3 métropoles, 6 dieux, 1000 coups bas : Cyclades est de retour
🏛️ Plongez dans la mer Égée avec Cyclades Legendary Edition : mythologie, stratégie et batailles épiques. La réédition d’une légende !
Cyclades : Mythologie, stratégie et coups de théâtre grecs

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
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En bref :
- Cyclades (Legendary Edition) revisite le classique de 2009 en intégrant habilement extensions et modernisations.
- Un savant mélange d’enchères divines, de contrôle de territoire et de coups bas dignes des tragédies grecques.
- Le tout dans un écrin graphique rutilant, mais pas sans quelques éclairs dans le ciel bleu.
Le retour des dieux
« Je mise 10 sur Zeus ! » « 12 ! » « 15 ! » Si ces enchères vous parlent, préparez-vous : la nouvelle édition de Cyclades pousse le système à son paroxysme.
Cyclades – les dieux de l’Olympe, leurs créatures et les héros grecs reprennent les armes dans une version repensée d’un classique, où stratégie, enchères et mythologie s’entrelacent sur les flots de la mer Égée.
En 2009, Cyclades débarquait tel un trident dans le monde du jeu de société : élégant, tactique, et étonnamment interactif. Quinze ans plus tard, Cyclades revient tel un demi-dieu bien entraîné, fort de ses expériences passées et d’un relooking complet. Fusionnant certains éléments des extensions Hades et Titans, cette édition entend être définitive : plus rapide, plus fluide, plus belle… mais est-elle vraiment légendaire ? Le chant des sirènes ne doit pas nous détourner de l’analyse : place à une critique aussi acérée que la lance d’Achille.
Olympe 2.0 : j’indique ainsi dans chaque partie les différences entre Cyclades (2009) et Cyclades Legendary Edition (2025)
| Éléments | Édition originale (2009) | Legendary Edition |
|---|---|---|
| Enchères | Linéaires, parfois poussives | Exponentielles, plus vives |
| Extensions | Séparées (Hadès, Titans) | Fusionnées et remaniées |
| Bâtiments | Coût en or | Gratuits = jeu plus fluide |
| Monstres & Héros | Monstres éphémères | Monstres persistants |
| Héros | Pas de héros (Extension Hadès) | Déplacements héroïques |
| Plateau | Fixe | Modulaire |
Divine stratégie ou simple tragédie ?
Cyclades est un jeu d’enchères où l’on ne se bat pas simplement pour des territoires… du moins pas tout de suite. Le but ultime est d’asseoir sa domination sur l’archipel des Cyclades en installant trois métropoles rayonnantes, symboles de votre puissance. Pour cela, vous aurez besoin de l’aide des dieux, indispensable pour réaliser vos actions.

Le prix des dieux
Chaque cycle commence par la pose d’enchères en drachmes sonnantes et trébuchantes pour obtenir la faveur d’un dieu :
- Arès permet de construire des forteresses et de recruter et déplacer ses armées.
- Poséidon fait voguer les flottes et bâtit les ports.
- Athéna donne accès à la sagesse en embauchant des philosophes et en construisant des universités.
- Zeus propose temples, prêtresses et créatures mythologiques à prix discount.
- Héra (exclusivité de cette édition) est une architecte polyvalente qui distribue en plus des troupes de mercenaires.
- Apollon, lui, est gratuit mais n’accorde aucune action : un dieu pour les fauchés… ou pour ceux qui préparent leur retour car il permet d’augmenter ses revenus.
