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Analyses & psychologie du jeu,  Jeux de plateau

Les jeux de société peuvent-ils être woke ?

🌈 Comment le wokisme s’invite dans les jeux de société. Discutons de l’impact du mouvement woke sur nos plateaux !


Bienvenue dans la révolution (ludique) woke

Pour rebondir sur l’article qui parlait de la tentative (ratée) de rendre le célèbre jeu de plateau Puerto Rico plus… inclusif, à la rédaction nous avons décidé de revenir sur le sujet et nous intéresser au phénomène, au mouvement woke. Et quel est son impact sur les jeux de société en général. Que vous soyez partisan ou détracteur du wokisme, la question et la discussion pourraient vous intéresser.

Plongeons ensemble dans un sujet où justice sociale, inclusion et égalité se mêlent au monde ludique des jeux de société. Le terme « woke » a été initialement forgé pour décrire une sensibilité accrue à la justice sociale et politique, mais il a récemment été utilisé de manière controversée pour critiquer tout un pan de la pensée progressiste. Aujourd’hui, explorons comment cette mentalité s’infiltre dans l’industrie du jeu de société et comment elle influence la création, le marketing et la réception des jeux de société.

Qu’est-ce que le wokisme ?

Le wokisme, né du mouvement Black Lives Matter, est un état d’esprit qui prône l’égalité, la justice sociale et l’inclusion. Il repose sur l’idée que nous sommes tous et toutes responsables de l’état du monde et que nous devons agir pour le rendre meilleur. Les partisans du wokisme cherchent à promouvoir les droits de l’homme (et de la femme !), soutenir les groupes marginalisés et faire pression pour des changements politiques et économiques.

Mais comment tout cela se traduit-il dans… l’univers ludique ? Comment les jeux de société abordent-ils ces sujets sensibles et, plus important encore, devraient-ils le faire ?

L’impact culturel sur les mentalités ludiques

Les jeux de société ne sont plus seulement des loisirs pour enfants ou adultes nostalgiques / geeks. Avec l’évolution de la culture, ils sont maintenant considérés comme une forme d’expression artistique capable d’aborder des sujets complexes comme le racisme, le sexisme et la discrimination sociale.

Les auteurs et autrices intègrent de plus en plus ces thèmes dans leurs mécaniques, leurs histoires et leurs illustrations. Vous l’avez peut-être remarqué en jouant à des jeux comme Fog of Love, un jeu qui explore la complexité des relations humaines avec une diversité de genres et d’orientations sexuelles.

Le marketing, les réseaux sociaux et la popularité croissante du jeu vidéo ont également contribué à façonner cette perception. Les éditeurs qui produisent des jeux axés sur le wokisme bénéficient de plateformes plus larges pour promouvoir leurs produits à un public diversifié et engagé.

Les jeux de société peuvent-ils être woke ?

Alors, les jeux de société peuvent-ils être woke ? Oui, et ils le sont déjà. Voici quelques exemples marquants, organisés par thème :

Inclusion et diversité :

  • Wingspan (2020) : Créé par Elizabeth Hargrave, ce jeu célèbre la diversité des oiseaux et la beauté de la nature. Bien que le thème semble éloigné de la politique, Hargrave a cherché à remettre en question la domination masculine dans le monde du jeu en créant un jeu populaire pour tous les genres. Sa présence comme autrice de jeu secoue le milieu ludique, très (trop ?) masculin.
  • Fog of Love (2017) : Ce jeu permet aux joueurs et aux joueuses de créer des personnages de tout genre ou orientation sexuelle, normalisant la diversité amoureuse.

Justice sociale et anti-colonialisme :

  • Spirit Island (2017) : Ici, vous incarnez un esprit protecteur de l’île contre les envahisseurs coloniaux. L’anti-colonialisme est au cœur de sa mécanique, inversant la traditionnelle narration coloniale des jeux.
  • Rising Waters (2024) : Ce jeu en développement, basé sur le Great Mississippi Flood de 1927, met en lumière les inégalités raciales dans les politiques de secours en cas de catastrophe.
  • This War of Mine (2017) : vous met dans la peau de civils tentant de survivre dans une ville en guerre, mettant en lumière l’impact humain des conflits. Un jeu qui développe l’empathie.

Wokisme et culture d’annulation

Mais intégrer ces thèmes ne va pas sans controverse. La « culture d’annulation » est parfois utilisée pour discréditer ces mouvements, les accusant d’être trop sensibles ou d’essayer d’effacer l’histoire. Par exemple, Scramble for Africa (2019), un jeu sur l’exploration africaine par les puissances européennes, a été retiré de la vente après des critiques massives l’accusant de minimiser les atrocités coloniales.

Joe Chacon, son auteur, a répondu aux critiques en retirant le jeu deux mois après son lancement. Mais cette décision a suscité des réactions mitigées, certains la saluant et d’autres la qualifiant de censure.

