Analyses & psychologie du jeu,  Jeux de plateau

Comment l’intuition nous aide dans les jeux de société, et comment mieux l’utiliser

Temps de lecture: 11 minutes

Vous êtes-vous déjà demandé comment est-ce que notre cerveau fonctionne pour nous donner l’impulsion de nous intéresser à une action dans un jeu de société plutôt qu’à une autre ? Nous calculons, souvent. Mais parfois, nous prenons des décisions sans véritablement savoir pourquoi. C’est l’intuition. Comment la comprendre, et surtout, comment mieux l’utiliser ?

Imaginez la scène. Vous êtes en train de jouer à un jeu de société. Comme It’s a Wonderful World par exemple, ou un jeu de placement d’ouvriers. La partie a commencé il y a un petit moment déjà, et c’est à vous de jouer. C’est l’angoisse, car au tour précédent, vous n’avez rien planifié pour ce tour-ci. Que faire maintenant ? Quand vous vous dites, soudain, comme ça, pouf : « tiens, pourquoi ne pas jouer cette carte-ci ? Pourquoi ne pas poser mon pion sur cet emplacement pour activer cet élément-là ? » Et que vient-il de se passer ?

C’est en tout cas exactement ce qui vient de se dérouler pour moi dans ma toute dernière partie des Paladins du Royaume de l’Ouest de Shem Philips. La critique sera d’ailleurs toute bientôt publiée 😉. Tour 3. Je devais effectuer une action, prendre une décision, et je n’avais strictement aucune idée. Enfin, pas vraiment. J’avais une idée, une petite idée, mais rien de plus. Une carte à prendre, un villageois à engager, sans savoir pourquoi j’avais cette idée-ci à ce moment-là. Était-ce, au fond, une… bonne idée ? Et d’où venait-elle, cette idée ? En réalité, elle ne reposait sur… rien. Pas de calcul, pas de planif. Et pourtant, j’avais très envie de la prendre, cette carte ! Elle me faisait de l’œil. Et au final, je l’ai fait. Je me suis fié à mon envie, à ma première idée, à mon instinct. Le fin mot de l’histoire ? Quatre tours plus tard, j’ai fini par remporter la partie. Bim ! Est-ce que ma victoire était uniquement due à cette carte récupérée quatre tours plus tôt, à cette idée qui m’est apparue, comme ça, de… « nulle part » ? J’en doute. De nulle part, vraiment ? Et au fond, ai-je bien fait de me fier à mon intuition ?

Nos choix sont parfois dictés par un simple calcul de coût et bénéfice. Cette action vous donnera plus de points qu’une autre, maintenant, ou plus tard. Cette action est donc lucrative et pertinente, logique et cohérente. Je dois, je vais la jouer. Votre cerveau est alors en plein raisonnement, en train d’additionner, de soustraire et d’anticiper

Mais parfois, sans que vous ne le sachiez vraiment pourquoi, vous avez envie de faire ceci plutôt que cela. Et quelque chose vous dit que c’est une bonne idée. Et vous vous lancez, ou… pas. C’est ce qu’on appelle l’intuition. Une compétence-clé que l’on utilise souvent en jouant aux jeux de société

Comprendre l’intuition

Mais au fond, commençons par-là, qu’est-ce que l’intuition ? Elle est une forme d’intelligence inconsciente, aussi nécessaire que l’intelligence consciente

Soyons lucides. La plupart des comportements humains se produisent de manière automatique, sans réfléchir, souvent guidés par les habitudes plutôt que par une délibération consciente. Même pour les problèmes les plus complexes, l’intuition motive les décisions

Chaque fois que nous jouons (mais ça marche aussi pour et dans la vraie vie…), nous sommes happés par des intuitions qui semblent apporter des réponses aux questions que nous nous posons en jouant : quelle action effectuer ? Quelle carte prendre ? Quelle tuile poser ?

Bien qu’on nous a toujours appris que nous devions «faire confiance à nos tripes», ce n’est peut pas être aussi simple. Il y a sûrement des moments où l’intuition nous guide avec précision, merci, et d’autres fois où elle nous induit en erreur. Mais alors, comment, quand faire la différence?

