Le Caméléon : Le jeu du grand n’importe quoi !
😭 Le Caméléon, le jeu du ridicule ? Notre test sans concessions du jeu qui repose sur la moquerie. Préparez-vous à rire… ou pas.
Le Caméléon
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Pourquoi les éléphants se déplacent-ils en troupeau ?1
Le caméléon a la capacité de changer de couleur pour se fondre dans le décor, et ainsi passer inaperçu. C’est bien entendu faux, comme beaucoup de «faits» sur les animaux (non, l’autruche ne cache pas sa tête dans le sable). Mais comme l’histoire est belle, elle reste. Et le mot est ainsi passé dans le langage courant pour désigner une personne capable de s’adapter à son environnement, et de tromper son monde, en faisant croire qu’elle est à sa place ou au courant.
C’est à cet exercice que nous invite le jeu de société Le Caméléon. Essayer de faire croire aux autres que nous aussi, nous avons la radio.
Le Caméléon se joue de 3 à 8 joueuses et joueurs. Une carte Thème est tirée au sort, et posée au milieu de la table. Elle contient 12 cases, chacune contenant un nom, mot ou concept en lien avec le thème. Chaque joueur ou joueuse reçoit ensuite une carte avec un code permettant de déterminer la case principale du tour, sauf un ou une, dont la carte est vierge, et qui sera le caméléon pour ce tour.
Les dés sont jetés, et leur résultat est confronté à la carte code. Le premier ou la première joueuse doit alors donner un mot qui permet de qualifier la personne/concept de la case principale, mais sans donner trop d’indice. Tous les autres font de même, tour à tour.
Une fois le tour de table terminé, tout le monde discute pour déterminer qui est le caméléon. Si il ou elle n’est pas démasqué, bravo à lui ou elle ! Dans le cas contraire, il ou elle peut essayer de deviner, en utilisant les indices de ses adversaires, la bonne case.
Les cartes sont ensuite rebattues, et un nouveau tour peut commencer.
Le matériel
Le Caméléon est un jeu qui ne demande pas beaucoup de volume. 16 cartes code, les cartes thèmes, 2 dés. Le tout tenant dans une boîte de 15X10X3 centimètres. Et pourtant, la boîte est immense, en tout cas pour son contenu : 30x17x6 centimètres. Elle contient donc beaucoup de vide, vide maintenu par un thermoformage, monstruosité que je croyais disparue au tournant des années 2010, mais qui semble avoir encore des aficionados.
La taille de la boîte est «justifiée» en partie par la présence d’une carte de thème vierge, pour que les joueurs et joueuses puissent créer leurs propres thèmes. Mais cette carte est gadget, et vient avec un stylo effaçable (encore plus de plastique) qui ne servira qu’à ça. De même, les deux dés fournis (un dé à 6 faces et un à 8 faces) sont en plastique et assez imposants. Il aurait sans doute été possible de fournir deux dés à 6 faces en bois de couleur différente, sans que ça ne change fondamentalement le jeu. Il n’y a pas grand chose à sauver dans ce packaging, surtout qu’il est produit en Chine, comme d’habitude.
Du point de vue esthétique, les couleurs sont criardes (jaune et vert fluo), mais c’est assez normal pour la gamme et le public visé. Les party games doivent taper dans l’œil, et c’est le cas ici. Les couleurs sont également en phase avec le nom du jeu, puisque ce sont les couleurs associées à l’animal dans l’imaginaire collectif. Le choix de ces couleurs criardes s’arrête heureusement au recto des cartes, le verso étant lui lisible, ce qui est la moindre des choses pour un jeu se basant sur la lecture.
Les thèmes sont variés et localisés (les présentateurs télé sont tous français, pas de surprise avec un Jay Leno ou une Oprah Winfrey), ce qui évitera quelques désagréments, du style «Je ne connais pas cette personne».
Le Caméléon, verdict
On ne va pas tourner autour du pot pendant des heures. Le Caméléon n’est pas un bon jeu. Il est presque impossible de ne pas se faire repérer en tant que caméléon.
D’abord à cause du langage corporel : Le caméléon ne peut pas se contenter de regarder la case principale, il est obligé de scanner toute la carte pour essayer de trouver un terme qui s’appliquera à toutes les cases. La carte thème étant au centre de la table, il est assez facile de voir celui ou celle qui ne lit pas comme les autres. Ce point peut être mitigé par la phase de découverte du thème, avant la distribution des cartes (à vérifier dans les règles).
