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La langage inclusif n’a pas la cote dans les jeux de sociĂ©tĂ©

🎯 Nous avons demandĂ© aux fans de jeux de sociĂ©tĂ© ce qu’ils pensaient du langage inclusif. 73% pensent que ce n’est pas si important. 📊


Langage inclusif, les réponses à notre sondage

Pour faire court et aller Ă  l’essentiel, trois quarts (73%) des personnes interrogĂ©es jugent le langage inclusif dans le jeu de sociĂ©tĂ© peu importante.

Mardi passĂ© nous avons publiĂ© un article sur l’utilisation du langage inclusif dans le jeu de sociĂ©tĂ©. Dans l’article, il y avait plusieurs questions auxquelles prĂšs de 300 personnes ont rĂ©pondu. Nous avons laissĂ© les questions ouvertes pendant toute une semaine.

Voici les questions.

  • Avez-vous dĂ©jĂ  entendu parler du langage inclusif ?
  • Dans quelle mesure ĂȘtes-vous d’accord avec l’utilisation du langage inclusif ?
  • Utilisez-vous le langage inclusif dans votre communication quotidienne ?
  • Trouvez-vous que le langage inclusif rend le texte plus difficile Ă  lire ou Ă  comprendre ?
  • Quelles formes prĂ©fĂ©rez-vous Ă  l’écrit et Ă  l’oral ?
  • Croyez-vous que le langage inclusif aide Ă  promouvoir l’Ă©galitĂ© et la diversitĂ© ?
  • Quelle est votre opinion sur l’utilisation du langage inclusif dans les mĂ©dias et la publicitĂ© ?

Et voici les résultats.

On observe que l’Ă©criture inclusive est connue par la grande majoritĂ© des gens. Et pour cause, c’est un sujet trĂšs mĂ©diatisĂ© et discutĂ©, dĂ©battu ces derniĂšres annĂ©es.

Si on additionne les deux positifs, tout Ă  fait d’accord et plutĂŽt d’accord, dans ce sondage, Ă  peine un quart des personnes interrogĂ©es (27%) jugent le langage inclusif important ou plutĂŽt important. La grande majoritĂ©, 73%, ne le jugent pas important.

Ici, sur 355 personnes, seules 22% disent utiliser le langage inclusif, parfois ou tout le temps. LĂ  aussi, la trĂšs grande majoritĂ©, 78%, disent ne pas l’utiliser. Ce qui rejoint et confirme la question prĂ©cĂ©dente.

Sur 356 participations, seules 15% trouvent que le langage inclusif ne rend pas le texte plus compliqué à lire. Les 85% restants le jugent plus compliqué. Ce pourcentage est en augmentation par rapport aux deux précédentes questions.

Ici, sur 347 participations, 68% des personnes ne pensent pas que le langage inclusif aide Ă  promouvoir l’Ă©galitĂ© et la diversitĂ©. C’est un aspect intĂ©ressant, puisque le but premier, et ultime, du langage inclusif est de diversifier les usages et rĂ©duire l’utilisation du neutre masculin pour inclure, intĂ©grer le fĂ©minin. Toutefois, selon le sondage, plus de deux tiers des personnes ne trouvent pas le langage inclusif pertinent. C’est Ă©levĂ©, et surprenant.

67% des 340 participantes et participants Ă©mettent un avis dĂ©favorable quant Ă  l’utilisation de l’Ă©criture inclusive dans les mĂ©dias et la publicitĂ©. Ce qui rejoint, encore une fois, la tendance de rejet dĂ©jĂ  prĂ©cĂ©demment constatĂ©e.

DerniĂšre leçon : le point mĂ©dian n’a pas la cote. Seuls 12% des sondĂ©s prĂ©fĂšrent ce choix en Ă©crivant. L’emploi de la majuscule est la plus fortement dĂ©testĂ©e, Ă  1% sur les 325.

Mais ce qui est Ă©tonnant ici, ce qu’une petite majoritĂ© n’utilisent que le masculin, ce qui contredit presque les chiffres prĂ©cĂ©dents qui affichaient des rejets plus nets. Le masculin gĂ©nĂ©rique reste toutefois la solution prĂ©fĂ©rĂ©e.

Parmi les options possibles, les rĂ©sultats optent plus volontiers pour le doublet (joueur et joueuse) ou l’utilisation d’une langue Ă©picĂšne plus neutre (les personnes qui jouent).

Conclusion du sondage

Avec plus de 300 participations par question, on constate que l’emploi du langage inclusif dans l’industrie du jeu de sociĂ©tĂ© est rejetĂ©, refusĂ©.

