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Archeos Society : Des cartes, des continents et des conquêtes

🗿 Embarquez pour un voyage archéologique avec Archeos Society ! Mettez à jour d’anciennes civilisations et marquez des points. 🏛️


Archeos Society

⚠️ Avertissement : Dans le cadre de notre démarche de transparence, nous tenons à vous informer que nous n’avons pas reçu ce jeu de l’éditeur. Nous l’avons acheté ou emprunté nous-mêmes et nous vous partageons ici notre expérience sans filtre. Nous vous indiquons les points positifs et négatifs du jeu selon de nos attentes, critères et expériences.


Archeos Society est un jeu de société captivant conçu par Paolo Mori, édité par Space Cowboys et sorti fin juin 2023.

Il s’agit d’un jeu de collection d’ensembles avec une particularité : les joueuses et joueurs piochent des cartes dans la réserve, un marché de cartes, pour constituer les meilleures équipes d’explorateurs. Les joueurs et joueuses peuvent jouer un set et marquer des points en fonction de sa taille, de son rôle et de sa couleur.

Mais. Et c’est là que réside tout le sel du jeu. Toutes les cartes restantes dans sa main sont placées dans le marché pour que les autres puissent les prendre. Un tour se termine lorsque les trois singes d’or ont été piochés, et après plusieurs manches, le ou la joueuse qui a le plus de points gagne.

Archeos Society matériel

Archeos Society : Du fantastique à l’archéologie, un renouveau pour Ethnos

Archeos Society, le tout dernier jeu de Space Cowboy Games, est une refonte du jeu de société classique Ethnos sorti en 2017. Cette nouvelle version abandonne les elfes et les orcs pour s’aventurer dans le monde fascinant de l’archéologie, en tentant de séduire les fans d’Indy en les plongeant dans les mêmes aventures, archéologiques captivantes, périlleuses. Le but : remplir les musées des puissances impériales avec des reliques précieuses. Traduction : piller les anciennes civilisations pour ramener leurs objets à la maison.

L’idée d’une seconde édition d’Ethnos était en discussion avec CMON depuis des années, avec pour objectif principal de faire revivre le jeu et d’en « corriger » certains aspects. Et finalement, ce sont les Space Cowboys / Asmodee qui s’y colle.

Le cadre fantastique d’Ethnos, que beaucoup trouvaient un peu trop « collé » ou peu inspiré, était l’un des aspects les plus débattus. Le thème de la nouvelle édition a été choisi pour les expéditions archéologiques dans différents endroits de la planète, transformant les six régions de l’île d’Ethnos en six continents. Ce changement n’était pas seulement esthétique, il ouvrait un espace de conception intéressant, permettant une progression unique des points et des capacités spéciales pour chaque lieu.

Ethnos, plutôt passé sous le radar il y a six ans, revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec une toute nouvelle identité. Archeos Society maintient la mécanique originale du jeu tout en introduisant un thème plus… fun. Et qui est sorti quatre jours avant la sortie d’Indiana Jones 5. Hasard des calendriers ?

Le jeu conserve le tour de jeu simple et tendu et fluide dans lequel les joueurs et les joueuses sont soit contraints de piocher une carte, soit de jouer une série de cartes, contribuant ainsi à la tension qui accompagne ce jeu d’avancée de piste. Car en jouant ses séries, on avance également ses pions sur des pistes, des lieux de fouilles, des sites archéologiques réputés, pour tenter d’avancer le plus loin possible et grappiller le plus de points possibles.

Au-delà du changement de thème, l’équipe derrière Archeos Society a également modernisé le matériel du jeu, offrant des jetons en bois et des cartes de haute qualité avec des illustrations signées par John McCambrige. Ses illustrations évoquent des images d’aventure archéologique et rappelle donc l’ambiance Indiana Jones, rendant le jeu, selon moi, visuellement plus attrayant que son prédécesseur. Car oui, le thème de l’archéologie est certainement plus… sexy et… bankable.

Mais bon, soyons honnêtes et lucides deux secondes. Le thème est plaqué. Archeos Society ne se résume qu’à une seule chose : piocher des cartes et poser des séries de cartes. Au fond, qu’importe le thème. On ne le ressent pas, on l’oublie vite. Aucun souffle épique, aucune narration, aucune pertinence. Encore une fois, un thème contre-plaqué.

