Talisman Legendary Tales. Le jeu légendaire qui vous fera déambuler (en déambulateur)

Temps de lecture: 7 minutes

Un grand classique revisité en mode coopératif. Accessible, mais pas révolutionnaire

Cette critique vous est proposée par Manu et Clément, membres de la Team Gus&Co

Talisman Legendary Tales, de quoi ça parle?

Un jeu avec « Talisman » dans le titre et une sorte de triangle doré en entête, ça me dit quelque chose…

En effet, c’est l’adaptation en jeu coopératif d’un très, très, très vieux jeu.

Je dois bien avouer que j’avais la boîte (sous forme de « livre » avec « un jeu dont VOUS êtes le héros » en accroche) et que j’y ai joué énormément à la fin de mon enfance / début de mon adolescence. Pas vous?

Je ne l’ai pas ouvert depuis fort longtemps jusqu’à ce qu’un couple d’amis vienne à une soirée avec la fameuse boîte (mais dans une version plus récente, apparemment).

C’était l’année dernière ou celle d’avant et j’avoue avoir été peu emballé car, dans mes souvenirs, le jeu était interminable et surtout pas passionnant.

Trois heures plus tard, profitant de la mort de mon perso, je quittais la table et les lieux, complètement dégoûté par cette expérience (et encore, j’aurais pu choisir un nouveau perso mais franchement, aucune envie) : on passe un temps fou à leveler son personnage en lançant un dé et en choisissant d’aller à gauche ou à droite puis en espérant piocher les bonnes cartes / faire le bon jet. Injouable actuellement.

Comme quoi, c’était pas mieux avant. De nos jours, on a des jeux beaucoup plus ergonomiques, fun, rapides…

Et là, arrive Talisman Legendary Tales, un jeu coopératif dans cet univers. « 1 à 6 joueurs », soit, « 20 à 40 minutes », ah, ça peut se tenter.

Le jeu offre un ensemble de cinq scénarios dans un univers med-fan. On peut choisir son niveau de difficulté (ce qui amène quelques désillusions plus tard) : en effet, votre seul ennemi, c’est le temps et vous devez finir la quête du premier scénario avant le tour 13. Pour la première quête, vous pouvez commencer au tour 0 (mode facile), 2 (moyen), 4 (difficile).

Ensuite, vous choisissez votre personnage. Après une séance de dépunching de l’extrêêêême, chaque personnage a une bourse (de la taille d’un petit sac de sport) où on met ses pions. Accroché à la bourse, il y a le portrait du personnage avec ce que contient cette bourse.

Bonne pioche, le portrait est toujours masculin d’un côté, féminin de l’autre (donc par exemple guerrier/guerrière, nain/naine etc.). Ce n’est pas grand-chose mais c’est déjà un pas dans la bonne direction de l’inclusivité.

Point bonus, la guerrière a une vraie armure qui lui couvre tout le haut du corps, comme son équivalent masculin. C’est pareil pour toutes les figurines qui reprennent un univers fantasy en mettant de côté les clichés du genre.

Sur le portrait en carton, on peut également lire le pouvoir unique du personnage et on sait aussi combien il y a de jetons dans le sac en termes d’épées (attaques physiques), chapeaux de magicien (attaques magiques), sablier (avancée du curseur) ou pioche.

Comment on joue ?

On prépare le plateau de jeu en disposant les tuiles hexagonales comme indiqué sur le scénario. Puis, on place face cachée des jetons (tokens) sur certaines tuiles et on met tous les persos sur la tuile indiquée par le scénario. 

On lit ce qu’on doit faire, il y a plusieurs quêtes successives, et la personne la plus jeune autour de la table commence.

Elle jette un dé et avance d’autant de cases qu’elle le souhaite jusqu’à atteindre au maximum la valeur du dé (elle peut aussi rester sur place).

Sachant que le dé a des faces spéciales, notamment une qui permet de se téléporter et une qui fait avancer le sablier (mais qui permet d’avancer jusqu’à quatre cases).

Le personnage retourne les tokens qui sont sur la case où il s’arrête. Si ce sont des objets de quête, il les laisse de côté tant qu’il reste des ennemis. Les ennemis ont une valeur en épée et chapeau pour être défaits. 

Ici, il faut 2 épées pour se débarrasser du wild boar (=sanglier). La personne qui joue tire trois pions de son sac et fait le décompte pour voir si elle arrive à battre au moins un ennemi (en utilisant si nécessaire de son pouvoir spécial). On traite aussi les cas de « faire avancer le sablier », « piocher à nouveau » etc. 

Le personnage ne meurt jamais mais pour chaque ennemi vaincu, on pioche un jeton dans le sac des récompenses pour obtenir un objet qu’on peut mettre dans son sac ou dans le sac de quelqu’un d’autre autour de la table. 

Puis la personne suivante jette le dé, etc. Le but étant bien entendu de finir la quête avant que le sablier n’arrive à la fin.

Et c’est tout ?

Non, pas tout à fait.

Quand votre tour revient, vous avez le choix, si vous finissez sur une case avec un ennemi, de piocher dans votre sac ou d’y remettre tous les jetons piochés précédemment.

La stratégie étant que, vu que vous connaissez le contenu du sac ainsi que la force des ennemis, vous pouvez estimer vos chances de tirer assez pour l’emporter.

En clair, si le sanglier nécessite deux épées, que votre sac contient deux épées au max et que vous en avez déjà pioché une auparavant, sans pouvoir spécial c’est impossible de le tuer.

Cela donne une petite valeur stratégique, ainsi qu’une discussion pour savoir qui a intérêt à recevoir l’objet récupéré auparavant.

