Haba France : Clap de fin pour une institution du jeu éducatif
🇫🇷 Fin d’une époque : Haba France ferme ses portes. Adieu jeux éducatifs et moments de famille inoubliables ! 😭😭😭 #Haba #enfance
La fin d’une époque pour Haba France
C’est un véritable coup de tonnerre dans le monde du jeu de société. Haba France, situé à Egly à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Paris dans l’Essonne, filiale du groupe allemand éponyme et figure incontournable du jeu éducatif depuis plus de 30 ans, s’apprête à fermer ses portes, comme le relève le site LSA Conso. Une disparition qui sonne le glas d’une époque et qui laisse un grand vide dans le paysage ludique français.
Cette nouvelle n’est malheureusement pas une surprise, mais confirme les rumeurs qui circulaient déjà depuis plusieurs mois. Pour les fans de jeux de société dans l’Hexagone, c’est un coup dur. Haba France ferme boutique après des décennies de présence sur le marché français.
Haba, une marque iconique
Haba est bien plus qu’une simple marque de jeux et jouets, c’est une véritable institution. Créée en Allemagne en 1938, l’entreprise familiale s’est imposée comme LA référence des jouets en bois traditionnels et des jeux éducatifs. Qui n’a pas grandi avec les célèbres jeux d’équilibre de Haba, ses puzzles en bois aux illustrations fantaisistes ou encore ses figurines d’animaux ? Haba a bercé des générations d’enfants avec ses jouets au design intemporel.
En France, Haba a su se faire une place de choix sur le marché. Présente depuis 1970 via sa filiale française, la marque allemande a conquis le cœur des familles grâce à ses jeux favorisant l’éveil et la motricité des tout-petits. Au fil des années, Haba France a étoffé sa gamme avec des jeux de société toujours plus innovants. Cartons des cours de récré, légendaires jeux de construction ou le Spiel des Jahres pour enfants avec la Vallée des Vikings en 2019, Haba collectionne les succès populaires. La marque s’est imposée par son sens de la pédagogie et du fun.
Des difficultés financières insurmontables
Malgré ce statut iconique, Haba France n’a pas échappé aux récentes difficultés financières du groupe allemand. Le fabricant traditionnel subit de plein fouet la concurrence des géants du jouet et des nouvelles habitudes de consommation.
Le groupe a enchaîné les déconvenues : baisse des ventes, surstocks invendus, endettement… En 2022, Haba enregistrait un chiffre d’affaires annuel de 360 millions d’euros, en net recul par rapport aux 400 millions d’euros de 2021. Insuffisant pour une entreprise employant 2000 personnes à travers le monde.
Dès l’été 2022, un plan de restructuration drastique est lancé, avec des licenciements massifs. Malgré les efforts, la situation ne s’améliore pas. Le couperet tombe en décembre 2022, quand Haba entre en procédure d’insolvabilité en Allemagne.
La fermeture prochaine de la filiale française, qui emploie une cinquantaine de personnes, apparaissait inéluctable. Le fabricant se recentre sur son marché domestique allemand pour tenter de se relancer. Une page de l’histoire du jeu de société se tourne.
Un coup dur pour les fans de société
Pour les passionnés de jeux de plateau, cette liquidation est un véritable crève-cœur. Car au-delà des jouets premier âge, Haba avait su se réinventer ces dernières années en sortant des jeux de société très prisés du public français.
On pense bien sûr aux succès récents comme le jeu de cartes Wizard ou les jeux d’ambiance Taram et TipToi. Appréciés pour leurs règles simples et intuitives, leur matériel soigné et leurs thèmes feel good, ces jeux typiquement « Haba » avaient conquis petits et grands.
Le public français va aussi devoir dire adieu à des valeurs sûres du catalogue Haba, ces indémodables qui trônent dans les ludothèques. Les amateurs vont regretter des classiques comme Pyramide d’Animaux (une sorte de Jenga dans le monde animal), la série de The Keys (une gamme de jeu de déduction pour ado-adultes en mode réflexe et créé par l’auteur de The Crew), Rhino Hero (un jeu de construction gigogne) ou encore Mon Premier Verger (une version enfantine dès 2 ans du jeu éponyme).
