Le jeu du jour : Escape from the Asylum

Temps de lecture: 6 minutes

Escape from the Asylum, de quoi ça parle ?

Tout est dans le titre

Escape from the Asylum est une Escape « de salon ». Quelques cartes, quelques enveloppes, et hop ! Mais surtout, le thème et le scénario du jeu tiennent dans ce mot que l’on retrouve dans l’intitulé : asile. Le but ultime du jeu : réussir à s’échapper de l’asile, donc. On se réveille, se retrouve dans un asile, pourquoi, comment, et là, c’est le drame ! Il faut en ressortir, et vite

La plupart des Escape Games, de salon ou IRL, proposent des scénarios qui reposent sur 1-2 lignes max, plutôt une accroche, un High Concept : on incarne des gens spécifiques enfermés dans un truc, un machin. Pas un travail de scénariste ou d’écrivain qui vient enrichir ou habiller l’expérience. On est dans l’expérience, sensorielle, cognitive et ludique. Le littéraire et culturel passe trop souvent après, voire même jamais. Ce qui n’est pas le cas ici avec Escape from the Asylum

Le jeu met en effet en scène des personnages un brin décrits et crédibles, des retournements de situation, des émotions, un rythme, des enjeux. Bref, en un mot : un véritable scénario ! Et pas « juste » un enchaînement d’énigmes pour divertir et surprendre. Souvent l’apanage des Escape (j’en connais un petit rayon, nous en organisons depuis 2012 en Suisse…)

Au final, Asylum propose un vrai récit. Et si oui, soyons honnêtes, il y aura beaucoup, beaucoup, beaucoup (trop ?) d’énigmes à résoudre pour avancer dans l’aventure, et la finir, le jeu parvient tout de même à offrir une histoire riche, crédible et passionnante ! Un ITHEM au max, 5 sur 5 !

Et comment on joue ?

Asylum est du « pur » et « simple » Escape Game « de salon ». Oui, ça suffit les guillemets… 😅 Toute la mécanique du jeu tient sur un (très gros) paquet de cartes numérotées, de quelques enveloppes et deux-trois autres pièces additionnelles (plan, etc.). On passe sa partie à lire des cartes et en récupérer d’autres, grâce à des énigmes que l’on doit résoudre pour découvrir les bons numéros de cartes

Le jeu est découpé en deux grosses parties, en deux grosses boites bien pleines. Dès la première partie pliée, hop, on enchaine. Comme les deux sont liées, on ne peut pas picorer

Mais ce n’est pas tout

Chaque boîte est elle-même encore scindée en cinq scénarios progressifs qu’on va peu à peu découvrir et devoir finir pour avancer. Donc dix scénarios qui se déroulent chacun dans ce foutu asile. Dix scénarios certes séparés, mais en réalité tous liés

Et comment on gagne ?

Quand on finit les dix aventures, quand on parvient enfin à sortir. C’est tout

Interaction ?

Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Escape from the Asylum atteint un 5/5

Pourquoi ?

Parce que dans Escape from the Asylum, à moins d’y jouer en solo, ce qui est aussi possible, on doit coopérer sec pour avancer. Discuter pour savoir quoi faire, quelle décision prendre, et surtout, s’entraider pour résoudre les énigmes très souvent corsées !

À combien y jouer ?

Donc oui, comme tout Escape Game de salon à la Unlock! on peut y jouer en solo

Mais ce n’est pas autant fun qu’à deux, voire trois max ! À plus, on va prendre du temps à discuter, à tout négocier

Alors, Escape from the Asylum, c’est bien ?

Oui, c’est démentiel !

Alors OK, le concept tient sur une ligne : on passe sa partie à lire du texte sur des cartes et on résout des énigmes pour en trouver d’autres. Dit comme c’est, non, ce n’est pas super sexy, et encore moins original

Mais

Le scénario est excellent, et les énigmes vraiment bien torchées et surprenantes. Et toutes très différentes ! Il y a autant des énigmes très… classiques, mathématiques et logiques, que des énigmes visuelles et… optiques qui parviennent à créer de sacrés effets wahou. Et que faire si on est coincé ? Comme dans Unlock! et Exit, avant la solution à une énigme, on peut obtenir un premier, puis un deuxième indice

Et oui, il est parfois demandé de prendre des décisions, qui vont alors avoir un impact sur le jeu pour quelque peu modifier la trame de l’histoire. On n’a donc pas ici affaire à un jeu linéaire à la Exit ou Unlock!

