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Nemesis Legacy : près de 55 000 followers avant le premier euro

👽 Nemesis Legacy dépasse les 55 000 followers avant son lancement. Analyse d’un crowdfunding où l’audience se construit bien avant les premiers pledges.


Article écrit par :

Loïc

Nemesis Legacy : La collecte attend octobre. La campagne a déjà commencé

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L’essentiel en 3 points

  • Lancement de la précommande participative de Nemesis Legacy le 6 octobre 2026 sur Gamefound.
  • 55 199 comptes suivaient le projet au relevé du 4 septembre. Des personnes intéressées, pas autant de commandes.
  • Un jeu autonome, plus de 35 heures de campagne, cinq classes, un Recharge Pack inclus et un Infinity Mode.

Le financement participatif commencera officiellement le 6 octobre. Officieusement, il tourne déjà à plein régime.

Nemesis Legacy compte 55 199 followers au relevé du 5 septembre. Un mois avant l’ouverture de la collecte, Awaken Realms a déjà réuni son public. Reste à le convaincre de payer.

Le sas est déjà bondé. Nemesis: Legacy n’a pas encore ouvert ses contributions, mais plus de 55 000 comptes suivent sa préparation. Le 6 octobre, le compteur financier démarrera à zéro. Pas celui de l’audience.

Le 26 août, le projet affichait 52 363 followers. Le lendemain, 53 125. Puis 54 965 au relevé du 4 septembre. Ce samedi 5 septembre, le compteur atteint 55 199 followers. Le seuil des 55 000 est franchi, à un mois de l’ouverture de la collecte.

Entre les deux derniers relevés, le projet a gagné 234 followers, soit +0,43 %. Depuis le 26 août, la progression atteint 2 836 comptes, soit +5,42 % en dix jours. La file continue donc de s’allonger.

Impressionnant ? Oui. Des ventes acquises ? Certainement pas. Suivre un projet est gratuit. Commander une boîte, régler son transport et lui trouver une place sur l’étagère relèvent d’un autre engagement. Certaines personnes attendront le détail des offres. D’autres se souviendront qu’elles possèdent déjà assez de Nemesis pour bâtir une petite station orbitale.

Ces 55 199 followers mesurent une attente, pas un carnet de commandes. Mais ils représentent déjà un public rassemblé sur la plateforme où il pourra contribuer. C’est tout l’intérêt de cette pré-campagne : préparer le lancement bien avant l’ouverture de la caisse.

Ce que Nemesis Legacy promet réellement

Derrière le compteur, il y a un jeu. Ou, plus exactement, une proposition encore en cours de dévoilement.

Nemesis: Legacy est annoncé comme un titre autonome pour une à cinq personnes, et non comme une extension de Retaliation. Adam Kwapiński travaille avec Rob Daviau et Jaime Barriga sur une campagne de plus de 35 heures. L’ambition : prolonger la tension et les catastrophes de Nemesis en donnant aux décisions des conséquences d’une séance à l’autre.

Vos mauvaises idées ne disparaîtraient plus avec le rangement de la boîte. Elles vous attendraient à la partie suivante.

Cinq classes ont été dévoilées : Vanguard, Surgeon, Scrapper, Sheriff et Ghost. Compétences, équipement, décisions et traumatismes doivent progressivement transformer les personnages. Deux survivants issus de la même classe pourraient ainsi suivre des trajectoires très différentes. À condition de survivre, ce qui reste un programme ambitieux dans Nemesis.

Le Legacy passera aussi par le matériel : cartes à gratter, autocollants permanents, Neuroses et Complications modifieront les cartes d’action ou les armes. Dans son deuxième carnet de développement, l’équipe évoque un départ à environ 75–80 % de la complexité des autres Nemesis, avant d’ajouter progressivement des règles. C’est une estimation des concepteurs, mais l’intention est claire : faire de la campagne son propre tutoriel.

La troisième mise à jour officielle précise aussi une passerelle avec la gamme : les nouveaux Intrus évolués pourront être utilisés dans Retaliation. En revanche, un petit supplément réunissant uniquement les éléments compatibles n’est pas prévu à ce stade. Une compatibilité n’équivaut donc pas à une extension que l’on pourrait acheter séparément.

Une boîte condamnée à survivre

Que restera-t-il après le dernier autocollant posé de travers ? Awaken Realms répond avec deux dispositifs distincts. L’éditeur travaille déjà ce terrain avec Labyrinth Chronicles, développé en collaboration avec Ravensburger.

D’abord, un Recharge Pack inclus dans chaque boîte de base doit remplacer les éléments consommés ou modifiés pour recommencer la campagne. Des recharges supplémentaires sont annoncées à 5 €, avec une vente prévue sur la boutique en ligne de l’éditeur. Les décisions restent permanentes pendant l’aventure ; la recharge permet de repartir de zéro ensuite.

Puis vient l’Infinity Mode, un générateur de missions indépendantes destiné à prolonger le jeu après l’histoire principale. Il serait même possible de commencer directement par ce mode, au prix de spoilers. La distinction importe : le Recharge Pack sert à rejouer la campagne ; l’Infinity Mode doit permettre de continuer à jouer autrement.

Sur le papier, la réponse est top moumoute. Dans les faits, elle devra tenir deux promesses : des recharges encore disponibles lorsqu’on en aura besoin, et des missions assez variées pour donner envie de revenir. « Infinity » est un nom de mode, pas encore une preuve de longévité.

