Pourquoi les règle de jeu sont parfoi tellement mal traduit

grammar_for_dummies_book-wallpaper-1920x1080

Vous est-il déjà arrivé de lire des règles de jeux mal traduites? Bourrées de fautes d’orthographe? Et de vous dire que l’éditeur avait réalisé un travail vraiment moisi?

Limp nous signe ici un article acerbe, riche et éclairé. Et par expérience, il sait de quoi il parle.

Problème de règlement

S’il y a un sujet qui revient bien souvent dans les forums traitant des jeux de société, c’est bien celui des soucis de règles de jeux. Précisions manquantes, fautes d’orthographe, traduction approximative ou amputée d’un paragraphe, j’en passe et des meilleures. On trouve même régulièrement de splendides coquilles sur le couvercle ou le dos d’une boite de jeu.

puerto

Et je ne vous parle pas des articles rédigés sur les sites ou blogs ludiques, qui eux aussi, minés, peuvent donner une impression bien moins professionnelle de notre petit univers qu’il ne l’est vraiment (mais là, nous sommes hors-sujet).

Il y a plusieurs mois, un de vos commentaires sur un de mes articles me disait que je devenais un peu « bisounours ». Que nenni. Je rédige tout simplement moins de billets, et, la plupart des fois, je préfère utiliser ce temps pour vous parler d’un jeu que j’ai apprécié. Et même là encore, je retrouve souvent à redire !

Je vais revenir sur ce secret de polichinelle de comment sont (souvent) traduites les règles d’un jeu de société. Et tout ce que vous allez lire est avéré. Comme le but n’est pas de faire un procès à untel ou untel, je ne nommerai personne, surtout que pour vous servir des exemples, je mêlerai parfois plusieurs cas entre eux comme s’ils ne faisaient qu’un.

Alors, comment traduit-on une règle de jeu en français?

La plupart des éditeurs francophones, pour ne pas dire tous, traduisent les règles de jeu en interne. La chose est des plus logiques. Pour autant, elle ne garantit pas une qualité finale exemplaire. Maints exemples pourraient être donnés. Traducteur, à la base, c’est un métier. Le souci, et je vais y revenir, c’est qu’il vaut mieux être un joueur de jeu de société pour traduire correctement. En même temps, c’est un peu vrai dans tous les domaines, non ? Et les traducteurs de métier étant joueurs de jeux de sociétés modernes, ça ne doit pas courir les rues.

Mais quand vous vous ouvrez un jeu de société d’un éditeur étranger et que, à votre plus grand bonheur, se trouvent dedans des règles du jeu en plusieurs langues dont la nôtre, eh bien figurez-vous que ce n’est que bien rarement fait en interne. Et quand ça l’est, c’est bien souvent ce que  nous appelons humblement de la « traduction google ». Avant l’arrivée de Monsieur Sathimon, j’écorche probablement son pseudo : qu’il  me pardonne, traducteur infatigable, certaines règles de jeux en VF sur les jeux japonais, par exemple, ressemblaient aux légendaires notices Ikea qui vous font devenir fous…

Non, la plupart du temps, mais également chez les éditeurs français il y a quelques années, quand on commençait fébrilement à faire des versions françaises des meilleurs jeux, les règles sont rédigées par des joueurs passionnés, comme vous et moi. Et ces derniers sont « remerciés » par un exemplaire du jeu, et parfois par un second jeu, quand ils ont de la chance. Donc non, pas de rémunération, rien d’officiel. Et bien souvent, pour avoir votre nom (petit prestige qui fait la fierté du traducteur) en fin de règles dans la ligne concernée, il faut encore le demander…

Une boite de jeu, pour info, coûte environ 7€ de fabrication, tout compris. 7€ est le prix donné par les éditeurs de Taverna lors d’une présentation à la télé. 

Une traduction varie beaucoup, mais quand vous avez 15 pages, ça se comptent en heures. Plusieurs heures. Donc, c’est un coût vraiment faible pour l’éditeur. Surtout quand très souvent il n’a pas d’envoi postal à faire vu que le jeu sera réceptionné à Essen. Et sur place, comme le traducteur n’est connu de personne, c’est bien souvent une demi-heure d’attente et un ersatz de négociation pour repartir avec la boite tant méritée. Par contre, ce qui est plus sympa pour le traducteur, c’est que ces 7€ de boite de jeu pour l’éditeur, c’est davantage pour lui: 35/40€ dans le commerce. Mais bon, on ne s’y retrouve pas et le travail, non déclaré, n’est  pas « reconnu ».