Notez également qu’il existe des jetons spéciaux pour reculer le sablier ou pour annuler l’avancée du sablier si vous avez une épée au tirage etc. Et que parfois, on peut piocher dans le sac d’un autre

Et comment on gagne ?

En finissant toutes les quêtes du scénario avant que le sablier n’atteigne la case finale.

Et ensuite, vous récupérez un talisman et pouvez passer au prochain scénario.

Enfin, pas toujours. Lors de notre partie, nous avons commencé en mode facile et avons fini à la case 6. Mais selon les règles, si on commence en mode facile et qu’on gagne, on ne doit pas continuer, il faut recommencer en mode moyen pour activer le deuxième scénario. Petit sentiment de frustration autour de la table vu qu’on avait survolé le scénario.

Un jeu kleenex ?

Au vu de la présentation du jeu et des cinq scénarios, on pourrait le croire. Mais ce n’est pas tout à fait le cas.

Déjà, car le jeu vous incite/force à recommencer le jeu pour accéder à la suite. Et aussi car vous pouvez toujours rejouer pour faire mieux.

Au vu du premier scénario, pas sûr qu’on ait envie de ressortir le jeu pour refaire, cela dit. 

Interaction

Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Talisman Legendary Tales atteint un 5/5.

Pourquoi 5/5?

Parce que Talisman Legendary Tales est un jeu coopératif, donc il va falloir… coopérer.

A combien y jouer ?

Lors du test, on était beaucoup, ce qui peut expliquer pourquoi on a gagné si rapidement.

Tout seul, le jeu parait sans doute un peu plat. Mais cela peut être un défi pour un enfant.

A plusieurs, le jeu tourne et s’enchaîne rapidement. Le fait qu’on puisse récupérer les objets d’un autre, voire piocher dans son sac maintient l’attention même si ce n’est pas à notre tour de jouer ?

Alors Talisman Legendary Tales, c’est bien ?

Sans plus.

Soyons clairs, c’est bien plus ergonomique, ludique et rapide que son ancêtre. En ce sens, c’est une réussite.

L’univers est respecté, les règles sont claires, les dessins sont jolis, le matériel est bien fait. Avec un bémol que les sacs sont trop grands pour rentrer facilement dans la boîte quand on range le jeu…

Le positionnement du jeu vise clairement une population jeune.

L’univers fantasy aux jolis dessins, le beau matériel, le fait qu’on ne meurt jamais, qu’on joue ensemble et qu’on craigne juste le chronomètre rendent le jeu adapté pour les enfants. A partir de 8 ans dit la boîte, ça paraît correct. Cela met ce jeu dans la lignée de son grand frère mais de manière beaucoup plus digeste.

Pas un jeu pour les hardcore gamers mais pour initier des enfants, sachant qu’en plus, ils peuvent tenter en solo de s’y frotter, ou pour faire découvrir le jeu coopératif en douceur à des adultes, pourquoi pas ? Mais il faudra une traduction en français pour qu’il puisse atteindre cette cible.

Le grain de sel de Clément

Pour finir, une conclusion coopérative, pour un jeu qui l’est aussi. Je reprends la main pour donner mon ressenti.

Talisman Legendary Tales est un jeu rapide. Et tant mieux. J’avoue ne pas connaitre le vieux Talisman, mais j’aime les jeux de rôles, et la présentation m’a donné envie.

Mais le tout tombe à plat. Il n’y a pas d’immersion, pas d’histoire, pas de feeling.

On se dispatche sur la « carte », et on « combat » les monstres pour choper les objets des quêtes. Pas de blessures, et pire, on peut partir sans même avoir battu tous les monstres. Ce qui ne favorise de loin pas l’expérience ludique.

Bref. Un jeu, une expérience à réserver à des enfants qui n’aiment pas perdre, en écho à l’article tout récent sur ce sujet, faut-il laisser gagner les enfants, ou comme Gateway vers les jeux plus immersifs

Un jeu qui fait pschitt et qu’on pourra éviter, même pour le côté sentimental et surtout pour le prix. Il y a d’autres jeux, de bien meilleurs jeux, et trop peu de temps pour y jouer

Score :

Anticipation : 2/5

Talisman, j’ai déjà donné l’an dernier et c’était dur à vivre. Coopératif, 20-40 minutes? Bon, OK.

Pendant la partie : 3/5

Hop, on couvre cette zone, je te donne cet objet, on remplit la quête, on passe à la suivante, tout s’enchaîne, c’est sympa.

Pas très surprenant, mais c’est sympa. 

Après la partie : 2/5

Comment ça, on ne peut pas passer au scénario suivant car on a commencé en mode facile alors qu’on a explosé le chronomètre ?? On passe outre et on le joue quand même ? Ou on passe à un autre jeu plutôt ? Ah oui mais il faut ranger, ce qui n’est pas évident.

Score final : 2/5 à 3/5

Jeu pas mal, sans plus

Ma note était à 3 mais mes partenaires de jeu étaient plus sévères que moi.

Et encore une chose

Pour l’instant, le jeu n’existe qu’en anglais. Il faut bien maîtriser la langue pour y jouer, déjà pour lire et comprendre règles et scénarios. Une VF prévue???

Vous pouvez consulter les règles de Talisman Legendary Tales en anglais ici

Vous pouvez trouver Talisman Legendary Tales chez Philibert ici

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  • Date de sortie : Février 2019
  • Langue : Anglaise
  • Auteur : Michael Palm, Lukas Zach
  • Illustrateur : Zapf
  • Editeur : Pegasus Spiele
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 6 (optimum 3-4)
  • Age conseillé : Dès 8 ans (bonne estimation)
  • Durée : 20 à 40 minutes (pas plus)
  • Thème : Méd-fan
  • Mécaniques principales : coopératif, aventures, déplacements

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