Faut-il avoir peur de l’IA générative dans les jeux de société ?
🤖 L’IA générative peut-elle tuer l’art dans les jeux de société ? Le cas Puerto Rico lancé sur Gamefound par Awaken Realms fait débat !
L’art génératif par intelligence artificielle dans les jeux de société : perspectives, controverses et solutions
L’utilisation de l’IA générative dans les jeux de société est un sujet brûlant qui fait débat. D’un côté, certains la voient comme une technologie prometteuse pour créer des illustrations uniques et originales à moindre coût. De l’autre, d’autres craignent qu’elle ne menace l’avenir des artistes et ne dévalorise l’art visuel dans son ensemble.
Le monde du jeu de société est en ébullition avec la dernière controverse en date. Awaken Realms, l’éditeur connu pour ses éditions de luxe somptueuses, s’est attiré les foudres de la communauté. Des images générées par l’IA initialement utilisées pour promouvoir sa prochaine campagne « Puerto Rico 1897 Special Edition » sur Gamefound ont provoqué un tollé. Et qui est intervenu ? Ravensburger, le licencié du jeu de stratégie économique classique.
Cette situation a rouvert le débat sur l’utilisation de l’art génératif par IA dans l’industrie du jeu de société. Bien que pratique et peu coûteuse, cette technologie soulève des inquiétudes éthiques et des controverses que nous allons explorer ici. Un sujet sensible ! C’est parti.
Qu’est-ce qui a alimenté la colère ?
Les joueurs et joueuses ont rapidement repéré les signes distinctifs : doigts manquants, détails déformés, cette ambiance de « uncanny valley », ou « vallée de l’étrange », en français. Il n’a pas fallu longtemps aux joueurs et joueuses expérimentées pour reconnaître les défauts distincts caractéristiques de la génération d’images par l’IA.
L’indignation face à l’utilisation de cette technologie controversée a retenti sur les réseaux sociaux et sur la page de la campagne Gamefound. Pourquoi cette réaction ? Je vais vous le dire.
Le problème avec les IA génératives d’images
Tout d’abord, examinons les avantages perçus de l’art génératif par IA. Pour les éditeurs, il offre un moyen rapide et bon marché de produire des illustrations attrayantes pour leurs jeux. Plutôt que d’engager des artistes, il leur suffit de fournir des descriptions textuelles à un programme d’IA (coucou Midjourney) qui générera des images en conséquence.
Soyons réalistes, la génération d’art par l’IA n’est pas magique. Ces images impressionnantes sont le résultat d’algorithmes complexes qui broient des quantités massives d’œuvres d’art existantes – souvent sans le consentement ou la compensation de l’artiste.
Imaginez une machine à collage géante – elle apprend en copiant les autres. Cela soulève des questions éthiques au sein de la communauté créative ; après tout, les artistes méritent d’être crédités et payés pour leur travail acharné.
Le gain de temps et l’aspect économique sont certainement des motivations puissantes, surtout lorsqu’il s’agit de répondre à la demande croissante de contenu visuel pour les campagnes de financement participatif. Rappelez-vous la campagne pour Terraforming Mars variante solo.
Ou Essen 2023 qui a utilisé l’IA pour ses visuels.
Une technologie déshumanisante menaçant l’avenir des arts visuels
De plus, certains avancent que l’IA peut s’avérer utile pour donner vie à des idées difficiles à illustrer. Grâce à sa capacité à digérer d’énormes bases de données d’images et à en tirer de nouvelles combinaisons, elle permettrait de créer des visuels uniques ou complexes qui seraient autrement coûteux à produire par des moyens traditionnels.
Oui, mais.
De sérieuses préoccupations éthiques entourent l’utilisation de l’IA génératif en remplacement du talent artistique humain. Tout d’abord, ces algorithmes s’entraînent sur d’immenses collections d’œuvres existantes, souvent sans compensation ni même consentement des artistes. Cela soulève des questions de violation du droit d’auteur et d’exploitation du travail d’autrui.
