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Imperator Orbi Mundus III : Le JDR qui va dévorer votre décennie

🏛️ Momies, loups-garous et débats au sénat : Imperator III mélange histoire et fantastique. Le JDR français qui va dévorer vos week-ends jusqu’en 2035.


Imperator Orbi Mundus III, l’Empire est éternel !

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • JDR Édition livre six suppléments Imperator de qualité exceptionnelle, incluant l’Égypte, un bestiaire mythologique et une campagne de 60 ans sur Auguste
  • Le système de cartes permet de jouer en solo ou d’improviser en cours de partie, tandis que l’écran Tentorium 3.0 place vos joueurs au cœur du Colisée
  • Production 100 % française livrée dans les temps, avec de quoi jouer jusqu’à la retraite. Seul bémol : il faut avoir sa campagne au bon moment pour tout exploiter

Combien d’heures de jeu peut-on caser dans six livres ? Réponse : assez pour que vos personnages meurent de vieillesse avant la fin de la campagne.

Tout juste livré et déballé afin de vérifier la qualité du matériel, et on en prend déjà plein les yeux !

Avec cette troisième campagne de financement participatif pour Imperator, JDR Édition nous replonge dans l’histoire de la Rome antique avec, cette fois, un soupçon de surnaturel assumé… ou presque.

Une troisième volée de suppléments pour aller toujours plus loin, en distance mais aussi en profondeur. Alors plongeons…

Si je peux me permettre une analyse aussi rapidement après avoir reçu l’ensemble du matériel, c’est que les versions PDF nous ont été envoyées en amont, dès le mois de juillet pour les premières. Il y a donc eu un peu de temps pour potasser les ouvrages.

C’est ici pour découvrir Imperator si vous ne connaissez pas encore, et si vous voulez en savoir un peu plus sur l’époque romaine en version ludique avant de continuer…

Aegypti, terra magicae

Une large ouverture sur l’Égypte, principal grenier à blé de l’empire. Pour être précis, l’Égypte n’appartenait pas à l’empire mais plus exactement à l’empereur. Subtile différence, mais qui a toute son importance dans la gestion de cette dernière, plus particulièrement d’un point de vue politique. Mais c’est un détail…

Une description plutôt précise d’Alexandrie, source de tous les savoirs, mais également d’autres cités conquises par l’empire : Coptos, Thèbes, le port de Myos Hormos ainsi que Cyrène et la Cyrénaïque plus largement (la grande partie désertique se trouvant à l’ouest de l’Égypte correspondant à l’actuelle Libye). On y ajoute la zone Est donnant sur la Mer Rouge avec les carrières de marbre rouge au beau milieu des deux zones Nil – Mer Rouge, et on pousse jusqu’à la limite de l’empire avec les royaumes nubiens de Koush et sa mythique cité de Méroé.

Une description détaillée des peuples habitant ces zones ainsi que leur historique pour pouvoir en créer un en tant que personnage.

Une sélection détaillée du panthéon égyptien termine le tout. Pour la présentation uniquement.

Car on y ajoute allègrement 7 scénarios complets et indépendants les uns des autres, ainsi que 13 idées de scénarios à développer pour en proposer toujours plus à vos joueurs. Au programme : déserteurs, sectes secrètes, marché aux esclaves, momies, alliances politiques, roi-scorpion, caravaning, choix moraux, polygamie, oracle, animaux sauvages, piraterie, livre sacré et même fontaine de jouvence !

Il y a une véritable mine d’histoires en prévision permettant de couvrir une bonne partie du territoire présenté et de relier possiblement l’Afrique proconsulaire à la Judée, deux suppléments parus précédemment.

Un magnifique supplément qui n’a qu’un unique problème de mon côté : j’ai déjà fait jouer durant deux années en Égypte… Mon groupe de joueurs est désormais à Rome et je ne pourrai pas utiliser ce supplément à sa juste valeur. Quel dommage !

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Liber Monstrorum

Un Monster Manual pour Imperator ! Franchement, celle-là, je ne l’avais pas vue venir.

