Expedition 33 article bannière
Autour du jeu vidéo,  Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Clair Obscur: Expedition 33 – Chef-d’œuvre ludique

Dans Expedition 33, vivez l’épopée de Gustave et Maelle dans un monde Belle Époque fantastique. Un jeu vidéo français de OUF !



Clair Obscur: Expedition 33

Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

En bref :

  • Un RPG français au tour par tour mêlant Belle Époque et fantasy sombre, avec une malédiction qui réduit l’espérance de vie à 33 ans.
  • Un gameplay innovant alliant stratégie et actions de timing (esquives, parades), enrichi par un système de pictos et de luminas.
  • Une direction artistique éblouissante et une histoire poignante, saluées par la critique et les joueurs pour leur profondeur et leur émotion.

Imaginez devoir finir une partie avant que l’horloge ne vous rattrape : bienvenue dans l’univers oppressant de Clair Obscur: Expedition 33.

Après vous avoir présenté l’excellent Blue Prince, on rempile aujourd’hui avec un autre jeu vidéo indé, Clair Obscur: Expedition 33. Clair Obscur: Expedition 33 est un jeu vidéo de rôle au tour par tour sorti fin avril 2025 qui a tout d’un grand. D’un TRÈS GRAND !

Premier titre du jeune studio montpelliérain Sandfall Interactive, ce RPG ambitieux mélange habilement inspirations Belle Époque et fantasy sombre, combats stratégiques et mécaniques dynamiques inédites. Le résultat ? Une aventure magistrale plébiscitée autant par la critique que par les joueurs, à tel point qu’il s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en seulement trois jours.

Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon complet de ce bijou vidéoludique – gameplay, histoire, direction artistique, univers, musique, mécaniques – le tout couronné de notre verdict 5 étoiles sur 5. Nous explorerons également comment Clair Obscur: Expedition 33 pourrait inspirer une adaptation en jeu de société, tant son univers et ses systèmes semblent s’y prêter. Embarquez avec nous dans l’expédition la plus marquante de l’année !

Une histoire sombre dans la Belle Époque fantastique

L’univers de Clair Obscur: Expedition 33 plonge les joueurs dans une version alternative de la Belle Époque française, teintée de fantastique et d’obscurité. Le monde du jeu est marqué par un phénomène tragique : il y a 67 ans, la « Fracture » a bouleversé la ville de Lumière, et un gigantesque monolithe est apparu à l’horizon, exhibant un nombre mystérieux.

Chaque année, une entité divine surnommée la Peintresse s’éveille et peint un nouveau nombre sur ce monolithe – un nombre maudit qui représente l’âge maximal que l’humanité peut atteindre. Tous les habitants ayant cet âge précis sont alors instantanément « gommés », littéralement effacés de la réalité. Année après année, le chiffre décroît et condamne de plus en plus de personnes à une mort surnaturelle, plongeant le monde dans une course macabre contre le temps. Lorsque l’histoire du jeu débute, le nombre s’apprête à passer à « 33 », ce qui signifie que plus personne ne pourra vivre au-delà de 33 ans.

Face à cette malédiction, un groupe de volontaires baptisé l’Expédition 33 se forme pour réaliser une mission désespérée : atteindre le monolithe et éliminer la Peintresse afin de briser le cycle mortel. Le joueur suit ainsi les pas de personnages hauts en couleur – Gustave (un vétéran déterminé, doublé en anglais par Charlie Cox), Maelle (jeune protégée de 16 ans au tempérament courageux), Lune (mage énigmatique), Sciel (combattante agile) – et bien d’autres alliés atypiques comme le mystérieux Verso ou l’étrange Esquie.

Au fil d’un prologue poignant, l’Expédition 33 tente un premier assaut qui tourne au désastre : presque toute l’équipe est décimée, ne laissant que quelques survivants pour poursuivre la quête. Gustave, Maelle, Lune et Sciel reprennent alors la route, bientôt rejoints par Monoco, pour accomplir l’« ultime mission » : empêcher la Peintresse de peindre la mort une fois pour toutes.