L’analyse des rĂ©sultats de ce sondage sur le langage inclusif peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e selon plusieurs axes principaux : la connaissance du sujet, l’importance perçue, l’usage, la lisibilitĂ©, la promotion de l’Ă©galitĂ© et de la diversitĂ©, et les prĂ©fĂ©rences en termes de formes Ă©crites et orales.

🔍 Connaissance du sujet : La plupart des rĂ©pondantes et des rĂ©pondants sont familiers avec le langage inclusif. Cela dĂ©montre une sensibilisation assez forte de la population Ă  cette thĂ©matique, probablement due Ă  une couverture mĂ©diatique consĂ©quente.

💡 Importance perçue : L’opinion dominante est que le langage inclusif n’est pas important, avec 73% des rĂ©pondants exprimant cette opinion. Cela indique que, malgrĂ© la familiaritĂ© avec le sujet, la majoritĂ© des personnes ne considĂšrent pas son application comme une prioritĂ©.

💬 Usage : 78% des rĂ©pondants n’utilisent pas le langage inclusif dans leur communication quotidienne. C’est cohĂ©rent avec l’opinion exprimĂ©e sur l’importance du sujet. Ce pourrait ĂȘtre une indication que les gens sont rĂ©ticents Ă  changer leurs habitudes de langage, ou bien qu’ils ne voient pas de bĂ©nĂ©fice concret Ă  le faire.

📖 LisibilitĂ© : Une large majoritĂ© (85%) considĂšre que l’usage du langage inclusif rend les textes plus difficiles Ă  lire. Ce facteur peut Ă©galement expliquer une partie de la rĂ©sistance Ă  son adoption.

🌈 Promotion de l’égalitĂ© et de la diversitĂ© : 68% des personnes interrogĂ©es ne croient pas que le langage inclusif contribue Ă  promouvoir l’égalitĂ© et la diversitĂ©. Cela suggĂšre que l’objectif principal du langage inclusif n’est pas perçu comme Ă©tant atteint par une majoritĂ© des rĂ©pondants.

✍ PrĂ©fĂ©rences en termes de formes Ă©crites et orales : La majoritĂ© des rĂ©pondants prĂ©fĂšrent utiliser le masculin gĂ©nĂ©rique. Les formes inclusives les plus acceptĂ©es semblent ĂȘtre le doublet (joueur et joueuse) et l’utilisation d’une langue Ă©picĂšne plus neutre (les personnes qui jouent). Le point mĂ©dian et la majuscule sont fortement rejetĂ©s, ce qui pourrait ĂȘtre dĂ» Ă  des difficultĂ©s de comprĂ©hension ou de lecture.

Globalement, ces rĂ©sultats suggĂšrent qu’il existe une grande rĂ©sistance Ă  l’adoption du langage inclusif parmi les rĂ©pondantes et les rĂ©pondants, pour des raisons variĂ©es allant de la difficultĂ© de lecture Ă  un scepticisme quant Ă  son efficacitĂ© pour promouvoir l’Ă©galitĂ© et la diversitĂ©.

Ouvertures & manquements du sondage

Pour rendre l’analyse plus complĂšte, il serait toutefois utile et pertinent d’inclure certains Ă©lĂ©ments additionnels qui manquent actuellement. Ces Ă©lĂ©ments sont :

📊 Analyse dĂ©mographique : Il serait utile de savoir qui sont les personnes qui ont rĂ©pondu au sondage. Quel est leur Ăąge, leur sexe, leur niveau d’Ă©ducation, leur profession, leur origine culturelle, etc. ? Ces informations peuvent donner un aperçu des facteurs qui influencent leurs attitudes et comportements vis-Ă -vis du langage inclusif.

đŸ€” Motivations et obstacles : Les raisons pour lesquelles les gens n’adoptent pas ou n’apprĂ©cient pas le langage inclusif ne sont pas clairement indiquĂ©es. Sont-ils prĂ©occupĂ©s par la confusion grammaticale, la perturbation de la tradition linguistique, une perception de l’inutilitĂ©, ou autres raisons ? Il serait intĂ©ressant de creuser davantage ces points.

🔍 Analyse qualitative des rĂ©ponses : Si des commentaires ouverts Ă©taient autorisĂ©s dans le sondage, leur analyse pourrait aider Ă  comprendre plus en dĂ©tail les sentiments et les attitudes des personnes interrogĂ©es.

Et maintenant ?

Ce mini-sondage pourrait mener Ă  d’autres ouvertures :

📈 Suivre l’Ă©volution des attitudes : Refaire le sondage Ă  intervalles rĂ©guliers pour suivre l’Ă©volution des attitudes et de l’usage du langage inclusif dans la population Ă©tudiĂ©e.

