Mesos : Bâtissez, anticipez, dominez
🌄 Dans l’aube de l’humanité avec Mesos ! Recrutez et remportez des rituels pour dominer les tribus. Un gameplay riche sans être complexe.
Mesos : Découvrons le jeu avec notre tribu

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
En bref :
- Mesos est un jeu de deck-building où vous développez votre tribu primitive en recrutant des personnages et en construisant des bâtiments pour gagner en prestige.
- Sa mécanique d’anticipation sur deux tours et son système de placement de totems qui influence l’ordre du jeu créent un équilibre dynamique.
- Le jeu atteint son plein potentiel à 4-5, tandis qu’en configuration réduite (2-3), la rejouabilité peut souffrir de stratégies stéréotypées après quelques parties.
Avez-vous déjà rêvé de bâtir votre propre civilisation depuis ses tout premiers balbutiements ? Mesos vous plonge dans cette aventure primitive où votre talent de stratège sera mis à rude épreuve.
Dans Mesos, des chefs de tribus primales s’affrontent pour avoir l’honneur de diriger le clan le plus prestigieux !
J’aurais souhaité tenter de vous convaincre que ce jeu trouve son origine à l’époque des premiers chasseurs-cueilleurs, mais ce serait à l’opposé de la modernité de son gameplay. Alors je vais plutôt introduire ce jeu comme un jeu qui commence à faire parler de lui (en bien), dont la sortie en français est prévue pour la fin février et dont j’ai pris plaisir à découvrir la version anglaise. Le jeu nous fait remonter le temps, à une période de notre histoire où les hommes commençaient à se regrouper, s’installer et s’organiser en tribu.
En tant que chef, vous allez devoir développer votre tribu, subvenir à ses besoins et mener les vôtres à la victoire via une course au prestige. À chaque tour, vous allez placer votre pion totem sur une piste d’offre afin de recruter de nouveaux membres pour votre tribu. Tel le responsable RH de votre village tribal, il va falloir choisir astucieusement vos collaborateurs afin de trouver le bon équilibre dans votre tribu. Chaque personnage a des effets spécifiques, et il va falloir anticiper les coûts, gérer vos ressources de nourriture, construire de nouveaux bâtiments et surtout réussir les événements afin de prouver à tous que votre tribu est bien la meilleure, digne de la première civilisation de notre histoire.
L’illustrateur du jeu a fait des choix très colorés, et le résultat me semble particulièrement réussi. Le matériel est de qualité, j’apprécie notamment les jetons des points de prestige avec des points négatifs sur le verso. Le jeu se rapproche d’un deck building. Il existe trois types de cartes :
- Les Personnages : qui participent au développement de la tribu
- Les Bâtiments : qui apportent des bonus
- Les Événements : qui, lors de leur résolution, ajouteront ou retireront des points de prestige à votre tribu en fonction de critères spécifiques
Bien que les symboles soient clairs et qu’on les retrouve facilement sur les cartes, il ne sera pas rare de confondre certaines cartes personnages ou les types d’événements lors de vos premières parties. Heureusement, les règles du jeu sont claires et concises, ce qui permettra de facilement retrouver le fil conducteur de votre aventure. La prise en main est naturelle et une partie sera suffisante pour assimiler les règles.

Cultivons notre prestige
La partie se déroule en dix tours. À chaque tour, les joueureuses vont placer à tour de rôle leur totem sur la piste des offres pour recruter de nouveaux membres ou bâtiments pour la tribu. Plus on s’éloigne et plus le gain est intéressant. Cependant, l’ordre du tour suivant sera déterminé par l’ordre des totems. Cela crée naturellement un bel équilibre entre les joueurs et joueuses, car celui qui est gourmand se retrouve souvent au régime lors du tour suivant. Les cartes disponibles sont réparties sur 2 lignes. À la fin de chaque tour, les cartes personnages de la ligne du bas sont retirées et les personnages du haut viennent les remplacer sur la ligne du bas. Idem pour les événements. Nous aurons donc une visibilité sur deux tours.
Cette mécanique sur deux tours est délicieuse. Cela fait peu, mais c’est suffisant pour générer la nécessité de faire des choix stratégiques et de prendre des chemins différents. Un peu d’anticipation pour nous forcer à faire fonctionner notre cerveau, et en même temps, un jeu dynamique avec un rythme intense d’opportunités et de challenges. Un bel équilibre qui sublime la mécanique de l’ordre de jeu. Sans être révolutionnaire ou surprenante, la mécanique du jeu offre à la partie un rythme entraînant, qui génère de l’immersion et nous invite à anticiper promptement.

