Kanal : Un nouveau canal un peu trop calme
đ Oserez-vous naviguer sur lâOranienburger Kanal ? Un duel cĂ©rĂ©bral signĂ© Rosenberg, entre lenteur assumĂ©e et zĂ©ro interaction.
Kanal

â ïž Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous nâavons reçu aucune contrepartie de la part de lâĂ©diteur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.
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En bref :
- Oranienburger Kanal mĂ©lange placement dâouvriers et puzzle stratĂ©gique pour 1-2 joueurs.
- Le jeu souffre dâun rythme lent, dâune interaction quasi inexistante et dâun thĂšme jugĂ© trop froid.
- MalgrĂ© une mĂ©canique solide, il divise par son manque dâĂ©motion et son approche trĂšs calculatoire.
Imaginez un jeu de sociĂ©tĂ© oĂč lâinteraction sâĂ©vapore et oĂč seul le son des calculs rĂ©sonne : bienvenue sur lâOranienburger Kanal.
Kanal est la derniĂšre crĂ©ation du cĂ©lĂšbre auteur Uwe Rosenberg, parue en français fin 2024. Il sâagit dâun jeu de sociĂ©tĂ© de gestion et construction de type expert, mĂȘlant placement dâouvriers et gestion de ressources, conçu pour 1 Ă 2 joueurs, dâune durĂ©e annoncĂ©e dâenviron 45 Ă 90 minutes par partie.
Le thĂšme nous transporte en Prusse au XIXe siĂšcle : les joueurs y incarnent des amĂ©nageurs dĂ©veloppant les infrastructures autour du canal dâOranienburg, un important ouvrage industriel de lâĂ©poque. Au programme, la construction de bĂątiments industriels, de canaux, de routes et de voies ferrĂ©es, avec un astucieux systĂšme de roue de ressources rappelant celui dâanciens jeux de Rosenberg (tels Ora et Labora ou Glass Road). Sur le papier, Kanal promet un dĂ©fi cĂ©rĂ©bral riche en planif. Mais en pratique, ce canal ludique se rĂ©vĂšle moins trĂ©pidant quâespĂ©rĂ©.
Un casse-tĂȘte stratĂ©gique au cĆur industriel
Sur le plan des mĂ©caniques, Kanal est avant tout un casse-tĂȘte stratĂ©gique. Chaque joueur et joueuse dispose dâun plateau personnel oĂč il et elle va poser des cartes BĂątiment reprĂ©sentant diverses industries (brasseries, aciĂ©ries, ports, etc.), quâil devra connecter entre elles via des tuiles de chemins, routes, canaux et rails.
Un petit plateau central propose quelques emplacements dâactions (systĂšme de placement dâouvrier minimaliste) oĂč lâon envoie son pion pour effectuer diverses opĂ©rations : collecter des ressources de base (bois, argile, charbonâŠ), transformer ces ressources en matĂ©riaux avancĂ©s (pierre, fer) via la fameuse roue de production, construire un bĂątiment ou bĂątir un pont/une route. Ă la fin de chaque manche, de nouveaux bĂątiments deviennent disponibles, et en fin de partie chacun totalise ses points de prestige en fonction des bĂątiments construits et reliĂ©s correctement, ainsi que des ressources et argent restants.
La particularitĂ© intĂ©ressante du design, câest que bĂątir un bĂątiment ne dĂ©clenche aucun effet immĂ©diat. Pour profiter des avantages dâune construction, il faut dâabord lâactiver en entourant la carte avec des routes ou canaux de chaque cĂŽtĂ© â un processus qui demande une planification minutieuse. Chaque bĂątiment activĂ© rapporte alors un bonus ou des points, et il est mĂȘme possible de le rĂ©activer une seconde fois en le connectant Ă dâautres bĂątiments grĂące Ă des ponts spĂ©ciaux.
