Faut-il introduire le jeu à l’école? 7 arguments en défaveur

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1887 salle de cours

 

Cet article fait écho à 5 éléments.

Faut-il introduire le jeu à l’école?
C’est, d’après nous, une très mauvaise idée, et pour plusieurs raisons. En voici la preuve:
autorite
1. Si les élèves jouent entre eux en classe, ils n’ont par conséquent pas besoin de l’enseignant. Et donc celui-ci perd toute importance, et donc toute autorité. Très mauvaise idée. Un bon enseignant garde toujours le contrôle de sa classe, il ne peut en aucun cas laisser ses élèves travailler par eux-mêmes.

expression

2. En jouant, les élèves améliorent leur expression orale et écrite. Le jeu permet donc aux élèves de grandir et devenir plus indépendants. Quoi??? Indépendants??? Jamais, il faut que les élèves restent dépendants de l’enseignant, sans qui ils ne doivent pas grandir.

social

3. En jouant, les élèves développent leurs relations sociales. Apprendre à collaborer, à échanger, à argumenter, à apprécier les autres, tout simplement. Et bien non, les élèves doivent se méfier les uns des autres et surtout ne pas créer de liens et développer leur quotient relationnel. Diviser pour régner.

etude

4. Étudier un sujet de manière ludique est crétin et superficiel. Proposer des jeux abordant des thèmes ou des mécaniques liés au cours, tel que Mégawatts en cours de géographie pour parler des ressources ou énergies, ou Diavolo dans un cours de maths, ou Cyrano en cours de français pour entraîner la poésie ne sont pas du tout sérieux.

Un cours sérieux est donné par un enseignant, devant la classe en frontal. L’enseignant sait de quoi il parle, car il l’a lu quelque part dans un livre ou sur internet. Ou entendu à la radio. Ou vu à la télé.

originalite

5. Organiser des jeux en classe donnerait des leçons originales, différentes, risquées, même. La direction, les collègues enseignants, les élèves et les parents trouveraient cela chelou (comme disent les jeunes d’aujourd’hui), voire même extrêmement dangereux pour la société. Il vaut mieux préférer la norme et le conformisme.

D’autant qu’avant, on n’utilisait jamais de jeux, et l’école a toujours très bien marché sans. Enseignons aujourd’hui comme on enseignait il y a 50 ans, rien n’a changé. L’originalité est toxique. On vous aura prévenu.

Programme

6. Jouer n’est PAS inscrit dans le programme ni dans les compétences poursuivies par l’institution / établissement / éducation nationale / canton / planète. Donc il vaut mieux ignorer toute velléité innovantes pour s’en tenir RIGOUREUSEMENT au sacro-saint programme. Après tout, si nous ne voulons pas que nos élèves se montrent créatifs et visionnaires, le mieux est encore de s’abstenir de l’être soi-même.

Evaluation7. A l’école, tout se doit d’être évalué, chaque travail, exercice, compétence. Comment faire alors pour évaluer le jeu? Impossible. Donc si cette activité ne peut pas être notée, elle n’a aucune raison d’être. NON au jeu, une fois pour toutes!

Et vous, qu’en pensez-vous? Êtes-vous d’accord avec ces 7 arguments? En verriez-vous d’autres?

mais

Et si malgré tout vous voulez quand même introduire les jeux à l’école, voici 10 conseils pour expliquer les règles d’un jeu

Également sur notre site une toute petite liste de 12 jeux à utiliser en classe de langues.

Et également 5 jeux ludo-éducatifs de 4 à 8 ans sur l’excellent site Guide des Jeux de Société qui compile les jeux par genre.

Et enfin le site Ici on joue, une PERLE, qui propose des fiches pédagogiques riches & claires pour exploiter des jeux en primaire et enfantine.

4 Comments

  1. Hello Hello

    Je trouve que tes arguments ne sont pas terribles terribles… Trop « tout noir/tout blanc ». Établir une liste en la justifiant par une casse point par point systématique de l’opinion d’en face, c’est pas très très correct.

    Alors je vais faire l’avocat du diable :
    (et oui, çà sera long, tant pis)

    Quelques raisons (bonnes ? mauvaises ?) de ne pas forcément miser sur l’apprentissage par le jeu en cours…

    — AUTORITÉ : Apprendre, c’est aussi apprendre à respecter un cadre, et faire confiance à un responsable. Sans embrigadement bête ou moutonnisme, savoir reconnaître une relation d’autorité aide aussi à s’intégrer.

    — EXPRESSION : Il faut de tout, de l’expression entre pairs (les autres élèves), de l’expression « soutenue » par la tension élève-prof, de l’expression encadrée dans la forme pour apprendre à débattre, etc.

    — SOCIAL : Ce que tu décris est violent. A part en prépa (et encore), les élèves ne se méfient pas systématiquement les uns des autres. Quant à la qualité des rapports sociaux dans la classe, elle se définit et s’enrichie par 1001 activités – dont le jeu – qui dépassent le poussage de pion.