Le scénario de Clair Obscur: Expedition 33 s’avère rapidement bouleversant et profond, mêlant mélancolie et espoir. Les héros voyagent à travers un monde ravagé mais étonnamment beau, découvrant les secrets des expéditions précédentes et confrontant leurs propres traumatismes. La narration n’hésite pas à aborder des thèmes adultes tels que la mort inéluctable, le deuil et la rébellion face au destin. Grâce à une écriture soignée et à des personnages attachants, le jeu parvient à susciter une forte empathie.

L’intrigue réserve de nombreux rebondissements mémorables et des scènes d’une intensité rare. Il y aura sans doute un avant et un après Clair Obscur, tant certaines séquences marquent durablement les esprits. Le récit n’est pas exempt de moments un peu denses en informations, pouvant parfois dérouter, mais la cohérence de l’univers et la qualité des dialogues maintiennent l’attention jusqu’au dénouement.

Au final, l’histoire originale de Clair Obscur: Expedition 33 s’impose comme l’une des plus fortes de ces dernières années dans le genre JDR/RPG, réussissant le pari d’être à la fois sombre et lumineuse, cruelle et empreinte d’espoir.

Un gameplay RPG tactique, frénétique et innovant

Au-delà de son univers accrocheur, Clair Obscur: Expedition 33 cartonne par son gameplay qui marie le tour par tour classique des JRPG avec des idées de temps réel innovantes. Le studio Sandfall Interactive, fondé par d’anciens d’Ubisoft à Montpellier, affichait d’emblée son ambition de créer un RPG au tour par tour de grande qualité, s’inspirant des meilleurs jeux de rôle japonais comme Final Fantasy ou Persona. Force est de constater que le pari est tenu : le système de combat d’Expedition 33 est à la fois nerveux et tactique, réussissant à offrir quelque chose de rafraîchissant tout en restant familier aux amateurs du genre.

Chaque affrontement débute de manière traditionnelle : votre équipe de personnages affronte des ennemis (appelés les Névrons) à tour de rôle, chacun pouvant effectuer des attaques de mêlée, des compétences spéciales ou utiliser des objets. La particularité vient de l’ajout d’une “dimension active” en plein combat : le joueur peut esquiver ou parer en temps réel presque toutes les attaques adverses en appuyant au bon moment. Concrètement, lorsqu’un monstre lance une série de coups, un timing précis s’affiche – une pression réussie sur la touche d’esquive permet d’éviter les dégâts, tandis qu’un timing parfait sur la parade bloque l’assaut et octroie un bonus substantiel. En effet, chaque parade réussie sur une salve entière déclenche aussitôt un puissant contre-attaque, infligeant des dégâts et rechargeant vos points d’action.

Ce système de contre en rythme, très inspiré des jeux d’action comme Sekiro ou des RPG Mario & Luigi, apporte énormément de dynamisme aux duels. Il récompense l’adresse du joueur (une suite de parades impeccables peut étourdir un boss plus rapidement) tout en maintenant une tension de chaque instant. On en oublierait presque qu’il est possible de simplement esquiver tant on prend goût à parer chaque coup ! À noter que des QTE (Quick Time Events) ponctuent aussi certaines attaques pour en maximiser l’effet, mais ils restent facultatifs – une option permet même de les automatiser pour ceux qui préfèrent se concentrer sur la stratégie pure.

Côté stratégie justement, Clair Obscur offre une profondeur de personnalisation digne des meilleurs RPG. Chaque héros du groupe possède une arme et une mécanique de combat uniques : par exemple, Gustave accumule de l’énergie dans son bras mécanique à chaque attaque pour libérer ensuite une Surcharge dévastatrice, Maelle excelle avec sa rapière en changeant de postures de combat (offensive, défensive ou virtuose) selon les techniques employées, tandis que Lune, la mage de l’équipe, génère des pigments magiques colorés à chaque sort, pigments qui renforcent ses prochaines incantations en fonction de leur couleur.