Le wokisme L’éveillisme en…1962 😂

Qui fait les jeux et pour qui ?

Une autre question cruciale est celle de la représentation dans l’industrie du jeu. Qui crée les jeux et pour qui ? Les jeux de société ont longtemps été dominés par des auteurs blancs masculins, mais les choses commencent à changer. Des créatrices comme Elizabeth Hargrave (Wingspan) ou Nikki Valens (Mansions of Madness, Legacy of Dragonholt) apportent de nouvelles perspectives.

Les éditeurs aussi jouent leur rôle dans cette évolution. Wizards of the Coast, l’éditeur de Magic: The Gathering et Dungeons & Dragons, a pris des mesures pour améliorer la diversité et l’inclusion. Ils ont retiré certaines cartes aux connotations racistes et ont révisé les représentations racistes dans Dungeons & Dragons. Les nouvelles règles encouragent la flexibilité et l’inclusivité dans la création des personnages.

Les défis du wokisme dans les jeux de société

Cependant, tout n’est pas rose dans le monde woke du jeu. L’intégration de thèmes progressistes peut parfois paraître superficielle ou forcée, et certains jeux échouent à traiter ces sujets avec la profondeur nécessaire.

Prenons Skymines, par exemple. Ce jeu remplace le thème colonial controversé de Mombasa par un thème de science-fiction sur l’exploitation minière lunaire. Mais malgré ces efforts, le manque d’engagement thématique laisse certains joueurs et joueuses sur leur faim. Les mécaniques de jeu restent solides, mais l’absence d’un concept, d’un thème significatifs limite l’impact du jeu.

Le wokisme dans les jeux de société soulève également des questions sur qui devrait incarner des personnages problématiques. Devrions-nous jouer des nazis, des esclavagistes ou des racistes ? Les jeux de la Seconde Guerre mondiale permettent souvent d’incarner les nazis, tandis que Scramble for Africa proposait de jouer les puissances coloniales. Certains joueurs considèrent cela comme une forme d’apprentissage historique, tandis que d’autres y voient une banalisation des horreurs du passé.

L’avenir des jeux de société woke

Alors, quel avenir pour les jeux de société woke ? Les signaux sont positifs. Les éditeurs prennent de plus en plus conscience de l’importance de la diversité et de l’inclusion, et les joueurs et joueuses réclament des thèmes plus représentatifs et des histoires plus nuancées.

  • Inclusion accrue : Les éditeurs s’engagent à inclure des personnages et des créateurs issus de groupes marginalisés.
  • Mécaniques innovantes : Les jeux continueront d’explorer de nouvelles mécaniques pour refléter des valeurs comme l’empathie, la collaboration et l’inclusion.
  • Éducation et sensibilisation : Les jeux woke peuvent servir de plateformes éducatives, ouvrant des discussions sur la justice sociale, le racisme et le sexisme.
  • Diversité dans la création : Encourager les auteurs et autrices issues de groupes marginalisés à entrer dans l’industrie du jeu est essentiel pour apporter de nouvelles perspectives.

Conclusion : Vers un monde ludique plus juste

En fin de compte, la question n’est pas de savoir si les jeux de société peuvent être woke, mais comment le faire de manière authentique et engageante. Les jeux de société sont un miroir de notre société, et leur capacité à refléter nos valeurs et nos luttes est essentielle pour créer un monde plus inclusif et empathique. Alors, chers joueurs, chères joueuses, prenez vos dés, vos cartes et vos plateaux, et préparez-vous à explorer de nouveaux horizons ludiques où justice sociale et amusement vont de pair.

Est-il important pour vous que les jeux de société soient inclusifs et représentent la diversité ?

Et publier cet article aujourd’hui n’est pas vraiment une coïncidence. Aujourd’hui vendredi 17 mai, c’est la Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, célébrée chaque 17 mai. Dans le cadre de cette journée, le sujet du woke, de l’inclusion et de l’intersection entre les mouvements sociaux et les jeux de société prend une dimension particulièrement poignante. Cette journée, qui marque l’anniversaire de la décision de l’Organisation mondiale de la santé de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale, rappelle combien les espaces ludiques doivent être des havres de représentation et d’inclusion.

Les jeux de société, en tant que reflets de notre culture et vecteurs de valeurs, ont le potentiel non seulement de divertir mais aussi d’éduquer et de sensibiliser. À l’instar de ce que nous avons vu plus haut avec des jeux comme Fog of Love, qui embrasse la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre, il est crucial que les auteurs et autrices de jeux continuent de s’inspirer de journées significatives comme celle du 17 mai pour explorer et célébrer l’humanité dans toute sa diversité.