    — ÉTUDE : Le coup du prof qui ne jure que par l’approche frontale / cours magistral, les années passant, j’en voie certes, mais pas autant que ce que tu décris. Dans le LP où je bosse, juste par « survie » et envie de ne pas s’aliéner, beaucoup de profs essayent des approches différentes et variées.

    — ORIGINALITÉ : Un peu comme pour les études, je ne vais pas me répéter, mais la vision décrite date sérieusement. De nos jours, on fait cours, mais aussi des travaux en collaboration, du débat devant expo, des invitations d’intervenants, du théâtre, de la micro-entreprise, etc. On varie, on s’adapte, on intègre. Mais l’originalité pour l’originalité ? Non, de la même manière que l’exercice de l’autorité a une fonction d’intégration, l’exercice de confrontation / acceptation du conservatisme a également une fonction (il y a un bouquin de Hannah Arendt là dessus, « la Crise de la Culture », je croie).

    — PROGRAMME : Tout faux 😉 Les programmes s’occupent de réglementer des contenus, la forme est libre. On appelle çà la liberté pédagogique de l’enseignant. Dans l’absolu tu peux enseigner un programme de la façon qui te plait, après… selon la classe, le temps et l’investissement que cela demande, tout le monde ne se risque pas à changer radicalement toute sa pratique à l’échelle d’une année.

    — ÉVALUATION : Serpent de mer. C’est peut-être moche et castrateur, mais pour l’instant on a pas trouvé tellement moins injuste pour mesurer un niveau et autoriser une distribution de diplôme. C’est sur ce site que j’avais lu une sociologie des joueurs à la noix ?… Et si l’enjeu de la partie était un diplôme, une autorisation (« licence »)… comment être le plus juste à l’égard des gens sérieux, et le moins victime des mauvais joueurs ?

    Bon, je me doute que de toute façons sur l’école, le débat restera sans fin. Nous avons tous le biais de nous croire expert en éducation. Nous avons tous du mal à nous rendre compte que vu l’âge où l’on y passe, nous trouverons toujours l’école trop conservatrice… et les adultes trop détachés des jeunes. C’est vieux comme Platon.

    Amicalement,
    T. (CPE en lycée pro)

  2. Bonjour,
    Ahaha! Etant actuellement en Master 2 enseignement, en préparation du concours d’instit’ et préparant un mémoire de recherche sur la place du jeu à l’école (et plus spécifiquement avec les publics en situation de handicap), cet article m’a beaucoup fait rire!!

    Alors oui, comme le signale ce mystérieux « T. », il s’agit d’une contre-caricature, oui il ne faut pas jouer à tout, tout le temps et avec tout les élèves, oui le jeu peut-être dangereux pour les apprentissages.
    Mais le ludique lui, qui consiste à dégager une bonne part d’impact sérieux dans tout acte et tout exercice, est indispensable en classe!
    Je ne vais pas m’amuser à reprendre ici tout les arguments de l' »avocat du diable », d’une part parce qu’il y en a des très justes, et d’autre part parce que ce n’est pas le lieu sur un billet ouvertement humoristique.

    Longue vie à vous, camarades ludiques helvétique, et à tous les internautes!

    Amicalement et ludiquement,
    Vincent

  3. Je ne suis absolument pas d’accord avec ce point de vu. Il est évident qu’il faille utiliser le jeu comme n’importe quel outil pédagogique tel qu’une règle, une équerre, un tableau… Il n’y a aucun rapport avec la perte de l’autorité et celle de l’apprentissage. Dans un cas d’argumentation similaire il faudrait alors supprimer tout approche numérique de l’éducation car avec un ordinateur et un bon moteur de recherche, l’élève peut se passer de professeur !!! Il faudrait aussi supprimer tous les manuels d’école, car avec le manuel, l’élève dispose de la méthode d’apprentissage et n’a plus besoin du professeur !!!

    En fait, l’élève PEUT constamment se passer de professeur et c’est à mon point de vue l’objectif final d’un professeur de faire en sorte que l’élève soit suffisamment critique pour non plus gober l’information comme un crapaud gobe une mouche mais pour qu’il puisse construire une démarche scientifique, un approche argumentative avec sont enseignant !

    Mais il est vrai que c’est beaucoup plus rassurant d’avoir une série d’adulte dépendant tout chaud sortie de l’université que des personnes pouvant raisonner par elles même…

    Je comprends que les professeurs doivent se sentir important et puisse transmettre leurs connaissances dans une ambiance d’apprentissage, c’est totalement normal et même plutôt saint… Mais la faute du manque d’autorité d’un professeur n’est pas à chercher dans l’utilisation de ses outils pédagogiques. « Les mauvais cordonniers ont toujours les plus mauvais outils » dit-on…

    Dans ces cas là, il faudrait peut-être plus se pencher sur les méthodes d’éducation d’un professeur peu ou pas respecté plutôt que de critiquer les outils qu’il utilise !

    Je ne me suis même pas penché sur les autres argument, ce n’est pas la peine que je rédige un roman.

  4. Comme pour la BD ou d’autres trucs cools, je suis contre l’utilisation de jeu pour des raisons pédagogique en classe parce que ça risque de les dégoûter quand ils seront plus grands…

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