Il faudra aussi trouver les soirées nécessaires. Avant de prévoir sa troisième campagne, mieux vaut réussir à réunir l’équipage pour terminer la première.

Gamefound n’est plus seulement la caisse

Le premier Nemesis avait réuni 30 553 contributeurs sur Kickstarter en 2018. Legacy rassemble davantage de followers avant son lancement. Le rapprochement donne une idée de l’échelle, pas une mesure de croissance : une inscription gratuite et une contribution financière ne comptent pas la même chose.

L’histoire de la plateforme éclaire ce dispositif. Fondée en 2016 par Marcin Świerkot, dirigeant d’Awaken Realms, et Szymon Matyjaszek, responsable technique de Gamefound, elle accompagne désormais la préparation commerciale autant que la collecte : pages de pré-lancement, actualités, commentaires, cadeaux de suivi et outils publicitaires.

Le vocabulaire d’Adfound, son outil publicitaire, est révélateur. Avant le lancement, une « conversion » désigne déjà un follower obtenu grâce à une annonce. Un coût par follower est calculé. Le clic est gratuit pour la personne qui suit le projet. Il peut coûter de l’argent à l’éditeur qui cherche à l’attirer.

Cela ne révèle ni le budget publicitaire de Nemesis: Legacy, ni la proportion de son audience venue sans publicité. Confondre tous les followers avec des contacts achetés serait aussi trompeur que de les compter comme des clients.

Dans ses données publiées en avril 2025, Gamefound indiquait un taux moyen de passage de follower à contributeur d’environ 22 % sans cadeau de suivi, contre 17 % avec cadeau. Les campagnes avec cadeau obtenaient pourtant davantage de contributeurs issus de leurs followers en nombre absolu, grâce à une audience plus large.

Ces moyennes ne prédisent pas les ventes de Legacy. Elles ne démontrent pas non plus, à elles seules, l’effet du cadeau : les campagnes comparées peuvent différer par bien d’autres aspects. Le prix, les frais de port, la composition des offres et l’envie d’un nouveau Nemesis compteront au moment de payer.

Préparer son public avant un lancement n’a rien de neuf. Ce cas rend surtout visible une préparation commerciale intégrée à la plateforme et mesurée étape par étape. Le premier jour de collecte peut être l’aboutissement de mois de travail, plutôt que le début de l’aventure.

Le vrai risque ? Rester invisible… ou ne pas convaincre

Le Weekly Crowdfunding Roundup du 30 août offre un aperçu de cette concurrence. Les 16 nouveaux projets sélectionnés sur Kickstarter, Gamefound et BackerKit totalisaient 5 500 soutiens au moment du relevé. DC Deck-Building Game: Green Lantern Corps en concentrait 3 036, soit 55,2 %. Les trois premiers réunissaient environ 77 % du total ; les cinq premiers, près de 88 %.

Cette sélection n’est pas un recensement du marché. Les campagnes n’ont pas toutes le même âge, et une même personne peut soutenir plusieurs projets. Elle illustre néanmoins une forte concentration des contributions dans ce groupe précis. Pas besoin de lui faire dire davantage.

Être visible ne suffit pas non plus. Fin juin, Plaid Hat Games avait annulé la première campagne de The Monolith, malgré 27 400 dollars et 290 soutiens, au-dessus de l’objectif affiché de 20 000 dollars. Les contributions avaient presque cessé de progresser dès le deuxième jour.

Mais l’histoire ne s’arrête pas à cette annulation : le projet a été relancé en août. L’offre initiale ne donnait pas assez de raisons de contribuer plutôt que d’attendre la sortie en boutique. La proposition revue démarrait mieux.

La leçon dépasse donc l’invisibilité. Attirer des regards et convaincre de payer à l’avance sont deux problèmes différents. Dépasser l’objectif affiché ne garantit ni la rentabilité ni le volume de demande attendu par l’éditeur.

Nemesis: Legacy dispose déjà d’un public conséquent. Pour un projet moins connu, la question se pose en amont : comment rassembler ce public, et avec quels moyens, avant d’avoir collecté son premier euro ?

Pour être découvert sur une plateforme de découverte, mieux vaut parfois arriver déjà découvert.

Ce que le compteur ne dit pas

Au lancement, les infos décisives ne seront pas le nombre de personnes dans la file, mais le prix complet, le contenu des offres et les conditions de livraison. Pour le jeu lui-même, il faudra regarder la structure des trente-cinq heures annoncées, l’intérêt des embranchements et le fonctionnement réel de l’Infinity Mode.

Le retour annoncé des anciennes boîtes de la gamme posera aussi une question de lisibilité : pourra-t-on facilement choisir ce qui nous manque, sans se perdre dans un mur d’options ? La version française annoncée est une bonne nouvelle. Elle ne dispense pas d’examiner le reste de l’offre.

L’attente est réelle. Le plaisir de jeu reste à démontrer. Ce n’est pas contradictoire : on peut avoir envie d’embarquer tout en attendant de connaître le prix du billet et le programme du voyage.

Au relevé de ce samedi 5 septembre, 55 199 comptes suivent déjà le projet. La collecte ouvrira le 6 octobre à 18 h. La campagne commerciale, elle, a commencé depuis longtemps.

Le sas est plein. Reste à savoir combien de personnes voudront monter à bord. Et pour quelle aventure.


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