Et non. Escape from the Asylum ne se joue pas assisté par une appli numérique, tout est… analogique sous forme de papier-carton comme du pur Exit. Mais pas de craintes à avoir, on ne va pas « martyriser » le matériel comme dans Exit. On n’aura pas besoin de le découper / plier. Une fois le jeu fini, on pourra ainsi le faire tourner

Et le principe des enveloppes qu’on ouvre peu à peu en avançant dans le scénario est juste excellent ! Elles représentent de nouvelles pièces qu’on découvre et dans lesquelles on pénètre. Et chacune révèlent des éléments, du matériel, et souvent de nouvelles énigmes à chaque fois surprenantes ! De quoi épicer la partie et offrir une expérience à chaque fois différente

Ou pas

Il faut quand même redire que le principe-même du jeu se répète sur dix scénarios et la totalité du jeu : lecture de cartes, résolutions d’énigmes pour en trouver d’autres. Il faut reconnaître qu’au bout d’un moment, même avec des énigmes surprenantes, on finit un peu par tourner en rond, dans le jeu et l’asile

Mais ce n’est pas pour autant que le jeu déçoit, loin de là ! Escape from the Asylum est un jeu immersif, narratif et passionnant

Vous êtes friands d’Escape ? De jeux palpitants et disruptifs ? Vous allez adorer !

L’un des meilleurs jeux d’Escape Game de salon sur le marché, avec Unlock! (et surtout, sa boîte 6 !)

🔴 Escape from the Asylum, score final : 5/5

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ Un scénario riche, crédible et bien écrit. Enfin un Escape Game « de salon » qui offre une véritable expérience presque « littéraire »

✅ Un récit-chorale à facettes

✅ Re-re-revenir dans des enveloppes, des pièces pour les vivre autrement. Une mécanique 🧰 subtile

✅ La possibilité de prendre quelques décisions qui vont modifier la trame de l’histoire. Le jeu est plutôt linéaire dans les grandes lignes, comme un Unlock! ou un Exit, mais il parvient toutefois à saupoudrer quelques choix narratifs subtils

✅ Des énigmes et du matériel au service du récit, et pas le contraire. Ce qui est souvent le problème des Escape Games, qui mettent trop souvent les énigmes en avant, au détriment de la cohérence

✅ La mise en page des indices et des solutions inversés sur les pages pour éviter de s’auto-spoiler

✅ Un matos de ouf : illustrations, mais pas que (je ne spoilerai rien 🙃). Mais disons juste que les enveloppes recèlent de véritables surprises !

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Quelques coquilles maladroites de français dans le texte, à mettre sur le compte du manque de relecture. Certes, sur la totalité du texte ça fait peu, mais c’est dommage. On dit souvent qu’on est prêt à accepter deux erreurs. À la troisième, on commence à se dire que le travail manque de sérieux. Dans Escape from the Asylum, on dépasse ce « quota » acceptable

❌ Le côté répétitif du jeu. Les dix scénarios, les deux parties du jeu fonctionnent de la même manière. Pour un jeu qui cherche à proposer des énigmes, un récit surprenant, ils auraient pu également chercher à innover, à se réinventer. La deuxième boîte aurait pu justement faire ce pari et proposer une toute autre expérience. Mais non 😞

❌ Le texte, écrit en très petit. Et je ne parle même pas des trois mini-micro carnets d’indices et solutions, en format pour nourrisson de trois mois. Prévoir de jouer à Escape from the Asylum dans de bonnes conditions d’éclairage 💡 et avec de bonnes lunettes, voire une loupe, pourquoi pas. Si vous êtes, comme moi, avec l’âge, presbyte, vous allez souffrir. Pensez à vous faire rallonger les bras par votre chirurgien des bras 😂

❌ Tout le récit est présenté, découpé en quelques cartes qu’on doit chercher dans le deck. Parfois on ne lit que 2-3 phrases, et hop, la suite sur une prochaine à retrouver. Ce qui finit par lasser et hacher 🪓 la partie. C’est relou ! On perd le fil de la narration et l’immersion en pâtit

❌ Des énigmes parfois… tarabiscotées et… approximatives. Et parfois peu logiques ou intuitives. Heureusement qu’il y a les indices et les solutions

Et encore une chose

Vous pouvez trouver Escape from the Asylum chez Philibert ici

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Et également chez Magic Bazar ici