Autant de références ludiques aux mécaniques éprouvées qui faisaient le sel des soirées jeux en famille ou entre amis. Le marché français perd là un acteur majeur qui aura marqué des générations de joueurs et de joueuses.
Une stratégie de distribution en suspens
La grande question qui se pose maintenant, c’est de savoir comment les jeux Haba seront distribués en France à l’avenir. Car si la filiale française ferme, la maison-mère allemande n’a pas l’intention d’arrêter ses fabrications. Les sites de production en Allemagne et en Hongrie continuent de tourner. Mais comment les boîtes arriveront-elles désormais entre les mains des consommateurs français ?
Plusieurs scenarii sont envisagés :
- La distribution via des importateurs indépendants
- La création d’une joint-venture avec un partenaire français
- La gestion de la distribution par le siège allemand
Quelle que soit l’option retenue, il faudra s’armer de patience. Le temps que de nouveaux circuits de distribution soient mis en place, les nouveautés Haba risquent de se faire rares dans les rayons français.
Une chose est sûre, ce retrait du marché hexagonal va rebattre les cartes du secteur. D’autres acteurs du jouet vont sans doute tenter de rafler les parts de marché laissées vacantes par ce mastodonte du jeu éducatif. Affaire à suivre…
Haba n’est (malheureusement) pas le seul
Haba, et Haba France ne sont pas les seuls à connaître des difficultés. Les nuages sombres s’amoncellent au-dessus du monde du jeu et du jouet. Post-pandémie, les ventes ont reculé et les chiffres d’affaires sont en berne. Plusieurs éditeurs ont dû procéder à des licenciements, des reventes voire des cessations d’activités.
Le cas de :
Le jeu vidéo n’est pas en reste. Plusieurs gros éditeurs licencient en masse, tel que Epic Games, Embracer, maison-mère d’Asmodee ou Activision Blizzard. The Guardian en parle longuement ici.
Le jeu par-delà les frontières
Malgré ce coup dur, les inconditionnels du jeu Haba ne doivent pas perdre espoir. La marque allemande garde de nombreux aficionados bien décidés à la soutenir. Et les jeux n’ont pas de frontières : qu’ils soient édités en Allemagne ou en France, ils restent avant tout un formidable outil pour partager des moments de plaisir et de complicité.
Certes, il faudra peut-être se montrer plus patient pour se procurer les nouveautés, et faire preuve de créativité pour continuer à jouer à ses titres préférés. Mais c’est aussi ça la magie du jeu : improviser, s’adapter, et garder intacte sa passion.
Les vrais joueurs et joueuses sauront rester fidèles à cette marque mythique qu’est Haba, en attendant des jours meilleurs. L’essentiel est de ne pas perdre notre âme d’enfant et notre joie de jouer. Haba a semé pendant des décennies les graines du fun en famille : à nous de continuer à les faire fructifier !
Et vous, quels sont vos souvenirs avec les jeux Haba ? Quels jeux aimeriez-vous voir perdurer ?
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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.
7 Comments
Mato
Hasbro c’est pas vraiment pareil je trouve, investissements déplorables du PDG qui doit revendre après ses acquisitions en perdant quasi tout son investissement, dividendes de cochons malgré tout pour tout ceux en haut de la pyramide, donc deux grosses vagues de renvois pour récupérer des sous (c’est quoi le dernier truc fini ? D&D 5.5 (ou 6) ? On a plus besoin de ceux qui l’ont écrit si c’est fini, allez dehors)
ludtche
Triste nouvelle…
Marie-Laure TONNEAU
Triste… »Le Verger » une institution!
Nicolas Robaux
On ne parle pas assez d’Inspecteur Lapinou… Tant de bons souvenirs familiaux !
Vincent
Quel dommage. J’ai beaucoup joué avec ma fille au jeu : « Les Pays d’Europe ». De super moments en famille
Grégory Pelardy
Et en même temps j’ai l’impression qu’ils n’ont pas su évoluer avec une image un peu veillotte. En contre exemple les jeux LOKI ou SMART GAMES sont bien plus attractif et moderne
Erik
Franchement, l’offre est déjà pléthorique, comme on dit.
Et les jeux ne disparaîtront pas pour autant : le marché d’occasion est florissant.
Je trouve ça triste pour les employés mais pour le reste…