Cette journée mondiale est un rappel puissant que les efforts pour combattre l’homophobie, la transphobie et la biphobie ne se limitent pas aux manifestations et aux campagnes de sensibilisation traditionnelles, mais qu’ils peuvent aussi être intégrés dans les aspects les plus quotidiens de nos vies, y compris dans les… jeux de société. En intégrant des thèmes de justice sociale et d’égalité dans les jeux, les auteurs, autrices et éditeurs peuvent participer activement à la diffusion de messages de tolérance et d’acceptation.

L’avenir des jeux de société woke semble prometteur, car de plus en plus d’acteurs et d’actrices de l’industrie reconnaissent l’importance de ces thèmes. La célébration de cette Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie dans le contexte des jeux de société peut aider à élargir les perspectives et à encourager une empathie plus profonde, tout en offrant des expériences ludiques enrichissantes et inclusives. Par ces efforts, le monde ludique ne se contente pas de divertir ; il éduque, il ouvre des dialogues et, surtout, il contribue à construire un monde plus juste et plus inclusif. Pour touxtes.


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20 Comments

  • Ddexert

    Merci pour cet article et ce sujet qui me tient à cœur ! Spirit Island, magnifique exemple. J’aime le clan des loups qui décale un univers qui aurait pu être un jeu de conquête historique comme tant d’autre, vers une expérience de vie de meute. Le JDS sur les suffragettes également. Le JDS est un vrai objet culturel avec son impact.
    Stop aux jeux coloniaux (historique ou futuristes), de conquête, de toujours plus de développement.
    Merci à ceux qui innovent en évitant la facilité de ces thèmes tellement vu et revus.
    Attention, JDS, objet culturel ne veut pas dire JDS objet politique. L’acte le plus politique du JDS est de dire : amusons nous ensemble !

  • patrikcarpentier

    Je suis parfaitement d’accord pour rétablir la balance, faire en sorte que ce soit plus équitable. Mais je suis contre la dictature d’une petite minorité qui veut imposer sa pensée unique, sachant qu’il existe bien des nuances de couleur.
    Quant au passé, il est dépassé, révolu, et il est difficile de juger sereinement une ancienne époque sur les critères de l’actuelle. Ce qui ne veut pas dire qu’on a pas le droit de critiquer, mais il convient de le faire sur des bases documentées et pragmatiques.

  • Bruno gaia

    Boréal et ses ‘joueuses » est un excellent exemple d’inclusion qui exclut. Sans parler des jeux qui mettent des points médiants dans les règles, ne le précisent pas en dos de boîte et excluent les dyslexiques… En fait le wokisme est un fascisme comme les autres. c’est dommage de ne pas réussir à trouver un juste milieu entre une dingerie et un autre…

  • Taratata

    De base je penche clairement pour le respect de tous. Quelque soit l’âge, le niveau intellectuel, les choix religieux, la couleur etc.

    Je fais également a respecter la nature et essai d’avoir une consommation raisonnable.
    Je suis hyper sensible vis-à-vis des injustice.

    Donc je devrais me réjouir de ces « avancées progressite ».

    Pourtant c’est l’effet inverse qui se produit.
    Un peu comme quelque chose que l’on aime mais qui fini part nous rendre malade à force d’en être gavé.

    En plus de l’exagération que véhicule le wokisme et sa malhonnêteté intellectuelle. Son penchant revisioniste me choque.

    Oublié le passé c’est le meilleur moyen de reproduire les mêmes erreurs.

    Donc réclamer des améliorations et un monde plus juste OK à 100%. Mais déjà ce n’est pas nouveau et là cette forme aboutie à des tensions et crispations contre-productive.
    Sans parler de cette insistance sur ce site de faire une propagande régulière.

    Ce n’est pas la revendication outrancière et la volonté d’invisibiliser les actions du passé qui changeront en mieux le monde. C’est l’éducation et le respect des lois justes.

  • Vinz92

    Bonjour.

    Je vais surtout aborder le sujet du jeu de société, ce qui est l’objet principal d’un site dédié en grande partie aux jeux de société.

    Pour ma part, je joue à un jeu car il me plaît (thème, mécanique, convivialité, etc…), et non pas par rapport à qui l’a créé.
    Je ne regarde la plupart du temps même pas le nom de l’auteur sur la boîte.
    Il y a bien quelques noms de l’industrie que je connais bien, comme Lacerda, dont les jeux sont franchement reconnaissables de par leur style et leur mécanique, de la même façon que je reconnais un « Mindclash Games » ou un « Awaken Realm ».
    Mais pour le reste, je ne recherche pas un nom sur une boite, et donc pas non plus une « identité ».
    Beaucoup comme moi se moquent de qui crée et réalise un jeu, tant qu’il est bon, ou en tout cas qu’il nous plait.
    A partir de là, je pense qu’il faut arrêter de vouloir « Encourager les auteurs et autrices issues de groupes marginalisés à entrer dans l’industrie du jeu » de façon aveugle, en forçant les choses.
    Il faut juste que les gens se lancent et essaie de créer leur jeu, en mettant de côté leur différence, au lieu d’essayer de la brandir comme un drapeau.
    Les barrières, c’est bien souvent les gens « marginalisés » qui se les mettent. Au moins dans les domaines du divertissement comme les jeux de société.
    Si les jeux qu’ils créent sont bons, on se moque complètement de leur identité, que ce soit physique, sexuelle, ou autre. Cela concerne uniquement leur vie privée. Cela ne cous concerne pas.