Il suffit donc que le traducteur fasse des fautes pour que celles-ci se retrouvent imprimées dans votre joli livret. Vu que l’éditeur ne parle pas la langue, il ne pourra pas contrôler, et, si le traducteur ne s’impose pas un travail de relecture. Mais il faut également un relecteur externe. Car nous faisons tous des fautes systématiques. J’entends par-là des fautes qui  ne sont pas dues à un manque d’attention ou à une erreur de frappe.

J’ai d’ailleurs fait un travail de relecture pour un « gros » jeu. Le traducteur de base était de la même nationalité que l’éditeur et professeur de français de métier. Il n’était pas joueur du tout. Et ça se sentait !

Je ne sais plus comment il avait appelé une « tuile », par exemple…

De même, sans parler des phrases incompréhensibles, le monsieur avait évité très souvent d’utiliser un même mot à intervalles trop rapprochés (comme on nous apprend à le faire pour avoir une jolie rédaction). Mais il le faisait pour illustrer un même élément du jeu ! Imaginez un peu pour vous y retrouver…  Et oubliez votre nom dans le livret pour une « simple relecture », même si au final, vous avez énormément changé tout ça…

De plus, pour cet exemple-là, le jeu est sorti par la suite chez un éditeur en VF. Je ne sais pas si l’éditeur a réutilisé ces règles ou s’est appuyé dessus, mais si c’est le cas, traducteur et relecteur de base ne seront pas cités, forcément : c’est du travail en interne…

Vous lirez partout sur le web ludique que les jeux de société sont de meilleure qualité. On pourrait en débattre. Je reconnais l’évolution graphique. Et la reconnaissance grandissante envers les illustrateurs, enfin. Les produits sont de plus en plus beaux. Mais il sort de plus en plus de jeux, et le pourcentage de jeux oubliés, parfois sans que le jeu ne puisse avoir la moindre chance du fait de la profusion, est de plus en plus élevé. J’ai l’impression que l’intérêt ludique sur le long terme, en terme général, décroit. Tout comme les jeux les plus « gamers ». Pourquoi ? La cadence mes amis, la cadence…

Ça nous aura permis de voir un nouveau genre émerger : les jeux dits « minimalistes ».

Pourquoi cette parenthèse sur le sujet initial, me direz-vous ? Eh bien, parce que forcément, tout ça nuit à la qualité des traductions de règles. En effet, combien de fois il sera demandé au traducteur de réaliser sa VF en un temps imparti bien court, afin de pouvoir envoyer tout ça à l’impression à temps pour que le jeu soit prêt pour Essen ?

Et comme c‘est traduit en plusieurs langues, chacun des traducteurs y va de sa proposition d’amélioration, quand ce n’est pas l’éditeur lui-même. Du coup, vous devez faire des changements partout, faire une V1 de vos traductions, une V2 etc etc. Et quand on remplace un terme par un autre, pour ensuite revenir au premier (et ce n’est qu’un des nombreux exemples), le risque d’erreurs où plusieurs versions et termes se seront mélangés augmente, le stress de la deadline amplifiant tout ça. 

Je me souviens du cas d’un jeu qui, paru en VO à Essen ne possédait pas le même matériel dans sa boite que celui listé dans les règles. Pourquoi ? Parce que l’auteur avait fait des changements entre-temps et que ces derniers n’ont été pris en compte que dans l’un des deux cas : règle ou matériel. Et pourquoi ? Pour sortir le jeu à temps à Essen…  😦

Et, imaginez que sur un gros jeu bien stratégique, vous travaillez souvent à l’aveugle, sans avoir connaissance de ce à quoi ressemble le matériel ou le graphisme. Pour être certain d’utiliser le bon mot, pourtant, avoir cette base est indispensable. Une bonne moyenne d’un éditeur sur deux ne l’a pas compris alors que bien souvent, il a déjà tout ça à disposition. Peut être craignent-ils une fuite et une mise en ligne trop tôt sur le net…

Vous en voulez encore ? Il arrive qu’un traducteur lise sur les forums que la VF est moins précise ou qu’elle rabâche plusieurs fois la même chose et que donc le traducteur est mauvais. Bien souvent, cela est dû au fait qu’il est imposé une traduction avec un éloignement minime (pour ne pas dire quasi nul) de la VO, et parfois encore un nombre de caractères équivalent à la version anglaise. Et le français, ça prend bien plus de place, malheureusement.

