Un triptyque Roll & Write ni indispensable, ni inutile. Juste frais. Un titre parfait pour l’été
- Date de sortie: Printemps 2018
- Auteur: Henry Kermarrec
- Illustrateur: Géraud Soulié
- Editeur: Sit Down!
- Nombre de joueurs: 1 à 100 (optimum 1 à… 100)
- Age conseillé: dès 7 ans pour le Temple d’Apikhabou, dès 8 ans pour Skull Island et dès 9 ans pour la Vallée de Wiraqocha
- Durée: 20′ (mais vraiment 20′)
- Thème: exploration, aventure
- Mécaniques principales: dés, combinaisons, roll & write
Penny Papers Adventures, de quoi ça parle?
D’explo dans des régions mystérieuses et inexplorées. De temples maudits, de montagnes reculées et de trésor enfouis
Bref, c’est l’aventure
Sauf que
Tout se joue aux dés. Et on place les résultats sur sa feuille pour réaliser des figures, des combos. Il ne faut pas s’attendre à un jeu narratif ou immersif. On est purement dans un « roll & write ». Autrement dit, lance les dés et inscris les résultats. On repassera pour l’immersion…
Il y a (pour l’instant) trois aventures, le Temple d’Apikhabou, Skull Island et la Vallée de Wiraqocha (oui, comme le jeu du même éditeur du même auteur). Trois jeux aux règles et au thème similaires, l’aventure, l’exploration, mais à la difficulté croissante
Et comment on joue?
Les trois moutures se jouent de la même manière. Il n’y a que le scoring et les combos qui changent selon la boîte
Mais en gros et en résumé, un ou une joueuse commence par lancer trois dés, puis en simultané chacun·e choisit de les utiliser comme il ou elle le désire, soit la valeur de l’un, soit en les additionnant. On inscrit alors ensuite un chiffre sur l’une des cases
Avec trois faces spéciales qui viennent épicer le tout: dé joker, dé spécifique à la boîte et dé interactif (on y reviendra plus bas)
Et comment on gagne?
Tout dépend de l’aventure bien sûr, mais en règle générale, dès qu’une fiche est remplie, le tour s’arrête et on score en fonction de la boîte: nombre de combos réalisés, adjacences, pénalités
Tout est indiqué sur la fiche personnelle. Clair, limpide, simple
Interaction?
Alors oui, tout le monde reste les yeux rivés sur sa fiche à réaliser les meilleures combos. Donc on pourrait dire qu’il s’agit d’une interaction polaire de course, l’idée étant de réaliser de meilleures combos que ses voisins, pour peu qu’on lève les yeux deux secondes de sa feuille
Sauf que
Dans chaque boîte, une face d’un dé rajoute une interaction (à moins d’y jouer en solo). On met toutes et tous sa feuille au milieu de la table, les autres en prennent une et remplissent une case à choix d’un élément qui va bloquer et mettre une pénalité en fin de partie. On reprend ensuite sa feuille. Cette pénalité peut être barrée plus tard en utilisant un 9
Rien de punitif, mais suffisamment pour rajouter de l’interaction et faire couiner dans les chaumières
Et à combien y jouer?
En solo, tout simplement, c’est très bien aussi, même si du coup on perd la tension du dé « interactif »
Sinon, en même temps à 100 au max, pourquoi pas. Pourquoi 100? Parce que chaque boîte contient 100 feuilles…
Alors, Penny Papers Adventures, c’est bien? Critique
C’est frais, estival, léger, divertissant, mais pas inintéressant pour autant
Beaucoup de choix cruciaux: quelle valeur utiliser, où les placer pour réaliser quelle combo. D’autant qu’une fois inscrite, on ne peut plus toucher/effacer/déplacer la valeur. Argh
Il faut toutefois relever que les trois boîtes ne se valent pas du tout du tout.
Le Temple d’Apikhabou est sans conteste la meilleure boîte. Plus légère, divertissante et fluide. Plus familiale, aussi
Vient ensuite la Vallée de Wiraqocha, plus stratégique, plus ouverte. Un peu trop ouverte et libre, d’ailleurs, le plan de jeu n’étant qu’une grosse grille
La plus relou, Skull Island. Un scoring complexe, réussir à placer quatre chiffres similaires des quatre côtés pour indiquer un trésor à la jonction, avec des bateaux qui peuvent se rajouter et servir de joker. Et des montagnes qui viennent bloquer le tout. Un pur casse-tête, ni fluide, ni fun. Des trois boîtes, Skull Island est la plus décevante
Score:
Anticipation: 4/5: l’éditeur belge et wallon Sit Down! a toujours tenté de décrocher LE titre, LE succès. Ce titre, il l’a obtenu en 2016 avec le carton interplanétaire Magic Maze, depuis décliné en version enfant (très bon, même si avec très peu de plateaux dispo). Depuis, ils sont tout feu tout flamme chez Sit Down, et ce triptyque Roll & Write confirme la pente ascendante
Pendant la partie: 4/5: alors non, il ne faut pas chercher une révélation ludique incroyable, mais les trois volets de la saga sont plaisants, divertissants. Dans le bon sens du terme. En terrasse, à la mi-temps du Mondial cet été (le Mondial de waterpolo bien sûr, aucun joueur ou joueuse de jeux de plateau ne regarde le foot, c’est bien connu), l’un ou l’autre des Penny Papers permettront de se lancer une petite partie courte, tendue et trapue sur un coin de table. Clairement l’un des hits de l’été à emmener avec soi en voyage
Après la partie: 4/5: rien de transcendant, mais les parties sont tellement courtes et incisives qu’on s’en lancera bien 2-3 à la suite. Dans 5-10 ans tout le monde aura oublié les Penny Papers Adventures, mais en cette fin de printemps 2018, ils feront leur boulot de divertir et de triturer du neurone pour ces quelques prochaines semaines
Score final: un bon 4/5. Pas une expérience ludique incroyable ni originale, ni trépidante, mais qui fait son job, celui de divertir tout en proposant quelques choix cruciaux. Ni indispensable, ni inutile. Juste frais. Un titre parfait pour l’été. Sur les trois boîtes, attention à éviter Skull Island, la plus indigeste des trois. La meilleure: Le Temple d’Apikhabou
Et encore une dernière chose
En plus de ce triptyque tout récent, deux autres Roll & Write sont sortis presque en même temps: Très Futé, nommé pour le Spiel 2018, et Welcome. Le Roll & Write est décidément tendance en cette fin de printemps 2018…
Tiens, ça mériterait un article sur le TOP 5 des meilleurs Roll & Write. Les Penny Papers en feraient partie.
Vous pouvez trouver Skull Island chez Philibert,
Le Temple d’Apikamachin chez Philibert aussi ici,
Et enfin, le troisième, le plus complexe, la Vallée de Wiraqotruc, chez Philibert toujours, ici