Le système d’enchères fonctionne comme un véritable marché aux faveurs divines. Chaque joueur doit, à son tour, miser ses drachmes sur l’un des dieux disponibles pour obtenir ses pouvoirs spécifiques durant ce tour. Mais attention : un seul joueur peut servir un dieu à la fois. Si un adversaire surenchérit sur votre offrande, vous êtes aussitôt délogé et contraint de faire une nouvelle offre ailleurs, en délogeant souvent un autre joueur. Toute la subtilité tactique réside dans cet équilibre instable entre vos moyens financiers, vos besoins immédiats (construire, recruter, attaquer), vos projets à long terme (accumuler des métropoles), et la lecture du jeu adverse. Miser gros trop tôt vous expose à une impasse économique, mais attendre peut vous coûter un dieu essentiel pour votre stratégie. Ajoutez à cela les petits coups psychologiques, les enchères d’intimidation ou les bluffs camouflés, et vous obtenez un système tendu où l’argent devient le nerf de la guerre…
Olympe 2.0 : Dans la Legendary Edition, le système d’enchères reste l’épine dorsale du jeu, mais il bénéficie d’un lifting aussi subtil que bienvenu. L’échelle des enchères est devenue exponentielle, obligeant à des choix plus tranchés et avec moins de micro-enchères qui allongeaient inutilement cette phase de jeu. On en arrive même très facilement à placer des offrandes en prévoyant de se faire surenchérir pour faire dépenser de l’argent aux adversaires. De plus, l’intégration d’Apollon en roue de secours permanente réduit la frustration des derniers joueurs obligés de subir les restes du panthéon. Résultat : les enchères gagnent en dynamisme, les choix sont moins prévisibles, et le tempo stratégique du jeu s’en trouve revigoré. L’or reste rare, les dilemmes abondent, et les batailles silencieuses pour la faveur divine n’en sont que plus piquantes. Une modernisation mesurée mais efficace, qui polit le marbre sans le fissurer.
Une fois la faveur divine acquise, chacun doit payer son offrande. Attention à bien vérifier le solde de son compte. En cas de défaut de paiement, les dieux sont très fâchés et font disparaître la moitié de votre fortune et on refait la phase d’offrande.

Bâtisseurs de gloire
Dans Cyclades, la quête de la victoire passe par l’érection de trois métropoles — ces cités prestigieuses qui marquent votre suprématie sur les mers Égéennes. Pour en construire une, plusieurs voies s’offrent à vous, chacune exigeant des ressources, du timing… et parfois un peu d’aide héroïque.
La méthode la plus classique consiste à rassembler les quatre types de bâtiments (port, forteresse, temple et université) — un processus progressif mais visible, qui peut vous peindre une cible sur le dos. Au passage, les bâtiments vous confèrent un bonus territorial qui rend vos troupes ou vos flottes plus fortes (forteresse ou port) ou diminue le coût d’achat des créatures (temple).
Alternativement, vous pouvez sacrifier quatre philosophes recrutés grâce à Athéna, une méthode plus discrète mais coûteuse, qui demande une gestion fine de vos drachmes et de vos opportunités d’enchères.
Troisième option : conquérir une métropole déjà construite chez un adversaire, pour les amateurs d’invasion bien sentie.
Enfin, il existe une quatrième voie, encore plus discrète que les philosophes, qui passe par le pouvoir sacrificiel des héros. Je vous en parle un peu plus loin.
Ce système multifacette pousse les joueurs à adapter leur stratégie, à surveiller les autres et à jongler avec opportunisme entre développement, attaque… et subtilité philosophique (tactique, en fait).
Olympe 2.0 : Dans la Legendary Edition, le cœur du système des métropoles change fortement : il en faudra trois au lieu de deux pour remporter la partie. Pourquoi ? Parce qu’un changement majeur bouleverse l’économie du jeu : les bâtiments sont désormais gratuits dès lors que vous avez remporté les faveurs du dieu correspondant. Ce détail, loin d’être anodin, fluidifie la montée en puissance des joueurs et accélère la course à la métropole. Par la même occasion, cela réduit un peu l’intérêt des stratégies entièrement basées sur la conquête des bâtiments et métropoles adverses (ce que certains regretteront peut-être). Terminé le dilemme du joueur qui devait choisir entre construire un port ou garder ses drachmes pour les prochaines enchères : la progression est plus directe, mais aussi plus lisible… donc plus exposée aux convoitises. Ce réajustement accélère légèrement le rythme du jeu et renforce la tension autour de la table : plus que jamais, il faudra garder un œil sur les ambitions urbaines de vos voisins… et vos flottes prêtes à appareiller.

