

Cette approche se veut ancrée dans de véritables concepts scientifiques, ce qui distingue le jeu de la multitude de titres purement science-fiction. « Nous avons réussi à créer un jeu axé casse-tête qui s’appuie sur de vraies notions de physique et de biologie, décoré avec des images emblématiques de nébuleuses lointaines » explique l’éditeur. En pratique, on ressent effectivement cette inspiration : les types d’étoiles (hydrogène, hélium, carbone, oxygène), l’apparition de la vie à partir de conditions adéquates, ou encore la notion de temps cosmique s’intègrent aux règles.

Certes, le tout reste très abstrait et eurogame dans l’âme, mais l’habillage scientifique apporte une touche d’originalité bienvenue. Le résultat est un univers de jeu à la fois pédagogique et poétique, même si certain·es pourront regretter un léger décalage entre le thème et les actions réelles (on y reviendra). Quoi qu’il en soit, le voyage cosmique est servi par une direction artistique soignée, faisant la part belle aux illustrations de nébuleuses colorées et d’icônes évoquant l’astronomie. Un thème fort et bien présent donc, qui attise la curiosité aussi bien des gamers férus de science que des novices intrigués par les mystères de l’espace.

Mécaniques galactiques

Si le thème est intéressant, les mécaniques de jeu de Crafting the Cosmos s’avèrent tout aussi dignes d’attention. Le jeu se déroule en une série de tours structurés, chacun comprenant deux phases distinctes par joueur suivies d’une phase commune de fin de tour. Sur le papier, le fonctionnement peut sembler complexe, mais il se révèle assez fluide une fois la partie lancée.

Phase d’énergie

C’est la première étape du tour de chaque joueur. Ici, vous allez manipuler des billes d’énergie colorées sur un plateau central – ce fameux “centre de contrôle” unique dont l’éditeur est très fier. Concrètement, ces billes représentent les forces cosmiques (gravité, temps, etc.) et sont placées le long d’une piste circulaire centrale. À votre tour, vous pouvez déplacer certaines de ces billes sur la piste afin de prendre le contrôle de différentes sources d’énergie. Ce déplacement astucieux détermine quels ressources et bonus vous allez pouvoir obtenir. Une fois les billes positionnées, vous collectez des ressources depuis l’emplacement actif que vous contrôlez ainsi que depuis quelques emplacements adjacents passifs. Ces ressources prennent la forme d’unités d’énergie de différentes sortes, correspondant aux éléments fondamentaux évoqués plus haut. La phase d’énergie est un véritable casse-tête tactique : on doit optimiser le positionnement des billes pour maximiser ses gains, tout en sachant que ce même plateau central est partagé entre tous les joueurs. Chaque déplacement modifie l’“univers” commun, ce qui oblige les adversaires suivants à s’adapter en permanence aux nouvelles configurations. Cette mécanique de sélection de ressources par déplacement de billes rappelle un peu certains jeux à la Mancala ou des engine builders modernes comme Gizmos, où les billes constituent le moteur du jeu. Elle offre en tout cas une interaction subtile mais présente : même si chacun construit sa galaxie de son côté, la lutte pour les meilleures positions d’énergie crée une certaine tension.

Phase de craft (création)

Une fois vos énergies en main, place à la construction de votre coin d’univers. Durant cette seconde phase du tour, chaque joueur dépense les ressources accumulées pour réaliser diverses actions de construction sur son plateau individuel. L’éventail d’actions est assez large et libre, ce qui renforce l’aspect sand box de liberté. Parmi les actions possibles, on retrouve par exemple : placer de nouvelles étoiles sur son plateau (qu’elles soient d’hydrogène, d’hélium, de carbone ou d’oxygène), former une nébuleuse en posant un jeton spécial, créer de la proto-vie (de la vie primitive) ou améliorer celle-ci en vie stable, jouer des cartes “Énergie” pour déclencher des capacités spéciales, ou encore remplir des objectifs universels. L’objectif principal est de combiner habilement ces actions pour bâtir peu à peu un écosystème cosmique cohérent sur votre plateau individuel. Concrètement, il faut disposer des tuiles Nébuleuse puis les encercler des bonnes combinaisons d’étoiles pour “compléter” ces nébuleuses et les faire briller de mille points. Une fois une nébuleuse stabilisée, vous pouvez la peupler de proto-vie puis de vie stable (représentées par des jetons microbes) afin de finalement faire apparaître de la Vie avancée – véritable espèce intelligente – qui rapportera un gros bonus de points en fin de partie. Tout est question d’optimisation : où placer telle étoile, vaut-il mieux convertir sa proto-vie maintenant ou attendre, quel pouvoir utiliser au bon moment… La phase de création offre une dimension “engine-building” (construction de moteur de points) très chouette. On voit sa galaxie personnelle prendre forme et on enchaîne des décisions tactiques engageantes. D’ailleurs, les cartes Pouvoir uniques que l’on peut acquérir au fil du jeu (grâce aux cartes Énergie bien utilisées) enrichissent encore les possibilités en débloquant de nouvelles façons d’optimiser son univers. La contrepartie de cette richesse, c’est qu’il y a beaucoup de choses à gérer simultanément : entre les différents types de ressources, les multiples actions disponibles et les objectifs en commun, le jeu peut paraître un brin déroutant lors des premières parties.

