Critique de jeu: Samouraï 2017. Mon royaume pour de l’aspirine

Un jeu de traviole qui ravira les joueurs comptables.

Samouraï 2017, ou juste Samouraï pour les intimes, est la réédition du « vieux » jeu de ce sacripant de Reiner Knizia sorti il y a près de 20 ans en 1998. Le jeu, pas Knizia.

Pour 2 à 4 joueurs, pour des durées de 45 minutes dès 14 ans. Sorti en avril chez Windrider slash Asmodée slash EDGE pour la VF slash Asmodée.

Ca parle de quoi?

Tout est dans le titre. Des daimyo, des seigneurs dans le Japon médiéval s’affrontent sur Honshu, l’île nippone principale, pour contrôler trois castes: la religion, le commerce et l’armée. Le tout représenté par trois types de figurines.

Mais pourquoi une réédition?

Parce que l’esthétique du jeu de 1998 était plutôt basique. Que le jeu était épuisé. Et qu’en 2017, on fait vraiment de beaux jeux. Avec des figs chatoyantes et tout. Enfin, moins qu’en 2032 quand on rééditera cette version de 2017. D’ailleurs, entre Windrider et Super Meeple, on n’a pas fini de voir la fin des rééditions.

Et tant mieux, si c’est pour ressortir des jeux épuisés ou juste laids. Comme c’était le cas avec le Samouraï de 1998.

Les deux éditions. La première et la rééd. Vous préférez laquelle?

Et comment on joue?

Chaque joueur dispose de 5 tuiles influence cachées derrière son paravent (sauf à deux joueurs. Mais on y reviendra). Il en choisit une et la pose sur le plateau. Dès qu’un territoire/hexagone contenant une ou plusieurs figurines bouddhas (=religion), riz (=commerce) et/ou château (=armée) est complètement entouré par les tuiles des joueurs, on décompte les captures. Autrement dit, celui qui a le plus d’influence récupère la figurine. Puis le joueur complète sa main. Voilà.

La partie prend fin quand au moins un type de fig a disparu du plateau ou quand au moins quatre fig ont été retirées du plateau. Car oui, en cas d’égalité d’influence on retire la fig, tout simplement. Personne ne l’obtient.

Alors comment on gagne?

En fin de partie, chaque joueur compte ses fig de castes. Celui qui en possède le plus devient le Herr General de cette caste-ci. Pour gagner, il faut contrôler le plus de castes. Donc en tout cas deux sur trois. Facile. Un jeu de majorité aussi pour les conditions de victoire finales.

Et est-ce qu’il y a de l’interaction?

Oh oui. Vraiment. La lutte est âpre pour chaque territoire, pour chaque figurine. On ne peut pas détruire les figs de ses partenaires, mais on peut méchamment leur mettre des bâtons dans les roues pour les acquérir. Violent. Rageant.

A combien y jouer?

Samouraï peut se jouer de 2 à 4.  Le plateau est modulaire selon le nombre de joueurs, du plus petit au plus grand. Histoire d’adapter les conflits.

A 2, on laisse ses tuiles dispo visibles devant son écran pour favoriser le contrôle, l’affrontement. A 3 et 4 l’interaction et les luttes sont plus puissantes et multiples. A 2, on est presque dans un jeu d’échec. A 3-4 ça fait plus bataille rangée.

Le nombre idéal? 3. Un bon compromis.

Alors, Samouraï, c’est bien?

Samouraï est un jeu de placement et de majorité puissant, servi avec un soupçon de chaos. Car on n’est sûr de rien tant qu’un territoire n’ait été encerclé. Ce qui donne des luttes violentes, tendues et riches en rebondissements.

Mais préparez la palette d’aspirine, car Samouraï est un pur brain-burner. Un pur jeu de Reiner Knizia à la patine glacée et implacable. Il va falloir tout contrôler, tout observer, tout compter. Pour gagner. Ou alors on joue « au petit bonheur la chance » en mode fun en posant ses tuiles n’importe où n’importe comment et en espérant que ça tienne. C’est aussi possible. Moins de chance de gagner, mais aussi moins de chance de se taper une méchante migraine.

Pas le meilleur titre du docteur Knizia, Samouraï n’est pas un mauvais jeu en soi. Juste que le plaisir à y jouer est très relatif. Prise de tête, froid et frustrant aux conflits farouches. Luttes intestines d’influence et de majorité, Samouraï parvient un rare grand écart entre tactique et stratégie. Un jeu de traviole qui ravira les joueurs comptables.

Et vivement la réédition de 2032. Parce que là, c’est service minimum côté édition. Pour citer une philosophe contemporaine, « Non mais allô quoi ». Un gros bout de carton qui bloque les 84% de la boîte, et un petit espace pour y jeter tous les jetons. Aucun thermo, aucun ziplock. Débrouillez-vous. Euh… Sérieux?

Vous pouvez trouver Samouraï chez Philibert,

Chez Ludibay,

Et chez Ludikbazar.

5 Comments

  1. un gros WTF pour la boite effectivement. Mais c est un des styles de FFG, ca me fait penser a la boite de civlization sid meiers.

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    1. En effet, FFG (et donc Edge) se moquent ouvertement des clients en proposant un rangement dans les boites proche du vide intersidéral. J’ai fait l’acquisition de Fabulosa Fructus dernièrement et j’ai été très déçu par le rangement : des ziplocks pour ranger des cartes… Quand on voit l’intérieur de Dominion, Quadropolis ou Abyss, FFG/Edge ont vraiment des progrès à faire.

      Sinon pour Samourai, j’ai eu la version 1998 que j’ai revendu aussi sec. Je n’ai tiré aucun plaisir ludique, mais juste de la frustration et du stress. Le matériel m’avait donné l’idée d’un jeu léger, il n’en ai rien. On est vraiment proche de la sensation des échecs. Si on aime tant mieux, ce n’est pas mon cas, tant pis ^^

      Aimé par 1 personne

      1. Le 99% des jeux EDGE-FFG (traduits) ont très, très rarement de thermo. Les boîtes sont pleines de vides. Ou pire, un plastique tout pourri pour « ranger » les figs (ex The Others, Rum&Bones).

        Il est temps que ça change. Surtout quand on voit les jeux Space Cowboys. Tous les trois (FFG, EDGE, SC) font maintenant tous partie d’Asmodée. Ils devraient être capables d’harmoniser leurs (bonnes) pratiques. Parce que là, ça fait vraiment, vraiment cheap. Attitude « paie et casse-toi » 😞

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  2. Contrairement à l’auteur de l’article, franchement, je préfère largement la version 1998. A tout point de vue.
    Et le jeu est bien meilleur que beaucoup de jeux encensés actuels.
    Certes, ce n’est pas un jeu de poilade avec des dessins kawai.
    Et justement, c’est rafraichissant de nos jours!

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