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Jeux de plateau,  Technologie

Wise Wizard Games se met à l’IA : trahison ou révolution ?

🎨 Wise Wizard Games fait le grand saut vers l’IA ! Entre prouesse technologique et controverse éthique, le débat est ouvert.


321 dragons générés par IA : le pari de Wise Wizard

En bref :

  • Wise Wizard Games utilise l’IA pour Draconis 8 : 321 illustrations générées, retouchées par un artiste, 120 000$ récoltés sur Kickstarter.
  • L’industrie se déchire : Games Workshop et Stonemaier interdisent l’IA, Terraforming Mars et Awaken Realms l’adoptent.
  • Les artistes dénoncent le vol de leur travail par l’IA et s’inquiètent pour l’avenir, les illustrations générées n’étant pas protégeables par copyright.

« C’est du vol, point final ! » tonne Kyle Ferrin, l’illustrateur de Root. La guerre est déclarée dans le monde des jeux de société. Alors que l’éditeur Wise Wizard Games dit oui à l’IA.

Mais alors clairement, la tempête fait rage dans le monde des jeux de société (non, pas seulement) ! Alors que l’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans nos vies, et ceci depuis deux ans avec l’arrivée de ChatGPT le 30 novembre 2022, voilà qu’elle s’immisce maintenant (de plus en plus) dans nos précieux jeux de plateau.

Et pas de n’importe quelle manière : elle s’attaque à leur âme même, l’art qui donne vie à nos univers ludiques préférés. À tel point que certains grands noms de l’industrie prennent des positions radicales : Games Workshop vient d’interdire totalement l’utilisation de l’IA dans ses prestigieux concours Golden Demon. Un débat passionné qui mérite qu’on s’y attarde. Oui, encore une fois !

Les lignes de front se dessinent

Face à la controverse grandissante, les acteurs de l’industrie prennent position. D’un côté, nous avons Games Workshop qui vient de bannir catégoriquement l’IA de ses concours Golden Demon. L’événement déclencheur ? Un double vainqueur du Slayer Sword qui a osé utiliser l’IA pour créer le décor de sa figurine. La réponse de l’éditeur a été aussi tranchante qu’une épée énergétique : un « non » catégorique à toute utilisation de l’IA.

À l’opposé, des éditeurs comme Wise Wizard Games (Star Realms) plongent tête la première dans la technologie. Champions of Otherworldly Magic a même déboursé 90 000 dollars pour des illustrations générées par IA, réalisées en à peine deux jours par mois ! Stronghold Games (Terraforming Mars) et Awaken Realms suivent le mouvement, avec des campagnes Kickstarter qui dépassent les millions de dollars.

Au milieu, nous retrouvons Stonemaier Games (Wyrmspan), qui affirme ne vouloir « rien avoir à faire » avec cette technologie. Une position médiane qui reflète bien le dilemme auquel fait face l’industrie.

La stratégie de Wise Wizard

Le cas de Wise Wizard Games mérite qu’on s’y attarde. Pour son nouveau jeu Draconis 8, l’éditeur de Star Realms en VO ne fait pas mystère de son utilisation de l’IA, au contraire : il en fait un argument marketing ! Leur approche ? Un mélange d’IA et d’intervention humaine qui, selon eux, permet de créer 321 illustrations uniques là où le jeu n’en aurait eu que 17 sans cette technologie.

« Ce n’est PAS ce que vous pensez, » se défend Rob Dougherty, CEO de Wise Wizard Games sur le site américain BoarGameWire. « Nous utilisons l’IA comme un outil d’artiste, pas comme un remplacement. » Leur processus implique des prompts dessinés à la main et de multiples interventions de l’artiste Antonis Papantoniou qui « peint par-dessus » les générations de l’IA.