Pour un jeu qui se veut historique, je ne m’attendais pas à cette proposition. Il y a déjà eu des créatures fantastiques ou surnaturelles dans le livre de base ainsi qu’au travers de différents suppléments. Avec quelques explications pour avoir une vision plus pragmatique de ces bestioles. Un cerf ayant une malformation de ses bois s’enroulant entre eux pourrait apparaître comme une licorne se promenant dans une forêt de Germanie, par exemple.

Ce livre des monstres est un peu plus complexe qu’un simple bestiaire. Séparé en 3 parties distinctes, il nous propose différentes approches : théologique, politique et zoologique.

Théologique pour commencer. Une présentation un peu plus poussée des différentes déités romaines mais aussi étrangères. L’empire fut connu pour son ouverture d’esprit par rapport aux dieux des peuples vaincus. Il les intégrait au sein de son propre panthéon afin de faciliter l’intégration de ces derniers. Une ouverture d’esprit qu’il serait bon de voir plus souvent à l’époque actuelle…

Imperator Orbi Mundus III nous propose également les caractéristiques pour leurs avatars, incarnations « mortelles » de leur pouvoir divin. Cela va du plus puissant d’entre eux, l’olympien Jupiter, jusqu’aux déités plus champêtres comme Mefitis, déesse des sources souterraines et des gaz méphitiques venant des entrailles de la terre… Même ce type de déités mineures peut s’avérer mortel !

Politique ensuite. En proposant tout d’abord une galerie de personnages légendaires comme Tarpeia, Didon ou Ascagne. Pas de détails, juste quelques lignes sur chacun pour nous permettre de les découvrir et éventuellement d’aller creuser plus loin.

Puis arrive la galerie des monstres sacrés ayant « égayé » l’histoire romaine : Auguste, Tibère, Caligula, Livie, Néron, Macron (le chef des prétoriens, pas le nôtre…), Hadrien, Commode, Cicéron, Agrippa ou Marc-Aurèle. Tous des personnages historiques majeurs que vos joueurs pourraient être amenés à croiser dans leurs aventures. On y trouve leurs caractéristiques, leurs avantages et leurs défauts, mais également des informations sur leur influence ainsi que leurs déviances… Les couloirs du pouvoir sont remplis de ce type de personnages marquants.

Zoologique, enfin, par la présentation plus classique des différents animaux peuplant l’immense territoire impérial. Allant du chien au chameau, de l’épervier à l’ours en passant par le crocodile ou la panthère, il y en a une bonne partie avec toutes leurs caractéristiques.

On peut aussi croiser nombre de créatures moins naturelles comme les lémures, le sphinx, les banshee, les loups-garous, les goules, les dryades ou encore Irminsul : l’arbre sacré éveillé protégeant le cœur des sombres forêts de Germanie. Pour chacun d’entre eux, un petit encart nous propose une explication « rationnelle » de ce phénomène. Une très bonne idée pour ceux qui voudraient garder une vision purement historique du jeu.

La superstition étant une des clés de l’esprit romain de l’époque, il peut être difficile de savoir si une situation est surnaturelle ou si l’esprit de celui qui l’observe la perçoit comme tel…

Une vraie bonne surprise pour moi et une vraie bonne idée de supplément. On va pouvoir piocher personnages et créatures dans le même livre avec toutes les explications requises. Étonnamment, je valide !

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Augustus, aurora imperii

Le premier supplément paru, l’Aigle de Rome, proposait de suivre et aider César dans sa conquête du pouvoir un peu partout aux frontières de l’empire mais aussi à Rome. Conçu comme une campagne se déroulant sur plus de 40 ans, elle annonçait déjà pas mal d’heures de jeu.

Nous voici ici avec la campagne Auguste, l’aube d’un empire.

Retour ici sur le même type de format avec, ni plus ni moins qu’Auguste. Digne successeur de César, il posera les bases de ce qui devient l’empire romain en devenant le premier empereur. Quatre siècles suivront dans la droite lignée de toutes les institutions qu’il mettra en place.

Cette campagne se déroulera sur près de 60 ans en 18 scénarios et devrait occuper vos joueurs durant quelques heures… Peut-être que leur personnage commencera la campagne et que ce sera son fils ou sa nièce qui assistera au dernier chapitre de la vie du premier empereur.