Et puisque Archeos Society parle d’archéologie, en quelque sorte, arrêtons-nous quelques instants sur cette discipline scientifique qui fait émerger en nous passions et fantasmes.

L’histoire de l’archéologie : Excavation de notre passé

Archéologie

L’archéologie, la science qui étudie les civilisations passées à travers leurs artefacts et vestiges, a permis à l’humanité de se connecter de manière tangible avec son histoire. Son développement, tout comme les cultures qu’elle étudie, est riche et complexe.

Des racines antiques aux prémisses modernes

L’archéologie, bien qu’elle soit considérée comme une discipline relativement moderne, a des racines qui plongent profondément dans l’histoire humaine. Les anciens Égyptiens collectaient et préservaient déjà les antiquités en 1400 av. J.-C., tandis que les Romains et les Grecs s’intéressaient aussi à l’étude des antiquités. Toutefois, ces premières formes d’archéologie étaient plus axées sur la collecte que sur l’étude systématique.

Ce n’est qu’au XVème siècle que l’archéologie a commencé à prendre une forme plus scientifique en Europe, à l’époque de la Renaissance. Les artistes et les érudits se sont mis à étudier les antiquités gréco-romaines, mais il leur manquait encore une approche méthodologique.

L’âge d’or de l’archéologie

Le XIXème siècle a marqué un tournant pour l’archéologie avec la naissance de l’archéologie moderne. Des figures comme Heinrich Schliemann, qui a découvert Troie, et Howard Carter, qui a mis au jour le tombeau de Toutankhamon, ont commencé à utiliser des méthodes plus systématiques d’excavation et d’interprétation.

En parallèle, les avancées en géologie et paléontologie ont aidé à développer la notion de stratigraphie, concept clé en archéologie permettant de comprendre la succession des couches archéologiques et leur datation relative.

L’archéologie au XXème siècle et au-delà

Au XXème siècle, l’archéologie a connu un essor remarquable. Des disciplines comme l’archéologie préhistorique, l’archéologie médiévale, l’archéologie industrielle ou encore l’archéologie sous-marine ont vu le jour. Les technologies, comme la datation au carbone-14, ont révolutionné la manière dont les archéologues datent les découvertes.

Aujourd’hui, l’archéologie est plus que jamais un champ interdisciplinaire qui tire parti des technologies de pointe, comme l’archéologie spatiale qui utilise les images satellites pour identifier les sites archéologiques, ou encore l’archéogénétique qui permet de mieux comprendre l’histoire de l’homme et des sociétés à travers l’ADN ancien.

L’archéologie continue de nous émerveiller, de révéler les secrets enfouis du passé et de relier les fils de l’histoire humaine. Comme un miroir, elle nous permet de nous voir dans la longue perspective de l’histoire, nous rappelant à la fois notre brièveté et notre appartenance à une lignée culturelle millénaire.

Notre compréhension du passé reste toujours en évolution, et l’archéologie, avec ses méthodes en constante évolution et ses découvertes toujours plus fascinantes, continuera à jouer un rôle clé dans cette quête sans fin de l’histoire humaine.

Les cinq fouilles archéologiques les plus célèbres de l’histoire :

  1. Le tombeau de Toutankhamon : Découvert en 1922 par Howard Carter dans la Vallée des Rois en Égypte, c’est l’un des rares tombeaux royaux à avoir été retrouvé pratiquement intact. Le tombeau contenait un trésor inestimable d’objets funéraires, y compris le célèbre masque funéraire en or du jeune pharaon.
  2. Pompéi : Cette ancienne ville romaine a été préservée sous une couche de cendres et de pierres ponces après l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. Sa découverte au XVIIIe siècle a fourni un aperçu unique et bien conservé de la vie quotidienne à l’époque romaine.
  3. La grotte de Lascaux : Découverte en 1940 en France, la grotte de Lascaux est célèbre pour ses peintures préhistoriques complexes qui datent d’environ 17 000 ans. Elles offrent un aperçu précieux de l’art et de la culture de l’époque paléolithique.
  4. Les guerriers de terre cuite : Découverts en 1974 près de Xi’an, en Chine, ces milliers de statues grandeur nature de soldats, de chevaux et de chars ont été créés pour accompagner l’empereur Qin Shi Huang dans l’au-delà.
  5. La tombe de Sutton Hoo : Découvert en 1939 en Angleterre, Sutton Hoo est un site funéraire anglo-saxon du VIIe siècle. Il a révélé un navire funéraire ainsi qu’un trésor d’artefacts, y compris un casque orné, qui ont beaucoup appris aux chercheurs sur l’Âge sombre en Angleterre.