Un critique anonyme n’hésite pas à comparer cette approche à « saupoudrer du persil sur un plat surgelé en prétendant cuisiner un repas cinq étoiles ». Il pointe également du doigt la « transparence » affichée de l’éditeur : « Ils savent bien que leur Kickstarter ne serait pas aussi lucratif sans IA. Leur « transparence » est juste une tentative pour sauver la face, alors qu’ils savent pertinemment que l’IA leur permet d’économiser un max de frais d’artistes. »

Ce qui est particulièrement intéressant dans cette controverse, c’est le contraste avec d’autres éditeurs qui restent muets sur la question de l’IA. En plein débat sur la responsabilité éditoriale et l’éthique artistique, Wise Wizard Games a au moins le mérite d’assumer ouvertement sa position, pour le meilleur et pour le pire. Une transparence qui n’a pas empêché leur campagne Kickstarter de récolter près de 120 000 dollars (à l’heure à laquelle je vous écris)…

Les artistes contre-attaquent

Mais cette transparence affichée ne convainc pas tout le monde. Kyle Ferrin, l’illustrateur de Root et d’Arcs, est catégorique : utiliser l’IA, c’est « assumer la responsabilité de tout ce que ces programmes font pour créer ces images, c’est-à-dire du vol. » Une position d’autant plus pertinente que les outils utilisés (Midjourney, Dall-E) sont notoirement entraînés sur des œuvres d’artistes sans leur consentement. Il compare l’utilisation de l’IA à « servir de la pâtée aux cochons ». Mais ce n’est que le début. Pour lui, le problème est triple : éthique, créatif et légal.

« C’est du vol, point final ! » tonne-t-il. « Quand vous utilisez ces programmes, vous volez probablement Magic: The Gathering, Wizards of the Coast et des milliers d’autres artistes. » Et de poursuivre avec un argument qui fait mouche : l’IA artistique est incapable d’innovation. « Elle ne peut que régurgiter ce qui existe déjà. C’est comme faire une soupe avec des soupes déjà préparées – vous n’obtiendrez jamais rien de nouveau. »

Mais le plus inquiétant ? Selon Ferrin, les images générées par IA ne peuvent pas être protégées par copyright. « Si vous créez un jeu avec ce type d’art, n’importe qui peut le copier légalement. Vous ne possédez ni les mécaniques (non brevetables) ni l’art ! » Une perspective qui fait froid dans le dos pour l’industrie…

Ces critiques acerbes soulèvent une question fondamentale : peut-on vraiment parler d’art quand une machine reproduit et mixe le travail d’autres artistes ?

Le débat éthique

Voici le nœud du problème : les IA artistiques sont entraînées sur des millions d’œuvres d’art… sans l’accord de leurs auteurs et autrices. C’est un peu comme si on prenait tous les ingrédients dans la cuisine d’un chef étoilé pendant son absence pour faire notre propre plat ! Certes, Wise Wizard assure que leur processus est différent, que leur artiste « peint par-dessus » les générations de l’IA. Mais est-ce suffisant pour justifier l’utilisation d’une technologie basée sur l’appropriation du travail d’autrui ?

Et maintenant, que va-t-il se passer ? Les éditeurs semblent avoir trouvé leur poule aux œufs d’or : plus d’illustrations, moins de coûts, des campagnes Kickstarter qui cartonnent… Mais à quel prix ?

Pour Kyle Ferrin, la réponse est simple : si vous ne pouvez pas vous permettre de payer un artiste, ne faites pas le jeu. « Je vois combien vous gagnez sur Kickstarter. Payez quelqu’un ! » lance-t-il. « C’est comme un restaurant qui dirait ne pas pouvoir survivre sans exploiter des adolescents – ce n’est tout simplement pas un modèle d’affaires viable. »

Jamey Stegmaier de Stonemaier Games propose une alternative concrète : travailler avec des artistes en début de carrière, cherchant à se faire un nom, et les payer équitablement. Il suggère d’ajuster des paramètres comme la taille des illustrations ou le nombre d’éléments dupliqués pour trouver un équilibre entre qualité visuelle et budget.

Les pistes de solution ne manquent pas :

  • Encourager la transparence des éditeurs sur leurs sources d’illustrations
  • Créer des labels « 100% art humain » pour certifier l’origine éthique des images. Oui, cela existe déjà. Le fameux : Illustré à la main, de la Charte des Illustrateur·ices Ludiques
  • Mettre en place des systèmes de redevances pour les artistes dont les œuvres servent à entraîner les IA
  • Développer des bourses pour soutenir la nouvelle génération d’artistes
  • Favoriser des usages éthiques de l’IA en support créatif plutôt qu’en remplacement

Certains suggèrent une voie médiane : l’Intelligence Hybride (IH). L’idée ? Utiliser l’IA comme un outil pour générer des ébauches que des artistes humains sublimeront ensuite. Une collaboration fertile où la machine démultiplierait l’imaginaire des créateurs plutôt que de le remplacer. D’ailleurs, certains éditeurs commencent déjà à apposer un label sur leurs boîtes pour spécifier l’origine humaine des illustrations, montrant l’importance grandissante de cette problématique pour les consommateurs.