Loin d’être une création ex nihilo, l’art génératif par IA ne fait que recombiner des éléments préexistants, sans réelle compréhension de ce qu’il produit. Il ne peut prétendre à l’intentionnalité et à l’expression de soi inhérentes au processus créatif humain. Son utilisation abusive pourrait mener à une dévalorisation des arts visuels et à une précarisation accrue des artistes.
L’illustratrice Maud Chalmel vient tout juste de publier hier une petit vidéo sur son insta à ce sujet :
Enfin, de nombreux joueurs et joueuses déplorent la perte d’âme dans les illustrations IA souvent génériques et impersonnelles. L’aspect unique de l’art confère une dimension émotionnelle aux jeux, créant un lien avec les consommateurs. L’IA ne peut rivaliser avec le talent humain pour transmettre une ambiance ou susciter un ressenti.
Face à ces controverses grandissantes, certains acteurs du milieu réagissent. Ravensburger, détenteur des droits de Puerto Rico, a contacté Awaken Realms pour exiger le retrait des images litigieuses, rappelant l’interdiction d’utiliser l’IA dans ses productions sous licence.
La réponse d’Awaken Realms. Et l’avenir
Le PDG d’Awaken Realms a déclaré publiquement que la version finale de « Puerto Rico » sera exempte d’art IA. Mais la question brûlante demeure : pourquoi l’utiliser pour le matériel promotionnel en premier lieu ? Était-ce un pari calculé ou un simple hoquet ? Cette situation met en lumière une conversation cruciale qui est là pour rester : où traçons-nous la ligne lorsqu’il s’agit d’art généré par l’IA dans notre loisir chéri ?
Parce que bon. N’oublions pas que les jeux sont plus que des pions et des plateaux dans une boîte ; ils sont imprégnés de l’esprit créatif des concepteurs et des artistes. L’utilisation d’images générées par l’IA est un affront à ceux qui travaillent sans relâche pour donner vie à ces mondes.
Bien sûr, la technologie est séduisante, et pratique quand on veut soi-même s’aider pour créer ses propres images pour jeux de rôle, par exemple. Ou voix. Ou textes. mais l’opportunisme doit-il supplanter les questions éthiques liées à l’IA ? C’est à chacun et chacune de nous de se débattre avec cette question.
Vers un dialogue constructif pour un avenir éthique et humain
Alors, comment la communauté du jeu de société peut-elle avancer sur cette question épineuse ? Voici quelques pistes de réflexion :
- Encourager la transparence des éditeurs quant aux sources d’illustrations utilisées, pour responsabiliser les consommateurs.
- Soutenir les initiatives certifiant l’origine éthique des images, comme des labels « 100% art humain ».
- Militer pour une juste rémunération des artistes dont les œuvres servent à entraîner les IA. Des sociétés comme Anthropic prélèvent des redevances à cette fin.
- Financer des bourses ou tremplins pour soutenir la relève artistique, afin de contrer l’argument économique.
- Sensibiliser le public aux limites de l’IA pour préserver l’avenir des arts visuels. Valoriser les vertus de l’expression humaine.
- Encourager l’innovation pour développer de nouveaux usages éthiques de l’IA en support créatif plutôt qu’en remplacement.
Bien que l’art génératif par IA soulève des défis complexes, un dialogue ouvert et constructif permettra d’y répondre collectivement. Grâce à la vigilance et à l’engagement, l’avenir du jeu de société saura allier progrès technologique et promotion des arts dans leur pleine dimension humaine.
Et pendant ce temps, dans le jeu vidéo
Selon le rapport 2024 paru ce 18 janvier de la Game Developers Conference (GDC), près de la moitié des développeurs de jeux vidéo travaillent déjà dans des studios qui utilisent des outils d’intelligence artificielle générative comme ChatGPT, DALL-E ou GitHub Copilot. 31% des sondés disent même les utiliser personnellement.
La traduction de l’image en français est la suivante :
Utilisez-vous des outils d’IA générative (par exemple, ChatGPT, DALL-E, GitHub Copilot, Adobe Generative Fill) dans votre entreprise ou département ?