    Puisque le sujet des femmes dans la création des jeux de société est de nouveau abordé, il faudrait avant tout regarder les raisons historiques.
    Si le domaine de la création du jeu de société est essentiellement masculin pour le moment, c’est parce que le jeu de société était un domaine de niche auparavant, auquel les femmes ne s’intéressaient pas pour la plupart. Que ce soit pour des raisons de codes, très certainement, mais aussi d’intérêt.
    Si j’avais invité une fille à jouer à Space Crusade en début 90, je me serai pris un vent phénoménal. Tout comme si j’avais voulu leur faire jouer à la Matel Intellivision en début des années 80, ou voir mes peintures d’Harlequins et autres figurines en plomb à la même époque.
    C’est la réalité, et elle explique ce retard.
    Au départ en France, les jeux de société et JDR, la littérature Fantasy et SF, la peinture sur figurine, les mangas, etc… étaient un domaine de niche quasi exclusivement masculin.
    C’est dû à la société de l’époque, pas à un blocage de la part de la plupart des hommes.
    Désormais, les femmes « osent » jouer aussi. Et c’est super.
    Les codes ont changé progressivement, sans que cela soit « forcé ».
    Si les femmes sont peu présentes dans le domaine de la création, c’est dû à ce retard, et que beaucoup de femmes n’osent pas encore se lancer.
    Alors oui, il faut encourager ces volontés, mais pas aveuglément. Et pas en forçant les choses.
    Il faut reconnaître et mettre en avant le talent là où il est, c’est tout.

    Il y aurait beaucoup trop à dire sur le wokisme pour pouvoir en parler comme cela sur un forum, sans que les propos soient mal pris ou déformés. Surtout sur un forum dédié aux jeux.
    Je vais donc laisser ce sujet de côté. Surtout que patrikcarpentier, Bruno gaia et Taratata en ont très bien parlé, de façon sans doute mieux résumée que ce que je pourrais faire.

    Cordialement.

  • jetrus

    J’ai Carrousel pour ma filles … Moins de blanc que de minorité … Du coup c’est elle l’a minorité ( enfin sur le papier ) . Fives tribes , on remplace les esclaves par des fakirs , parce que des esclaves dans le monde musulman , mon dieu !! Et pourtant c’est la réalité . Mais le wokisme n’est que mensonge et inversion des valeurs !!!!

  • Vincent Goncalves

    Article tragique tant il révèle en creux les verrous mentaux et les diktats que d’aucuns entendent diffuser ou imposer dans une croisade idéologique permanente.
    Au moins vous jouez cartes sur table (c’est l’occasion !) car votre interrogation d’en tête n’est qu’une question rhétorique et l’article un catéchisme dans lequel on découvre qu’apprécier jouer au « Réveil de l’ours » ou à « Quartermaster général » pourrait faire de nous des potentiels nazis ou que jouer à « Endeavor » ou à « Terraforming Mars » fait sans doute des joueurs des suppôts du colonialisme et du capitalisme le plus débridé.

    Le jeu est d’abord affaire de délassement et de sociabilité. Aussi vouloir l’ultrapolitiser en imposant une novlangue (« vous êtes des joueuses » , « touxtes », etc..), en le moralisant à outrance, voire en déformant systématiquement la focale (sur le plan historique notamment) pour plaire à une minorité et se conformer à une vogue idéologique me paraît tragiquement contre-productif, en méprisant symboliquement la foule des gens ordinaires dans une logique de rééducation typique des extrêmismes.

    Notez que je tiens à faire la part des choses: je peux apprécier les jeux « Cartaventura » ou trouver assez géniales les mécaniques développées par Le Grumph en JDR comme je peux trouver terriblement frustrant et déprimant d’être sans cesse obligé de jouer le 2% au lieu du 98%, le tout bourré de moraline (les joueurs de Cartaventura comprendront) ou d’être sans cesse une « meneuse de jeu » dans le manuel parce que l’auteur a décidé de refonder la langue française à sa sauce (les joueurs de JdR du Grumph comprendront également).

