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City of the Great Machine : Le jeu steampunk mais sans vapeur

đŸš© City of the Great Machine, le jeu steampunk au matĂ©riel dingue mais aux rĂšgles indĂ©chiffrables
 Notre verdict dans ce test complet !


City of the Great Machine

⚠ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă  prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.


Le nouveau jeu de société City of the Great Machine des éditions Steampunk Factory nous plonge dans un univers dystopique steampunk trépidant. Dans cette cité régie par une intelligence artificielle toute puissante, les joueurs et joueuses incarnent une poignée de rebelles qui tente de rallumer la flamme de la révolution.

L’éditeur, reconnu pour ses jeux au matĂ©riel riche et Ă  l’ambiance travaillĂ©e, rĂ©ussit-il son pari avec ce titre ambitieux aux rĂšgles complexes ? C’est ce que nous allons dĂ©couvrir dans cette chronique dĂ©taillĂ©e.

City of the Great Machine : un jeu 100% steampunk

Bienvenue dans la CitĂ©, citoyen et citoyenne. La grande machine s’occupe de tout, laissez-vous faire. Quant aux Ă©meutiers, ils seront chĂątiĂ©s !

On a rĂ©cemment parlĂ© des jeux dans l’univers steampunk. City of the Great Machine en est un parfait exemple. Vivant dans une grande citĂ© mĂ©canisĂ©e, vous allez endosser le rĂŽle de rĂ©sistants cherchant Ă  dĂ©clencher le soulĂšvement populaire qui renversera la Grande Machine. Mais cela ne sera pas facile car ses agents automates chercheront Ă  vous contrer. MĂ©fiez-vous des traĂźtres au sein de la populace au risque de finir en geĂŽle


Une jolie orfĂšvrerie

Une boßte de taille moyenne littéralement gavée de matériel : figurines des personnages et des serviteurs de la Machine, pions et cartes en abondance, 9 plateaux représentant les quartiers de la Cité, des meeples pour les gardes automates, deux livrets de rÚgles, deux dés spécifiques et une superbe horloge sur 4 épaisseurs. Facile à monter, cette derniÚre est beaucoup plus complexe à déchiffrer en jeu


Le thĂšme est omniprĂ©sent dĂšs la couverture et se retrouve dans l’ensemble des illustrations mais aussi des Ă©lĂ©ments physiques du jeu. Tout « respire » le steampunk.

La mise en place de la CitĂ© se fait selon certaines rĂšgles sur la jonction des quartiers mais est totalement modifiable d’une partie Ă  l’autre. Cela donne une grande rejouabilitĂ©, d’autant plus que vous pourrez rĂ©-agencer les quartiers durant la partie. La CitĂ© peut ĂȘtre mouvante en plus d’ĂȘtre vivante.

City of the Great Machine matériel

Une programmation complexe

Ce jeu est une premiĂšre pour moi. AprĂšs de nombreuses annĂ©es passĂ©es dans le monde ludique, je pensais avoir un peu Ă©cumĂ© des dizaines de rĂšgles plus ou moins complexes sans que cela ne pose rĂ©ellement de problĂšme. Ce ne fut pas le cas ici. Pour ĂȘtre franc, je les ai attaquĂ©es et rangĂ©es Ă  plusieurs reprises.

Puis j’ai mis le jeu en place et commencĂ© une partie
 rapidement arrĂȘtĂ©e. Idem pour la suite. Il m’a fallu attendre la troisiĂšme installation aprĂšs une cinquiĂšme lecture des rĂšgles pour commencer ma premiĂšre partie et la boucler. Le tout en solo, histoire de voir avant de partager avec d’autres.

Ces deux livrets de rĂšgles sont une torture Ă  dĂ©chiffrer. Il faut sans cesse passer de l’un Ă  l’autre pour l’enchaĂźnement des phases de jeu. C’est une spĂ©cificitĂ© du mode solo, je vous l’accorde. Mais Ă  bien y regarder, la plupart des parties commenceront par lĂ .

Je m’explique : le jeu est fait pour ĂȘtre jouĂ© de 1 Ă  4, en coopĂ©ratif ou en compĂ©titif.