Comme lors de la première campagne, on suit la trame historique connue dans laquelle les personnages prendront une place essentielle, en tout cas on leur souhaite. Et comme le précise l’auteur, on peut également y inclure les campagnes des suppléments Judée et Germanie afin d’y découvrir la perte des légions de Varus dans les forêts barbares ou la vie et la montée en renommée d’un certain Iesus, soi-disant roi des juifs… On pourrait même y ajouter la révolte de Tacfarinas en Afrique proconsulaire. Encore quelques heures de jeu en bonus !

On termine le livre sur un tout petit chapitre qui s’avère essentiel : comment maîtriser et simuler les débats au sénat romain. Avec des règles plus travaillées que juste un seul lancé de dés. Faisant intervenir des alliés ou des factions adverses dans le vote final ainsi qu’une plaidoirie des orateurs, il donne une vraie dimension politique au jeu !

Ce supplément pour Imperator s’inscrit tout naturellement dans la ligne éditoriale de la gamme et même s’il ne me servira pas à grand-chose, puisque je fais jouer quelques décennies plus tard, on peut dire qu’il fait largement le taf !

Si vous enchaînez tout ce qui est proposé, vous pouvez ainsi revendre tous vos autres JDR en stock… vous en avez facilement pour 5 ou 10 années de jeu !

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Quinque plures fabulas

On n’arrête pas l’aventure ! 5 scénarios débloqués lors de la campagne sont offerts en version PDF et proposés en bonus payants pour les versions papier.

Alexandrie. Un complot pour éteindre le mythique phare, mais pourquoi ?… Jouable en Égypte forcément.

La momie. Trafic de reliques volées et malédiction suite au pillage. Un classique, jouable en Égypte.

Le retour de Khufu. Mouvements séparatistes menés par la momie d’un pharaon. Être surnaturel ou arnaque aux superstitions ? Jouable en Égypte.

Machination. Une arnaque de haute volée pouvant cacher quelque chose de plus malsain. Ce sera à vos PJ de découvrir le pot aux roses. Jouable n’importe où dans l’empire.

La route secrète de la soie. Une trame de campagne prenant en compte l’historique des liens entre Rome et l’extrême-Orient. Intéressant pour une touche d’exotisme complète pour vos joueurs. Ils quitteront toutefois l’empire pour plusieurs mois, voire années. S’ils décident de rentrer…

Ludere solo

Dernière proposition spécifique avec cette salve pour Imperator : un jeu de cartes permet de jouer en solo ou à 2 sans avoir besoin de MJ. Cela existait déjà chez l’éditeur en version fantasy, mais cette fois le jeu de cartes est basé sur l’Antiquité. Il permet donc de jouer à Imperator mais aussi à d’autres jeux antiques comme Antika. On peut y jouer en solo ou en duo en développant les différents éléments et en imaginant leurs suites, un peu à la manière des As de l’Adriatique.

On peut également les utiliser pour créer ses aventures en amont ou en dégainer en direct lors d’une partie pour amener de nouveaux éléments inattendus.

Chaque carte possède une multitude de caractéristiques, 15 au total.

Selon ce qu’on regarde sur la carte : un oracle répond à une question fermée, le thème de l’aventure (complot, militaire, politique, exploration, personnages), un titre, une illustration, une valeur financière, une rareté, un texte explicatif, un verbe caractérisant une action, un adjectif ou un aspect afin de qualifier une action, un lieu ou un objet, le caractère d’un PNJ selon son humeur du moment, un nom de PNJ ou de lieu pour vos descriptions, une puissance d’adversité en trois aspects, un objectif principal ou secondaire, un événement se produisant lorsque vos personnages changent de lieu.

Beaucoup, beaucoup d’éléments pour improviser ou développer vos intrigues au fur et à mesure.

Pas encore testé en solo, mais la chose fonctionne parfaitement en cours de partie classique afin d’ajouter du jeu. Testé et approuvé !

Tentorium 3.0

Et voici la troisième édition de l’écran du meneur de jeu.

Après les légions en combats au pied du Parthénon suivi d’une vue panoramique d’une partie de Rome, nous voici cette fois au cœur du Colisée pour un combat de gladiateurs sur le sable ensanglanté et des spectateurs hurlant dans les gradins.

Ambiance garantie !