Ces découvertes ont toutes contribué de manière significative à notre compréhension de différentes cultures et époques du passé.

À noter que sur le pourtour de l’intérieur de la boîte d’Archeos Society on découvre un mini-historique des plateaux, des véritables sites archéologiques. Une petite touche culturelle sympathique !

Les cinq archéologues les plus célèbres de l’histoire :

  1. Howard Carter : Connus surtout pour sa découverte du tombeau de Toutankhamon en Égypte en 1922, Carter a passé plusieurs années à fouiller la Vallée des Rois avant de tomber sur l’un des trésors archéologiques les plus importants du XXe siècle.
  2. Heinrich Schliemann : Un homme d’affaires allemand autodidacte qui a mis en évidence l’existence réelle de la ville de Troie, décrite dans l’Iliade d’Homère. Bien que ses méthodes aient été parfois critiquées, ses découvertes ont eu un impact majeur sur l’étude de l’Antiquité classique.
  3. Sir Flinders Petrie : Souvent considéré comme le père de l’archéologie moderne, Petrie a introduit une méthodologie rigoureuse et scientifique dans le domaine. Il a travaillé principalement en Égypte, où il a mis au jour de nombreux sites importants.
  4. Mary Leakey : Mary, ainsi que son mari Louis Leakey, sont connus pour leurs découvertes majeures dans le domaine de la paléoanthropologie, notamment la découverte de fossiles d’hominidés anciens en Afrique de l’Est qui ont radicalement modifié notre compréhension de l’évolution humaine.
  5. Hiram Bingham III : Cet archéologue et politicien américain est célèbre pour avoir redécouvert la cité inca de Machu Picchu au Pérou en 1911, un site qui est maintenant reconnu comme l’une des merveilles du monde.

Chacun de ces archéologues a grandement contribué à notre connaissance du passé et a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de l’archéologie.

Et les femmes archéologues, dans tout ça ?

Mathilde Wernert

L’archéologie, souvent perçue comme un domaine dominé par les hommes, a vu émerger des figures féminines exceptionnelles, malgré les obstacles. L’une de ces figures est Mathilde Wernert, une femme passionnée par la préhistoire qui a marqué le début du XXe siècle. Bien avant la Première Guerre mondiale, elle a initié des recherches dans les loessières d’Achenheim, un travail qui a été largement occulté par l’histoire.

Mathilde Wernert, mère du préhistorien alsacien Paul Wernert, a joué un rôle crucial dans la collecte, la préparation, le classement et le marquage consciencieux des ossements à Achenheim. Elle a également encouragé son fils dans la poursuite de sa passion pour la préhistoire. Cependant, son rôle a été largement ignoré dans les articles scientifiques de son fils et dans les biographies de Paul Wernert.

Malgré les défis, Mathilde Wernert a réussi à s’imposer dans un monde dominé par les hommes. Elle a même reçu des préhistoriens renommés comme l’abbé Breuil et Pierre Theillard de Chardin à Strasbourg. Cependant, en raison des contraintes sociales de l’époque, elle n’a pas pu publier ses découvertes et a été largement oubliée. Sa découverte récente rappelle que des femmes ont contribué de manière significative à la préhistoire au début du XXe siècle, même si elles n’étaient pas visibles.

Le sexisme dans l’archéologie : L’archéologie, comme beaucoup d’autres domaines, a été marquée par le sexisme. Le hashtag « paye ta truelle » a été utilisé pour dénoncer le sexisme dans ce domaine. La reconnaissance des contributions féminines à l’archéologie, et notamment celles de Mathilde Wernert, ont été largement ignorées jusqu’à récemment. Comment pouvons-nous mieux reconnaître et valoriser les contributions des femmes à la science et à d’autres domaines ?