L’impact environnemental

Dans ce débat, passionné, passionnant, sur l’éthique artistique, une question cruciale reste dans l’ombre : l’empreinte écologique de cette révolution IA. Les entreprises, éditeurs de jeux utilisant l’IA ont clairement augmenté leur consommation d’énergie. On peut se demander si ce n’est pas un peu… ridicule d’utiliser autant d’énergie pour produire… du déchet.

L’ampleur du problème est considérable. En 2023, les émissions de CO₂ de Google ont augmenté de 13%, atteignant 14,3 millions de tonnes équivalent CO₂, principalement à cause du développement de l’IA. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

Les chiffres donnent le vertige :

  • L’entraînement d’un seul modèle d’IA peut consommer l’équivalent de 5 voitures pendant toute leur durée de vie
  • La génération d’une image IA nécessite autant d’énergie que la charge complète d’un smartphone
  • Les datacenters nécessaires tournent 24h/24, majoritairement avec des énergies fossiles

Face à ce constat, l’argument de la rapidité et de l’efficacité de l’IA prend un tout autre sens. Certes, un artiste traditionnel prendra plus de temps pour créer une illustration, mais son impact environnemental se limite à quelques heures d’électricité pour son ordinateur ou quelques pinceaux et tubes de peinture.

Mais la question reste posée : dans un monde qui lutte contre le changement climatique, est-il responsable de démultiplier notre consommation d’énergie simplement pour produire plus d’images, plus vite, (beaucoup) moins cher ?

La conclusion qui dérange

Force est de constater que nous sommes à un tournant. L’IA dans les jeux de société n’est plus une question de « si » mais de « comment ». Le fossé se creuse entre ceux qui, comme Games Workshop, choisissent de préserver l’artisanat traditionnel, et ceux qui embrassent pleinement cette nouvelle technologie.

L'approche Wise Wizard (IA + retouches humaines), c'est...

Car au fond, n’est-ce pas la même question qui se pose pour tous les aspects de nos jeux ? Ce qui fait la beauté de ce loisir, c’est avant tout le talent, la créativité et la passion des joueurs et des joueuses. Qu’il s’agisse de peindre une fig ou d’illustrer un jeu de cartes, c’est dans ces moments de pure création que réside la véritable magie du jeu.

Et vous, férus et fans de jeux de société, de quel côté vous situez-vous ? Préférez-vous 17 illustrations faites à la main avec amour, ou 321 créées avec l’aide de l’IA ? La réponse à cette question pourrait bien déterminer l’avenir de notre loisir.

Dans ce nouveau monde où les machines dessinent nos rêves, il ne reste peut-être qu’une question : à quand un jeu de société créé entièrement par IA… pour des joueurs et joueuses IA. 321 illustrations générées en deux jours, mais combien d’âmes perdues en chemin ?

Wise Wizard Games visuel

Post-scriptum : Quand l’art robotique atteint des sommets

L’actualité nous offre une illustration frappante de cette révolution artistique. Ce vendredi 8 novembre 2024, une œuvre intitulée « A.I. God », créée par le robot humanoïde Ai-Da, s’est vendue aux enchères chez Sotheby’s pour la somme astronomique de 1,2 million d’euros. Ce portrait d’Alan Turing, figure emblématique de l’informatique qui s’inquiétait déjà des usages de l’IA dans les années 1950, marque un tournant historique : c’est la première œuvre d’art réalisée par un robot humanoïde vendue aux enchères.

Cette vente résonne particulièrement avec notre débat sur l’IA dans les jeux de société. Comme l’affirme Ai-Da elle-même, son travail sert de « catalyseur au dialogue sur les technologies émergentes ». Les tons sombres et le visage fragmenté de Turing dans le portrait semblent faire écho aux préoccupations exprimées par les artistes de notre industrie, comme Kyle Ferrin.

Si une œuvre créée par un robot peut atteindre une telle valorisation, que dire de l’avenir de l’art dans nos jeux ? La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer notre façon de créer, mais comment nous allons naviguer dans ce nouveau paradigme où les frontières entre création humaine et artificielle deviennent de plus en plus floues.