    La différence est que les joueurs lambda peuvent aussi bien aimer jouer à un jeu qui fait de nous de potentiels esclavagistes qu’à « Spirit Island ». Ce sont les « wokistes » (c’est vous qui choisissez ce terme) qui décident de bannir ou de lutter contre des jeux immoraux à bannir pour eux.
    En clair, le paradoxe est bien que les joueurs grincheux attardés que vous critiquez régulièrement en creux lorsqu’ils critiquent ces obsessions sont souvent bien plus ouverts ludiquement parlant que les gazelles effarouchées qui ne peuvent imaginer un équipage spatial qu’avec ses quotas ethniques bien respectés et son ambition de cueillir des champignons galactiques pour sauver la forêt.

    Bref, vous auriez gagner à faire un article balancé, plus approfondi et un tant soit peu nuancé sur cette question. Cela aurait pu être véritablement intéressant.
    Les analyses des enjeux sociaux autour du jeux sont toujours passionnantes

    Ici vous avez psalmodié une nouvelle litanie si caricaturale qu’on pourrait presque la prendre à la description du joueur woke par Gaspard Proust.

    Très respectueusement ( si si!) mais aussi bien tristement,

    • Gus

      Cher Vincent,

      Je répondrai ici en ma qualité de community manager.

      Merci d’avoir pris le temps de lire notre article et de partager vos réflexions (très) approfondies. Nous apprécions vraiment votre engagement et votre perspective critique. Cependant, permettez-nous de vous expliquer pourquoi nous pensons différemment.

      Nous croyons fermement que les jeux de société, comme toute forme d’art et de culture, ne sont pas isolés des dynamiques sociales et politiques. Ils reflètent souvent les valeurs, les préjugés et les structures de pouvoir de la société dans laquelle ils sont créés. Ignorer cet aspect serait réduire le jeu à une simple mécanique sans âme, déconnectée des réalités du monde.

      Vous mentionnez que le jeu est avant tout une affaire de délassement et de sociabilité, et nous sommes d’accord. Cependant, cela n’exclut pas la possibilité d’intégrer des thèmes de justice sociale et d’inclusion. En fait, cela peut enrichir l’expérience de jeu en permettant aux joueurs de réfléchir à des problématiques importantes tout en s’amusant.

      Quant à la question de la « novlangue », nous pensons que le langage évolue constamment pour refléter de nouvelles réalités et sensibilités. Utiliser des termes inclusifs ne vise pas à imposer une idéologie, mais à reconnaître et respecter la diversité des expériences humaines. Nous estimons qu’il est crucial de créer un espace où chacun se sent représenté et valorisé.

      Concernant la variété des thèmes dans les jeux, nous ne cherchons pas à bannir ou stigmatiser certains jeux. Nous soulignons simplement que certains jeux peuvent bénéficier d’une perspective critique, et que d’autres peuvent offrir des alternatives intéressantes et inclusives. Les joueurs sont libres de choisir ce qu’ils préfèrent, mais il est important d’avoir une gamme diversifiée d’options qui répondent à différents goûts et sensibilités.

      Votre critique sur la nécessité de nuance est pertinente. Nous reconnaissons que notre article aurait pu bénéficier d’une analyse plus équilibrée. Nous veillerons à apporter plus de perspectives diversifiées dans nos futures publications pour enrichir le débat.

      En conclusion, notre intention n’est pas de diviser ou de polariser, mais d’ouvrir un dialogue sur des sujets importants. Nous espérons que vous continuerez à partager vos points de vue, car c’est grâce à des discussions ouvertes et respectueuses que nous pouvons tous apprendre et évoluer.

      Très respectueusement et avec gratitude,

      L’équipe de Gus&Co

  • Maxime Garault

    Bonjour, merci pour l’article. Je commente rarement en ligne mais là au réveil je manque de filtres. Je déplore de lire encore une fois les mots « wokisme » et « fascisme » être associés, sans argumentation valable. Souhaiter réfléchir à l’impact de la colonisation sur les populations concernées serait un fascisme ? Souhaiter l’égalité hommes-femmes ? Souhaiter que les crimes de haine diminuent ? Souhaiter une inclusivité plus grande des minorités dans la société ? Quand je lis des personnes parler de fascisme quand il est question du wokisme, c’est souvent parce qu’ils ou elles ou ont été chatouillé.e.s sur un sujet et que la remise en question ne leur a pas plu et/ou qu’ils ne souhaitent pas la faire. C’est souvent le fruit d’une méconnaissance de la souffrance vécue par d’autres. C’est une position de rejet plus que de dialogue. Je peux comprendre qu’on se sente loin de ces problématiques, dès lors que personne dans notre entourage n’est concerné.e par ces dernières. Mais crier au fascisme quand il est question de tolérance, traiter les anti-racistes de racistes, on marche sur la tête…

    • Maxime Garault

      Et pour ce qui est de l’article, il aurait été intéressant je pense de parler de Cole Wehrle, certains de ses jeux questionnent l’impact de la colonisation, et il est par ailleurs en train de développer un jeu avec un.e designer non-binaire, Jo Kelly, « Molly House », sur les pubs underground pour homosexuels dans le Londres du 18ème. Il me semble qu’il a à cœur de faire du jeu de société un milieu plus mature et progressiste, en tout cas de soulever des questions. Je renvoie vers un excellent article de Slate à son sujet : https://slate.com/human-interest/2024/01/best-board-games-root-cole-wehrle-john-company-molly-house.html

  • Taratata

    Cher Gus

    Votre réponse m’éclaire sur certains points.