🔎 Recherche supplĂ©mentaire : Mener des recherches supplĂ©mentaires pour approfondir la comprĂ©hension des attitudes envers le langage inclusif, en particulier en explorant les motivations et les obstacles Ă  son adoption. Il serait Ă©galement utile d’Ă©tudier les prĂ©fĂ©rences pour diffĂ©rentes formes de langage inclusif, en particulier celles qui n’ont pas Ă©tĂ© abordĂ©es dans le sondage original.

En ajoutant ces Ă©lĂ©ments Ă  l’analyse, nous pourrions obtenir une image plus complĂšte et nuancĂ©e des attitudes envers le langage inclusif parmi la population Ă©tudiĂ©e.

Comparaison avec d’autres Ă©tudes

Comment nos rĂ©sultats se comparent-ils Ă  d’autres Ă©tudes similaires, que ce soit au niveau local, national ou international ? Cela peut nous donner une perspective plus large et permettrait de voir si les attitudes envers le langage inclusif changent au fil du temps.

Et pendant ce temps, en Suisse

Lundi passĂ© 22 mai, le groupe de mĂ©dias suisse Tamedia a publiĂ© les rĂ©sultats d’une analyse sur l’Ă©criture inclusive en Suisse. Voici l’article en PDF.

Cette nouvelle analyse fournit des informations supplémentaires qui ajoutent une couche de complexité à notre compréhension du langage inclusif en Suisse. Voici les principaux points de comparaison et les différences par rapport à la premiÚre analyse :

🌍 DiffĂ©rences rĂ©gionales : Cette analyse introduit une distinction importante entre les rĂ©gions linguistiques de la Suisse. On observe que les personnes de langue maternelle allemande et italienne sont plus enclines Ă  utiliser le langage inclusif que les francophones. Cela pourrait reflĂ©ter des diffĂ©rences culturelles, Ă©ducatives ou politiques entre ces rĂ©gions.

đŸ‘„ DiffĂ©rences de genre : Il est Ă©galement notĂ© que les femmes sont plus susceptibles de trouver le langage inclusif important que les hommes, ce qui pourrait reflĂ©ter le fait que les femmes sont plus directement concernĂ©es par les questions d’Ă©galitĂ© de genre.

📚 DiffĂ©rences d’Ăąge et d’Ă©ducation : Les jeunes et les universitaires sont Ă©galement plus enclins Ă  soutenir le langage inclusif, ce qui pourrait suggĂ©rer que l’Ă©ducation et l’exposition Ă  diverses perspectives peuvent influencer les attitudes envers le langage inclusif.

🔍 Perception vs. pratique : Alors que la premiĂšre analyse se concentrait principalement sur la perception du langage inclusif, cette analyse examine Ă©galement son utilisation pratique. Il est intĂ©ressant de noter que bien que beaucoup de gens ne jugent pas le langage inclusif important, beaucoup semblent quand mĂȘme l’utiliser dans une certaine mesure, mĂȘme s’ils ne s’en rendent pas compte.

🔑 Importance du contexte : Cette analyse souligne Ă©galement que l’acceptation du langage inclusif peut varier en fonction du contexte. Par exemple, il est plus acceptĂ© dans la vie publique et au travail que dans la sphĂšre privĂ©e.

🔬 InterprĂ©tations des expertes et des experts : La nouvelle analyse fournit des interprĂ©tations des rĂ©sultats de la part des experts en linguistique et en psycholinguistique, ce qui aide Ă  Ă©clairer les rĂ©sultats et Ă  proposer des pistes pour de futures recherches ou initiatives.

Comparaison (est raison)

C’est intĂ©ressant de comparer ces deux sondages, le nĂŽtre et celui de Tamedia, car ils abordent tous deux le sujet du langage inclusif, mais dans des contextes lĂ©gĂšrement diffĂ©rents – l’un est plus gĂ©nĂ©ral et basĂ© sur la population suisse, tandis que l’autre est spĂ©cifiquement axĂ© sur l’utilisation du langage inclusif dans le jeu de sociĂ©tĂ©.

📚 Connaissance du langage inclusif : Les deux sondages montrent que la majoritĂ© des rĂ©pondants ont entendu parler du langage inclusif, ce qui indique une sensibilisation gĂ©nĂ©rale Ă  ce sujet.

💡 Importance du langage inclusif : Dans les deux sondages, une minoritĂ© de rĂ©pondants considĂšre le langage inclusif comme important. Cela pourrait reflĂ©ter une certaine rĂ©sistance ou un manque d’enthousiasme pour l’utilisation du langage inclusif dans la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral.

💬 Utilisation du langage inclusif : Il y a une corrĂ©lation entre l’importance accordĂ©e au langage inclusif et son utilisation effective. Dans les deux sondages, ceux qui jugent le langage inclusif important sont Ă©galement plus susceptibles de l’utiliser.