Ces spécificités donnent à chaque personnage un rôle bien défini tout en permettant des synergies : on réfléchit à nos enchaînements sur plusieurs tours, on prépare tel sort puissant à l’avance en accumulant les bons pigments, etc. À mi-chemin entre Final Fantasy IX (où chaque héros a sa classe attitrée) et Final Fantasy VII Remake (qui ajoutait de l’action au tour par tour), Expedition 33 trouve un équilibre intelligent entre personnages aux profils fixés et liberté de build. En gagnant des niveaux, vos combattants reçoivent en effet des points de statistiques à distribuer librement (Force, Défense, Vitesse, etc.), ce qui permet de les spécialiser davantage – par exemple faire d’un même héros soit un tank robuste, soit un damage-dealer agile selon vos choix.

Surtout, le jeu introduit un ingénieux système de “Pictos” et “Luminas” qui remplace l’équipement classique. Les Pictos sont des sortes de reliques à équiper (jusqu’à trois par personnage) conférant chacune un effet passif particulier : bonus de stats, amélioration des attaques de base, déclenchement d’un sort protecteur automatique, etc.

Plus de 100 pictos différents sont à collectionner en explorant le monde, en récompense de quêtes ou sur des ennemis rares, offrant d’innombrables combinaisons possibles. Et ce n’est pas tout : si un personnage garde un picto équipé et remporte quatre combats avec, il en apprend définitivement le pouvoir, qu’on peut alors activer via des points de Lumina (gagnés en montant de niveau ou en trouvant des « Lumicolors » cachés). Ce système d’apprentissage rappelle astucieusement Final Fantasy IX (où les compétences des armes finissent par être acquises de façon permanente). On se surprend à changer régulièrement l’équipement de nos héros pour débloquer tous ces passifs, puis à sélectionner les bonus permanents les plus adaptés à notre style de jeu.

Certes, l’abondance de possibilités peut d’abord surcharger le joueur d’informations – la gestion des Pictos/Luminas et de leurs multiples menus se révèle un brin austère au début – mais une fois les mécaniques apprivoisées, la richesse du gameplay se déploie pleinement. On prend alors un plaisir fou à optimiser son équipe, surtout que la difficulté monte en puissance de façon significative sur la fin de l’aventure et dans le contenu annexe end-game. Les combats de boss les plus relevés exigent de tirer parti de toutes les subtilités du système : il faut à la fois de bons builds (choix minutieux des pictos, des compétences et de la répartition des stats) et une exécution sans faille en temps réel pour espérer l’emporter. Cette double exigence stratégique et réflexive procure des affrontements exaltants, jamais routiniers, y compris contre les ennemis de base dont les schémas d’attaque variés vous forcent à rester concentré.

En parallèle des combats, Clair Obscur: Expedition 33 propose une progression linéaire maîtrisée, ponctuée d’exploration et de découvertes. La mappemonde recèle des zones secrètes, des quêtes annexes et des marchands spéciaux (qu’il faut parfois battre en duel pour accéder à leurs articles rares !). Le jeu ne verse pas dans l’open-world pur, mais offre suffisamment de liberté pour satisfaire les explorateurs, avec des environnements diversifiés et des secrets à chaque recoin. Des modes de difficulté au choix permettent d’ailleurs à chacun de vivre l’expérience à son rythme – un point appréciable pour un titre aussi narratif.

On regrettera juste quelques phases de plateforme anecdotiques durant l’exploration, un système de voyage rapide un peu limité et l’absence de sauvegarde manuelle (la sauvegarde auto fait heureusement bien le travail). Mais ces bémols pèsent peu face à l’excellence globale du gameplay. Ce mélange unique de tactique et de rythme rend chaque bataille mémorable et contribue à faire de Clair Obscur: Expedition 33 un JDR hors du commun.

Une claque visuelle et sonore

Visuellement, le jeu frappe fort dès les premières minutes et déploie une direction artistique somptueuse tout au long de l’aventure. Clair Obscur exploite à fond le moteur Unreal Engine 5 pour donner vie à son univers Belle Époque fantastique, avec des graphismes de haute volée et une esthétique vraiment singulière. Les décors mêlent l’élégance d’une Europe 1900s (grandes verrières art nouveau, vieux ports et rues pavées, machines à vapeur) à des visions oniriques et apocalyptiques : paysages flottants en morceaux, forêts surréalistes baignées d’une lumière irréelle, créatures mythologiques éthérées… Le résultat est un monde enchanteur et terrifiant à la fois, qui émerveille par ses détails et sa créativité visuelle.