- Oui, je les utilise – 31 %
- Non, mais certains de mes collègues le font – 18 %
- Non, mais nous sommes intéressés – 15 %
- Non, nous n’avons pas d’intérêt – 23 %
- Autre – 4 %
- Je ne sais pas – 9 %
Cependant, un nombre significatif de développeurs rapportent que leur entreprise n’est pas intéressée par ces technologies ou les a carrément interdites. Selon le rapport, 15% des studios sont intéressés mais ne les ont pas encore adoptées, 23% n’ont aucun intérêt et 12% interdisent complètement leur usage. Ce chiffre atteint 21% dans les gros studios AAA.
La traduction en français de l’image est :
Quelle est la politique de votre entreprise concernant l’utilisation des outils d’IA générative sur le lieu de travail ?
- Pas de politique – 32 %
- Ils sont optionnels – 30 %
- Nous n’avons pas le droit d’en utiliser – 12 %
- Certains outils sont autorisés, d’autres non – 7 %
- Ils sont obligatoires – 2 %
- Je ne sais pas / Non applicable – 16 %
L’adoption varie selon les départements : 44% des employés marketing/business les utilisent contre seulement 16% en arts visuels et 13% en narration/écriture.
Malgré cet engouement, l’inquiétude persiste. 42% des sondés se disent « très préoccupés » par les questions éthiques et 42% « plutôt préoccupés ». Seuls 12% ne s’en soucient pas. Les avis sont partagés sur l’impact global : 21% pensent que ces outils seront positifs pour l’industrie, 18% négatifs et 57% mitigés.
Les principaux usages cités sont l’aide au codage, l’efficacité pour créer du contenu et l’automatisation de tâches répétitives. Certains craignent cependant que l’IA n’accapare le travail créatif des développeurs.
En conclusion, ce rapport de la GDC offre un instantané fascinant de l’adoption grandissante mais controversée des outils d’IA générative dans l’industrie du jeu vidéo en 2024. Il souligne les opportunités comme les inquiétudes qu’elle suscite chez les créateurs.
Et dans l’industrie du jeu de société ? Nous avons voulu en savoir plus. Nous avons alors interviewé des éditeurs de jeux. Voici leurs réponses :
Interviews d’éditeurs de jeux de société
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Vous ne voyez rien s’afficher sur votre écran ?
C’est normal.
Parce que nous n’avons obtenu AUCUNE réponse !
Le 19 janvier de cette année, nous avons contacté au sujet de l’IA plus d’une dizaine d’éditeurs de jeux de société. Nous les avons informés que nous allions traiter les réponses de manière anonymes. Voici les questions que nous leur avons soumises :
- Intégration de l’IA générative : « Compte tenu de l’application croissante de l’IA générative dans le développement de jeux vidéo, comme le souligne le rapport de la GDC 2024, comment votre entreprise explore-t-elle ou intègre-t-elle les technologies de l’IA dans le développement de jeux de société ? Y a-t-il des aspects spécifiques de la conception ou de la production de jeux où vous trouvez l’IA particulièrement bénéfique ? »
- Considérations éthiques : « Le rapport indique une forte préoccupation quant à l’utilisation éthique de l’IA générative parmi les développeurs de jeux vidéo. Quelles considérations éthiques votre entreprise prend-elle en compte lors de la mise en œuvre de l’IA dans la conception de jeux de société, en particulier en ce qui concerne la créativité et l’originalité ? »
- Impact sur lepProcessus créatif : « À la lumière des préoccupations exprimées par certains développeurs de jeux vidéo dans le rapport de la GDC 2024 concernant le potentiel de l’IA à éclipser la créativité humaine, comment équilibrez-vous l’assistance de l’IA tout en préservant l’essence créative qui est centrale dans la conception des jeux de société ? »
- Tendances de l’industrie et attentes des consommateurs : « Comment percevez-vous l’impact de l’IA sur l’avenir de l’industrie des jeux de société, compte tenu des tendances soulignées dans le rapport ? De plus, comment pensez-vous que les attentes des consommateurs concernant les jeux de société améliorés par l’IA évoluent-elles ? »
- Défis et opportunités : « Sur la base des informations du rapport, qui discute des défis auxquels l’industrie du jeu est confrontée, y compris les licenciements et l’incertitude économique, comment votre entreprise considère-t-elle l’IA comme un outil pour naviguer dans ces défis ? Voyez-vous l’IA davantage comme une solution aux problèmes actuels de l’industrie ou comme un moteur d’innovation et de nouvelles opportunités dans le développement des jeux de société ? »
Aucun éditeur n’a répondu.
