Blood on the Clocktower : Le tueur de Loups-Garous est arrivé
𩞠Fini de s’ennuyer une fois mort ! Dans Blood on the Clocktower, l’enquĂȘte continue depuis l’au-delĂ . Notre avis sur ce phĂ©nomĂšne ludique bientĂŽt en VF.
Blood on the Clocktower : Le Loup-Garou est mort, vive le roi (démon) !

â ïž Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous nâavons reçu aucune contrepartie de la part de lâĂ©diteur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.
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L’essentiel en 3 points :
- Dans Blood on the Clocktower, la mort n’est pas la fin : Les joueurs Ă©liminĂ©s continuent de parler, d’enquĂȘter et possĂšdent un ultime vote crucial. Fini l’ennui !
- Le Conteur peut (et doit) induire les joueurs en erreur via des mĂ©caniques d’ivresse et dâempoisonnement. La logique pure ne suffit plus.
- Le Grimoire gĂ©ant justifie un prix Ă©levĂ© (env. 130âŹ) en transformant le MaĂźtre du Jeu en vĂ©ritable chef d’orchestre tout-puissant.
Qui n’a jamais sorti son tĂ©lĂ©phone en soupirant aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©liminĂ© au premier tour d’un Loup-Garou ? Blood on the Clocktower est venu venger votre ennui.
Il y a des jeux qui occupent vos soirĂ©es, et il y a ceux qui hantent vos nuits. Blood on the Clocktower n’est pas juste un « autre » jeu Ă rĂŽles cachĂ©s. C’est jeu ULTIME. C’est ce qui arrive quand on prend Les Loups-Garous de Thiercelieux (en vrai, pas gĂ©nĂ©rĂ© par IA !), qu’on lui injecte un sĂ©rum de super-soldat, qu’on lui donne un doctorat en psychologie sociale et qu’on le lĂąche dans une arĂšne avec 20 joueuses et joueurs enragĂ©s.
On vous le dit tout net : ce jeu est une anomalie. Une anomalie magnifique, (trĂšs) coĂ»teuse, exigeante, et probablement l’une des expĂ©riences ludiques les plus marquantes de notre vie de joueuses et de joueurs. On vous explique pourquoi ce pavĂ©, dans les deus sens du terme, mĂ©rite son statut de lĂ©gende (et de vous obliger Ă manger des pĂątes pour ces deux prochains mois).
Le pitch ? Un village gothique, une tempĂȘte, un Conteur assassinĂ© empalĂ© sur l’aiguille de l’horloge (ambiance), et un dĂ©mon qui se balade incognito. Jusque-lĂ , vous vous dites : « On connaĂźt la chanson ».
Sauf qu’ici, la musique est diffĂ©rente. Blood on the Clocktower est moins un jeu de sociĂ©tĂ© qu’une piĂšce de théùtre improvisĂ©e oĂč vous ĂȘtes Ă la fois actrice, scĂ©nariste et victime. Le studio The Pandemonium Institute n’a pas cherchĂ© Ă faire un « petit jeu d’apĂ©ro ». Ils ont créé un monstre capable d’engloutir 6 Ă 20 joueuses et joueurs dans une paranoĂŻa collective savoureuse. Et sadique.
La mort n’est pas une pause-pipi
C’est le dĂ©faut structurel historique du genre : vous mourrez nuit 1, vous sortez votre portable et vous attendez 45 minutes en scrollant sur Gus&Co que vos potes s’amusent sans vous. Ici ? Jamais.
Dans Blood on the Clocktower, la mort n’est qu’un changement d’Ă©tat civil. En tant que fantĂŽme, vous parlez, vous enquĂȘtez, vous mentez, et surtout, vous gardez un unique et prĂ©cieux vote pour faire basculer la partie au moment critique. Vous ne jouez pas moins quand vous ĂȘtes mort. Parfois, vous jouez mĂȘme mieux, libĂ©rĂ© de la peur d’ĂȘtre tuĂ© (puisque c’est dĂ©jĂ fait, bravo).