On visite par exemple l’Île des Visages – un lieu étrange où la roche elle-même semble vous observer – ou encore le Champ de Bataille Oublié, terrain de guerres passées figé dans le temps. Chaque zone offre son lot de panoramas à couper le souffle et de petites trouvailles artistiques (jeux de lumière, contrastes clair-obscur justement, teintes pastel contre cieux orageux) qui rendent l’exploration grisante pour les yeux.

La mise en scène n’est pas en reste : de nombreuses cinématiques viennent ponctuer le récit, réalisées avec soin. Les animations des personnages et des ennemis sont fluides et impressionnantes, renforçant la dimension épique des combats. Certains boss occupent tout l’écran et bénéficient de mises en scène dignes des plus grands JRPG, tandis que les attaques spéciales de vos héros s’accompagnent d’effets visuels flamboyants sans jamais nuire à la lisibilité. L’interface en combat, d’ailleurs, est élégante et moderne – sans atteindre la stylisation d’un Persona 5, elle reste lisible et bien intégrée à l’action. On pourrait chipoter sur quelques éléments de HUD un peu petits ou l’absence du nom des monstres affiché à l’écran, mais ce sont là des détails mineurs.

Globalement, Expedition 33 propose une réalisation graphique qui rivalise avec les productions AAA : un comble quand on sait que le jeu a été développé par seulement ~30 personnes ! « Le studio montpelliérain prouve qu’un jeu au budget modeste peut faire de l’ombre aux plus grands RPG » salue JeuxVideo.com, soulignant le coup de génie de Sandfall Interactive pour un coup d’essai.

L’atmosphère doit également beaucoup à la bande-son exceptionnelle du jeu. La musique originale, composée par Lorien Testard, accompagne à la perfection les aventures de l’Expédition 33. Les thèmes explorent une large palette d’émotions, alternant mélodies poignantes au piano et morceaux orchestraux grandioses. Dès l’écran-titre, un air mélancolique plante le décor avec une douceur amère qui reste en tête. Puis viennent les musiques de zones, tantôt feutrées et mystérieuses dans les moments d’exploration, tantôt dramatiques et puissantes lors des scènes clé. Les musiques de combat méritent une mention spéciale : plutôt que de recycler un seul air, le jeu propose plusieurs thèmes de bataille différents, adaptés aux lieux traversés ou à l’état d’urgence du scénario. On peut passer d’un combat frénétique sur fond de violons endiablés à une escarmouche oppressante soutenue par des chœurs éthérés – toujours avec réussite.

C’est une véritable folie pour nos sens. Après des dizaines d’heures de jeu, les compositions ne lasseront pas, tant elles ont été pensées pour des réécoutes répétées. Le sound design et les effets sonores participent eux aussi à l’immersion, avec des bruits de créatures distordus, des coups d’épée bien percutants et des ambiances sonores travaillées (le calme angoissant d’un port déserté, le crépitement d’une flamme vacillant dans l’ombre, etc.).

Un autre atout majeur : le doublage vocal de grande qualité, en anglais comme en français. Sandfall a fait appel à des acteurs de renom pour incarner ses personnages, ce qui apporte une vraie épaisseur émotionnelle aux dialogues.

En anglais on retrouve ainsi Andy Serkis (Gollum, Planet of the Apes…) prêtant sa voix au personnage de Renoir, ou encore Charlie Cox (Daredevil) dans le rôle de Gustave. Le casting anglais compte aussi Ben Starr (connu pour Final Fantasy XVI) et Jennifer English, tandis que la version française n’est pas en reste avec des comédiens expérimentés (Alexandre Gillet, Adeline Chetail, etc.).

Les performances vocales sont habitées et justes – on sent l’investissement des acteurs pour donner vie aux protagonistes, qu’il s’agisse de transmettre la détermination farouche de Gustave ou la vulnérabilité de Maelle face au destin. D’après plusieurs critiques, ce doublage haut de gamme renforce l’impact narratif déjà solide du titre. Il est suffisamment rare de voir un jeu français s’offrir un tel casting international pour être souligné, et cela témoigne de l’attention au détail portée par le studio jusque dans la localisation.

