Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Mazescape. Labyrinthe exquis

Avec Mazescape, plongez dans un labyrinthe. Plus qu’un jeu, une expérience étrange.


Mazescape

Je me souviens, enfant, j’avais un livre sur les labyrinthes. Pas seulement un livre avec des labyrinthes, mais sur les labyrinthes. Sur la mythologie grecque, Ariane, Thésée et le Minotaure, Dédale et Icare, sur le palais de Knossos, qui aurait inspiré la légende. Et sur les déclinaisons au cours de l’histoire. Je me souviens aussi qu’il contenait un certain nombre de labyrinthes à faire, avec une feuille transparente et un feutre effaçable. J’ai usé ce livre, et pratiqué ses labyrinthes un nombre de fois incalculable. Retrouver avec Mazescape le thème du labyrinthe dans un jeu, surtout solo, laisse une impression… étrange.

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Un labyrinthe, c’est un concept « simple ». On doit se dépatouiller dans un parcours, avec embranchements et culs-de-sac. Ajoutez une gratification soudaine, comme les puzzles, une fois résolu. On en trouve facilement sur internet ou en librairie, dans des livres spécialisés. Alors pourquoi un jeu de « société » Mazescape ? Quel est la particularité du jeu ?

Mazescape. Dessine-moi un labyrinthe

Mazescape, ce sont deux boites, pour l’instant, contenant chacune 7 labyrinthes. Desquels il faudra sortir en récupérant des objets et en remplissant des missions, tel qu’ouvrir des portes, allumer des feux, etc. Et tout ceci le plus rapidement possible. Jusqu’ici, rien de révolutionnaire. Et puis 7 labyrinthes, c’est peu, non ?

Non. Parce que la particularité de Mazescape, tient sur leur aspect évolutif. Les labyrinthes vont bouger, changer au cours de la partie. Mais pas comme le fameux plateau de Labyrinthe, le classique indémodable, indécrottable de chez Ravensburger. Dans lequel on s’amuse à pousser les tuiles pour bloquer les autres. Ici, c’est nous-même qui allons modifier le labyrinthe. En pliant et dépliant la carte elle-même. Malin, subtil, étonnant, détonant.

Origamibyrinthe

Cette carte se présente sous la forme d’un A3. Pliée 3 fois, la carte finit par former un carnet au format A6. La page est découpée sur une ou deux pliures. Et comptez plusieurs pliages, en fonction du labyrinthe.

La partie commence toujours avec le carnet déployé devant soi, avec le départ et l’arrivée visible. Mais sans chemin possible entre les deux, forcément. Il faut alors ouvrir les pages et jouer avec les pliures pour construire un chemin. Il n’est pas possible de plier ou déplier la partie sur laquelle on est, c’est la seule condition. Il est aussi interdit de plier autrement que sur les pliures, mais ça tombe sous le sens.

Il va donc falloir penser différemment, savoir plier et déplier à bon escient, se rappeler les chemins empruntés. Il n’est pas rare de devoir rebrousser chemin une fois un objet atteint. Et tout ceci pour pouvoir remplir tous les objectifs.

Pour enfin réussir sortir du labyrinthe. De quoi faire fonctionner vos méninges pendant un moment.

Mazescape, verdict

Les deux boites testées, Labyrinthos et Ariadne, sont toutes deux de grande qualité. Les dessins et chemins sont bien pensés, et la difficulté est croissante au sein de la boîte.

Les différents type de pliage permettent d’éviter la monotonie et cassent les habitudes que pourrait nous saisir.

À relever que Labyrinthos est plus facile qu’Ariadne. Tout simplement parce que les dessins sont plus clairs et espacés. Avec moins de chemins « classiques » d’un labyrinthe, i.e. chemin entre les murs, avec beaucoup de culs de sac. Mais cette facilité toute relative n’enlève rien à la qualité du jeu.

Je dois me rendre à l’évidence. Je suis admiratif de la mise en œuvre du concept. Les chemins s’emboitent parfaitement, quel que soit le pliage que l’on exécute, et l’espace est utilisé de manière intelligente.

C’est un vrai tour de force que nous présentent les auteurs, et cela mérite notre admiration.

Un jeu de labyrinthe qui fait travailler les méninges, qui est facilement transportable, et pourra occuper grands comme petits pendant un bon moment. Et même plusieurs fois !

Entre livre et jeu, une expérience insolite, immersive, méditative, et trépidante.

Grandiose !

Note : 5 sur 5.
  • Auteurs : Pablo Cespedes et Victor Hugo Cisternas
  • Illustratrices et illustrateurs : Alex Santalo et Joan Guardiet pour Ariadne et Ivana Gahona pour Labyrinthos
  • Éditeur : Devir pour la VO, Iello pour la VF
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1
  • Âge conseillé : Dès 8 ans (bonne estimation)
  • Durée : 5 à 90 minutes par labyrinthe
  • Thème : Labyrinthe
  • Mécaniques principales : Labyrinthe

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3 Comments

  • Gilles

    Est-ce qu’une fois résolu, le labyrinthe peut être refait par une autre personne ? Ou est-ce que les plis marquent le papier de façon irrémédiable ?

    • Clément

      Bonjour !
      Les plis sont déjà marqués avant que le jeu ne commence. La carte est dessinée sur les deux faces du papier, et les pliages vont faire correspondre les dessins des deux côtés.
      Comme on ne peut pas plier autrement que sur les plis déjà marqués, et qu’on n’écrit pas sur la carte (les déplacements se font avec un stylet qui ne marque pas), le jeu est réutilisable, par là même personne ou quelqu’un d’autre.

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