Fort heureusement, je ne vous présente là que tout ce qui ne va pas. Et fort heureusement encore tous ces cas n’arrivent pas tous en même temps, sinon, c’est mission impossible.

Alors, comment faire pour améliorer tout ça?

Pour ma part, je prône que le métier de traducteur soit reconnu et la personne payée, avec un contrat. Cela obligerait le traducteur à prendre ses responsabilités et à faire un travail sérieux s’il veut qu’on refasse appel à lui. Alors oui, c’est une dépense supplémentaire. Mais une fois, et sur le nombre de boites vendues, je ne pense pas qu’on en ressente l’impact financier. Mais c’est un autre débat. Une règle mal rédigée peut faire perdre pas mal d’acheteurs potentiels…

… tout comme une règle mal expliquée lors d’un salon !

Car nous avons le même problème avec les personnes expliquant les règles. Non déclarées pour la plupart, on leur offre quelques boites de jeux en échange de journées complètes à expliquer des règles de jeu. Certaines connaissances ayant demandé des jeux qui n’étaient pas encore sortis ont dû faire des pieds et des mains pour obtenir plus tard ce dû…

Et moi qui regarde le géant Asmodée bien souvent avec méfiance, effrayé de manière générale par les géants qui dévorent les petits poucets sur leur passage pour ensuite pouvoir faire leur loi, eh bien, je leur tire mon chapeau. Lors de Paris est Ludique, les démonstrateurs, qui n’étaient pas des employés de l’éditeur de base, étaient des personnes, parfois auto-entrepreneurs mais payés comme il se doit et non « remerciés » par des boites de jeux. Pourvu que ça se généralise. Bien souvent à Essen, et surtout sur les stands des grands éditeurs allemands, les démonstrateurs sont de ravissantes demoiselles  qui ne sont en rien des joueuses et à qui on explique rapidement le jeu juste avant l’ouverture du salon. Essen, ce n’est pas le salon de l’automobile. Je préfère qu‘on m’explique bien la règle du jeu, plutôt que de repartir en me disant : bon, le jeu est buggué, mais la fille qui me l’a expliqué était toute mimi…

L’univers du jeu de société grandit, et on a fini par mettre les auteurs mieux en avant et à les reconnaître, puis les illustrateurs. La prochaine étape sera selon moi de ne plus jouer sur le côté geek et passionnés des traducteurs et démonstrateurs, de les reconnaître à leur tour. Cela aura comme avantage d’accroître la qualité et de la rendre bien plus régulière…

Et vous, comment avez-vous réagi quand vous êtes tombés sur des règles mal traduites et bourrées de fote?

19 réflexions au sujet de « Pourquoi les règle de jeu sont parfoi tellement mal traduit »

  1. Conscients du problème dans ce média qui nous passionne, j’ai monté avec un ami une petite société qui se charge de la traduction de jeu. Le deal était simple : on demande une rémunération sonnante et trébuchante, mais on reste loin des standards de la traduction professionnelle, et on s’engage sur une qualité et des délais. Cela fait maintenant quelques années et certains éditeurs, gros ou plus petits, répondent présents.

    Il faudrait aussi que les joueurs prennent leurs responsabilités, patientent le temps que la VF sorte (l’acte d’achat est le meilleur moyen d’expression), et juge le prix d’un jeu sur tout ce qu’il représente (mécanique, matériel, idée, illustration, public, traduction, …).
    Merci de cet article qui me touche donc tout particulièrement.

    Aimé par 2 people

    1. Ayant personnellement traduit un titre je ne peux qu’aller dans le meme sens. Cependant je suis persuadé que certains éditeurs profitent des joueurs qui se proposent contre une boite du jeu pour le traduire.
      Je vais citer cette phrase emblematique : « Dans le monde du jeu, on paie en moyenne 200 Euros la traduction d’un titre de calibre 10-20p de regle plus la boite et les cartes. »

      Ceci est juste 4 fois inférieur à une traduction professionnelle. Si certains s’en émeuvent pour trouver les pro chers, ils n’ont qu a se pencher sur le contenu des regles, bien souvent alambiquées, riche en termes techniques a traduire, mais surtout ! une petite erreur peut juste briser un jeu en un instant ! Ce qui n’est pas le cas pour un bouquin d’ou le prix du soin à apporter….