  • Auteurs et autrice : Alexander Peshkov, Martin Nedergaard Andersen, Ekaterina Pluzhnikova
  • Illustrateurs : A.Durova, D.Krasnov, A Stupak, M.Suleimanov
  • Éditeurs : Lifestyle Boardgames pour la VO, Blackrock pour la VF
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1+ (mais comptez plutôt 2 à 3)
  • Âge conseillé : Dès 12 ans (pas moins)
  • Durée : 10×60’ (mais soyons honnêtes deux minutes. Chaque scénario peut se plier en 30’ max ! Comptez plutôt environ 5h-7h de partie en tout)
  • Thème : Asile psychiatrique, polar
  • Mécaniques principales : Coopération, narration, énigmes, Escape Game

15 responses to Le jeu du jour : Escape from the Asylum

  1. Gueur says:

    À vous lire, j ai juste l impression que je vais jouer à un remake du 1er scenario de time stories: Azylum; dont on doit aussi trouver comment en sortir….pas très original comme thème donc ….

    • Gus says:

      Merci pour votre commentaire

      Vous avez raison, les deux aventures pourraient se ressembler, mais pas du tout en réalité

      Azylum se déroulait dans les années 20 après la PGM, Asylum aujourd’hui (avril 2019). Et surtout, les mécaniques de jeu sont suffisamment différentes pour proposer deux jeux entièrement différents !

  2. Starfan says:

    Bonjour à tous! Je voudrais tempérer votre enthousiasme sur ce jeu en disant qu’il a été pour moi complétement injouable car très vite les énigmes deviennent très très difiiciles!! Tout repose sur des suites logiques et des mathématiques tarabiscotés. Alors oui,c’est très bien foutu niveau scénario et ambiance mais complétement raté d’un point de vue plaisir de jeu! A éviter si vous êtes une bille en math

    • Gus says:

      Oui Stéphane, je vous rejoins entièrement. Comme dit dans l’article dans les points négatifs ❌ les énigmes sont parfois tarabiscotées ET approximatives. Et certaines juste infaisables. Mais perso, tant pis. On s’est à chaque fois mis un minuteur ⏱ sur deux minutes par énigme. Si nous n’y arrivions pas par nous-mêmes, nous regardions les indices, puis la soluce, et nous pouvions continuer

      Mais vous avez raison sur toute la ligne Stéphane !

      Certaines énigmes sont toutefois succulentes (même si parfois capillo-tractées)

  3. lolo says:

    Un 5/5 et pas de pouce en l’air??

    Pas facile d’être dans les tops chez GUS&CO 🙂

    Bonne année à vous et à toute l’équipe.

    • Gus says:

      Oups Laurent, l’avais oublié çui-ci

      C’est corrigé !

      Merci !

      Et bonne année 2020 Laurent

  4. Starfan says:

    Oui,vraiment dommage pour les énigmes! Des énigmes basées sur l’observation auraient été les bienvenues aussi! Mais bon,je n’ai pas un esprit logique à toute épreuve,peut-être faut-il y jouer avec des amis bac+5.

    • Gus says:

      Juste !

      Mais j’ai justement trouvé que les catégories d’énigmes étaient variées : de la pure logique, de l’observation, des mathématiques vous avez raison, et des énigmes visuelles / optiques (les plus ratées, selon moi 🤨)

      Après, le problème avec les énigmes, et nous le voyons avec / dans nos événements que nous organisons depuis 30 (!) ans, c’est qu’elles ne font jamais l’unanimité. Jamais. Certaines personnes les trouvent trop simples, trop compliquées, trop, pas assez, etc

      Une chose est sure, c’est que celles dans ce jeu sont autant variées que surprenantes (et souvent alambiquées !)

  5. Jonathan says:

    Première histoire finie hier soir.
    Effectivement, quelques énigmes capillo-tractées. Une en particulier, mais on a finit par trouver les autres par nous-mêmes (mais j’avoue que si on n’a pas un certain bagage mathématique derrière soi, c’est un peu plus compliqué…)
    Hâte de faire la suite, pour voir comment les histoires se lient entre elles.

  6. Laetitia mahé says:

    je viens d’acquérir ce jeu et j’ai un soucis avec l’énigme 1433 ou je dois poser ma main sur l’enveloppe pour afficher un code. cela ne fonctionne pas. Est-ce arrivé à d’autre ?

        • Gus says:

          Aucune idée Laetitia. Il faudrait contacter l’éditeur pour leur demander

          Comme dit dans l’article, certaines (peu ?) d’énigmes sont… approximatives 😐

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