Monstres et compagnie
Dans Cyclades, les créatures mythologiques jouent un rôle crucial : elles ne sont pas de simples figurines de folklore, mais des cartes puissantes qui viennent bousculer l’ordre établi, et amènent au passage pas mal de fun et d’incertitude stratégique dans la partie. Chacune a un rôle spécifique qui est toujours appliqué immédiatement. La plupart sont immédiatement défaussées.
Olympe 2.0 : Dans la Legendary Edition, un certain nombre d’entre elles, matérialisées sous forme de figurines (dans l’édition Ultimate) ou de tuiles en carton, peuvent rester sur la carte et s’y déplacer pendant plusieurs tours, à condition que vous sacrifiez des prêtresses pour les maintenir en activité. Certaines créatures sont particulièrement puissantes et peuvent retourner complètement une partie. L’Hydre, le Cerbère et Pégase sont de bons exemples. Les héros ne sont pas oubliés. Certains comme Achille, Jason ou Penthésilée sont particulièrement compétents. Cela peut agacer les joueurs ayant soigneusement élaboré leur stratégie mais cela reste à mon avis dans l’esprit du jeu. Et puis les prêtresses ne sont pas non plus si faciles à avoir. On ne pourra donc conserver sa créature que 2 ou 3 tours en général. Mais ça peut suffire à faire pas mal de dégâts.

Demi-dieux et mouvements de troupes
Contrairement aux créatures mythologiques qui apparaissent, frappent fort, puis repartent souvent rapidement dans les limbes du paquet, les héros sont des unités persistantes que l’on recrute comme des créatures, mais qui restent sur votre plateau jusqu’à leur mort (souvent glorieuse, parfois tragique). Apparus dans l’extension Hadès de la version d’origine, chacun(e) apporte deux pouvoirs.
Le premier, militaire, procure un avantage tactique permanent (bonus de combat, détournement de troupes ou de flottes…).
Le second est un pouvoir sacrificiel qui, sous certaines conditions, permet de grandement faciliter la construction d’une métropole. Un pouvoir qui sait se faire discret si vos adversaires ne sont pas suffisamment attentifs et qui peut changer le cours d’une partie en étant joué au moment opportun, et créer des situations où deux métropoles peuvent être construites dans le même tour.
L’autre avantage, non négligeable, qu’ils apportent est de permettre de déplacer vos troupes sans l’intervention d’Arès. Leur coût est élevé, mais leur présence continue peut en faire de véritables moteurs de jeu et apporte une dimension tactique complémentaire tout en renforçant l’immersion thématique. Et puis franchement, qui n’a jamais rêvé de mener Achille ou Ulysse au combat ?
Cependant, leur utilisation, notamment celle du pouvoir sacrificiel, peut être un peu plus complexe à mettre en place que les autres stratégies. De plus, seuls deux héros sont disponibles et ils ne sont pas remplacés tant qu’ils n’ont pas été recrutés. Enfin, ils ne peuvent être acquis qu’avec les faveurs d’Héra. Tout cela limite un peu leur présence dans le jeu et ils ont été peu joués sur les premières parties de test.
Olympe 2.0 : Dans la version de base de Cyclades, seule l’action d’Arès permettait de déplacer les troupes, ce qui pouvait vite se révéler problématique pour un joueur qui ne parvenait pas, via le système d’enchères, à accéder à ce dieu. L’extension Titans avait solutionné ce problème en proposant un dieu pour acquérir des Titans qui emmenaient en leur compagnie des troupes sans avoir les faveurs d’Arès. Les Héros (issus de l’extension Hadès) peuvent ainsi déplacer les troupes qui les accompagnent avec n’importe lequel des dieux (sauf Apollon).

La guerre selon Arès
Dans Cyclades, le combat ne cherche pas la complexité mais l’efficacité. Lorsqu’un joueur remporte les faveurs d’Arès (pour les batailles terrestres) ou de Poséidon (pour les batailles navales) – ou d’un autre dieu si c’est un déplacement héroïque –, il peut déplacer ses troupes, puis engager le combat s’il entre sur un territoire occupé.
De même, en ce qui concerne les zones maritimes, les déplacements et les conflits entre flottes auront un impact puisque pour passer d’une île à l’autre, il faut toujours avoir mis en place un « pont » maritime composé d’une à plusieurs flottes entre l’île de départ et celle d’arrivée.
Le système repose sur un affrontement en un seul jet de dé par camp, auquel s’ajoute le nombre d’unités engagées comme bonus. Le résultat est simple : le joueur avec la valeur la plus élevée remporte la bataille, inflige une perte, puis on recommence jusqu’à ce qu’un camp soit éliminé ou décide de battre en retraite. Le hasard existe, mais reste contenu : une armée supérieure aura presque toujours l’avantage, même si un jet chanceux peut parfois renverser un rapport de force trop serré. À cela s’ajoutent des cartes de créatures, des pouvoirs de héros et/ou des bonus de bâtiments qui peuvent influencer les combats, donnant parfois un sursaut épique à une offensive désespérée. Ce système incite aussi à bien préparer ses attaques plutôt qu’à foncer tête baissée. En somme, la guerre dans Cyclades est une affaire de timing, de lecture du jeu… et de quelques prières à Arès bien placées.

Une mer Égée limpide
La Legendary Edition de Cyclades modernise nettement l’aspect visuel du jeu. Les illustrations de Miguel Coimbra gagnent en clarté et en définition, tout en conservant l’esthétique antique et épique de la version de 2009. Les pictogrammes ont eux aussi été restylisés, que ce soit sur les cartes ou sur les tuiles.
Olympe 2.0 : L’évolution la plus notable reste cependant le plateau de jeu modulaire : constitué de grandes tuiles à la forme biscornue mais permettant plusieurs configurations, il permet de créer une carte différente à chaque partie, selon le nombre de joueurs. Des mises en place sont suggérées en fin de livret de règles mais ne sont pas obligatoires et l’on peut composer sa propre carte sous forme de draft. Ce changement a un impact direct sur la jouabilité : les distances maritimes, les accès aux territoires et les zones de conflit évoluent, obligeant les joueurs à repenser leur stratégie d’un affrontement à l’autre.
De plus, les îles comportent maintenant plusieurs régions (de 1 à 4), ce qui autorise plus de conflits terrestres sans avoir eu besoin de mise en place d’un « pont » maritime.
Cependant, la taille de la carte, placée naturellement au centre de la table de jeu, impose de décaler sur le côté le plateau contenant les dieux, les créatures et les héros. L’accessibilité aux cartes des créatures et des héros, et surtout à la description de leurs pouvoirs, est donc plus facile pour les joueurs qui seront du « bon » côté.

Tension sur l’Olympe
Dans les Cyclades, l’ennemi n’est jamais très loin. La taille des cartes est d’ailleurs prévue pour que les protagonistes ne soient pas trop éloignés et l’action est donc largement favorisée. Entre les enchères tendues, les occupations d’îles adverses et les créatures perturbatrices, l’interaction est permanente. Et brutale.
Les alliances sont de circonstance… mais durent rarement plus d’un tour. Un joueur peut vous laisser conquérir une île avant de lâcher une créature dessus. Le système pousse à observer les adversaires, à anticiper, à frapper au bon moment.
Du duel divin au chaos olympien
Pas de mode solo
C’était un choix délibéré de Bruno Cathala. Il l’a dit très clairement sur son site internet quand le jeu a été annoncé. Il ne voulait pas transformer le jeu en usine à gaz et il aurait fallu trouver un mode permettant une expérience de jeu similaire, ce qui n’était pas possible sur un jeu d’enchère.
Duel technique et concentré
L’édition d’origine avait subi des critiques sur la configuration 2 joueurs qui n’était plus équilibrée dès qu’un joueur prenait l’avantage. La Legendary Edition propose un mode « duel » où chaque joueur contrôle deux cités — structuré comme une partie à 4 en équipe. Cette configuration offre une expérience plus tendue que l’original, car la gestion de deux factions permet de mieux doser l’économie et la stratégie. Côté joueur, elle est jugée « plus technique » et « dynamique », mais elle correspond au public cible du jeu.
À 3, attention à l’effet escargot
À trois, seulement deux dieux sont disponibles à chaque enchère, ce qui ralentit sensiblement le jeu (le dieu absent revient seulement au bout de trois tours). Le rythme devient parfois très lent, la liste d’actions restreinte rendant l’expérience moins fluide et frustrante pour ceux qui privilégient l’interaction.
4 à 5, Cyclades Legendary Edition au panthéon
Ce format est fortement recommandé : tous les dieux sont régulièrement accessibles, les enchères restent tendues et les combats fréquents. L’équilibre entre enchères, stratégie et action y est optimal. C’est ici que le jeu révèle tout son potentiel, avec des parties nerveuses et riches en retournements.
À 6 il faut choisir équipe ou chaos
Le jeu bascule en mode par équipes (2 vs 2 vs 2). L’expérience coopérative entre coéquipiers est appréciée, mais le plateau devient naturellement congestionné, les temps morts s’allongent et l’ordre de jeu en équipe augmente la complexité organisationnelle. En plus, pas forcément évident de discuter discrètement stratégie derrière le paravent.
Cyclades Legendary Edition, verdict
Avec Cyclades : Legendary Edition, Bruno Cathala et Ludovic Maublanc offrent une relecture brillante d’un classique du jeu de stratégie. Plus fluide, plus tendu, et bien plus généreux dans son matériel, le jeu modernise ses fondations sans les renier. L’ajout des héros, la modularité du plateau et la nervosité des enchères renforcent la richesse des parties, tout en maintenant une lisibilité étonnante.
L’immersion visuelle est spectaculaire, et les mécaniques s’enchaînent avec une élégance digne d’un stratège grec. Toutefois, quelques ombres planent sur l’Olympe : certaines configurations diluent la tension, et l’équilibrage de certaines créatures ou héros peut heurter les stratèges les plus pointilleux.
Mais dans l’ensemble, cette édition légendaire mérite bien son titre : un grand jeu épique, exigeant et somptueux, à la hauteur des dieux qu’il invoque.
On a aimé
- Cette Legendary Edition modernise Cyclades sans trahir son essence, avec une refonte fluide et mieux huilée que jamais.
- Les enchères, plus tranchantes qu’une lame spartiate
- Matériel olympien : matériel et illustrations de grande qualité
- Les îles de l’Archipel renaissent à chaque partie grâce au plateau modulaire, offrant des configurations variées et un renouvellement constant.
- Une interaction souvent tendue et immersive comme le choc d’une lance et d’un trident.
On a moins aimé
- Quand les dieux sont trop nombreux, les mortels hésitent : à certains nombres de joueurs, la tension stratégique se dilue, notamment à six et à trois où l’attente et le chaos peuvent éclipser la planification.
- Des créatures mythiques… parfois trop légendaires : certaines créatures et héros (Pégase, Hydre, Penthésilée) peuvent déséquilibrer les parties.
- La mer Égée déborde un peu : l’emprise imposante du matériel sur la table peut gêner la visibilité, surtout pour les joueurs mal positionnés autour du plateau.
C’est pour vous si…
- Vous aimez vos stratégies aussi aiguisées que la lance d’Athéna.
- L’interaction directe à coups de tridents bien placés ne vous effraie pas.
- Vous appréciez les plateaux modulaires et les parties qui ne se ressemblent pas.
- Votre table de jeux peut accueillir un banquet des dieux.
- Vous rêvez d’aligner Crésus, Achille et une hydre sur le même champ de bataille (et sans que ça paraisse bizarre).
Ce n’est pas pour vous si…
- Les coups bas vous donnent des sueurs froides dignes d’un oracle en transe.
- Vous préférez les mécaniques tranquilles où tout le monde gagne à la fin.
- L’aléatoire vous pétrifie plus que la chevelure de Méduse.
- Vous voulez une partie de 30 minutes : ici, même les dieux prennent leur temps.
Laissez-vous prendre par le chant des sirènes
Cyclades : Legendary Edition réussit le pari délicat de moderniser un classique sans en trahir l’esprit. Le cœur du jeu — ses enchères tendues et ses affrontements pour la domination des Cyclades — reste intact, mais gagne en fluidité. Le matériel élégant et le plateau modulaire enrichissent l’expérience et l’immersion. Certes, quelques ombres planent encore sur l’équilibrage de certaines créatures ou héros, et certaines configurations diluent la tension. Mais dans l’ensemble, cette refonte convainc par sa clarté et sa tension constante. À la fois accessible aux initiés et gratifiante pour les stratèges aguerris, elle s’impose comme une version définitive.
Un jeu qui n’usurpe pas son nom légendaire… et qui mérite largement une place au panthéon ludique moderne. Cyclades Legendary Edition, c’est comme inviter l’Olympe à dîner : grandiose, chaotique, inoubliable… et vous n’êtes jamais sûr de qui paiera l’addition en drachmes !
Très bon !

- Date de sortie : 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : D. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Bruno Cathala et Ludovic Maublanc
- Illustrations : Miguel Coimbra
- Édition : Open Sesame Games / Studio H
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 6
- Âge conseillé : 13+
- Durée : 60 – 90 minutes (plutôt 2 à 3h !)
- Thème : Mythologie grecque
- Mécaniques principales : Enchères par expulsion, Objectif commun, Contrôle de territoires, Dés, Affrontement. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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2 Comments
Sam D
Même pas un petit mot sur la controverse sur l’avantage du premier joueur ?
Jean-Côme
Bonsoir Sam D,
Merci pour votre commentaire.
C’est vrai que cette controverse a été évoquée à plusieurs reprises sur les forums quand le jeu est sorti. Certains joueurs trouvent que si le premier joueur, tiré au hasard, a un accès à Ares, il peut prendre dès le premier tour un avantage significatif en déplaçant ses troupes pour conquérir des territoires supplémentaires (et donc des cornes d’abondance) et pouvoir ainsi acquérir plus de pouvoir sur les enchères au tour suivant, et ainsi de suite, générant un effet « boule de neige ».
Ce n’est pas faux…mais ce n’est pas tout à fait vrai. D’abord parce que Cyclades est un jeu de stratégie d’enchères avant même d’être un jeu de stratégie militaire. Et qu’il y plusieurs moyens de contrecarrer un adversaire qui prendrait l’ascendant sur la partie :
– le forcer à dépenser son pactole en le poussant à surenchérir sur un dieu dont il a cruellement besoin.
– négocier avec les autres pour conclure une alliance temporaire contre le leader sur les enchères ou sur le terrain.
– lui couper la route avec Poséidon pour l’empêcher de s’étendre ou un Kraken bien placé.
– Il y a bien d’autres moyens de gagner qu’avec le militaire (philosophes, pouvoir sacrificiel des héros, bâtiments,…)
En tout cas, sur les parties que nous avons faites dans différentes configurations, nous n’avons pas ressenti ce déséquilibre du premier joueur. Il y en a d’autres qui sont évoqués dans l’article, notamment sur certaines créatures.
Mais au final, que ce soient les retournements de situation créés par un héros ou une créature, ou l’obligation de s’allier contre un adversaire qui prend trop d’avance, tout cela à mon sens génère de l’interaction et de l’amusement, ce qui est bien ce que l’on cherche avec ce type de jeu. Si on souhaite un titre de stratégie militaire plus équilibré et plus développé il y a bien d’autres titres.