Aucun.
Par manque de temps ? Pressés par les préparations pour Cannes ? Par manque d’intérêt ? Ou par… frilosité ? Nous ne leur intenterons pas de procès d’intention.
Aucune réponse, c’est bien dommage. Ne pas répondre, c’est déjà… une réponse ? Nous aurions bien voulu dresser un état des lieux des pratiques et utilisation de l’IA générative dans l’industrie du jeu de société (de manière anonyme, encore une fois !).
Est-ce que l’IA est utilisée pour :
- Corriger des textes ?
- Créer du contenu ?
- Traduire ?
- Lancer du contenu marketing SEO ?
- Générer des illustrations ?
- Tester des variantes ?
- Coder ?
- Pour du travail admin ?
- Autres ?
En 2024, l’IA c’est un peu comme le porno. Tout le monde en consomme, mais personne n’ose l’avouer. Parce que c’est un peu « sale » ? Mais il est vrai que le sujet est plus que sensible. On le voit ici avec cette affaire de Puerto Rico sur Gamefound. Le public n’est pas (du tout) favorable à l’utilisation des IA génératives.
Avec ChatGPT et l’irruption publique des IA génératives toute fin novembre 2022, la très grande majorité des secteurs et des habitudes ont été bousculés. C’est un euphémisme.
L’IA générative dans les jeux de société : un avenir à construire ensemble
Faut-il, peut-on utiliser des IA génératives (d’images, de textes) dans l’industrie du jeu de société (ou de rôle) ?
En tant que joueurs et joueuses passionnées, nous avons le pouvoir de façonner l’industrie. Il ne s’agit pas seulement de critiquer un éditeur – c’est l’occasion d’engager une discussion plus profonde sur la façon dont nous valorisons l’intégrité artistique et la place de la technologie dans l’équation.
L’utilisation de l’IA générative dans les jeux de société soulève des questions éthiques et pratiques importantes. Cependant, loin d’être une menace absolue, l’IA peut être un outil précieux pour enrichir l’industrie du jeu de société, à condition de l’utiliser de manière responsable et éthique.
Êtes-vous du Team « IA, No Way! » ou voyez-vous un potentiel d’utilisation éthique et responsable à l’avenir ? Exprimez-vous dans les commentaires. On se réjouit de connaître vos avis sur la question !
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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.
Selon vous, l'IA générative a-t-elle sa place dans l'industrie du jeu de société ? Si oui, comment peut-on l'utiliser de manière éthique et responsable ?



8 Comments
Rody Sansei
À ce sujet, voici le lien vers une petite animation réalisé par les illustratrice Maud Chalmel il y a quelques jours et disponible sur son fil Instagram.
https://www.instagram.com/reel/C3-VqtbNcq1/?igsh=MTU5ZmdneWd0b3E5Ng==
Personnellement, je suis contre l’utilisation de ces images et/ou scénarios générés par IA (par souci de facilité ou par économie d’argent), n’achèterai aucun jeu de ce type et n’en recommanderai personnellement aucun dans le cadre de mon travail.
Gus
Oh merci Rody !!! J’adore les illustrations de Maud. Je vais intégrer sa vidéo dans l’article. Grâce à toi. Merci 🙏
Mickaël
Une bonne pratique serait que tous les acteurs du monde ludique (et d’autres également) posent un petit texte juste sous la photo avec la mention « image générée pas l’IA », l’équivalent de la mention « photo non contractuelle ». C’est un tout petit effort que tout le monde pourrait réaliser afin de montrer le bon exemple.