Tentons peut-être de mieux comprendre l’intuition. Nous devons d’abord commencer par la démystifier pour mieux comprendre son fonctionnement. Quels sont les processus qui nous délivrent ces « sentiments intestinaux » ? Car oui, en apparence, ils apparaissent simples et bruts, alors qu’en réalité, ils sont plutôt complexes et… sophistiqués

Nous analysons constamment notre leur environnement. Nous essayons de détecter des situations familières. Cette carte-ci, je l’ai déjà vue quelque part. Cette action, cette tactique, cette stratégie, je l’ai déjà jouée une autre fois, dans le même jeu ou dans un autre. La reconnaissance a déclenché une analyse rapide, sans qu’on le sache, et les résultats nous ont alors été rapidement livrés. En réalité, on se rend compte qu’il y a quatre types d’informations qui nous apparaissent :

1. Des indices pertinents

Lorsque nous détectons pour la première fois une situation, une action familière, nous avons souvent besoin de plus d’informations pour comprendre ce que tout cela signifie. Pourquoi jouer ça ici, maintenant. L’intuition facilite notre prise de décision en nous fournissant, au milieu d’un million de stimuli différents sur lesquels nous pourrions nous concentrer, les indices pertinents. Qui sont en réalité des caractéristiques particulières auxquelles nous devons peut-être prêter une attention particulière.

2. Les attentes

L’intuition répond également à la question : Face à cette situation familière, à quoi dois-je m’attendre ? Si je joue ça, maintenant, que va-t-il se passer ?

3. Des objectifs plausibles

Ensuite, étant donné la situation, l’intuition nous informe des objectifs plausibles que nous pourrions vouloir atteindre. Dans notre cas, avec les jeux de société, quels sont nos objectifs ? Cette commande à honorer ? Ces ressources à récupérer ? Cette carte à construire ?

4. Des actions typiques

Enfin, l’intuition nous suggère des actions. Drafte cette carte plutôt que celle-ci. Pose ton meeple ici sur cet emplacement-là. Prends cette ressource plutôt qu’une autre

Bien sûr, ces informations ne nous parviennent pas visuellement, nous ne sommes pas (enfin, je crois) des Terminator… Mais plutôt, elles nous apparaissent plutôt sous la forme de sentiments… intestinaux. Mais d’où viennent ces informations ?

D’où vient l’intuition ? D’une correspondance de trucs, de machins

L’intuition vient de schémas que nous avons identifiés dans nos expériences, de nos parties passées. Dès nos toutes, toutes premières parties de jeux de société (et dès notre naissance, enfance aussi), nous recherchons constamment des modèles dans notre environnement. Nous voyons 2 + 2 appariés de manière cohérente avec le nombre 4. Nous remarquons que les animaux tachetés à long cou sont appelés… girafes. Mais également, surtout, qu’une certaine carte à drafter, à jouer, n’est peut-être pas une bonne idée, parce que trop chère, trop complexe à poser

Ces modèles, une fois identifiés, sont stockés dans notre mémoire à long terme. Se créent alors dans notre tête, dans notre mémoire des sortes de… vous allez aimez… fichiers Excel. Dans les colonnes de gauche, imaginez les modèles, les ensembles d’indices associés que nous remarquons dans des situations similaires. Et dans les colonnes de droite, nous hébergeons alors tous les différents éléments d’information. Les attentes, les indices pertinents, les objectifs plausibles, les actions typiques. Tout ce que nous avons appris à associer à ces modèles

La prochaine fois que nous détectons l’un de ces modèles, ou un truc du genre, notre cerveau le trouve dans ce « fichier Excel » et nous fournit les données correspondantes

Au fond, on pourrait presque dire que l’intuition est la forme d’intelligence la plus élevée !

Et au fait, quand pouvons-nous faire confiance à notre intuition ?

En réalité, la réponse à cette question n’est pas contenue dans les intuitions elles-mêmes. Les intuitions viennent avec l’illusion de la validité : un sens subjectif de la vérité, souvent trompeur et dangereux. Il est alors question de nous évaluer nous-même. Qui éprouve quelle intuition, et dans quel environnement

Quelle pratique (de qualité) avons-nous eue?