  • En solo, on DOIT jouer 3 personnages choisis contre une IA ou Automa.
  • En coopĂ©ratif, on joue de 2 Ă  3 en se partageant les 3 personnages choisis, toujours contre l’IA. C’est la reprise du mode solo tout simplement.
  • En compĂ©titif, on joue de 2 Ă  4. Une des joueuses prend le rĂŽle de l’Overlord (la Grande Machine) et les autres se partagent les 3 personnages rebelles choisis.

La variation n’est pas de mise ici. Il semblerait que la Grande Machine ait contaminĂ© les auteurs jusque dans la conception du jeu. Le thĂšme est clairement prĂ©sent. Trop peut-ĂȘtre.

Une humanitĂ© en quĂȘte d’émancipation

Les 3 personnages, à choisir parmi les 6 proposés, seront en charge de mener le soulÚvement contre les machines.

Pour cela ils devront parcourir la CitĂ© de long en large, endommager les automates chargĂ©s de maintenir l’ordre, identifier les personnes influentes et les utiliser pour dĂ©clencher des Ă©meutes. Le tout en esquivant les 3 agents de la Grande Machine afin de ne pas finir au cachot, voire pire.

De son cĂŽtĂ©, la Machine essaiera de maintenir l’ordre, trouver les fauteurs de troubles et placer des traĂźtres parmi la population afin de se prĂ©munir d’éventuels mouvements d’opposition.

Le concept du jeu sera donc une partie du chat et de la souris Ă  travers les rues de la CitĂ©. Pour cela les rĂ©volutionnaires programment secrĂštement leurs dĂ©placements aprĂšs avoir rĂ©cupĂ©rĂ© des points de « Confiance » de la part de la populace du quartier oĂč ils se trouvent. Puis la Grande Machine positionne ses agents en espĂ©rant ĂȘtre aux endroits choisis par les rĂ©volutionnaires.

Ces derniers rĂ©vĂšlent leur quartier de destination et gare si un agent mĂ©canique s’y trouve ! Ils devront en parallĂšle Ă©viter les gardes automates et pourraient se voir coincĂ©s par ces derniers avant d’atteindre leur destination prĂ©vue.

Une belle mécanique ?

Le jeu tourne assez bien en fin de compte.

Les personnages programment grĂące Ă  leurs cartes personnelles. Lorsqu’ils arrivent sur place et qu’aucun agent ne s’y trouve, ils peuvent faire diffĂ©rentes actions comme identifier les rĂ©sidents locaux, gagner leur confiance, endommager les gardes automates, libĂ©rer des prisonniers, faire l’action spĂ©cifique du quartier visitĂ© ou tenter de dĂ©clencher une Ă©meute. Cette derniĂšre option est capitale car les rĂ©volutionnaires ne gagnent la partie que si 3 Ă©meutes ravagent la ville et mĂšnent inexorablement Ă  une victoire de la libertĂ©.

L’intĂ©rĂȘt d’avoir identifiĂ© les rĂ©sidents auparavant : ils feront gagner plus de « Confiance » aux personnages en dĂ©but de tour mais cela facilitera Ă©galement les choses lorsque ces derniers se rĂ©voltent contre les gardes automates en Ă©tat de fonctionnement. S’ils ont en plus grand nombre, ils gagnent. En cas d’égalitĂ© ou moins
 ils sont tous envoyĂ©s en prison. Une derniĂšre chose : des traĂźtres peuvent se cacher parmi la population. Lors d’une tentative d’émeute ils se rangeront du cĂŽtĂ© des automates, ce qui peut faire capoter un soulĂšvement !

City of the Great Machine : Des rouages complexes

De son cÎté la Grande Machine ne sera pas en reste.

Son objectif sera de deviner oĂč les terroristes se rendront et d’y faire un raid Ă  l’aide de ses 3 agents afin de les ralentir ou de les intercepter pour les jeter en prison.

Elle pourra également envoyer des citoyens résidents en prison et ainsi calmer les tensions en ville. Ou encore édicter des directives contraignantes. Elle peut enfin renforcer les patrouilles de gardes automates pour rendre la circulation en ville plus complexe.