    Comme vous le dites à plusieurs reprises vous pensez que.
    Ce sont donc des croyances ou des goûts sans aucune base scientifique ou factuel.

    Alors bien sûr vous avez le droit de croire ce que vous voulez .

    Ensuite vouloir répandre ces croyances cela s’appelle simplement du prosélytisme.
    C’est assez éloigné d’un simple échange ou d’une analyse.

    Cela me permet de mieux comprendre pourquoi depuis un quelques temps certains de vos articles me mettent mal à l’aise.

    Ce ne sont plus simplement des articles ludiques, mais une tribune politique.

    Donc non seulement vous pensez que les jeux et la langue puissent être des outils de réflexions societales. Vous les transformé en outils politique.

    Quand je joue à wingspan, je ne défend aucune cause et encore moins le feminisme. Non pas que je soit contre ces causes bien au contraire. Au mieux ce jeu me fait découvrir des noms d’oiseaux. Mais l’aspect pédagogique des jeux existe depuis bien longtemps.

    Quand je lis les articles sur votre site, j’ai besoin éventuellement de connaître le parcours et les goûts ludique de l’auteur pour mieux comprendre et situer son avis. Mais certainement pas ses convictions religieuses ou ses pratiques sexuelles qui ne me regarde pas.

    Vous dites, et je vous crois, que votre  » intention n’est pas de diviser ou de polariser, mais d’ouvrir un dialogue sur des sujets importants ».

    Mais visiblement cela ne se fait pas sur des bases factuels ni avec une méthode non clivante, ni au bon endroit.
    C’est bien dommage

    • Gus

      Bonjour,

      Je répondrai en ma qualité de community manager de notre équipe.

      Merci pour votre message et d’avoir pris le temps de nous partager vos réflexions. Nous apprécions sincèrement votre retour et comprenons votre point de vue.

      Vous avez raison de souligner que certaines de nos opinions et analyses peuvent être perçues comme des croyances ou des goûts personnels. Il est vrai que notre interprétation peut parfois refléter notre perspective. Cela fait partie intégrante du travail éditorial, où l’objectivité totale est difficile à atteindre. Plus à ce sujet un peu plus bas.

      Quant à votre remarque sur le prosélytisme, notre intention n’est en aucun cas de forcer nos croyances sur nos lecteurs et lectrices. Nous cherchons à susciter la réflexion et le dialogue sur des sujets qui nous semblent importants et pertinents, notamment dans un monde où les jeux de société peuvent servir de miroirs à nos valeurs et à nos préoccupations sociétales.

      Nous comprenons que vous puissiez ressentir un certain malaise face à des articles qui semblent dépasser le cadre purement ludique pour entrer dans des discussions politiques ou sociétales. Notre objectif est de fournir une plateforme où diverses voix et perspectives peuvent s’exprimer, tout en respectant la diversité de notre communauté de lecteurs et de lectrices. C’est ce qui compose notre ADN (suisse).

      Quant à vos exemples, comme Wingspan, il est clair que tous les jeux n’ont pas une dimension politique ou sociétale. Nous reconnaissons et apprécions les jeux pour leurs qualités ludiques, mais nous pensons également qu’il est intéressant de discuter de la façon dont certains jeux peuvent, consciemment ou non, véhiculer des messages ou des valeurs.

      Enfin, notre volonté de ne pas diviser ni polariser est sincère. Nous continuerons à travailler sur notre approche pour rendre nos articles et discussions plus inclusives et factuelles, tout en restant ouverts aux critiques constructives comme la vôtre.

      Cela dit, nous ne sommes pas un médium ou un journal (payant !). Il ne faut pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne sommes qu’un modeste blog bénévole depuis 2007 et nous ne faisons qu’une seule et unique chose : écrire pour partager notre passion, c’est tout. Nous n’avons aucune prétention autre que celle-ci.

      Merci encore pour votre message, et nous espérons continuer à échanger avec vous sur ces sujets passionnants.

      Cordialement,

      Votre équipe Gus&Co

  • grahouuu

    Bon c’est contre productif de s’énerver sur internet… maaaaiis
    Tout d’abord merci à la personne qui a écrit l article ! Je l’ai trouvé bien, soft et pédagogique sur les enjeux sociaux et culturels liés au jeux (pour ne pas dire politique puisque c’est devenu un gros mot apparemment).
    Je n’aime pas le mot woke personnellement, qui de mon point de vu est utilisé par les media de droite / extrême droite pour caricaturer les personnes qui œuvre / lutte pour défaire des schémas de domination, violence, oppression.
    Parce contre ce qui me sidère c’est lire ces ce tas de commentaire purement réactionnaire, face à un article qui prend pourtant quelques pincettes (beaucoup), et balance en réponse des inepties.