Afin de faire confiance à notre intuition, nous devons avoir suffisamment de pratique de jeux de société. Nos intuitions ne valent que si elles se basent des données des modèles dont nous les tirons. Autrement dit, il nous faut donc avoir une expérience suffisante des jeux pour remarquer et réviser les schémas, tout ça pour avoir construit une base de données à la fois robuste et raffinée

Un ou une joueuse « professionnelle » de Caylus, avec une décennie d’expérience a probablement eu la quantité d’essais et d’erreurs nécessaires pour construire un ensemble riche et nuancé de modèles d’actions. Pour savoir enfin quelle action, quelle stratégie ressemble à une partie gagnante. Quand cette joueuse jette un œil au plateau, à ses ressources, aux tuiles dispo, elle est alors immédiatement frappée par un sentiment de… joie ? Elle serait sage de prendre cette intuition très au sérieux !

D’un autre côté, une ou un joueur néophyte avec seulement 2-3 parties « sous le capot » se plante peut-être quand il pense qu’il a eu assez de parties, de pratique pour apprendre le même nombre de modèles. Il devrait être un peu plus sceptique sur son intuition

Mais si la quantité de pratique, de parties est importante pour développer des intuitions fiables, la qualité l’est tout autant. On peut jouer souvent, mais… mal. Ou jouer peu, et… bien. Tout dépend du type de pratique, de parties. Autrement dit, il y a le bon chasseur, et le mauvais chasseur… La bonne pratique est celle qui implique non pas seulement une répétition par cœur, mais celle qui implique un ajustement constant basé sur les feed-backs. Cette action prise pendant le jeu est toute pourrie. La prochaine fois, je l’éviterai et en réaliserai une autre. Des ajustements essentiels pour nous permettre d’acquérir une meilleure, plus solide et profonde expérience et pratique de jeu

Mais même avec la bonne qualité et la bonne quantité de pratique, de parties, il faut encore nous poser une autre question. Pour déterminer la fiabilité de nos sentiments… intestinaux, il est encore important de déterminer à quel type d’environnement nous avons affaire

Est-ce un environnement à (haute) validité?

Toute la pratique des jeux de société ne signifiera rien pour la fiabilité de nos intuitions, sauf si nous opérons nos choix d’action dans un environnement à… validité élevée. Les environnements à haute validité sont ceux d’une « régularité suffisante » qui fournissent des indices valides sur la nature de la situation. En d’autres termes, ces environnements sont prévisibles au sens strict du terme. Ils sont alors capables d’être prédits

Avant de prendre une décision dans une partie, tout dépend des résultats probables et valides, vérifiables et pertinents dans une partie. C’est ce qu’on appelle l’environnement, à plus ou moins haute validité. Avant la fin de partie, ou avant une action, un draft par exemple, il est probable qu’il y ait des indicateurs précoces : les autres disposent déjà de la majorité ? On dispose des ressources, des couleurs, de cartes ? Un ou une joueuse « expérimentée » sera en mesure de saisir ces indicateurs cohérents, fournissant une base solide pour reconnaître les actions, mais surtout, les conséquences futures selon la tactique, la stratégie opérées

Plus la partie est… douteuse, autrement dit, moins nous nous rendons compte des conséquences directes de nos actions, et moins l’environnement sera à haute validité. Certains jeux sont complexes et imprévisibles. Souvent le cas des Party-Games par exemple, ou au contraire, des gros jeux… « velus » (j’adore cette expression. Le poil, comme indicateur de complexité… 😂). Ces jeux se résument en effet souvent par d’innombrables facteurs. Qui d’autre fait quoi, quand, où, pourquoi, comment ? Et parfois, dans le cas de party-games, le hasard joue (c’est le cas de le dire) un rôle très important

Mais quel que soit la partie, le jeu, cela ne nous empêche pas d’essayer de trouver des associations, d’activer notre « fichier Excel mental » Chaque fois que je prends la couleur bleu, je gagne. Mais oui, bien sûr ! D’ailleurs, dis-moi quelle couleur (de meeples) tu préfères, et je te dirai qui tu es.