      Bref, traducteurs de tous poils rebellez-vous, payer plus n’impacte que tres peu le tirage et permet de fournir un produit de si meilleure qualité !

      Aimé par 1 personne

  2. La traduction est un métier ^^ sinon juste un point auteur de jeu n’est pas reconnus en France se sont des créateurs donc beaucoup moins rémunéré que des auteurs (et asmodee fait de lobbying pour que ça reste comme ça ) .

    J'aime

    1. Pourtant, si les auteurs veulent être reconnus en tant que tels, ils y parviendraient de suite. Il suffirait de s’appuyer sur le fait que partout sur le web on parle bien d’auteurs, et non de créateurs. Et même dans les règles de jeu…
      Mais si pour y parvenir, ils doivent en passer par un jugement, le risque est de se mettre les éditeurs à dos. Surtout que « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté »…

      Aimé par 1 personne

      1. Pourtant, nombre d’auteurs militent pour ce statut et tout n’est pas si simple. En effet, cela passe par la définition de « qu’est-ce qu’un jeu » : est-ce la mécanique ? Est-ce le thème ? Est-ce la combinaison des deux ? Est-ce le matériel ? Est-ce un peu plus que tout cela ?
        Si ma mémoire est bonne, il y a eu quelques affaires connues dans le monde du jeu et les jugements n’ont pas été simples à trancher. Je pense notamment au plagiat du Time’s Up, gagné de justesse tant la copie était proche de l’original.

        Pour la traduction, oui, c’est un métier. Il y a pourtant une réalité : dans une économie de marché, c’est la loi de l’offre et de la demande. Tant que des joueurs seront satisfaits d’être dédommagés d’une ou deux boîtes de jeux pour avoir leur nom sur une règle, voir même d’avoir publié la règle VF de façon très altruiste car ils ont fait le travail pour eux et se disent que c’est bien que tout le monde en profite, cela représentera une concurrence réelle aux traducteurs professionnels. C’est fou de dire ça, j’en suis bien conscient, mais effectivement, côté éditeur : pourquoi payer alors qu’une solution gratuite existe.

        C’est pour cela que j’ai tendance à penser que la balle est dans leur camp : c’est vraiment un choix d’image et de qualité. Et vue la concurrence qui s’amplifie dans le milieu, avoir des jeux bien traduits va devenir important. Et l’exigence montant, les délais de prod se raccourcissant, le besoin d’une solution professionnelle va augmenter.

        Concernant le prix, deux petites choses : la traduction est un métier, certes, mais les prix pratiqués par les traducteurs « normaux » sont élevés alors que bien souvent ils ne connaissent pas le monde du jeu. Les traducteurs semi-pro, qui n’ont pas cette formation mais se positionnent en professionnels et sont passionnés de jeux, sont une réelle alternative. Enfin, même si le coût d’une trad reste infime par rapport au budget global d’un jeu, elle arrive tout en haut de la « pile de coûts » et représente le petit truc en plus qui peut facilement être évincé au profit d’une illustration, d’un matériel un peu plus qualitatif, d’une figurine pour le pion premier joueur, … Surtout que le coût d’un jeu en production est loin de son coût de vente (dû au nombre d’intermédiaire dans la chaîne de distribution) et un petit changement côté production correspond à une augmentation forte du coût de vente en boutique. Encore une fois, tout va dépendre du tirage et donc du facteur de dilution de ce coût. Or, plus le jeu est compliqué, plus la traduction est généralement ambitieuse mais plus le tirage est limité… Un vrai dilemme 😉

        J'aime

  3. Deux petits trucs en plus : soit c’est un manque de chance, soit ça se marginalise de plus en plus, mais si j’ai toujours connu des boites avec du matos manquant, là ça devient régulier en 2015…

    L’autre point, c’est « pendant ce temps, au pays du livre et de sa TVA à 5% car lui est considéré comme un objet culturel » : https://www.actualitte.com/article/monde-edition/remunerer-les-auteurs-en-festival-maintenant-imperatif/61674?utm_content=buffer7e210&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

    J'aime

  4. Un peu dans le thème de l’article : après Bretagne et ses règles de jeu imprécises, je viens de jouer à Harald, qui souffre du même problème. Là, il ne s’agit pas d’orthographe, mais c’est également dû je pense au fait de vouloir sortir le jeu rapidement : on ne pense pas à tout, et peut être n’a t-pn simplement pas assez joué au jeu non plus….