Un succès public retentissant

Sur le plan commercial, cette réception élogieuse s’est traduite par un engouement immédiat du public. Sandfall Interactive et son éditeur Kepler Interactive ont annoncé que le jeu avait atteint 500 000 ventes en 24 heures, puis dépassé le million d’exemplaires vendus en seulement trois jours après sa sortie – et ce chiffre ne tient même pas compte des joueurs Xbox utilisant le Game Pass ! Un véritable raz-de-marée pour une nouvelle licence RPG. Sur les réseaux sociaux, les développeurs ont exprimé leur joie et leur incrédulité devant un succès plus rapide qu’ils ne l’auraient jamais imaginé.

Crédit image : Alinea Analytics

En France, l’engouement a même dépassé le cadre du jeu vidéo : le projet a été remarqué pour son excellence “Made in France”, figurant dans des discussions grand public sur la vitalité du jeu vidéo français (jusqu’au Président de la République qui s’est fendu d’un petit clin d’œil dans un tweet, fait assez rare pour être mentionné). Bref, Clair Obscur: Expedition 33 est d’ores et déjà un phénomène. Beaucoup le considèrent comme un sérieux prétendant au titre de jeu de l’année 2025, et le bouche-à-oreille continue de le porter au-delà de la communauté des rôlistes. Sandfall Interactive, pour son coup d’essai, a frappé un coup de maître.

De notre côté, après avoir exploré en détail ses qualités, nous ne pouvons que rejoindre ce concert de louanges. Clair Obscur: Expedition 33 s’affirme comme un chef-d’œuvre du RPG moderne, et nous lui attribuons sans hésitation la note maximale de 5 étoiles sur 5. Mais au-delà du simple bilan vidéoludique, une question nous taraude désormais : et si l’aventure Clair Obscur ne s’arrêtait pas à l’écran, et se poursuivait… sur nos tables de jeu ?

Clair Obscur en jeu de société, un rêve à portée de main ?

Le riche univers et les mécaniques de Clair Obscur: Expedition 33 semblent en effet taillés pour inspirer une adaptation en jeu de société. Les passerelles entre jeux vidéo et jeux de plateau sont de plus en plus nombreuses – on a vu récemment des licences à succès comme Dead Cells, The Last of Us ou The Witcher être déclinées en jeux de plateau avec bonheur, sans oublier l’annonce d’un jeu de cartes LoL pour les fans du jeu.

Expedition 33, avec son ambiance unique et son système de combat tactique, ferait un excellent candidat pour une transposition ludique. On pourrait tout à fait imaginer une boîte de jeu reprenant les aventures de Gustave et ses compagnons, permettant à plusieurs joueurs de coopérer pour vaincre la Peintresse autour d’une table. À quoi pourrait ressembler concrètement un tel jeu de société ? Voici quelques idées qui sautent aux yeux :