Car au fond, le rôle des femmes dans l’histoire de la science est malheureusement souvent minimisé, voire occulté. L’histoire de Mathilde Wernert souligne le rôle important que les femmes ont joué dans l’histoire de la science. Comment pouvons-nous travailler à intégrer ces histoires dans notre compréhension de l’histoire de la science et à les rendre plus visibles ?

Mais au fond, comment devient-on archéologue ? Et faut-il vraiment savoir manier le fouet ?

Devenir archéologue nécessite des années d’étude et de formation, souvent combinées à une expérience pratique sur le terrain. Voici un aperçu des étapes généralement suivies pour entrer dans ce domaine :

  1. Obtenir un diplôme de premier cycle : La première étape est d’obtenir un diplôme de premier cycle, généralement un baccalauréat en archéologie, en histoire, en anthropologie ou dans un domaine connexe. Ces programmes offrent souvent des cours en histoire de l’art, en géographie, en sciences de la terre, ainsi qu’en méthodes de recherche et de fouilles archéologiques.
  2. Obtenir un diplôme de deuxième cycle : La plupart des archéologues poursuivent ensuite leurs études en obtenant une maîtrise ou un doctorat en archéologie ou dans un domaine connexe. Cela leur permet de se spécialiser dans une période ou une région spécifique, comme l’archéologie classique, médiévale, préhistorique, etc.
  3. Acquérir une expérience de terrain : L’expérience pratique est essentielle en archéologie. Cela peut souvent être acquis grâce à des stages ou des programmes de fouilles archéologiques. Certains cours de premier et deuxième cycle incluent également une composante pratique.
  4. Obtenir une certification ou une licence : Dans certains pays, les archéologues doivent être certifiés ou licenciés pour exercer. Les exigences varient, mais peuvent inclure une certaine quantité d’expérience de terrain, la réussite d’un examen, et/ou l’adhésion à une organisation professionnelle.
  5. Recherche d’emploi : Les archéologues peuvent trouver du travail dans divers secteurs, notamment les universités, les musées, les entreprises de conseil en archéologie, les gouvernements, et plus encore. Ils peuvent également poursuivre des carrières en tant que chercheurs ou professeurs.

Il est à noter que le parcours peut varier en fonction du pays, du domaine de spécialisation et des opportunités individuelles. L’archéologie est un domaine compétitif, mais pour ceux qui sont passionnés par l’étude du passé, il peut offrir une carrière enrichissante et fascinante.

Et pour le fouet, non, ce n’est pas une prérogative 😅.

Archeos Society, une rejouabilité de ouf

Archeos Society n’est pas seulement un simple remaniement d’Ethnos. Avec la tension d’une fin de saison toujours imminente à chaque carte Singe piochée et une multitude de personnages aux capacités spéciales diverses à explorer, le jeu offre une grande rejouabilité.

On peut s’attendre à des choix stratégiques et à une grande variété de stratégies potentielles grâce aux différents personnages et leurs pouvoirs uniques. Car il faut savoir que le type de carte, de personnage qui « ouvre » la série verra sa capacité spéciale activée. De quoi bénéficier d’un avantage, souvent juteux.

Le jeu propose plusieurs familles. Et à chaque partie, on n’en utilise que six. De quoi générer des combos et des sensations différentes en fonction des cartes, des personnages utilisés. On peut jouer, et rejouer, et re-re-rejouer, et tenter, et ressentir diverses expériences de jeu.

Mais les personnages ne sont pas les seuls éléments à apporter une énorme rejouabilité à Archeos Society. Les plateaux également. On les utilise tous, les six. Ces plateaux représentent des lieux de fouille, différents continents, sur lesquels on progresse avec son pion, de quoi marquer des points à chaque fin de saison (2 à 2-3, 3 à plus).

Archeos Society plateaux

Oui, mais. Chacun de ces plateaux présente deux faces, à chaque fois différente. On peut donc les disposer à sa guise, de quoi jouer à chaque fois différemment.