À nous alors de nous poser ces deux questions : Ai-je suffisamment pratiqué ? Suis-je dans un environnement à haute validité ? Tout dépend alors s’il y a entre deux, un ou zéro oui…

Il y a la bonne intuition, et la mauvaise intuition

Comment mieux suivre, développer, affiner, écouter, reconnaître notre intuition quand nous jouons aux jeux de société ? Voici 6 clés pour mieux gérer, saisir notre intuition en pleine partie

1. L’intuition est très efficace. Si nous n’y pensons pas trop !

L’intuition peut être non seulement plus rapide que la réflexion mais aussi plus… précise. Nous sommes plutôt doués pour juger les jeux, les actions (et également les… gens) sur la base de premières impressions : la couv, le matos, un picto, une carte… Nous composons alors une… fine tranche d’information. Nous n’avons pas toutes les clés, nous ne disposons de loin pas de toutes les info. Mais ça nous suffit déjà pour créer un (semblant de) dossier, une opinion. Et souvent, cette information fulgurante, fugace, est bien meilleure que celle qui dérive d’une réflexion approfondie, plus complexe et plus longue

Dans un jeu de société, parfois, agir vite est souvent synonyme d’agir bien. Nous avons tous et toutes confrontés à de l’analysis-paralysis. Chez soi-même ou chez les autres. Penser trop peut parfois nuire à notre capacité de prendre la meilleure décision possible. C’est souvent lié au syndrome du « abondance de biens, nuits ». Ou autrement dit, trop de choix tue le choix. C’est souvent le cas dans les jeux de placement d’ouvriers en tout début de manche, quand les emplacements sont encore tous libres. Lequel choisir ? Quelle action favoriser ? Parfois, notre intuition est meilleure conseillère car elle nous permet de nous lancer, de choisir une action sans commencer à nous perdre en conjectures mentales pénibles, pour soi-même et surtout pour… les autres

2. Nous nous attachons peut-être parfois trop à l’intuition

Une fois qu’une intuition nous « frappe », on s’y accroche malgré les… dangers. Si on peut parler de « danger » dans un jeu de plateau… L’intuition peut, par exemple, conduire à toutes sortes de biais cognitifs, comme l’effet d’ancrage, où les décisions sont influencées par la première information qui nous est lancée. Car oui, les biais psychologiques que nous « subissons » toutes et tous affectent nos prises de décisions. Et notre instinct, par conséquence. En général, l’intuition est un facteur émotionnel qui nous donne confiance en une idée. « Je pense que je devrais effectuer cette action.  Je ne peux pas vous dire pourquoi, mais je suis convaincu que c’est une bonne stratégie. »

L’intuition sur la précision d’une intuition est encore plus faillible. Et même lorsque nous reconnaissons l’absurdité d’une intuition, nous nous en tenons souvent à elle. La couleur bleue me fait toujours gagner, toujours. Ou pareil avec la stratégie plutôt « militaire » dans It’s a Wonderful World. Au passage, ça marche aussi avec les… superstitions 😉

3. Oui, l’intuition peut être améliorée. Avec de la pratique

Avoir de bonnes intuitions dans n’importe quel domaine nécessite beaucoup de pratique, comme nous l’avons vu plus haut ⬆️

Plus on pratique un type de jeu, ou un jeu, et plus nous allons accumuler des expériences, des modèles, des chaînages de causes et conséquence. Si j’effectue cette action-ci, il va alors s’ensuivre cela. Pour autant que le jeu offre un « environnement à haute validité » et que l’on soit en mesure d’ajuster nos décisions. Car selon le type de jeu, nous manquons de données fiables pour construire notre dossier mental. Et un genre d’actions peu peut-être fonctionner dans un jeu, mais ne garantit pas qu’il le soit à chaque fois dans un autre. Et même si sa mécanique principale est similaire. Une stratégie dans un deck-building ne fonctionne pas toujours dans tous les deck-building

Pensez à auto-évaluer votre partie une fois achevée. Qu’est-ce qui a fonctionné ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Comment changer, vous adapter pour votre prochaine partie ? Parce qu’à force de se baser sur des intuitions, il peut devenir facile de construire de faux schémas intuitifs. C’est le fameux : « D’habitude, ça fonctionne toujours… »

4. Intuition et perspicacité sont dans un même bateau

L’intuition est étroitement liée à un autre mot, un autre processus mental, la perspicacité. Parfois, les deux se confondent. Car au fond, les deux se rapportent à des réalisations émergeant de processus inconscients. On choisit d’effectuer cette action plutôt qu’une autre. Pourquoi, comment ? Intuition, ou perspicacité ? Les deux sont pourtant fondamentalement différents !