Affrontons les clans ennemis
Du point de vue stratégie, Mesos invite les chefs de clan à trouver le bon équilibre ou foncer sur une spécialité. Mais laquelle ? Le joueur va naturellement essayer de suivre un fil conducteur, tout en essayant de profiter des opportunités. Bien que l’on développe chacun sa tribu dans son coin, il faut toutefois rester attentif aux autres tribus, car de nombreux événements vont récompenser ou pénaliser un ou une joueuse en fonction des autres. Par exemple, le rituel shamanique va apporter dix points de prestige à celui (ou ceux) qui possède le plus d’étoiles de Shaman, et fera perdre cinq points au(x) joueur(s) qui en possède(nt) le moins. Du coup, on jette régulièrement un œil sur ce qui se passe chez nos voisins.
Bien que les choix soient nombreux et qu’aucune partie ne ressemblera à une autre, les stratégies choisies par les joueurs sont stéréotypées au bout de seulement quelques parties. En particulier s’il y a peu de joueurs (2 ou 3). Avec plus de joueurs autour de la table, ce petit défaut disparaît, et le jeu montre son plein potentiel à 4 et 5 joueurs. Bien que le gameplay soit très intéressant, il faudra (un peu) se forcer à tester de nouvelles combinaisons et/ou affronter de nouveaux adversaires pour allonger la rejouabilité.
Mesos, verdict
Avec Mesos, on vit beaucoup d’émotions ludiques. Un peu perdu lors de la première partie de découverte où l’on apprécie particulièrement les illustrations colorées et réussies. On savoure dès la deuxième partie la finesse du gameplay et le dynamisme de la partie. Sans révolutionner le monde du jeu, la répétition rapide d’événements qu’il faut anticiper en seulement deux tours génère un challenge immersif qui vous plaira à coup sûr.
Bien que chaque joueureuse s’occupe de sa tribu, nous passons nos parties à observer et commenter (bon, ça, ce n’est pas obligé, c’est juste pour le plaisir de faire rager un peu son voisin) ce qui se passe dans les tribus de nos adversaires, créant ainsi des interactions bienvenues. Malheureusement après quelques parties, les scénarios de vos games seront trop stéréotypés, en particulier si vous jouez à 2 ou 3. C’est le seul bémol qui ternit un peu la mélodie tribale de nos ancêtres préhistoriques.
On a aimé : Les mécaniques fluides qui vous font passer du statut de simple cueilleur de baies à celui de chef tribal visionnaire, sans avoir besoin d’un diplôme en anthropologie préhistorique pour comprendre les règles.
On a moins aimé : Le manque de diversité stratégique à 2-3 joueurs qui transforme parfois vos soirées jeux en déjà-vu tribal – comme si vos ancêtres préhistoriques avaient inventé le Groundhog Day avant le feu.
C’est plutôt pour vous si… Vous aimez anticiper les coups de vos adversaires tout en développant votre propre civilisation, et que l’idée de perdre des points de prestige à cause d’un rituel shamanique raté vous paraît être un vendredi soir bien dépensé.
Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous préférez les jeux où l’on peut trahir ses amis ouvertement plutôt que subtilement, ou si votre patience ne dépasse pas l’âge de pierre quand il s’agit d’attendre votre tour.
Mesos réussit l’exploit de nous faire voyager aux origines de la civilisation tout en nous rappelant que, même à l’âge de pierre, ce qui faisait un bon leader n’était pas la taille de sa massue, mais sa capacité à prévoir deux tours à l’avance.
Très, très bon !
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- Date de sortie : Fin Février 2025 pour sa verion Francaise
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Yaniv Kahana, Simone Luciani
- Illustrations : Kerri Aitken
- Édition : Gigamic
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 5 (idéalement 4 ou 5)
- Âge conseillé : Dès 10 ans
- Durée : 30 minutes
- Thème : Tribal, Préhistoire
- Mécaniques principales : Deck-building, combinaison, programmation. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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One Comment
gilgamesh
J’y ai joué une partie, tables prises d’assaut avec une belle promesse et un jeu de collection sympa, mais qui permet de se spécialiser un peu trop facilement si tout le monde reste le nez sur ses combinaisons. Gagné la partie en 132 points avec les tous les inventeurs (différents) la hutte qui évite de les nourrir, des cueilleurs et le bâtiment qui donne les bonus en fin de partie et d’autres cartes. J’ai bien aimé en faire une partie mais y rejouerais-je ? pas sûr.