Enfin, pour clore chaque tour de jeu, Crafting the Cosmos introduit une phase de fin de manche commune. Durant cette phase, on révèle généralement une carte Objectif universel (s’il en reste à dévoiler) ou on évalue celle en cours : par exemple, le joueur avec le plus d’étoiles d’hélium, ou celui ayant réalisé la plus grande constellation contiguë, marque des points bonus. Ces mini-défis communs ajoutent du piment et poussent chacun à surveiller le développement de ses voisins – seul moment où l’on quitte un peu son propre plateau des yeux.

Cela récompense aussi la flexibilité stratégique : il faut savoir adapter sa planification pour rafler ces objectifs temporaires avant ses concurrents. Ce système d’objectifs universels renforce ainsi la rejouabilité en variant les priorités d’une partie à l’autre.

Pour résumer, les mécaniques de Crafting the Cosmos allient un casse-tête perso assez exigeant – optimiser son plateau spatial – avec une couche d’interaction indirecte via le contrôle des énergies et la course aux objectifs. Cette combinaison donne un jeu hybride, à mi-chemin entre le jeu de construction stratégique et le casse-tête tactique. Les amateurs de titres comme Terraforming Mars (pour le thème science et l’accumulation de points via des combos) ou Gizmos (pour le côté moteur à billes et gestion de ressources innovante) y retrouveront certaines sensations, tout en découvrant des mécaniques vraiment originales propres à Crafting the Cosmos.

Un matéros astronomique

Des étoiles en plastique bicolores, des tuiles Nébuleuse circulaires et des jetons de vie double-face illustrent le soin apporté aux composants dans Crafting the Cosmos. Le matériel de jeu se révèle être l’un des points forts visibles de Crafting the Cosmos. Office Dog et Asmodee ont visiblement mis le paquet pour offrir une expérience tactile et visuelle digne d’une édition collector. Dans chaque boîte, on trouve pas moins de 78 étoiles en plastique bi-injecté (avec deux couleurs par pièce) et 50 jetons de vie en plastique tout aussi travaillés, donnant immédiatement une impression de qualité premium. Ces étoiles, de formes variées, représentent les différents types stellaires et sont très agréables à manipuler sur le plateau. Les jetons de vie, double-face (proto-vie d’un côté, vie évoluée de l’autre), arborent de petites illustrations de microbes extraterrestres du plus bel effet.

À cela s’ajoutent 54 tuiles Nébuleuse uniques, de jolis disques illustrés de nuages interstellaires colorés, qui rendent chaque système que l’on crée visuellement distinct. Les cartes ne sont pas en reste, avec 60 cartes Énergie et 32 cartes Pouvoir richement illustrées de motifs cosmiques (trous noirs, ADN, planètes, etc.) et dotées d’icônes claires. L’ergonomie a été bien pensée, ce qui est crucial vu la diversité des éléments : par exemple, les plateaux individuels des joueurs sont double-couche avec des emplacements encavés pour caler étoiles et jetons, évitant que tout glisse au moindre mouvement brusque – un must pour un jeu à manipulation intensive.

En termes d’esthétique et de DA, Crafting the Cosmos parvient à évoquer la beauté de l’espace. La palette de couleurs est vibrante (on retrouve notamment des teintes néon rose, turquoise, violet pour les énergies) et les illustrations de fond de plateau ou de cartes s’inspirent des fameuses photos de nébuleuses capturées par Hubble. Le résultat sur la table est à la fois lisible et attrayant, avec un côté presque pédagogique (on apprend au passage que telle nébuleuse a besoin d’hélium et de carbone pour se former, par exemple). Mention spéciale au “centre de contrôle” central : il s’agit d’un plateau spécial où se déplacent les billes d’énergie, faisant office à la fois de piste de jeu et de rangement intégré. En effet, l’éditeur a conçu ce plateau central comme un élément en plastique modulable qui permet de stocker la plupart des composants entre les parties.

Finie la mise en place fastidieuse, tout est déjà trié ! Cette console prête-à-jouer accélère grandement le setup et le rangement, un argument que l’éditeur met en avant à juste titre. On retrouve là un goût de “deluxe Kickstarter” mais sans avoir eu à attendre le financement participatif : Crafting the Cosmos offre directement des composants luxueux et astucieux, du niveau de certaines éditions spéciales de jeux experts.

Au final, le jeu se démarque par sa qualité de prod irréprochable. De la solidité du matériel à la beauté des visuels, on sent que chaque détail a été peaufiné pour servir l’immersion. Quelques bémols néanmoins relevés par certains joueurs : qui dit profusion de pièces dit aussi potentiel de manipulation un peu fastidieux en cours de partie.

Effectivement, avec toutes ces étoiles à disposer et ces jetons à gérer, le jeu peut devenir un brin “fiddly” (…chipoteux ?) par moments. Les superbes pièces demandent de l’attention pour ne pas être renversées, et manipuler les billes sur la piste centrale sollicite de la dextérité. Rien de rédhibitoire, mais il faudra jouer sur une table bien stable et garder son plateau joueur organisé. Hormis ce léger détail, l’expérience matérielle est à la hauteur du thème : on en prend plein les mirettes et les mains, ce qui renforce l’envie de replonger dans une nouvelle partie rien que pour le plaisir de (re)manipuler tout cet attirail cosmique.

Accessibilité et prise en main

Avec son matériel foisonnant et ses mécaniques imbriquées, Crafting the Cosmos pourrait intimider de prime abord. Toutefois, son accessibilité est plutôt bonne pour peu qu’on prenne le temps d’en apprivoiser les rouages. Le jeu est recommandé à partir de 14 ans, ce qui correspond bien à son public cible : des joueurs intermédiaires à experts, ou des familles de joueurs aguerris. La règle du jeu, bien que consistante, est rédigée de manière pédagogique, introduisant progressivement les concepts (énergie, construction d’étoiles, objectifs…) avec exemples à l’appui.

De plus, la présence d’un mode tutoriel en ligne sur BoardGameArena, écurie Asmodee également, est un vrai plus pour découvrir tranquillement les mécanismes. Après une ou deux manches d’apprentissage, on commence généralement à saisir la logique du jeu et à anticiper les actions possibles. La courbe d’apprentissage est donc raisonnable : on n’est pas sur un “gros jeu expert”… ésotérique, mais sur un titre de complexité moyenne. Ni trop, ni trop peu. Un solide juste milieu.

Un élément qui facilite l’accès est le fait que chaque joueur peut concevoir sa galaxie à son propre rythme, dans son coin. Ainsi, un novice pourra se concentrer sur son plateau sans subir d’agression directe des adversaires, ni craindre d’élimination. Crafting the Cosmos est compétitif mais non belliqueux : pas de destruction mutuelle ici, juste de la compétition pacifique pour les meilleures opportunités. Cela le rend adapté à un public relativement large, y compris des joueurs qui n’aiment pas l’affrontement direct. En revanche, ce côté très “chacun dans son univers” implique des tours parfois un peu longs si l’on joue avec des profils très calculateurs.

Le jeu peut devenir légèrement « tête baissée » en mode multi-solo – chacun planchant sur son puzzle sans trop parler – surtout à quatre joueurs où l’attente entre ses tours s’allonge. C’est le revers de la médaille de cette richesse stratégique : Crafting the Cosmos est un jeu où la réflexion prime sur l’interaction directe, ce qui ne conviendra pas à tous les publics. Mais pour peu qu’on apprécie les défis cérébraux calmes, la durée (60 à 90 minutes annoncées, souvent 2h à 4 joueurs lors des premières parties) passe sans qu’on s’en rende compte, porté par la satisfaction de construire quelque chose de grandiose.

Notons que le matériel bien conçu aide aussi à l’accessibilité : les plateaux double-couche et le rangement intégré réduisent la charge logistique de manipulation, permettant de se focaliser sur le jeu plutôt que sur le tri des pièces. De plus, les icônes universelles (H pour hydrogène, He pour hélium, etc.) parlent d’elles-mêmes et facilitent la compréhension même si on n’a pas fait d’études d’astrophysique. Au final, Crafting the Cosmos réussit le pari d’être dense stratégiquement sans être opaque à prendre en main. Il demandera un petit effort initial aux joueurs novices, mais ceux-ci seront récompensés par la découverte progressive d’un système original et stimulant.

À l’épreuve du temps et de l’espace

Quelles sensations de jeu peut-on attendre en embarquant dans Crafting the Cosmos ? Principalement, le titre procure la satisfaction de voir croître son propre univers au fil de la partie. On commence avec une galaxie vide, et tour après tour on la remplit d’étoiles scintillantes, de nébuleuses majestueuses et de traces de vie naissante. Cette montée en puissance est gratifiante, d’autant qu’elle est le fruit de nos choix judicieux de placement et de gestion.

Les fans (comme moi) d’engine-building retrouveront ce plaisir de construire un moteur à points qui s’emballe sur la fin : les derniers tours peuvent donner lieu à des enchaînements jouissifs où l’on place trois étoiles d’un coup, complète une nébuleuse et déclenche un pouvoir qui génère une vie avancée bonus… Les combos sont au rendez-vous si vous planifiez bien.

À l’inverse, on ressent parfois une petite frustration lorsque l’énergie espérée nous échappe (parce qu’un adversaire a déplacé “notre” bille vitale sur la console centrale) ou qu’une nébuleuse tarde à se compléter faute d’avoir pioché le bon type d’étoile. Mais ces moments font partie du défi et poussent à s’adapter. Le jeu offre un équilibre entre planification et adaptation salué par les premiers retours : il faut prévoir sa stratégie globale tout en réagissant aux aléas (objectifs changeants, mouvements adverses sur le plateau central, tirage des cartes Pouvoir…). Chaque partie raconte ainsi une histoire cosmique différente, avec ses coups d’éclat et ses revirements.

Du côté de la rejouabilité, Crafting the Cosmos s’en sort avec les honneurs. Le jeu propose une telle variété de composants et de configurations qu’il est difficile d’en faire deux fois le tour de la même façon. Déjà, les 54 tuiles Nébuleuse uniques signifient que votre galaxie ne sera jamais agencée identiquement d’une partie à l’autre. Idem pour les 32 cartes Pouvoir : on n’en voit qu’une fraction par partie, ce qui renouvelle les stratégies – certaines parties vous permettront de jouer sur la gravité et le déplacement d’étoiles, d’autres capitaliseront sur le temps et la vitesse, etc. Les 16 objectifs universels disponibles peuvent être modulés ou tirés aléatoirement, modifiant les conditions pour marquer des points bonus et forçant à explorer des voies différentes.

Enfin, l’élément central des billes d’énergie, combiné aux décisions des autres joueurs, assure que chaque manche propose un casse-tête inédit à résoudre. Même après plusieurs parties, on découvre de nouvelles façons d’optimiser son cosmos et on a envie de faire mieux la prochaine fois. La courbe de progression est appréciable : on apprend de ses erreurs (tel placement d’étoile sous-optimal, tel timing de carte mal choisi) et on revient affiner sa stratégie.

Bien sûr, comme tout jeu à fort investissement, Crafting the Cosmos pourra occuper une place de choix pour les passionnés, tandis que d’autres joueurs occasionnels y reviendront peut-être plus rarement une fois la curiosité assouvie. Sa longévité dépendra donc de votre affinité avec ce type de défi cérébral. Mais objectivement, le contenu fourni garantit de nombreuses heures de jeu avant d’en avoir fait le tour complet. Et qui sait, si le succès est au rendez-vous, des extensions pourraient voir le jour (de nouveaux types d’étoiles ou de vie, d’autres cartes Pouvoir, etc.) – le terrain de jeu de l’univers étant par définition infini.