L’information est un puzzle (souvent bourrĂ©)
Oubliez les certitudes absolues. Le gĂ©nie du design de l’auteur Steven Medway, c’est d’avoir introduit le doute systĂ©mique. Vous ĂȘtes l’EnquĂȘtrice et vous avez une info fiable ? Super. Sauf si vous ĂȘtes « Ivre » (Drunk) sans le savoir. Ou « Empoisonné ».
Le Conteur (le maĂźtre du jeu) devient ici un chef d’orchestre malicieux. Il ne ment pas librement, mais il gĂšre la dĂ©sinformation selon des rĂšgles strictes. RĂ©sultat : on ne cherche plus seulement Ă savoir qui ment, mais pourquoi notre propre info pourrait ĂȘtre fausse. C’est puissant, ça rend fou, et on en redemande.
Blood on the Clocktower, pourquoi ça coûte un bras, un rein et une jambe (au minimum) ?
Parlons du sujet qui fĂąche : le prix. Environ 160 ⏠la version anglaise, et une VF chez Open Sesame Games qui navigue dans ces eaux-lĂ (130 euros pour la boĂźte de base). C’est cher. Mais ouvrez la boĂźte. Ce n’est pas du carton, c’est un cockpit de pilotage.
Le « Grimoire » est une boĂźte doublĂ©e de feutrine oĂč la Conteuse ou le Conteur accroche des jetons velours pour gĂ©rer une complexitĂ© effrayante avec une fluiditĂ© absolue. C’est un outil de jeu, de travail autant qu’un objet de luxe. Pour le Conteur, c’est la diffĂ©rence entre une gestion laborieuse et un plaisir sadique pur.
Enfin en VF !
Longtemps chasse gardĂ©e des anglophones, le jeu dĂ©barque (bientĂŽt) en français grĂące Ă Open Sesame Games. Et c’Ă©tait vital. Car Blood on the Clocktower est un jeu de verbe, de nuance et de plaidoirie. Avoir des scripts traduits et un matĂ©riel accessible enlĂšve la derniĂšre barriĂšre Ă l’entrĂ©e. Si vous avez ratĂ© la campagne participative finie dĂ©but 2026, guettez les boutiques : c’est un investissement, certes, mais c’est le genre de boĂźte que vous amortissez en souvenirs (et en cris).
On a aimĂ© : L’ambiance Ă©lectrique autour de la table, le fait de jouer jusqu’Ă la derniĂšre seconde (mĂȘme mort !), et le sentiment de puissance absolue quand on est Conteur.
On a moins aimĂ© : Le prix qui fait tousser (mĂȘme si c’est justifiĂ©), et la nĂ©cessitĂ© d’avoir un groupe motivĂ© et un Conteur qui a bien bossĂ© ses rĂšgles.
Câest plutĂŽt pour vous si⊠Vous avez une grande tribu de joueuses et de joueurs, vous aimez dĂ©battre jusqu’au bout de la nuit et vous cherchez l’expĂ©rience sociale ultime.
Ce nâest plutĂŽt pas pour vous si⊠Vous ĂȘtes 3 timides autour d’une table basse, ou si pour vous, un jeu doit s’expliquer en 30 secondes chrono.
Si le mensonge est un art, Blood on the Clocktower est le musée du Louvre.
Grandiose !

- Date de sortie : 2022 en VO. 1d6 années pour la VF
- Langue : Anglaise
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur lâITHEM dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- IGUS : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur lâIGUS dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur  lâEcoScore dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici

- Label DĂ© Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label DĂ© Vert, câest ici.
- Création : Steven Medway
- Illustrations : Micaela Dawn, Aidan Roberts, John Van Fleet, Grace VanFleet
- Ădition : The Pandemonium Institute (VF : Open Sesame Games)
- Nombre de joueurs et joueuses : Minimum 6, maximum 20 (idéalement : 8-12)
- Ăge conseillé : 14+
- DurĂ©e : 30 â 120 minutes
- ThÚme : Fantastique
- MĂ©caniques principales : Bluff, dĂ©duction, rĂŽles cachĂ©s. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, câest ici.
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4 Comments
Guillaume
Un rapide rectificatif: la campagne participative pour la localisation en français n’est pas terminĂ©e. Il reste quelques heures pour pledger. ClĂŽture des contributions ce soir minuit!
Gus
Merci pour la prĂ©cision Guillaume. Oui on a vu, mais câĂ©tait au cas oĂč les gens liraient lâarticle aprĂšs aujourdâhui đ
Croniek
Prix justifiĂ© ? Vraiment ? L’enthousiasme dĂ©bordant de cet article ne fait pas oublier qu’on achĂšte ici principalement du carton et cela fait cher le kilo de papier. D’autant que, mais c’est mon avis, la DA n’a rien d’exceptionnelle (des jetons bof entre autres)… mais j’hĂ©site toujours Ă pledger quand mĂȘme đ
Personnellement, j’aurais aimĂ© un print and play pour pimper tout cela dans un vrai vieux grimoire, par exemple, ou rĂ©aliser des jetons Ă ma sauce.
Steph'
Je suis du mĂȘme avis que Croniek : je pense que le jeu est quand mĂȘme onĂ©reux pour ce que c’est et sera un rebutoir pour moi…
A ce prix lĂ , je peux quasiment avoir un smartphone, fait dans une usine high-tech et conçus par des Ă©quipes d’ingĂ©nieurs.
Bref, ce sera « non » dĂ©finitif pour moi aussi bien soit-il, et prĂ©fĂšre mettre mon argent dans 2-3 autres jeux (au minimum)… sans parler qu’il doit probablement ĂȘtre facilement emulable.