Blood on the Clocktower : Le tueur de Loups-Garous est arrivé
🩸 Fini de s’ennuyer une fois mort ! Dans Blood on the Clocktower, l’enquête continue depuis l’au-delà. Notre avis sur ce phénomène ludique bientôt en VF.
Blood on the Clocktower : Le Loup-Garou est mort, vive le roi (démon) !

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Dans Blood on the Clocktower, la mort n’est pas la fin : Les joueurs éliminés continuent de parler, d’enquêter et possèdent un ultime vote crucial. Fini l’ennui !
- Le Conteur peut (et doit) induire les joueurs en erreur via des mécaniques d’ivresse et d’empoisonnement. La logique pure ne suffit plus.
- Le Grimoire géant justifie un prix élevé (env. 130€) en transformant le Maître du Jeu en véritable chef d’orchestre tout-puissant.
Qui n’a jamais sorti son téléphone en soupirant après avoir été éliminé au premier tour d’un Loup-Garou ? Blood on the Clocktower est venu venger votre ennui.
Il y a des jeux qui occupent vos soirées, et il y a ceux qui hantent vos nuits. Blood on the Clocktower n’est pas juste un « autre » jeu à rôles cachés. C’est jeu ULTIME. C’est ce qui arrive quand on prend Les Loups-Garous de Thiercelieux (en vrai, pas généré par IA !), qu’on lui injecte un sérum de super-soldat, qu’on lui donne un doctorat en psychologie sociale et qu’on le lâche dans une arène avec 20 joueuses et joueurs enragés.
On vous le dit tout net : ce jeu est une anomalie. Une anomalie magnifique, (très) coûteuse, exigeante, et probablement l’une des expériences ludiques les plus marquantes de notre vie de joueuses et de joueurs. On vous explique pourquoi ce pavé, dans les deus sens du terme, mérite son statut de légende (et de vous obliger à manger des pâtes pour ces deux prochains mois).
Le pitch ? Un village gothique, une tempête, un Conteur assassiné empalé sur l’aiguille de l’horloge (ambiance), et un démon qui se balade incognito. Jusque-là, vous vous dites : « On connaît la chanson ».
Sauf qu’ici, la musique est différente. Blood on the Clocktower est moins un jeu de société qu’une pièce de théâtre improvisée où vous êtes à la fois actrice, scénariste et victime. Le studio The Pandemonium Institute n’a pas cherché à faire un « petit jeu d’apéro ». Ils ont créé un monstre capable d’engloutir 6 à 20 joueuses et joueurs dans une paranoïa collective savoureuse. Et sadique.
La mort n’est pas une pause-pipi
C’est le défaut structurel historique du genre : vous mourrez nuit 1, vous sortez votre portable et vous attendez 45 minutes en scrollant sur Gus&Co que vos potes s’amusent sans vous. Ici ? Jamais.
Dans Blood on the Clocktower, la mort n’est qu’un changement d’état civil. En tant que fantôme, vous parlez, vous enquêtez, vous mentez, et surtout, vous gardez un unique et précieux vote pour faire basculer la partie au moment critique. Vous ne jouez pas moins quand vous êtes mort. Parfois, vous jouez même mieux, libéré de la peur d’être tué (puisque c’est déjà fait, bravo).

L’information est un puzzle (souvent bourré)
Oubliez les certitudes absolues. Le génie du design de l’auteur Steven Medway, c’est d’avoir introduit le doute systémique. Vous êtes l’Enquêtrice et vous avez une info fiable ? Super. Sauf si vous êtes « Ivre » (Drunk) sans le savoir. Ou « Empoisonné ».
Le Conteur (le maître du jeu) devient ici un chef d’orchestre malicieux. Il ne ment pas librement, mais il gère la désinformation selon des règles strictes. Résultat : on ne cherche plus seulement à savoir qui ment, mais pourquoi notre propre info pourrait être fausse. C’est puissant, ça rend fou, et on en redemande.
Blood on the Clocktower, pourquoi ça coûte un bras, un rein et une jambe (au minimum) ?
Parlons du sujet qui fâche : le prix. Environ 160 € la version anglaise, et une VF chez Open Sesame Games qui navigue dans ces eaux-là (130 euros pour la boîte de base). C’est cher. Mais ouvrez la boîte. Ce n’est pas du carton, c’est un cockpit de pilotage.
Le « Grimoire » est une boîte doublée de feutrine où la Conteuse ou le Conteur accroche des jetons velours pour gérer une complexité effrayante avec une fluidité absolue. C’est un outil de jeu, de travail autant qu’un objet de luxe. Pour le Conteur, c’est la différence entre une gestion laborieuse et un plaisir sadique pur.
Enfin en VF !
Longtemps chasse gardée des anglophones, le jeu débarque (bientôt) en français grâce à Open Sesame Games. Et c’était vital. Car Blood on the Clocktower est un jeu de verbe, de nuance et de plaidoirie. Avoir des scripts traduits et un matériel accessible enlève la dernière barrière à l’entrée. Si vous avez raté la campagne participative finie début 2026, guettez les boutiques : c’est un investissement, certes, mais c’est le genre de boîte que vous amortissez en souvenirs (et en cris).
On a aimé : L’ambiance électrique autour de la table, le fait de jouer jusqu’à la dernière seconde (même mort !), et le sentiment de puissance absolue quand on est Conteur.
On a moins aimé : Le prix qui fait tousser (même si c’est justifié), et la nécessité d’avoir un groupe motivé et un Conteur qui a bien bossé ses règles.
C’est plutôt pour vous si… Vous avez une grande tribu de joueuses et de joueurs, vous aimez débattre jusqu’au bout de la nuit et vous cherchez l’expérience sociale ultime.
Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous êtes 3 timides autour d’une table basse, ou si pour vous, un jeu doit s’expliquer en 30 secondes chrono.
Si le mensonge est un art, Blood on the Clocktower est le musée du Louvre.
Grandiose !

- Date de sortie : 2022 en VO. 1d6 années pour la VF
- Langue : Anglaise
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Steven Medway
- Illustrations : Micaela Dawn, Aidan Roberts, John Van Fleet, Grace VanFleet
- Édition : The Pandemonium Institute (VF : Open Sesame Games)
- Nombre de joueurs et joueuses : Minimum 6, maximum 20 (idéalement : 8-12)
- Âge conseillé : 14+
- Durée : 30 – 120 minutes
- Thème : Fantastique
- Mécaniques principales : Bluff, déduction, rôles cachés. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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3 Comments
Guillaume
Un rapide rectificatif: la campagne participative pour la localisation en français n’est pas terminée. Il reste quelques heures pour pledger. Clôture des contributions ce soir minuit!
Gus
Merci pour la précision Guillaume. Oui on a vu, mais c’était au cas où les gens liraient l’article après aujourd’hui 😉
Croniek
Prix justifié ? Vraiment ? L’enthousiasme débordant de cet article ne fait pas oublier qu’on achète ici principalement du carton et cela fait cher le kilo de papier. D’autant que, mais c’est mon avis, la DA n’a rien d’exceptionnelle (des jetons bof entre autres)… mais j’hésite toujours à pledger quand même 😉
Personnellement, j’aurais aimé un print and play pour pimper tout cela dans un vrai vieux grimoire, par exemple, ou réaliser des jetons à ma sauce.