Ce mĂ©canisme dâencerclement rappelle lâingĂ©niositĂ© âĂ la Rosenbergâ : on y retrouve le plaisir dâoptimiser un petit rĂ©seau pour en tirer le maximum dâefficacitĂ©, un peu comme assembler les bonnes piĂšces dans Patchwork ou dĂ©velopper sa ferme dans Agricola. Sur le papier, la boucle de jeu offre un dĂ©fi intellectuel indĂ©niable â chaque dĂ©cision est un casse-tĂȘte pour maximiser ses ressources limitĂ©es et le placement spatial de ses tuiles. Rosenberg oblige, le jeu offre Ă©galement un mode solo complet, et sans doute, selon moi, lâun des modes solo les plus aboutis de lâauteur.
Oui, mais. DerriĂšre cette apparente richesse stratĂ©gique, plusieurs dĂ©fauts de design viennent ternir le tableau. Kanal sâadresse certes aux amoureux de lâoptimisation pure, mais la magie ludique peine Ă opĂ©rer.
En particulier, quatre Ă©cueils majeurs se dĂ©gagent : une absence quasi totale dâinteraction entre les joueurs, la lenteur du rythme de jeu, un aspect trĂšs mĂ©canique et austĂšre, et un manque dâengagement Ă©motionnel flagrant. DĂ©taillons ces points noirs qui font que ce canal, aussi bien huilĂ© soit-il, navigue en eaux tiĂšdes.
Lenteur et interaction réduite au minimum
DâentrĂ©e de jeu, le rythme de Kanal pourra dĂ©concerter. Il sâagit dâun jeu lent, oĂč chaque tour de joueur consiste en une action unique aux effets souvent modestes. Construire un bĂątiment, par exemple, nâa aucune incidence immĂ©diate sur le plateau â il faudra attendre patiemment dâavoir les ressources et les actions disponibles pour le connecter et en tirer profit. Cette structure engendre une progression trĂšs Ă©talĂ©e dans le temps : les gains de points sont en grande partie reportĂ©s Ă la fin de partie, si bien que lâon peut avoir lâimpression de travailler longtemps âĂ blancâ avant de rĂ©colter les fruits de ses efforts.
Le jeu demande de planifier sur plusieurs tours Ă lâavance, ce qui ravira les stratĂšges calculateurs, mais il en rĂ©sulte aussi un dĂ©roulement monotone pour qui espĂ©rait un tant soit peu de surprises ou de coups dâĂ©clat en cours de route. En outre, avec la quantitĂ© de calculs Ă optimiser, il nâest pas rare que les joueurs les plus rĂ©flĂ©chis souffrent dâanalysis paralysis, ralentissant encore le tempo dĂ©jĂ tranquille de la partie.
On est loin de la tension rythmĂ©e dâun Agricola oĂč chaque rĂ©colte impose une urgence, ou de la montĂ©e en puissance progressive dâun Le Havre oĂč chaque tour apporte de nouvelles opportunitĂ©s tangibles â ici, le temps sâĂ©coule au fil de micro-actions mĂ©thodiques, ce qui peut sembler laborieux.
Par ailleurs, lâinteraction entre les joueurs et joueuses est rĂ©duite Ă sa portion congrue â pour ne pas dire inexistante. Kanal a Ă©tĂ© explicitement conçu pour un ou deux joueurs uniquement, et dans la configuration Ă 2, chaque joueur opĂšre principalement dans son coin. Il nây a ni Ă©changes, ni nĂ©gociation, ni confrontation directe. La seule forme dâinteraction rĂ©side dans la compĂ©tition pour les emplacements dâactions et les cartes bĂątiment disponibles : on peut en effet occuper un des rares spots dâaction convoitĂ©s avant lâautre, ou prendre une carte convoitĂ©e, gĂȘnant ainsi (un peu) les plans adverses. Mais Ă©tant donnĂ© le faible nombre dâactions possibles et la nature du jeu, ces blocages restent ponctuels â on trouve presque toujours une alternative proche Ă faire, et on subit rarement un vĂ©ritable contretemps catastrophique de la part de lâadversaire.