Comme le souligne Aidan Meller, le créateur d’Ai-Da, « les plus grands artistes de l’histoire ont été aux prises avec leur époque. » Peut-être est-ce là que réside la clé : non pas dans le rejet ou l’adoption aveugle de l’IA, mais dans notre capacité à l’utiliser pour questionner et enrichir notre rapport à l’art et au jeu.


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6 Comments

  • Raidden

    Je pense que c’était inévitable d’en arriver là. Les illustrations ne sont pas forcément au cœur d’un jeu de sociétés ou d’un jeu de cartes mais elles y contribuent.
    Cela me fait un peu sourire lorsque je lis qu’un artiste n’utilise pas d’IA : un ordinateur ou une tablette en sont des exemples à mes yeux.

    En ce moment, aucune règle n’interdit strictement l’utilisation d’IA pour des illustrations dans un projet.

    Cela divise parce qu’il y a des gens qui se font voler leur travail sans être rémunéré pour leur juste valeur mais si cela était mieux encadré, tout le monde y trouverait son compte.

  • hervis

    L’IA n’est qu’une technique, mais comme elle touche un domaine qui est considéré comme exclusive à l’homme, elle interroge. Toutes les techniques ont entrainé la disparition de métiers, qui ont été remplacées par d’autres. Est-ce qu’un illustrateur n’a pas été formé et ne s’inspire pas des créations de ses prédecesseurs. A-t-il appris à partir de rien ? A partir de quel moment une illustration est originale ? Est-ce qu’il n’y aurait du avoir qu’un pointilliste, qu’un cubiste, les autres ne faisant que copier les principes imaginées par un autre ? Les algorithmes d’IA ne copient pas, il s’agit avant tout de modèles probabilistes. Comme dans le traitement du langage, l’algorithme détermine le mot le plus probable à intégrer tenant compte du contexte, il ne copie pas une phrase issu d’un texte déjà constitué (ce qui serait du plagiat). Est-ce que le processus créatif n’est pas dans le prompt qui va être utilisé par l’IA pour concevoir son image ?

  • Cédric CLEMENTE

    Je suis content de lire les 2 premiers commentaires car ils font écho à ce que je pense également.
    Ce que je regrette dans l’article (et pourtant j’adore tous les articles de chez Gus), c’est qu’on ne sait jamais s’il critique l’utilisation de l’IA en « remplacement » d’un artiste de chair et de sang, ou si c’est le fait que les sources d’inspiration des IA soient « volées » à leurs auteurs sans reversement d’un droit d’utilisation.
    Personnellement, je n’ai aucun scrupule à financer un projet utilisant de l’IA.
    Par contre, je suis à 200% d’accord sur le fait qu’il faudrait cadrer l’utilisation des sources qui servent d’apprentissage aux IA génératives.
    La phrase de cet article qui illustre le pieux mon état d’esprit est celle-ci : « L’IA dans les jeux de société n’est plus une question de « si » mais de « comment » »

  • JDR et Rôliste

    J’ai beaucoup aimé l’article.
    J’ai appris des choses et j’ai trouvé des réflexions super intéressantes ! Je développe sur 3 phrases tirées de l’article.

    1. En plein débat sur la responsabilité éditoriale et l’éthique artistique, Wise Wizard Games a au moins le mérite d’assumer ouvertement sa position, pour le meilleur et pour le pire.

    Vu le débat houleux, je suis d’accord qu’il faut du courage pour assumer la position. Ainsi, les acheteurs peuvent choisir selon leur propre valeur et éthique.

    2. Ces critiques acerbes soulèvent une question fondamentale : peut-on vraiment parler d’art quand une machine reproduit et mixe le travail d’autres artistes ?

    De mon point de vue, beaucoup de gens confondent art et illustration. Pour un Jeu de Société, on est sur de l’illustration, on n’achète pas une œuvre d’art, ou 17 ou 321 ! De mon point de vue, produire une image à travers l’IA n’est pas de l’art, mais une démarche artistique. Avoir une démarche artistique en utilisant l’IA est possible. Après chacun doit régler son curseur sur sa définition de l’art. Pour moi c’est l’émotion qui prime. Et je peux en avoir ou pas selon si c’est un humain ou une machine qui à créer.
    En tout cas, la production d’illustration n’a pas forcément pour but d’être de l’art, mais de représenter une idée, de « soutenir » une idée ou un produit.