    J'aime

  5. Pour illustrer l’article ci-dessus par une anecdote personnelle : j’ai eu l’occasion il y a quelques années de me charger de la traduction officielle du jeu d’un auteur reconnu.
    Pour effectuer cette traduction dans les temps, l’auteur m’a transmis deux maquettes du jeu et des règles anglaises. Ce fût d’ailleurs mon seul « salaire »…
    Le résultat fût pour le moins calamiteux et parfois lorsque quelqu’un ouvre la boite en se plaignant de la piètre qualité des règles VF, et que je vois mon nom crédité (car j’ai eu l’insigne honneur d’être crédité en tant que traducteur, chose qu’avec du recul j’aurai plutôt tendance à regretter ;)), j’ai une vague honte teintée de fierté ;).
    Pour ma décharge, car évidemment décharge il y a, quoique joueur invétéré, je n’ai absolument aucun bagage de traducteur, juste de simples connaissances scolaires (et suffisante dans une majorité de cas) de l’anglais, mais surtout… le matériel et les règles VO ont changé entre la maquette et le jeu édité, genre : les pions ronds (décrits comme ronds dans la règle VF car ronds dans ma maquette que je garde) sont devenus carrés…

    J'aime

  6. Ces deux derniers commentaires sont intéressants. Il est en effet surprenant de voir le cadre dans lequel se fait la traduction au niveau du développement d’un jeu. C’est généralement la dernière étape avant envoi à l’impression, surtout chez les gros éditeurs : le jeu est testé, les visuels sont finalisés, un créneau de production est réservé depuis longtemps et zut, faut traduire. Tout le monde sur le pont, on a une semaine pour que toutes les langues soient prêtes. C’est même plus compliqué que cela car il nous est arrivé d’avoir des cartes à traduire pour mise en impression alors que nous n’avions vu ni visuels, ni règles. Ce n’est pas une critique, c’est juste un fait et une spécificité, il me semble, des impératifs de la traduction de jeux. Et c’est une raison pour laquelle elle doit être confiée à des joueurs. En effet, des 60 jeux que nous avons traduits, nous n’avons jamais eu un proto à nous mettre sous la main. Il est donc important que le traducteur sache de quoi il parle et ait l’habitude de « manger de la règle ».
    Est-ce que les choses pourraient se faire autrement : sûrement. Mais les habitudes ont la vie dure et, quand on cherche à payer ses employés à la fin du mois, corriger les process et faire dans l’original n’est rarement gage d’efficacité. Il faut du temps pour cela et la précipitation des sorties ne doit pas aider.
    Mais je le répète, les choses changent doucement. Les éditeurs voient bien que les joueurs sont plus exigeants, que le succès d’une VF peut être conditionné par la qualité de sa traduction, que des réputations se créent entre ceux qui se plantent à chaque fois et ceux qui assurent. Nous sommes plus souvent contactés et même si tout n’aboutit pas à un projet, la professionnalisation du marché va plutôt dans notre sens.
    Enfin, en tant que consommateur, il faut faire un choix. Comme le dit Thegoodthebadandthemeeple, tant que des joueurs proposeront un service gratuit, ils accepteront aussi un niveau amateur. Tant que les joueurs favoriseront l’achat de la VO, ils accepteront que les extensions ne sortent pas en français et que les traducteurs soient peu ou pas payés.
    De notre côté, nous venons de finaliser deux gros projets qui, je l’espère, raviront la communauté d’ici quelques semaines.

    Aimé par 1 personne

    1. Hahah, ça me rappelle mes années d’ados. Je te dis un secret mais pas tout non plus. Fallait pas teaser !

      « De notre côté, nous venons de finaliser deux gros projets qui, je l’espère, raviront la communauté d’ici quelques semaines. »

      On veut plus de détails!

      J'aime

      1. Hi, hi, c’est vrai même si ce n’était pas l’idée. C’est juste que j’essaye de toujours rester prudent vis-à-vis des informations que je transmets sur la toile, la communication sur les jeux devant rester totalement dans les mains de l’éditeur.
        Néanmoins, ayant été déjà annoncés, je peux vous dire qu’il y a une extension très sympathique qui boucle la boucle entre jeu de plateau et adaptation iPad et qui devrait ravir Thegoodthebadandthemeeple et la deuxième édition d’un gros jeu aussi apprécié qu’attendu. Ces deux projets, bien que radicalement différents, ont un point commun : leur auteur (dont je suis grand fan d’ailleurs).

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s