En pratique, chacun optimise son rĂ©seau de son cĂŽtĂ©, en solitaire, avec un minimum dâinterfĂ©rence. Cette absence dâinteraction rĂ©elle enlĂšve toute tension compĂ©titive : on ne ressent pas la pression des autres comme dans un eurogame multi-joueurs classique. MĂȘme Ă deux, lâexpĂ©rience se rapproche davantage dâun duel Ă distance, chacun les yeux rivĂ©s sur son propre plateau. Certains fans y verront un avantage (aprĂšs tout, Fields of Arle du mĂȘme auteur assumait dĂ©jĂ le format 2 joueurs âmulti-solitaireâ), mais nombreux sont ceux qui regretteront le manque de confrontation et dâinteractivitĂ©. Ce travers est dâautant plus notable que Rosenberg nous avait habituĂ©s Ă mieux sur ce plan : Agricola ou Caverna Ă plusieurs joueurs impliquent un fĂ©roce bras de fer pour les places dâouvriers, et mĂȘme Patchwork â pourtant jeu Ă deux trĂšs simple â parvient Ă instaurer une tension directe en obligeant Ă surveiller le plateau de lâadversaire et en pouvant lui chiper la piĂšce convoitĂ©e. Dans Kanal, rien de tel â lâautre joueur nâest au mieux quâune lĂ©gĂšre contrainte, au pire un simple figurant.
Pour un jeu de gestion, cette faible interaction couplĂ©e au rythme lent donne parfois lâimpression de jouer chacun de son cĂŽtĂ© Ă un casse-tĂȘte parallĂšle. Si vous cherchez un jeu Ă deux riche en Ă©changes ou en compĂ©tition, vous risquez de trouver le temps long sur les rives de ce canal.

Un design trop mécanique qui laisse de marbre
Le second grand reproche que lâon peut adresser Ă Kanal concerne son aspect trĂšs mĂ©canique et froid. Certes, le thĂšme industriel du canal dâOranienburg est original sur le papier â construire des ponts et usines en Prusse du XIXe, voilĂ qui change des sempiternelles fermes. Cependant, en cours de partie, le thĂšme peine Ă se manifester autrement que par des illustrations et des noms de bĂątiments. Lâessentiel du gameplay consiste Ă manipuler des cubes et jetons, Ă faire tourner une roue de conversion de ressources et Ă placer des tuiles de connexion sans rĂ©elle narration. On se retrouve vite plongĂ© dans lâabstraction, Ă optimiser des symboles et des chiffres plus quâĂ vivre une aventure industrielle. Du reste, on peut souligner ce dĂ©calage entre le thĂšme et le ressenti : malgrĂ© le soin apportĂ© Ă lâesthĂ©tique Art Nouveau de la boĂźte, lâiconographie sur les cartes est lourde et peu lisible, et les bĂątiments ne « se sentent » pas vraiment comme des installations vivantes â juste des cartes remplies dâeffets spĂ©ciaux. Le matĂ©riel est fonctionnel mais modeste : de simples disques en bois pour les « ouvriers », une roue en carton un peu tremblotante, des tuiles et jetons aux tons austĂšres. Lâensemble, sans ĂȘtre de mauvaise qualitĂ©, manque de chaleur visuelle et dâimmersion thĂ©matique. On est trĂšs loin du charme rustique dâun Agricola avec ses petits animaux en bois, ou de la mignonne courtepointe de Patchwork qui donne vie au plateau du joueur. Ici, lâaire de jeu Ă©voque davantage un plan dâingĂ©nieur quâun univers vibrant â ce qui renforce lâimpression dâun jeu froidement calculatoire.
Cette froideur mĂ©canique induit logiquement un manque dâengagement Ă©motionnel. En jouant Ă Kanal, on stimule ses neurones, certes, mais on ne sent guĂšre son cĆur palpiter. Le jeu ne raconte pas vraiment dâhistoire et ne crĂ©e pas de moment Ă©pique Ă raconter ensuite. Chaque dĂ©cision Ă©tant trĂšs algorithmique (dĂ©penser X ressources pour Y points), on nâĂ©prouve ni la petite montĂ©e dâadrĂ©naline dâun coup fourrĂ© Ă un adversaire, ni la tension dramatique dâune Ă©chĂ©ance Ă tenir. MĂȘme la rĂ©ussite de construire un bĂątiment convoitĂ© apporte surtout une satisfaction intellectuelle (celle dâavoir optimisĂ© son puzzle), mais peu dâaffect. On pourrait dire que Kanal sollicite la tĂȘte bien plus que les tripes.
LĂ oĂč Agricola stressait les joueurs avec la peur de ne pas pouvoir nourrir sa famille (une angoisse thĂ©matique forte qui crĂ©ait de lâĂ©motion), oĂč Le Havre faisait ressentir le poids de chaque dĂ©cision Ă©conomique dans la course aux bateaux, et oĂč Patchwork amuse et implique grĂące Ă son thĂšme cosy et son interaction immĂ©diate, Kanal reste sur un registre clinique. Certains joueurs apprĂ©cieront ce cĂŽtĂ© jeu de rĂ©flexion âpur et durâ sans alĂ©a ni fioriture â aprĂšs tout, Uwe Rosenberg a une audience de fans qui chĂ©rissent la dimension puzzle solitaire de ses crĂ©ations. Mais pour dâautres, dont votre serviteur, le voyage le long de ce canal sâavĂšre un peu aride.
Autour de notre table de test, lâenthousiasme nâa jamais vraiment dĂ©collĂ© : le jeu a suscitĂ© des rĂ©actions polies, tout au plus tiĂšdes, y compris chez des habituĂ©s de Rosenberg. Au final, Kanal est un exercice cĂ©rĂ©bral intĂ©ressant, mais qui peine Ă impliquer Ă©motionnellement â un jeu que lâon admire plus quâon ne sâen amuse rĂ©ellement, pourrait-on dire.

Rosenberg, du génie ludique au calcul solitaire
Comment situer Kanal dans la ludographie prolifique dâUwe Rosenberg ? Lâauteur allemand est connu pour avoir deux casquettes : dâun cĂŽtĂ©, de grands jeux de gestion complexes et immersifs (Agricola, Le Havre, A la Gloire dâOdin, Hallertau, etc.), de lâautre, des jeux plus accessibles souvent basĂ©s sur des puzzles astucieux (Patchwork, Azul â sur lequel il a influencĂ©, Nova Luna, etc.). Avec Kanal, Rosenberg semble avoir voulu marier ces deux approches : proposer un jeu de calibre expert mais limitĂ© Ă deux joueurs comme certains de ses formats plus petits.
En cela, on peut le rapprocher de Terres dâArle (Fields of Arle), autre jeu « big box » uniquement jouable Ă 1-2 joueurs, ou de Patchwork (2 joueurs Ă©galement) pour le cĂŽtĂ© duel intimiste â mais la comparaison sâarrĂȘte vite. Patchwork est un petit jeu rapide, ultra-simple et hautement interactif pour un duel, tandis que Kanal est un monstre de complexitĂ© pour deux joueurs, avec une interaction famĂ©lique. Terres dâArle, de son cĂŽtĂ©, offrait un bac Ă sable agricole trĂšs ouvert, oĂč chaque joueur dĂ©velopait sa rĂ©gion Ă sa guise sans vraie confrontation âKanal hĂ©rite bien de ce cĂŽtĂ© multi-solitaire, mais dans un cadre plus contraint et Ă©purĂ©. Le rĂ©sultat, câest un jeu qui peut dĂ©sarçonner mĂȘme les fans de Rosenberg : Kanal nâest ni un âRosenberg punitifâ Ă la Agricola, ni un bac Ă sable foisonnant comme Terres dâArle ou Odin, mais un objet ludique un peu Ă part, qui laisse un sentiment mitigĂ©.