Pour faire tout cela, elle utilisera ses points de « Contrainte ». Ses derniers seront déterminés par un élément essentiel du jeu : la Roue du ProgrÚs.

City of the Great Machine figurines

Une horloge pour les rassembler tous

Cette reprĂ©sentation d’une horloge contient beaucoup d’informations Ă  elle seule : avancement du mĂ©contentement de la population (attisĂ©e par les rĂ©volutionnaires), quelles classes de rĂ©sidents sont prĂȘts Ă  se rĂ©volter (les ouvriers seront les premiers, les notables attendront que le grondement soit suffisamment marquĂ©). avancement du Grand Plan MĂ©canique. Si ce dernier arrive sur la case XII
 la partie est terminĂ©e immĂ©diatement pour les soi-disant libĂ©rateurs.

Elle sert donc aussi de compte Ă  rebours pour la victoire mĂ©canique. Plus elle avance et plus la Grande Machine aura de points de « Contrainte » Ă  sa disposition. C’est le compteur de l’apocalypse !

Ajoutez Ă  cela une carte d’évĂ©nement tirĂ©e en dĂ©but de tour. Elle indiquera d’éventuelles modifications de rĂšgles pour la journĂ©e mais aussi les conditions Ă  respecter pour Ă©viter l’avancement du Grand Plan MĂ©canique en fin de tour. Vous aurez ainsi une bonne idĂ©e du foutoir global d’une partie de City of the Great Machine.

Une intelligente artificielle de haut niveau

Assez logiquement, au vu du thĂšme et de son utilisation rĂ©pĂ©tĂ©e, une IA assez redoutable vient complĂ©ter le tableau. Redoutable par le fait qu’elle a une capacitĂ© non nĂ©gligeable Ă  nous pourrir la vie Ă  un niveau extrĂȘme !

C’est Ă©tonnant comme un simple petit deck complĂ©tant 3 fiches d’antagonistes peut devenir la cible privilĂ©giĂ©e de notre ressentiment. C’est comme s’il Ă©tait capable de lire dans nos pensĂ©es


Il est tellement bon qu’aprĂšs quelques parties je me demande si vraiment ce jeu est fait pour ĂȘtre jouĂ© avec une joueuse incarnant la machine ? Que vous soyez en solo, ou jusqu’à 3, cette malĂ©fique entitĂ© devrait vous poser de sĂ©rieux problĂšmes.

City of the Great Machine, verdict

TrĂšs partagĂ© sur ce titre, la note sera en rapport direct. Suis-je passĂ© Ă  cĂŽtĂ© de quelque chose ?
 Je prĂ©cise Ă©galement que c’est la version de base du jeu, sans ses extensions, que nous avons testĂ©e.

Les allers-retours vers des rĂšgles austĂšres avec une nuĂ©e de petits dĂ©tails Ă  garder en tĂȘte pour la plupart d’entre elles. Un nombre d’actions impressionnant, trop pour que cela reste intuitif. La lecture mais surtout l’utilisation de la roue du progrĂšs pas franchement claire. Tout cela ne me vend pas du rĂȘve mais me plonge dans un abĂźme de perplexitĂ© mĂ©canique.

Il y a Ă©galement de la frustration Ă  se faire contrer par la Machine, pour les rĂ©volutionnaires contre l’IA. Et d’un autre cĂŽtĂ©, lorsque le rĂŽle est pris en charge, il ne m’apparaĂźt pas aussi intĂ©ressant que celui des rĂ©volutionnaires.

Dois-je parler de l’insert qui fait bonne impression Ă  l’ouverture mais qui est vraiment inutile, voire ralentissant, lors de son utilisation rĂ©guliĂšre ? On a tout mis dans des sachets pour simplifier
 Les Ă©lĂ©ments des versions coopĂ©ratives et semi-coopĂ©ratives, assez nombreux, ne sont pas clairement sĂ©parĂ©s. Et une fois encore, l’insert ne sert Ă  rien.