Alors oui, on joue toujours de la même manière, pioche, pose, mais chaque partie sera différente, et pas seulement en fonction de la pioche de cartes.

À noter que le livret de règles propose plusieurs scénarios, avec des configurations cartes+faces de plateau à utiliser. Mais on peut très bien s’en affranchir et tenter ses propres mélanges.

Et coté interaction ?

Il faut l’admettre, l’interaction est très distante. On joue dans son coin de fouilles, sans vraiment se soucier des autres, sans pouvoir les freiner. On pioche des cartes, on pose des cartes.

L’essentiel de l’interaction se cristallise par les avancées sur les pistes/continents, et sur la piste des points. Alors certes, certains pouvoirs de personnages peuvent impliquer plus ou moins d’interaction, mais Archeos Society lorgne du côté de cette tendance qui se généralise depuis la crise sanitaire des jeux Solo-Multi. On joue ensemble, à plusieurs, mais en vrai, en solo.

Soyons honnêtes, la mécanique de redonner ses cartes non-jouées ne change pas fondamentalement la donne concernant l’interaction.

Archeos Society cartes

Et quel est le public visé ?

Archeos Society est conseillé dès 12 ans. Car si le coeur de mécanique est simple et fluide, pioche, pose, encore faut-il maîtriser les différents pouvoirs des personnages, ce qui peut paraître un poil complexe pour de jeunes enfants.

Selon moi, Archeos Society est véritablement destiné à un public Familial+ / ++. Ce qui ne veut, fondamentalement, pas dire grand-chose. Il s’agit d’un jeu fluide, qu’on pourrait penser léger, mais qui cache bien son jeu (c’est le cas de le dire !).

Archeos Society, un jeu éco-responsable (?)

Est-ce que l’éditeur parisien aurait entamé sa transition écologique et lancé une démarche d’éco-conception de ses jeux ? C’est ce qu’on pourrait se dire en ouvrant la boîte d’Archeos Society : pas de thermo, remplacé par des inserts en carton fin, pas de ziplocks mais un sachet en papier, pas de pions en plastique mais que des meeples-véhicules en bois du plus bel effet (montgolfière, sous-marin, bateau, voiture…), et même une petite boîte en papier cartonnée pour ranger tout ce matériel « flottant ».

Bref, une boîte, un matériel de jeu vraiment éco-conçu. Même l’arrière de la boîte joue la carte (c’est le cas de le dire) de l’éco-conception :

éco-responsabilité

Pour rappel, l’éco-conception, c’est penser vert, créer durable.

Au cœur de l’innovation et de la production modernes, l’éco-conception s’impose comme un passage incontournable pour une économie plus respectueuse de notre planète. Cette stratégie de développement, alliant respect de l’environnement et innovation technologique, réinvente les processus de production traditionnels. Elle consiste à intégrer les problématiques environnementales dès la phase de conception d’un produit ou service, en réduisant son impact écologique tout au long de son cycle de vie.

La pertinence de l’éco-conception réside dans son approche systémique, considérant chaque étape de la vie d’un produit : l’extraction des matières premières, la fabrication, la distribution, l’utilisation et la fin de vie. C’est une démarche anticipative, visant à limiter dès le départ les impacts environnementaux en adoptant des matériaux durables, en optimisant l’efficacité énergétique, en réduisant les déchets et en favorisant le recyclage. La dimension sociale n’est pas en reste, l’éco-conception veillant également à l’équité et au bien-être des travailleurs impliqués.

Néanmoins, l’éco-conception se heurte à certains défis. La transition vers de nouveaux modes de production nécessite des investissements importants, des compétences spécialisées et une modification des mentalités. Malgré ces obstacles, l’éco-conception représente une voie prometteuse vers un avenir plus durable. En favorisant une économie circulaire, cette démarche encourage non seulement la durabilité environnementale, mais aussi la prospérité économique, ouvrant la voie à une transformation bénéfique pour l’industrie, les consommatrices et consommateurs, et, enfin, surtout, la planète !

Donc oui, Space Cowboys via Archeos Society tente l’éco-conception : papier, carton, bois, aucun plastique, tout est renouvelable, tout est recyclable. C’est beau. C’est touchant. C’est inspirant.