  • Type de jeu et nombre de joueurs : un jeu coopératif narratif pour 1 à 4 joueurs, chaque joueur incarnant l’un des héros de l’Expédition 33 (Gustave, Maelle, Lune, Sciel – voire un cinquième joueur pouvant jouer un allié comme Verso). La coopération serait au cœur de l’expérience, chaque personnage ayant ses forces et faiblesses complémentaires, comme dans le jeu vidéo.
  • Mécaniques de combat tour par tour : le cœur du gameplay de plateau serait des combats tactiques gérés au tour par tour, à l’aide de figurines ou de standees sur un plateau modulable. Chaque personnage disposerait d’un deck de cartes Action correspondant à ses capacités uniques (par exemple, des cartes Parade pour Gustave avec son bras mécanique, des cartes Magie de différentes couleurs pour Lune, etc.). Les ennemis, eux, auraient des cartes de comportement indiquant leurs attaques télégraphiées – aux joueurs de réagir en jouant leurs cartes au bon timing. On pourrait même inclure une petite mécanique de réaction en temps réel : par exemple un sablier ou un mini-jeu de réflexes lorsque survient une attaque puissante, afin de simuler l’urgence d’une esquive ou d’une parade parfaite. Bien dosé, ce mélange de stratégie posée et de rapidité apporterait la même tension que dans le jeu vidéo.
  • Evolution des personnages et butin : une composante JDR serait présente via un système d’amélioration du héros au fil de la campagne. Gagner un combat rapporterait des points d’expérience à dépenser pour augmenter ses statistiques (Force, Défense…) – reproduisant la montée en niveau du jeu vidéo. On pourrait également looter des reliques (les fameux Pictos) sous forme de cartes objets à équiper sur son personnage pour obtenir des bonus passifs. Pourquoi ne pas reprendre l’idée des Pictos qui deviennent permanents après plusieurs utilisations réussies ? Par exemple, après avoir remporté trois combats avec le Picto de Carapace, votre héros garderait définitivement la compétence “Armure renforcée”. Cette progression rendrait chaque partie de plus en plus riche en options, tout comme dans le jeu original.
  • Narration et exploration : le jeu de plateau pourrait se présenter sous la forme d’une campagne scénarisée découpée en scénarios (un peu à la manière d’un Gloomhaven ou d’un Mice & Mystics). Chaque scénario ferait progresser l’histoire générale : exploration d’une nouvelle région (avec des tuiles de plateau à découvrir représentant les lieux emblématiques comme Lumière, l’Île des Visages, etc.), rencontres narratives à résoudre via des cartes aventure, dialogues à choix multiples qui rappellent le visual novel… Un livre de scénario guiderait les joueurs à travers le récit, avec des embranchements selon leurs succès ou échecs. Le thème central du temps qui s’écoule pourrait être matérialisé par une piste de compte à rebours : par exemple, un compteur d’années allant de 40 à 33 qui descend à chaque scénario, symbolisant l’avancée de la malédiction. Si le compteur atteint 33 avant que les joueurs n’aient vaincu la Peintresse, la campagne se solde par une fin tragique (tous les personnages de plus de 33 ans disparaissant…). Cette contrainte de temps ajouterait une pression similaire à celle ressentie dans le jeu vidéo face au décompte inéluctable.

En termes d’expérience de jeu, on pourrait comparer une adaptation de Clair Obscur à un mélange de plusieurs références ludiques bien connues. Imaginez par exemple le côté exploration narrative d’un Sleeping Gods (où l’on vogue de lieu en lieu en suivant un scénario ramifié) combiné au côté combat tactique d’un Mage Knight ou d’un Final Fantasy TCG pour les duels stratégiques, le tout dans l’ambiance oppressante d’un Horreur à Arkham (qui, lui aussi, confronte des investigateurs à un compte-à-rebours apocalyptique dans les années 1920).

La richesse de l’univers de Clair Obscur ferait merveille en jeu de société : on s’imagine déjà des illustrations sublimes sur les cartes, reprenant le style pictural du jeu vidéo, et des figurines détaillées des héros en costumes Belle Époque ou des monstres névrosés. De plus, l’équilibre entre moments de calme (exploration, discussions au camp) et moments de tension extrême (combats contre des boss mythiques) offrirait un rythme idéal pour des soirées jeux variées, entre réflexion et adrénaline.

Naturellement, transposer un jeu vidéo aussi complet en jeu de société représenterait un défi. Il faudrait simplifier certains éléments (par exemple, le système de pictos/luminas devrait rester fluide pour ne pas noyer les joueurs sous les règles). Mais les bases posées par le jeu sont solides et évoquent déjà des mécaniques de jeu de plateau. Après tout, Clair Obscur: Expedition 33 est lui-même structuré un peu comme un grand jeu de plateau numérique, avec ses tours de table en combat, ses fiches de personnages évolutives, ses objets à collectionner et même ses lancers de dés virtuels (chaque coup critique étant lié à une part de chance, symbolisée à l’écran). Le fait qu’il soit jouable en solo uniquement sur console/PC n’empêcherait pas une version plateau d’inclure un mode solo également – de nombreux jeux coopératifs permettent de jouer seul en contrôlant plusieurs personnages.

Au final, voir Clair Obscur: Expedition 33 adapté en jeu de société serait un vrai bonheur pour les fans de l’univers et pour les amateurs de jeux de plateau narratifs. Ce serait l’occasion de prolonger l’aventure différemment, de la partager en groupe, et d’explorer d’éventuels scénarios inédits (pourquoi pas des expéditions antérieures, évoquées dans le jeu, qui pourraient être développées sous forme de campagnes additionnelles sur table ?). S’inspirant des réussites hybrides récentes, comme le jeu de rôle The Witcher transposé en jeu de plateau compétitif ou Dark Souls: The Board Game qui a cartonné sur Kickstarter, Expedition 33 pourrait apporter sa touche française et artistique au monde du jeu de société.