On peut Ă©galement le comparer Ă Hallertau (2020), lâavant-dernier gros jeu de Rosenberg avant Kanal. Hallertau revisitait le placement dâouvriers classique jusquâĂ 4 joueurs, avec un thĂšme agricole (culture du houblon) et une mĂ©canique originale de champs et de cartes. Ce jeu, bien quâexigeant, Ă©tait jugĂ© plus dynamique et immersif, offrant une progression tangible et quelques interactions (blocage dâactions Ă coĂ»ts croissants). Kanal, en choisissant de sâorienter uniquement vers le duel et en misant sur un principe de roue/exploitation de ressources optimisĂ©, prend un chemin plus austĂšre encore. Le cĂŽtĂ© trĂšs scriptĂ© reprochĂ© Ă Hallertau (oĂč une stratĂ©gie dominante pouvait lâemporter) a certes Ă©tĂ© Ă©vitĂ© â ici, la libertĂ© est plus grande pour construire son rĂ©seau industriel â mais Ă quel prix ? Celui dâun jeu moins convivial et moins Ă©pique.
MĂȘme Agricola et Le Havre, pourtant rĂ©putĂ©s pour leur cĂŽtĂ© calculatoire, offraient des expĂ©riences plus viscĂ©rales, avec plus de joueurs autour de la table et des thĂšmes de vie (Ă©lever sa famille, dĂ©velopper un port) qui parlaient davantage au cĆur. Ă lâinverse, Kanal donne lâimpression dâune sorte de laboratoire mĂ©canique conçu pour les perfectionnistes du high score en solo ou en duel.
Alors oui, en tant que jeu solo, Kanal fait mouche : jouer seul permet de savourer le casse-tĂȘte Ă son rythme, sans se soucier dâinteraction, ce pour quoi il semble finalement taillĂ© (Rosenberg ayant lui-mĂȘme conçu plusieurs titres spĂ©cifiquement pour le solo/duo, on pense Ă Reykholt ou Sagani). Ainsi, les inconvĂ©nients que nous soulignons â lenteur, faible interaction, froideur â seront perçus diffĂ©remment selon votre profil de joueur. Les aficionados de Rosenberg en quĂȘte dâun casse-tĂȘte optimisĂ© Ă deux y trouveront peut-ĂȘtre leur compte, lĂ oĂč dâautres joueurs prĂ©fĂ©reront la chaleur dâun Agricola en famille ou lâimmersion dâun Le Havre avec des amis.
Kanal, verdict
Ou : un canal bien construit mais qui peine Ă couler
En fin de compte, Kanal est un titre qui suscite un avis partagĂ©. Dâun cĂŽtĂ©, impossible de ne pas reconnaĂźtre la qualitĂ© de lâhorlogerie ludique mise en Ćuvre par Uwe Rosenberg : le jeu est solidement conçu, sans dĂ©sĂ©quilibre flagrant, offrant une expĂ©rience calibrĂ©e pour les amateurs de rĂ©flexion posĂ©e. Son originalitĂ© dans le cadre des jeux Ă deux joueurs âexpertsâ mĂ©rite Ă©galement dâĂȘtre saluĂ©e â il y a peu de duels aussi complexes sur le marchĂ©, et les fans de Rosenberg seront contents dây retrouver des mĂ©canismes familiers sous une forme renouvelĂ©e. Toutefois, Ă nos yeux, le jeu souffre de dĂ©fauts majeurs qui ternissent le plaisir : une absence dâinteraction qui le fait presque ressembler Ă un solo parallĂšle, un rythme lent qui peut ennuyer si lâon nâest pas passionnĂ© par lâoptimisation pure, un caractĂšre froid et hautement mĂ©canique qui empĂȘche toute immersion thĂ©matique, et un manque dâengagement Ă©motionnel qui fait que la partie, bien quâintellectuellement stimulante, ne procure que peu de sensations.