La perspicacité consiste à voir. Tout simplement. Vous pouvez alors articuler la solution. Vous pouvez l’expliquer à quelqu’un d’autre. Alors que l’intuition, elle, est la détection. Nous pouvons alors « sentir » une action à effectuer, une décision à prendre. C’est un jugement. C’est presque comme une hypothèse. Nous ne savons pas trop si c’est bien ou pas, jusqu’à ce que nous effectuons l’action

L’intuition est la façon dont nous utilisons notre expérience pour savoir comment agir. La perspicacité va dans la direction opposée

Pour mieux jouer, gagner plus souvent, nous devons parfois éliminer l’intuition pour obtenir les solutions soudaines que nous appelons la perspicacité. Cependant, la relation entre l’intuition et la perspicacité est plutôt compliquée. Il peut paraître compliqué de déterminer qui est qui. À nous dans notre pratique (quotidienne ?) des jeux de plateau de tenter de les reconnaître pour nous interroger, méfier de l’une, et accueillir l’autre

5. Attention, le stress pousse à l’intuition

En pleine partie de jeu de société, prendre et avoir le temps de réfléchir est parfois un… luxe. « Faut que ça poppe ! » Comme diraient certains…  Dans des situations… extrêmes, disons, dans des party-games fun et loufoques qui vous demandent de prendre une décisions rapide et fulgurante, dans T-Rex, par exemple, non, nous n’avons pas le temps de creuser ! Nous suivons notre premier instinct, même s’il est… tout pourri. L’anxiété engendrée dans n’importe quelle situation stressante nous pousse vers des réflexes rapides. Parfois, on a le temps de réfléchir, parfois, pas. Et ce stress déclenche alors une pensée heuristique, en système, en lien avec nos habitudes et nos raccourcis. Mais est-ce un mal ? Oui. Tout simplement, oui

Ce genre de prises de décisions rapides dégrade un traitement intuitif plus… sophistiqué. Pour faire écho au point 1 ci-dessus, il faut agir vite, mais pas trop vite non plus !

6. Certaines personnes sont peut-être plus intuitives que d’autres

Il existe des différences individuelles dans ses capacités intuitives. Il suffit de jouer avec quelqu’un d’autre à un jeu de plateau pour s’en rendre compte. Sans parler de victoires incessantes. C’est souvent lié à des formes de compétences intuitives différentes. L’une est liée à la perspicacité, plus proche de l’intelligence. L’autre, plus implicite et profonde, à l’intuition « brute »

Et tout dépend bien sûr du degré auquel nous nous fions à notre intuition et/ou à la réflexion. Très, trop souvent nous fier à notre intuition risque également de créer en nous un schéma mental de « pensée magique ». Ça marche toujours comme ça, parce que

Et vous ? Est-ce que vous écoutez votre intuition 🔥 quand vous jouez aux jeux de société ?

3 Comments

  • Ange

    Déjà, je me suis retrouvé dans plusieurs des « ressentis » présentés ici, typiquement, « je ne sais pas pourquoi je joue cette carte, mais je la joue, pas le temps de plus réfléchir, tant pis, on verra »…
    Je me demande aussi si le temps qu’on a pour réfléchir à son action n’est pas le plus déterminant et qui peut expliquer que les habitués à ce jeu (bien connaitre les règles et bien avoir intégré les conséquences des actions) ou être habitué à jouer (avoir déjà joué avec le même type de mécanique) a plus de temps dans ce temps imparti à la réflexion à son tour pour trouver la bonne action. (à contrario, le nouveau joueur passe plus, voir beaucoup, de temps à vérifier dans sa tête les règles qu’on vient de lui apprendre et a moins de temps pour échafauder une action)
    … et de fait l’intuition, est peut-être que notre cerveau sort plus facilement la « bonne » action issue des expériences précédentes, et que le nouveau joueur se rappelle plutôt cette règle ou celle ci un peu au hasard et part, de fait, dans telle action. D’où une vision aléatoire de « l’intuition » parfois bonne, parfois pas bonne????

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