Sauf que. C’est également à l’arrière de la boîte que l’on découvre ceci :

Fabriqué en Chine

Reste à savoir maintenant ce que l’on veut voir : la démarche et velléités d’éco-conception, en supprimant tout plastique, et/ou la recherche du plus bas coût de production ? En Chine, respectivement. Faut-il alors se réjouir et applaudir la démarche d’une industrie du jeu de société en pleine interrogation, en pleine transition, même minimes ? Ou au contraire, fustiger un certain manque de cohérence ?

Archeos Society, verdict

Un thème contre-plaqué, une interaction distante, un cœur de mécanique qui se résume à piocher dans un marché et à jouer des familles de cartes semblables (dit comme ça, on dirait Les Aventuriers du Rail), est-ce une proposition ludique… suffisante ?

Oui, clairement oui.

Alors oui, tout au long de la partie on subit le hasard, du marché, de la pioche, des cartes. Et parfois, souvent, les tours patinent quand le marché est vide et qu’on ne fait que piocher au hasard. Sans trouver ce que l’on recherche. Le jeu perd alors de sa prestance, de son intérêt.

Mais justement, son intérêt est ailleurs.

Si oui, clairement oui, on subit le hasard des cartes, on peut, on doit effectuer de multiples choix, cruciaux. Quelles cartes, quelles familles jouer, et quelles cartes redonner aux autres. Et surtout, sur quelles pistes, quels continents avancer. Et vaut-il mieux jouer peu de cartes pour avancer vite, ou beaucoup de cartes dans la même famille pour rafler plus de points ? Tout l’intérêt du jeu se situe ici : trouver l’équilibre optimal entre vitesse et points.

Ou, comme le dirait notre actuel président (qui vient d’annoncer sa démission en fin d’année) : « Il faut agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire ». Dans Archeos Society, remplacez « agir » par « jouer ».

Très bon !

Note : 4 sur 5.

  • Création : Paolo Mori
  • Illustrations : John McCambridge
  • Édition : Space Cowboys
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 6 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : dès 12 ans (bonne estimation)
  • Durée : 60 minutes
  • Thème : Archéologie
  • Mécaniques principales : Collection, pistes. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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Article écrit par Amélie. Passionnée de jeux de société. A commencé à jouer à des jeux de société à l’âge de 1 année, environ, et n’a jamais cessé depuis. Kiffe les jeux de plateau, coopératifs, narratifs et d’autres qui finissent aussi en « tif Â». Adore partager sa passion et aider les autres à découvrir les top et éviter les flop.

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2 Comments

  • nemesis

    je ne connaissais pas ethnos, mais de ce que j’ai vu des règles et des parties sur le net, l’expérience de jeu me fait vraiment penser aux aventuriers du rail. Avec la satisfaction de voir ses routes progresser et les interactions entre les joueurs en moins. Dans archeos, si j’ai bien compris, on essaie de faire des combos pour progresser sur des echelles de scores. Pour moi c’est clairement du doublon avec adr

    • Gus

      Bonjour,

      Merci pour votre commentaire perspicace. En surface, Ethnos / Archeos Society ef Les Aventuriers du Rail pourraient sembler similaires, mais ils offrent en réalité des expériences de jeu assez différentes.

      Archeos Society et Les Aventuriers du Rail partagent certaines mécaniques, comme la collecte de cartes, mais leur manière d’utiliser ces éléments crée des dynamiques de jeu distinctes. Dans Archeos Society, les joueurs cherchent à optimiser leurs actions pour créer des combos efficaces et progresser sur les échelles de score, ce qui nécessite une stratégie spécifique.

      Dans Les Aventuriers du Rail, il y a une dimension plus spatiale et interactive avec la construction de routes sur le plateau de jeu, ce qui donne une satisfaction différente aux joueurs.

      Bien que les deux jeux puissent coexister dans une collection de jeux de société, ils apportent chacun leur propre saveur et offrent des défis uniques.

      Nous apprécions votre point de vue et vous remercions d’avoir pris le temps de partager votre analyse avec nous 👍🏼

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