    Alors j’entends que en tant que community manadger il failles lisser les choses.

    Mais pour le reste, renseigner vous, on ne parle pas ici de croyance. Oui c’est un sujet politique dans le sens où ça concerne les gens, les joueur.euse.s, leur proche, car le jeu, comme les autres médias que vous regarder façonne nos imaginaires, notre vision de l’histoire etc..
    Et il ne s’agit pas de l’effacer loin de là :):)
    Mais justement d’arreter de la déformer comme cela a été fait longtemps.

    Et ce ne sont pas des croyances hélas, puisque ces sujets (que ce soit au niveau de la question du genre, ou des luttes post-coloniales et du racisme) font consensus dans les milieux universitaires du monde entier… mais reste dénier alors qu’on est au stade de la preuve scientifique sur tous canaux d’informations conservateurs, dans les quels des personnes passent leur temps à donner leurs avis sur des questions qu’ils et elles ne connaissent pas.. ou en en ayant juste rien à faire d’un semblant de vérité ou de démarche scientifique (a défaut)…
    Bref je crains que croyance soit tristement dans votre camp, à l’image de vos peurs pour le « wokisme » et de leurs provenances.

    • Taratata

      Voilà un message qui appelle une réponse.

      Vous dites qu’il ne s’agit pas de croyance. Ok
      Oú sont les preuves:
      – que l’écriture avec un point médian dite inclusive améliore la condition des minorité et en particulier des femmes?

      – que jouer un bandit dans un jeu fait de vous un délinquant en vrai?

      – que jouer à un jeu où le contexte historique et moral est différent et discutable vous converti à ces valeurs?

      – que jouer un colon fait de vous dans la vraie vie un esclavagiste?

      Autre remarque vous dites qu’il ne faut pas transformer le passé. Mais qui demande justement à enlever certains éléments cohérent dans le contexte du jeu pour cacher des choses gênantes?

      Tourner en boucle sur la haine et la culpabilisation du  » mâle blanc dominant » est, outre une malhonnêteté intellectuelle, un raccourci facile et malsain.
      Dans l’histoire humaine il y a eu des folies, des dominations et de la colonisation effectuée par beaucoup de sorte de personnes et pas simplement des mâles blanc. Mais il y en a eu.
      Aujourd’hui il me semble que les mâles qui imposent une tenue particulière aux femmes ne sont pas majoritairement blanc. Donc si l’on veut regarder les violences et les injustices, il faut oser les dénoncer dans leurs co.textes et partout.

      Si l’on doit éditer un jeu simplement car c’est une femme ou une personne handicapé c’est aussi stupide que de refuser un jeu pour les mêmes raisons. On édite un jeu car il est intéressant ou a un potentiel de vente.

      Puisque je ne suis pas capable de le comprendre, expliquer moi en quoi mettre en avant les choix politiques,religieux ou d’orientation sexuelle de l’auteur d’un article sur ce blog est pertinent vis à vis de la critique d’un jeu? Outre le cas où l’on n’est plus simplement dans un article sur le jeu mais dans une tribune politique qui utilise artificiellement le jeu comme support?

      Je le répète les luttes contre les inégalités et l’injustice je suis 100% ok.
      Mais cette forme récente « woke » est une méthode contre productive et sans aucun fait prouvant son efficacité. Donc oui ce sont, jusqu’à preuve du contraire des croyances, de plus à géométrie variables.

      Après ce site a tout à fait le droit d’être une tribune d’opinion défendant sa passion.

      Mais par respect pour les lecteurs il faut mieux dans ce cas être transparent et annoncé clairement la couleur.
      Ce n’est pas un simple site ludique et nos passions sont: …

      Le mélange des genres cela a souvent tendance à brouiller le message.

  • ludtche

    Un jeu est fait pour se détendre…
    Je joue à un jeu parce que j’ai envie d’y jouer et non pour me donner bonne conscience !
    Je me fous complètement du thème…
    Je me fous complètement de l’auteur, qu’il vienne de mars ou de Vénus…
    Je suis là pour me détendre je le répète !
    C’est comme l’Eurovision: plus tu es différent mieux c’est !
    Cette année, les Croates tout comme Slimane méritaient plus de gagner que le Suisse…
    Mais bon, le « Wokisme » ou tout autre mouvement fait que…
    Si les jeux doivent rentrer dans des cases, on va s’ennuyer dur !
    Arrêtons de nous prendre la tête avec cela et passons de bons moments entre gens normaux et non « bien pensants »…
    Je vous souhaite de bons jeux.
    Ludiquement.
    Ludtche.
    http://www.facilyjeux.com