Ensuite, parce qu’il est difficile de trouver un terme passe-partout mais pas trop évident. Le risque de blocage mental est très élevé, ce qui est clairement en défaveur du caméléon. Et ce risque est encore plus important si le caméléon essaye de s’appuyer sur les indices donnés par les joueurs et joueuses précédentes pour adapter sa proposition.
Ces deux raisons font qu’il est très facile pour tout le monde d’identifier le caméléon. Et le repêchage offert est, si les autres joueurs et joueuses ne sont pas trop limités, au mieux très compliqué. Dans tous les cas, c’est une chance supplémentaire de se ridiculiser.
C’est en fait le point principal : Le ressort de «fun» de ce jeu est le ridicule, chacun étant amené à se moquer des autres. Même si c’est chacun son tour, le résultat est indigeste, en tout cas pour moi. Je ne trouve pas de plaisir dans ce jeu, que ce soit en tant que caméléon ou en tant que joueur «autre». J’ai peut-être passé l’âge de me moquer des autres, même si c’est dans le cadre d’un jeu d’apéro. Il y a d’autres façons de s’amuser, qui ne passent pas par la moquerie mais par l’entraide.
Conclusion
Pour finir, Le Caméléon est loin de tenir ses promesses. Son concept reposant sur le ridicule et la moquerie entre joueurs et joueuses laisse un sentiment amer. Son matériel surdimensionné est peu écoresponsable. Et ses mécanismes bancales rendent les parties prévisibles et peu amusantes.
Bref, Le Caméléon rate sa cible et ne parvient pas à s’imposer comme un incontournable des soirées jeux d’ambiance. Il existe bien mieux sur le marché pour s’amuser sans ridiculiser les autres personnes à la table. Alors à moins d’apprécier particulièrement les jeux où l’humiliation est centrale, on vous recommande de passer votre chemin.
Non, la sauce ne prend pas, et le bilan carbone enfonce le clou.
- Date de sortie : Septembre 2023
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : D. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Création : Rikki Tahta
- Illustrations : La Mame Games
- Édition : Big Potato Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 3 à 8
- Âge conseillé : Dès 16 ans
- Durée : 15 minutes
- Thème : Aucun
- Mécaniques principales : Devinette, personnage secret. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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Article écrit par Clément. Adepte des jeux rapides, son pire ennemi est le paralyseur. Spécialiste des jeux de plis, des casse-têtes et des ours. Il a deux chats, trop de plantes et une mémoire défaillante. Devise : « Faut que ça poppe ! »
- Parce que c'est celui qui est au milieu qui a la radio. ↩︎


One Comment
cha
On m’a offert ce jeu à Noël. Depuis, il est devenu totalement addictif dans notre groupe d’amis. Nous l’avons fait essayé à bientôt 20 personnes, et c’est totalement addictif pour tous. Nous en sommes à créer nos propres cartes ! Nous adorons les jeux de mots : comme code names, just one, mot malin, so clover… Caméléon ajoute une part de bluff absolument génial. Contrairement à ce qu’avance l’auteur de l’article, nous ressentons un réél équilibre des règles de jeu très simple. C’est un défi d’être caméléon, mais totalement possible de ne pas se faire démasquer (1 fois sur deux) !! Il est délicat de ne pas être caméléon, c’est à dire de trouver un mot qui ne donne pas trop d’indice mais juste assez. Quand on est démasqué, c’est pas automatique de trouver le bon mot, mais c’est possible une fois sur deux, en restant attentif. C’est surtout un jeu qui permet des discussions passionnantes entre amis : pourquoi t’as mis ça, à quoi tu pensais, pour moi ça veut dire ça et surtout trouver des ajectifs et ressemblances complètement absurdes de quoi faire exploser de rire tout le monde. Alors oui, il ne faut pas être trop susceptible quand on se fait désigner (à tort ou à raison). C’est peut-être là où l’auteur de l’article a mal vécu son expérience. Mais en aucun cas entre nous on ne se moque de quiconque autour de la table. C’est en réalité un jeu très coopératif, où on rigole des trouvailles de chacun pour décrire le plus subtilement possible le mot désigné. Et je ne travaille pas chez l’éditeur ahah !! D’accord que la boite est trop grande, que la carte effacable ne sert à rien (sinon donner l’envie de créer ?), et que les thèmes sont parfois un peu bateau (il faut créer les siens !!), deux dés en plastique boouh c’est mal mais franchement quand on voit comme ça a boosté nos soirées depuis 15 jours, voilà l’essentiel !!