Une aventure à vivre absolument

Au terme de cette exploration approfondie, difficile de trouver des défauts majeurs à Clair Obscur: Expedition 33. Sandfall Interactive signe un coup de maître avec ce premier jeu qui réussit pratiquement tout ce qu’il entreprend : une histoire captivante servie par un gameplay novateur, une direction artistique et une musique de très haut niveau, et une exécution technique quasi sans faille. Certes, quelques menus détails (interface dense, actes un peu linéaires) rappellent qu’il ne s’agit pas d’un projet au budget illimité. Mais loin de le desservir, cela rend son accomplissement encore plus admirable. Nous attribuons donc à Clair Obscur: Expedition 33 la note maximale 5/5, et la recommandons chaudement à tous les fans de jeux de rôle, qu’ils soient fans de JRPG à l’ancienne ou simplement en quête d’une expérience narrative forte.

Avec Clair Obscur, le jeu vidéo français tient sa pépite de 2025, un titre qui fera date tant il a su toucher les joueurs en plein cœur. En attendant de voir, qui sait, un jour cette Expédition 33 débarquer sous forme de jeu de plateau dans nos ludothèques, une chose est sûre : cette aventure interactive est d’ores et déjà incontournable. Ne laissez pas passer ce chef-d’œuvre clair-obscur qui marquera l’année. Prenez part à l’Expédition 33, et laissez-vous emporter « année après année » par la lumière d’un jeu d’exception.

On a aimé :

  • L’univers Belle Époque sombre et original
  • Les combats qui marient tactique et réflexes
  • Les personnages charismatiques et attachants
  • La bande-son envoûtante et le doublage de qualité

On a moins aimé :

  • Les menus de pictos/luminas parfois un peu austères
  • Le voyage rapide limité pour se déplacer
  • Les phases de plateforme anecdotiques

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous rêvez d’un JRPG avec une vraie touche française.
  • Vous aimez quand vos réflexes sont mis à l’épreuve, même en tour par tour.
  • Vous cherchez un univers marquant et une intrigue mature.

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Vous détestez la moindre pointe de timing ou de QTE.
  • Vous préférez un open world gigantesque à une progression plus linéaire.
  • Vous fuyez les ambiances un peu sombres ou mélancoliques.

Bref, si vous vous sentez prêt à affronter la Peintresse, ne tardez pas : à 33 ans, il sera peut-être déjà trop tard pour relancer la partie !

Verdict final : 5 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ sur 5Clair Obscur: Expedition 33 est une expédition mémorable, une œuvre magistrale qui prouve que le RPG au tour par tour a encore de beaux jours devant lui, et qui ne demande qu’à inspirer d’autres formes de jeu pour prolonger la magie. Un must absolu, à la fois pour les joueurs et – on l’espère – peut-être bientôt pour les plateaux. Ou pour du jeu de rôle ! Et oui, l’adaptation ciné a déjà été signée.

Clair Obscur: Expedition 33 est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X/S et sur PC.

👉 Vous pouvez le trouver sur Steam ici


Rejoignez notre chaîne WhatsApp


Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité

Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).

Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :

Le soutien direct : Rejoignez nos mécènes sur Tipeee pour le prix d'un café par mois.

☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee
Votre réaction sur l'article ?
+1
1
+1
6
+1
0
+1
0
+1
0
+1
2

3 Comments

  • GHIS

    Je n’ai pas joué à Clair Obscur mais j’ai vu tout le « film » du jeu et j’orienterais plus volontiers vers un jeu de société lorgnant sur le côté artistique de l’univers du jeu, par exemple à travers un mélange entre Canvas et Paris 1889. Bien sûr, ça éloigne beaucoup du côté JRPG mais ça permet un côté narratif « émergent » et non scripté.

À vous de jouer ! Participez à la discussion

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Gus & Co

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture