Bruxelles 1897. Manneken Peace

Temps de lecture: 5 minutes

Bruxelles 1897, de quoi ça parle ?

De la construction de Bruxelles en… 1897, et surtout son patrimoine Art Nouveau, propre à la ville et à cette période

Le pitch :

« 1897, l’Art Nouveau rayonne dans les rues de Bruxelles et l’Exposition Internationale ouvre ses portes. Le temps est venu d’inscrire votre nom dans l’Histoire de l’Art. Pour asseoir votre notoriété, vous devrez exposer et vendre vos créations artistiques, bâtir des chefs d’œuvre architecturaux ou encore, tirer profit de vos relations mondaines« 

En réalité, si le titre vous dit quelque chose, oui, en effet, c’est la « suite » de Bruxelles 1893, le jeu du même auteur mais chez un autre éditeur, Pearl Games, un autre belge, depuis racheté par Asmodée

Bruxelles et son fameux style Art Nouveau. OK, soit. Le jeu essaie d’intégrer le thème le plus possible, avec des œuvres culturelles, des bâtiments, des nobles, des personnalités historiques de l’époque. Il faut toutefois relever qu’on passe sa partie à acquérir des cartes. Le souffle épique, historique du thème se ressent, se vit très peu

Petite anecdote croustillante, le jeu est livré avec un dépliant officiel et touristique de la ville et de son patrimoine Art Nouveau

Un ITHEM à 3 sur 5, qui lorgne plus sur le 2/5 que le 4/5

Et comment on joue?

Trois phases ponctuent le jeu : une phase de maintenance, dans laquelle on remet le « plateau » à jour. Comme Bruxelles 1897 est un pur jeu de cartes, avec un micro-mini plateau pour compter les points, mais passons, il n’y a pas de plateau mais plutôt de tableau (ce qui colle avec son thème d’Art Nouveau. OK je sors)

S’ensuit alors une phase d’action, le cœur du jeu, dans laquelle on achète des cartes en posant ses cartes Architectes ou en en activant d’autres

Pour finir enfin par une phase de majorité dans laquelle on va décompter les, wait for it… oui, bien vu, les majorités. Soyez honnêtes, vous ne l’aviez pas vu venir celle-là ?

Tout le sel du jeu repose dans l’acquisition des cartes. Quelle carte Architecte utiliser ? Sachant qu’elles sont limitées, et qu’elles sont également recto-verso avec des valeurs différentes. Plus on pose élevé et plus on augmente ses chances de bénéficier des majorités. Top moumoute

Facile

Oui mais non

Parce qu’il va falloir encore payer en argent la valeur de la carte Architecte utilisée. Donc jouer haut, c’est bien, mais c’est cher

Si les règles paraissent aisées, expliquées ainsi, il n’en est rien puisqu’il y a encore beaucoup, beaucoup de spécificités : ventes, activation des nobles, prison, constitution des blasons, etc. Et les règles sont plutôt denses puisqu’elles cherchent à tenir sur le moins d’espace possible pour tenir dans la toute petite boîte du jeu, au contraire de son « grand frère » le jeu de plateau aka Bruxelles 1893

Et comment on gagne ?

Après avoir joué 4 manches, on procède à un dernier décompte selon les objectifs de fin de partie obtenus, puis on paie pour les cartes Nobles encore présentes, puis on score pour ses bâtiments en fonction de son avancée sur la piste Architecture. Ces trois pistes déterminent les PV reçus au cours et en fin de partie (ainsi que le nombre de Nobles que l’on peut activer)

Interaction ?

Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Bruxelles 1897 atteint un 2/5

Pourquoi?

Parce que dans Bruxelles 1897 on passe sa partie à chouraver des cartes au nez et à la barbe des autres (expression de… 1897, j’ai vérifié. Non). Mais également, les majorités jouent (c’est le cas de le dire. OK j’arrête avec les parenthèses. Non) un rôle essentiel dans le jeu. Pas une interaction directe, franche, tout en subtilité et blocage

À combien y jouer ?

C’est le bât qui blesse

À 3, pourquoi pas, le jeu devient un poil contrôlable et fluide, tendu

À 4, c’est la foire d’empoigne et tout change tout le temps, le jeu devient bien trop chaotique pour passionner. Il se subit plus qu’il ne se joue

C’est à 2 que Bruxelles 1897 s’apprécie au mieux. On contrôle et planifie plus

Alors, Bruxelles 1897, c’est bien ?

C’est pas mal du tout

Ce qui étonne et détonne, c’est que les auteur et éditeur aient réussi à adapter le jeu de plateau pour en proposer une lecture, une profondeur, une complexité, un gamedesign épurés qui tient sur quelques cartes et un matériel ramassé : 120 cartes, 17 pions et un mini-plateau de 10 cm sur 5 (au doigt mouillé) et c’est tout. Qui tient dans une mini-boîte. Hallucinant

Encore faut-il aimer les jeux extrêmement tactiques et opportunistes. Tout change tout le temps. Les cartes virevoltent, on ne badine pas avec l’amour l’Art Nouveau. Difficile de prévoir ses prochains tours, toute sa stratégie est constamment modifiée selon les cartes prises par les autres. Ce clivage complexité VS opportunisme / fluidité pourrait rebuter certains, certaines

🔴 Bruxelles 1897, Score final : 4/5

Ce qui nous a plu 👍

✅ Une excellente adaptation d’un excellent titre sorti en version plateau il y a six ans en 1893 2013

✅ Un jeu d’une grande richesse et complexité qui tient sur quelques cartes, dans une petite boîte pour une vingtaine d’euros. Dingue

✅ Un jeu surprenant. On s’attend à un « petit » jeu de cartes, alors qu’il n’en est rien

✅ Excellent à deux

Ce qui nous a moins plu 👎

❌ Une mise en place encore plus pénible et rébarbative que de regarder le Manneken Pis. Mais on s’habitue. À la mise en place, pas au…

❌ Un jeu extrêmement tactique et opportuniste. Fluide diront certains, chaotique diront d’autres. Difficile de contrôler. Il va falloir faire preuve de tactique et de « lâcher-prise ». Ce flux constant pourrait provoquer quelques blocages / analysis-paralysis, à force de vouloir optimiser chacun de ses coups, uniques

❌ Un thème qui essaie de coller à l’histoire alors qu’au final, il paraît très peu immersif

❌ Des parties à 4 foutraques, trop chaotiques

❌ La mécanique des objectifs de fin de partie qui ne s’acquièrent qu’en toute fin de partie, ou pas. Ça peut être extrêmement rageant / frustrant / violent d’avoir monté toute sa partie en espérant atteindre un objectif ou un autre, et paf, non…

Et encore une chose

Vous pouvez consulter les règles de Bruxelles 1897 ici

Et vous pouvez trouver Bruxelles 1897 chez Philibert ici

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Et chez Magic Bazar ici

  • Auteur : Etienne Espreman
  • Illustrateur : Vincent Joassin
  • Éditeur : Geek Attitude Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (mais top à 2. Évitez à 4, surtout)
  • Age conseillé : Dès 10 ans (euh, plutôt 12-13 pour pouvoir vraiment profiter du jeu)
  • Durée : 45′ environ
  • Thème : Art Nouveau à Bruxelles
  • Mécaniques principale : majorité, cartes, objectifs

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