Points forts / Points faibles

Est-ce que Crafting the Cosmos est un jeu… cosmique ? Voici, selon nous, ses points forts, mais également ses points faibles.

Points fortsPoints faibles
Thème scientifique original et bien exploité (création de l’univers)Peut sembler un peu abstrait malgré le thème (on déplace des cubes)
Matériel de très grande qualité, visuellement splendideBeaucoup de composants : manipulation parfois fastidieuse (fiddly)
Mécanique de ressources innovante et interactive (billes d’énergie)Interaction limitée, feeling « tête baissée » par moments
Règles riches mais logiques une fois assimiléesCourbe d’apprentissage présente pour les nouveaux joueurs
Grande rejouabilité grâce à la variété de cartes et tuilesDurée de partie pouvant être longue à 4 joueurs

Crafting the Cosmos, verdict

En conclusion, Crafting the Cosmos s’impose comme une réussite solide et prenante, qui parvient à marier de façon assez harmonieuse un thème grandiose et des mécaniques de jeu astucieuses. Le pari d’Office Dog de proposer un jeu à la fois érudit par son thème et accessible par son gameplay est globalement tenu : on apprend des choses en s’amusant, et l’on s’amuse d’autant plus grâce au matériel somptueux mis à disposition.

Notre expérience de jeu a été marquée par le plaisir de la découverte – chaque tour apportant son lot de décisions gratifiantes – et par l’admiration devant le soin apporté à la production. Crafting the Cosmos n’est toutefois pas sans défauts : on pourra lui reprocher une immersion thématique inégale (les joueurs les plus narratifs auraient aimé ressentir davantage la création d’une histoire cosmique, là où le jeu reste très mécanique), ainsi qu’une certaine lourdeur matérielle pouvant ralentir la partie. De même, les amateurs de forte interaction ou de confrontation directe risquent de le trouver un peu trop, comment dire, sage.

Au final, nous lui attribuons la note de 3,5/5. Cela correspond à un chouette jeu, très appréciable, mais pas ouf non plus. Avec, parfois, des parties répétitives, mécaniques, froides et lentes, Crafting the Cosmos offre une expérience unique en son genre, suffisamment riche pour occuper de nombreuses soirées, mais qui ne conviendra pas forcément à tous les publics dans sa catégorie.

Avec son ton résolument innovant à coup de billes et d’acquisition de ressources à la Finca, Crafting the Cosmos témoigne en tout cas de la montée en puissance du studio Office Dog, qu’il faudra suivre de près. Si l’appel des étoiles vous tente et que construire une galaxie de vos propres mains vous fait rêver, n’hésitez pas à tenter l’aventure – vous pourriez bien vous découvrir une âme de créateur cosmique, prêt à laisser son empreinte dans les astres.

On a aimé :

  • L’originalité du thème cosmique et l’aspect pédagogique sur l’astrophysique.
  • Les composants de grande qualité, dignes d’une édition deluxe.
  • La rejouabilité, grâce aux nombreuses tuiles et cartes qui renouvellent l’expérience.

On a moins aimé :

  • Les tours un peu longs, surtout à quatre, pour ceux qui n’aiment pas patienter.
  • La profusion de matériel, qui peut vite donner l’impression de jouer à Tetris.
  • L’immersion thématique parfois freinée par la dimension très “calculatoire”.

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous adorez les jeux qui combinent réflexion profonde et esthétique soignée.
  • Vous rêvez de créer un univers entier sans bouger de votre salon.
  • Vous aimez optimiser chaque ressource et prévoir vos stratégies sur plusieurs tours.

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Vous préférez les jeux d’ambiance rapides et moins lents, cérébraux.
  • Vous n’appréciez pas les mécaniques complexes avec beaucoup de manip.
  • Vous recherchez une forte confrontation directe entre joueurs.

Et si jamais vous pensiez avoir la tête dans les étoiles, attendez de voir celle que vous pourrez bâtir vous-même : Crafting the Cosmos, c’est un petit pas pour vos mains, un grand bond ludique pour votre table !

Pas mal. Mais pas ouf.

Note : 3.5 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Tam, David Gordon
  • Illustrations : Quillsilver
  • Édition : Office Dog
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2-4 (clairement meilleur à 2-3)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (bonne estimation)
  • Durée : 90 minutes
  • Thème : Science-fiction, astrophysique
  • Mécaniques principales : Billes, objectifs. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici

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