D’un autre cĂŽtĂ©, je sens une vraie intention dans ce jeu. Le thĂšme du steampunk est superbement reprĂ©sentĂ©. Le systĂšme en est son incarnation frappante. On sent le croisement entre le « Dark City » de Proyas et le « Matrix » des Wachowski. Le monde est froid, mĂ©canique et les rĂ©volutionnaires reprĂ©sentent la toute petite Ă©tincelle pouvant embraser l’ensemble de la CitĂ©.

Le gameplay est plutĂŽt Ă©quilibrĂ©, tout particuliĂšrement avec l’IA. On est toujours sur le fil avec peu de choses pour basculer entre victoire et dĂ©faite. Les dĂ©s ne sont utilisĂ©s que dans certaines circonstances. On est donc dans de la gestion de risques et les esprits affĂ»tĂ©s pourront se faire plaisir.

Plein de petits points intĂ©ressants donc mais noyĂ©s dans la masse. Un jeu Ă  sortir rĂ©guliĂšrement pour garder les rĂšgles en tĂȘte et ne pas risquer d’en perdre le fil.

Vous ĂȘtes adepte des rĂšgles pointues et du steampunk. Vous avez un esprit analytique. Ce jeu devrait vous plaire. Je pense juste ne pas ĂȘtre la cible au niveau du systĂšme.

Sinon, pas la peine de tenter, vous risquez d’ĂȘtre mĂ©chamment refroidi.

Conclusion

Pour finir, City of the Great Machine sĂ©duira avant tout les fans de jeux au matĂ©riel riche et Ă  l’univers travaillĂ©, qui ne seront pas effrayĂ©s par sa complexitĂ© assumĂ©e. Les rĂšgles absconses et l’IA impitoyable rebuteront cependant les publics occasionnels en quĂȘte de parties dĂ©tendues.

Si vous ĂȘtes prĂȘte et prĂȘt Ă  passer du temps Ă  dompter cette mĂ©canique exigeante, ce jeu steampunk vous immergera avec brio dans son atmosphĂšre dystopique. Pour les autres, il y a fort Ă  parier que la Grande Machine aura raison de votre patience.

Bof bof.

Note : 2.5 sur 5.

  • CrĂ©ation : German Tikhomirov
  • Illustrations : Maya Kurkhuli, Anna Laryushina, Nikolai Mitrukhin, Nadezhda Penkrat
  • Édition : CrowD Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 Ă  4 ( 3 en coopĂ©ratif Ă©tant le plus intĂ©ressant pour moi )
  • Âge conseillĂ© : DĂšs 14 ans ( Ă  minima
 )
  • DurĂ©e : 60 – 90 minutes
  • ThĂšme : Steampunk
  • MĂ©caniques principales : Semi-coopĂ©ratif, coopĂ©ratif, gestion de main, programmation, objectif commun, dĂ©s. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, c’est ici.

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Article Ă©crit par Chab. RĂŽliste devenu platoĂŻste par manque de temps. PĂątissier initiĂ© et fan de Robbie Williams. Patriarche de cƓur d’un troupeau de gremlins. Aime qu’un jeu lui raconte une histoire.

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2 Comments

  • patrikcarpentier

    Un splendide matériel rachÚte rarement une rÚgle décourageante.
    La lisibilitĂ© de la rĂšgle, c’est pourtant l’un des maillons vitaux pour un jeu, c’est quelque chose qui se doit d’ĂȘtre testĂ©, modifiĂ©, amĂ©liorĂ©, lissĂ©, jusqu’Ă  ce que ça coule de source…

    • Chab

      Je ne peux qu’aller dans votre sens, Patrick.
      Tout le monde ne sera pas forcĂ©ment d’accord mais pour moi un bon jeu est avant tout : un thĂšme moteur dĂ©veloppĂ© avec un systĂšme intelligent en rapport et des rĂšgles claires ( je n’ai pas dit simples…). Le matĂ©riel participe Ă  l’immersion mais n’est que la cerise sur le gĂąteau.
      N’Ă©tant plus peintre depuis longtemps par manque de temps et de patience, je remplacerais volontier les figurines par des standees sur la plupart de nos jeux.

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