Je ne vois pas en quoi ce serait préjudiciable et je pense que l’on observerait une utilisation déjà intensive de ces images…
Denis
A partir du moment où les IA génératives seront mises à la disposition de Mr/Mme Toutlemonde pour tout et n’importe quoi, alors nous verrons probablement arriver sur le marché des tonnes de produits dématérialisés (et d’autres qui auront passé le cap de la production physique) dont nous pourrions bien nous passer, chacun(e) voulant sa part du gâteau. C’est pareil dans le domaine du jeu de société où, comme l’animation de Maud le signale, nous risquerions de voir débarquer des centaines voire des milliers de jeux de société qui ne se démarqueront plus vraiment les uns des autres, inondant un marché qui perdra rapidement de son intérêt.
Julien
Moi, ce qui me dérange, c’est que si ses IA sont capables de faire ce qu’elles font, c’est qu’elles se basent sur des créations d’artistes sans leurs consentements, ni rémunérations. Sans ces personnes qui mettent en ligne gratuitement leur travail, les IA n’en seraient pas là.
C’est un des revers d’internet : tout étant visible et donc analysable…
Moi, je les utilisent au quotidien pour le travail, et depuis quelques temps. Mais pas pour remplacer quelqu’un. Uniquement pour me faciliter la vie. Je gagne un temps fou sur des tâches relous.
Je continue et continuerai à passer par des personnes qualifiées quand il le faut.
Pour le jeu, je comprends les dérives qui peuvent arriver. Mais je dois être trop naïf : pour moi, les autrices et illustratrices insufflent une âme dans leurs créations. Et je ne pense pas que les IA en seront capables un jour. Hormis créer des choses stéréotypées et qui se ressemblent, je ne les vois pas innover.
Toujours un parallèle travail : Canva et autres outils gratuits en ligne devait me rendre obsolète ou me mettre au chômage. J’ai toujours autant de taff…
Kaneda
Ne risque-t-on pas d’arriver à deux types de productions ludiques ? Celles produites par IA pour le grand public (qui n’en a rien à foutre en dehors du prix) et pour qui le jeu de société n’est pas un vrai hobby et celles, élitistes, créées à la main pour les passionnés ?
Un peu comme dans la mode avec la « fast fashion » et la haute couture (et tout un monde entre les deux).
Car, pour l’heure, très peu de monde va demander en boutique: « C’est réalisé par IA ? » de même que peu de monde va vérifier sur l’étiquette où est fabriqué son jean ou son t-shirt.
Jules
Perso je vois l’IA comme un partenaire. Aimant bcp ecrire, j’adore projeter des idees, les interroger par le biais de l’IA. J’ai l’impression que ma créativité se décuple, c’est un outil formidable et en l’utilisant bien, on peut y insuffler de l’âme. Pendant des annees j’avais des idees d’images, de peinture, dans la tete mais je dessine comme une m…. et j’avais demandé à une peintre de tenter de les dessiner pour mo. Le résultat etait loin de mon idee originelle. Et là, en dix minutes sur dall e, jnai amassé quelques esquisses qui se rapprochent énormément de ce que j’avais en tête. J’en suis encore troublé. Mais ça a déclenché d’autres idees en chaine… plein de trucs laissés en plan vont peut-être pouvoir trouver une suite. Bref. Comme tous les bouleversements, il y a des conflits de vision du monde. L’imprimerie a t elle rendu les écrivains plus betes ? L’informatique ? Internet ? Je vous laisser juger. Je pense qu’une autre porte s’ouvre pour l’humanité. Ce sera ni pire ni mieux qu’avant, juste different. Ouvrez les bras, respirez et prenez le bon sans culpabiliser. Bisous.
Connor84
Dans le cadre d’un atelier d’écriture (écriture d’une suite), j’ai fait utiliser des textes issus d’IA à des écrivant·es comme base: une vraie catastrophe, la réécriture, le vocabulaire en pâtissent – et je ne parle même pas du fond. Tout – sauf l’orthographe – est à jeter. Le problème est que les gens d’une part utilisent mal l’IA (statut immérité d’autorité) et d’autres part se font bouffer par ce qu’elle apporte de pré-mâché, c’est comme dans le roman de Lodge où un écrivain n’arrivaient plus à écrire après une analyse de corpus qu’il montrait qu’il utilisait le mot graisseux comme épithète favorite, il ne parvenait plus à s’en débarrasser.