En tant que blog dĂ©diĂ© aux jeux de sociĂ©tĂ©, nous attribuons Ă Kanal la note de 3 Ă©toiles sur 5. Câest une apprĂ©ciation mitigĂ©e pour un jeu qui plaira surtout Ă un public de joueurs experts apprĂ©ciant les dĂ©fis solitaires et analytiques, mais qui risque de laisser de marbre ceux qui recherchent interaction, ambiance et Ă©motions autour de la table. Kanal nâest pas un mauvais jeu en soi â câest un ouvrage ludique solide qui comblera certaines attentes â mais comparĂ© aux autres chefs-dâĆuvre de Rosenberg, il manque un petit quelque chose pour vraiment embarquer les joueurs.
- On a aimĂ© : la profondeur stratĂ©gique, la roue de ressources ingĂ©nieuse, et lâidĂ©e dâun jeu expert en format duo (câest rare !).
- On a moins aimĂ© : lâabsence cruelle dâinteraction, la lenteur excessive, et ce petit cĂŽtĂ© ârĂ©frigĂ©rateur industrielâ qui peut laisser de marbre.
- Câest plutĂŽt pour vous si⊠vous aimez solver des casse-tĂȘte cĂ©rĂ©braux en solo ou en tĂȘte-Ă -tĂȘte, en toute tranquillitĂ©, avec un Rosenberg plus abstrait que jamais.
- Ce nâest plutĂŽt pas pour vous si⊠vous cherchez un jeu convivial, vif et immersif avec de lâinteraction ; mieux vaut Ă©viter de geler lâambiance !
En clair, un canal stratégiquement bien pensé, mais dont les eaux sont un peu trop calmes et froides à notre goût.
Sympathique, sans plus.
- Date de sortie : Novembre 2024
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 1.5 sur 5. Pour en savoir plus sur lâITHEM dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- IGUS : 1.5 sur 5. Pour en savoir plus sur lâIGUS dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur lâEcoScore dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici

- Label DĂ© Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label DĂ© Vert, câest ici.
- Création : Uwe Rosenberg
- Illustrations : Crocotame & Mariya Georgieva
- Ădition : Sylex
- Nombre de joueurs et joueuses : 1-2 (mĂȘme Ă 2 on a un peu l’impression de jouer en solo)
- Ăge conseillĂ© : 12+ (c’est⊠ambitieux. 14 semble plus adaptĂ©)
- Durée : 90 minutes
- ThÚme : Révolution industrielle
- MĂ©caniques principales : Placement d’ouvriers, Ressources, Connexion. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, câest ici.
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4 Comments
Bob
Bonjour. DĂ©solĂ©, rien Ă voir avec l’article. Mais comment gĂ©nĂ©rez-vous le podcast ? Avec quel outil ou quel site ? Merci !
Gus
Bonjour Bob,
Tout dâabord, merci pour votre question.
Si cela vous intĂ©resse, nous pourrions prochainement publier un article dĂ©taillĂ© expliquant la dĂ©marche complĂšte. Nous pourrions Ă©galement prĂ©senter nos diffĂ©rentes utilisations de lâIA (nous en utilisons plusieurs) pour nous assister dans notre travail. Cependant, rassurez-vous, ce nâest pas lâIA qui rĂ©dige nos chroniques. đ
Cela dit, jâai une question Ă vous poser, Bob : que pensez-vous de ces formats podcast ?
Bob
Je trouve que ça rend super bien. Je prĂ©fĂšre lire les articles, mais c’est bluffant.
Est-ce que c’est gĂ©nĂ©rĂ© via NotebookLM ?
Et oui, ça serait super un article sur votre utilisation de l’IA.
Gus
Merci pour votre retour ! On note votre intĂ©rĂȘt pour l’article đ»