Et post…

La gamme est déjà largement étoffée et les bruits de couloirs laissaient entendre qu’il n’y aurait plus qu’une ultime campagne de financement participatif à venir, contenant les suppléments Gaule, Hispanie et Britannia (avec une campagne couvrant l’invasion de cette dernière sous le règne de Claude). Youpi pour la suite mais sniff pour le fan que je suis.

Et puis… certaines langues se délient et l’auteur Bruno Guérin travaille à un supplément sur la Dacie (la Roumanie) avec une thésarde du sujet déjà connue du monde ludique : Patrick Receveur. Toutefois, certaines rumeurs de palais laissent entendre qu’un autre supplément sur « les femmes de l’ombre » serait aussi sur le feu, afin de remettre en avant les épouses ayant joué un rôle majeur mais méconnu dans la grande histoire. Il est grand temps de rendre à Livie ce qui appartient à Livie !

Donc comme d’habitude, wait and see…

On a aimé :

La qualité éditoriale française qui ferait rougir Astérix, le supplément Aegypti qui transforme le delta du Nil en terrain de jeu grandeur nature, le Liber Monstrorum qui ose mettre Jupiter et les loups-garous dans le même bouquin (avec option « je ne crois que ce que je vois » pour les sceptiques), la campagne Auguste où vos petits-enfants de personnages finiront ce que vous avez commencé, le système de cartes qui sauve les soirées où le MJ a oublié son scénario, la livraison impeccable (prenez des notes, gros éditeurs), et ce moment délicieux où on pleure devant le supplément Égypte qu’on aurait dû avoir il y a trois ans.

On a moins aimé :

Le timing cosmique qui nous fait recevoir l’Égypte pile quand notre campagne est à Rome (merci l’univers), la certitude qu’on va finir par revendre nos autres JDR sur Vinted parce que bon, là, on a de quoi tenir jusqu’à ce que nos propres enfants prennent la relève à la table, et l’annonce qu’il ne reste peut-être qu’une seule campagne participative avant la fin de la gamme (l’empire romain aussi pensait être éternel, regardez comment ça a fini).

C’est plutôt pour vous si…

Vous avez déjà bloqué des créneaux JDR dans votre agenda 2035, vous pensez que « historiquement plausible » est un compliment, vous cherchez un JDR français capable de rivaliser avec D&D sans rougir, vous rêvez d’une campagne où vos personnages mourront de vieillesse avant le boss final, ou vous collectionnez les beaux livres qui impressionnent les invités et sentent bon l’érudition.

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

Vous pensez qu’une partie de plus de 3 heures est un crime contre l’humanité, Rome antique vous rappelle surtout des contrôles d’histoire ratés au collège, vous cherchez des elfes et des nains (spoiler : y’en a pas), votre étagère Kallax est déjà en sursis structurel, ou vous jouez déjà votre campagne Imperator sous Néron et n’avez que faire d’Auguste (coucou, c’est nous, on vous comprend).

Ave JDR Édition ! Ceux qui vont jouer pendant dix ans te saluent.


Retours de campagne

Toutes les infos et explications se trouvent ici :

Une nouvelle fois, avec ce Imperator Orbi Mundus III, JDR Édition nous livre une magnifique fournée de suppléments. Rédigés et imprimés en France par des auteurs français. C’est bon d’être chauvin parfois.

Ce n’est pas forcément ceux que j’utiliserai le plus, mais leur simple lecture est une ode au voyage et à l’aventure.

Côté campagne de financement, lancée fin janvier 2025, tout a été livré dans les temps avec un maximum de propositions supplémentaires qu’on peut ajouter, ou non, suivant les envies et les sesterces disponibles.

C’est quand même bien, ces petits éditeurs français qui pourraient donner des leçons à leurs grands frères…

Merci les gars !


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3 Comments

  • Yohann DOL

    Je pense me prendre le supplément Egypte histoire de jouer quelques scénarios/campagnes en utilisant les figurines de Mythic Battles Isfet.
    Étant plus sensible à la mythologie grecque, je vais plutôt patienter pour prendre le JDR de Mythic Battles Pantheon, bientôt sur gamefound.
    Mais oui, la proposition d’Imperator est très tentante…

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