    3. L’IA dans les jeux de société n’est plus une question de « si » mais de « comment ».

    J’élargirai à l’IA dans la société n’est plus une question de « si » mais de « comment ». Cela touche tous les domaines, c’est pour cela qu’on parle d’innovation de rupture. Le comment est extrêmement important et il est propre à chacun (utilisateur / consommateur).

  • Mic_games

    Je milite pour le fait que l’IA peut être un outil d’aide mais à la condition d’informer à chaque utilisation que l’on utilise l’IA.

    Nous savons que l’IA se base sur des données sans autorisation des auteurs/autrices.
    Donc la transparence est indispensable, comme cela, chaque utilisateur fera son choix en fonction de ses idées.

    Sur certains contenus issus de blogs, youtubers, twitchers et autres médias de jeux de société, ils n’hésitent pas à illustrer leurs contenus à partir d’image générée par l’IA, des vidéos également, des articles rédigés avec l’aide de l’IA, mais sans l’indiquer.

    Il serait intéressant, à travers cet article ou un autre, d’établir un débat sur la transparence de l’utilisation de l’IA.

    Ce qui est dommage, c’est que ceux qui utilisent ces outils sans l’indiquer, se ridiculisent (de mon point de vue, ce n’est qu’un avis subjectif) en faisant croire qu’ils n’en utilisent pas, alors que c’est assez flagrant.

    Je jette un pavé dans la marre, mais je souhaiterai connaître l’avis de Gus&Co sur ce sujet précis à travers un commentaire ou la rédaction d’un article.

    • Gus

      Bonjour Mickael,

      Un grand merci pour votre message et votre intérêt.

      Aujourd’hui, et ceci depuis bientôt deux ans, le 30 novembre 2022 et l’avènement de ChatGPT, il est indéniable que l’IA est omniprésente dans nos vies. Elle est devenue un outil incontournable, utilisé de multiples façons dans quasiment tous les secteurs. Il ne s’agit pas de juger cette pratique, mais simplement de constater qu’elle s’est normalisée. D’ailleurs, très peu de personnes prennent le temps de la mentionner explicitement. Et ce n’est pas grave. Il suffit d’ouvrir n’importe quel média en ligne (comme 20 Minutes ou la Tribune de Genève) pour s’en rendre compte. Pourquoi ? Parce que l’IA est aujourd’hui devenue un outil du quotidien, à l’instar de Word ou Photoshop.

      Pour répondre précisément à votre question, voici comment nous utilisons l’IA dans notre cas :

      1. Correction des textes

      Une fois rédigés « à la main », nos articles sont corrigés à l’aide de l’IA pour éliminer les coquilles. Cela dit, nous veillons scrupuleusement à préserver le style et le ton propres à nos chroniqueuses et chroniqueurs. Et croyez-nous, avec des articles de 1’000 à 2’000 mots, les coquilles sont inévitables. Alors merci l’IA ! Avant elle, nous utilisions Grammarly ou la correction de Word, mais ces outils étaient nettement moins pratiques.

      2. Rédaction des résumés « En bref »

      Ces petits résumés en début d’article sont générés avec l’aide de l’IA. Cela nous permet de synthétiser efficacement le contenu tout en gagnant du temps.

      3. Génération d’audios et de visuels

      L’IA nous aide également à convertir nos articles en fichiers audio et à créer des visuels pour résumer certains contenus (les petites infographies que vous voyez pour clore nos articles). Ces outils enrichissent notre blog en rendant nos articles accessibles de différentes manières.

      Clairement, l’IA est pour nous une formidable boîte à outils, mais elle ne remplacera jamais notre travail humain. Il est important de préciser que nous sommes un modeste blog de passionné.e.s, écrivant sur notre temps libre, sans aucune rémunération. Nous ne sommes pas un média professionnel et ne prétendons pas l’être.

      L’IA est donc pour nous une aide précieuse, mais l’essence de ce que nous faisons repose toujours sur notre passion et notre créativité. Et tant mieux ! 😊

      Ah, et pour la petite blague : ce message a lui aussi été relu par une IA. 😉 Nan je déconne évidemment.

      Excellent dimanche à vous Mickael.

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