  • Pat Hataubeurt

    Cet article manque un peu de fond linguistique, historique… et sociologique…
    Le terme de woke apparaît avant le mot « wokisme », bien avant BLM, dès les années 70.
    Le premier est importé en France indépendamment, dans les années 2010+, par le biais de meme non ou peu traduits, alors que le second arrive plus tard, par capillarité (toujours sur internet) de l’alt-right anglophone, de ses pendants francophones et d’une frange laïcarde/chrétienne (association paradoxale mais de manière plus ou moins coinjointe selon le pays de la francophonie concerné).
    On manque d’étude de corpus, mais la plupart de ces points sont assez faciles à vérifier…

    Par ailleurs, l’invitation (proche de l’injonction) à se ranger du « bon » côté dans les jeux date des années 50-60! On la trouve par exemple sous la plume d’Umberto Eco dans un texte recueilli en français chez 10/18 sous le titre (recueil Pastiches et postiches), marquant le désir du narrateur (à rapprocher directement, pour le coup de ce texte idéologique, d’Eco) de jouer, contre tout pacifisme mal placé, aux jeux de guerre avec son fils… mais du côté des partisans, des indiens, des opprimés. Ce qui semblait une évidence dans des pays pris en tenaille entre l’échec de la justice avec le passé de la collaboration, du fascisme et du nazisme, et l’antifascisme de posture des PCF, PCI, SED, etc.

    • Gus

      Bonjour,

      Un tout grand MERCI pour votre commentaire, franchement enrichissant. Vos observations sont extrêmement pertinentes et apportent une profondeur historique et linguistique essentielle à notre discussion sur le wokisme dans les jeux de société.

      Vous avez raison de souligner que le terme « woke » a des origines bien antérieures au mouvement Black Lives Matter. En effet, ce terme remonte aux années 70, et son utilisation dans le contexte de la prise de conscience sociale et politique a évolué au fil des décennies. Votre mention de l’importation du terme en France et de son évolution par le biais d’Internet est un point crucial que nous aurions dû inclure dans notre article pour offrir une perspective plus complète. Merci pour votre rajout et intervention !

      En ce qui concerne l’invitation à se ranger du « bon » côté dans les jeux, vous avez également raison. Les jeux de société et les récits ludiques ont souvent reflété les tensions et les enjeux sociopolitiques de leur époque. La référence à Umberto Eco et son désir de jouer aux jeux de guerre du côté des partisans et des opprimés est un excellent exemple de la manière dont les jeux peuvent servir de miroir aux valeurs et aux conflits sociaux. Cette dimension historique ajoute une couche supplémentaire à la compréhension de l’évolution des thèmes dans les jeux de société.

      Votre commentaire souligne l’importance de replacer ces discussions dans un contexte plus large, à la fois historique et sociologique. En intégrant ces perspectives, nous pouvons mieux comprendre comment les jeux de société ne sont pas seulement des divertissements, mais aussi des reflets des débats et des valeurs de leur temps.

      Nous allons prendre en compte vos suggestions pour enrichir nos futurs articles et offrir à nos lecteurs et lectrices une analyse encore plus nuancée et documentée. Encore une fois, merci pour votre contribution, précieuse ! Nous apprécions énormément les échanges constructifs qui permettent de renforcer la qualité de notre contenu.

      Très cordialement,

      Votre équipe Gus&Co

      • Pat Hataubeurt

        Pour rigoler un coup avec la conception jacobine français du vocabulaire en restant dans le sujet, je joins le lien de recommandation de 2014 de l’État français de ne pas utiliser le terme de woke (les ministres n’ont pas dû avoir l’info) mais de le remplacer par le vocabulaire de Témoins de Jéhovah…
        https://www.culture.fr/franceterme/En-francais-dans-le-texte/Vocabulaire-de-la-culture-deconstruction-de-quelques-anglicismes
        (dernier paragraphe)
        Bon ça émane d’un machin technocratique dirigé par feue Carrère d’Encausse, on fait mieux question compréhension des besoins linguistique (sur le même site on trouve une exhortation à ne pas utiliser gender… ni genre… car sexe ou homme/femme le remplace, une explication sui generis pas du tout orientée).

        Si on reprend tout ça et qu’on va au bout de choses, toute personne qui s’interdirait l’écriture inclusive devrait s’interdire de sanctionner une évolution de la langue qui aurait pour base un quelconque soft power, adieu donc woke, mais également: Proust farci d’anglicismes (passés depuis dans la langue) et ses compères du dix-neuvième, dandys, fumistes et happy few, Zola et ses barbarismes d’immigré (lu dans la presse d’époque), etc. On pourra faire une heureuse exception pour Ramuz qui est bien conscient qu’il n’est que vaudois (Paris – notes d’un vaudois, 1938)!

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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