📖 ComprĂ©hension du langage inclusif : Un point intĂ©ressant est que dans le sondage sur le jeu de sociĂ©tĂ©, une majoritĂ© Ă©crasante de rĂ©pondants (85%) trouve que le langage inclusif rend le texte plus difficile Ă  lire ou Ă  comprendre. Cela pourrait indiquer un besoin de formation ou d’Ă©ducation pour amĂ©liorer la comprĂ©hension du langage inclusif.

🌈 Impact sur l’Ă©galitĂ© et la diversitĂ© : Dans le sondage sur le jeu de sociĂ©tĂ©, une majoritĂ© de rĂ©pondants ne pense pas que le langage inclusif favorise l’Ă©galitĂ© et la diversitĂ©. Cela contraste avec les points de vue des experts en linguistique et en psycholinguistique exprimĂ©s dans le premier sondage.

✍ PrĂ©fĂ©rences d’Ă©criture : Dans les deux sondages, l’utilisation du point mĂ©dian est trĂšs faible, ce qui indique une prĂ©fĂ©rence gĂ©nĂ©rale pour les autres formes de langage inclusif, comme le doublet ou l’utilisation de termes neutres.

Ces comparaisons suggĂšrent qu’il y a des dĂ©fis communs Ă  surmonter pour promouvoir l’acceptation et l’utilisation du langage inclusif, notamment le besoin d’amĂ©liorer la comprĂ©hension du langage inclusif et de montrer plus clairement son impact sur l’Ă©galitĂ© et la diversitĂ©. Pour autant que ce soit une dĂ©marche recherchĂ©e


Langage inclusif et éditeurs de jeux

Pour creuser la question, nous avons contactĂ© une trentaine d’Ă©diteurs francophones et germanophones. Pourquoi ces deux langues ? Parce qu’au contraire de l’anglais, une langue plus neutre et gĂ©nĂ©rique qui emploie le mot « gamer » ou « player », le français et l’allemand font la diffĂ©rence de genre, avec « joueur » et « joueuse » et « spieler » et « spielerin ».

Voici les questions que nous leur avons soumises :

  1. Question 1: Quelle importance accordez-vous au langage inclusif dans le développement de vos jeux de société ?
  2. Question 2: Le cas échéant, pouvez-vous partager des exemples spécifiques de la maniÚre dont vous avez intégré le langage inclusif dans la conception et les rÚgles de vos jeux ?
  3. Question 3: Le cas Ă©chĂ©ant, quels sont les dĂ©fis que vous avez rencontrĂ©s lors de l’implĂ©mentation du langage inclusif dans vos jeux et comment les avez-vous surmontĂ©s ?
  4. Question 4: Comment rĂ©agissent vos clients Ă  l’usage du langage inclusif (ou pas) dans vos jeux ? Avez-vous reçu des retours positifs ou nĂ©gatifs ?
  5. Question 5: Comment voyez-vous l’avenir du langage inclusif dans l’industrie du jeu de sociĂ©tĂ© ? Pensez-vous qu’il y aura une augmentation de son utilisation

Quelles fut les rĂ©ponses ? D’abord, un constat. Sur la trentaine d’Ă©diteurs contactĂ©s, seule une dizaine d’entre eux a rĂ©pondu Ă  nos sollicitations. Par manque de temps ? D’intĂ©rĂȘt ? Ou la question est jugĂ©e trop dĂ©licate, trop sensible ?

Sur les Ă©diteurs qui ont eu l’amabilitĂ© de rĂ©pondre, cinq ont clairement admis ne pas s’intĂ©resser Ă  la question, en tout cas pas au point d’inclure le langage inclusif dans leurs jeux.

Ainsi, un Ă©diteur nous a avouĂ© : « Il se trouve que, reconnaissons-le, nous ne sommes pas vraiment de bons Ă©lĂšves concernant le langage inclusif dans nos rĂšgles et textes « ingame »  En cela, nous n’aurons pas de quoi rĂ©pondre Ă  tes questions, au-delĂ  des reproches qui nous ont Ă©tĂ© formulĂ©s sporadiquement. » Un autre a rĂ©pondu ainsi : « pas sĂ»r qu’on soit le bon interlocuteur parce que je ne suis pas du tout en phase avec cette mouvance ».

Catch up Games

Le sympathique éditeur lyonnais Catch Up Games (After Us) a lui eu la gentillesse de nous répondre en détail :

Question 1 : Quelle importance accordez-vous au langage inclusif dans le développement de vos jeux de société ?

On pense que c’est important dans les jeux comme partout ailleurs, et on tente de l’inclure de plus en plus dans notre rĂ©flexion, mĂȘme s’il faut aussi prendre en compte d’autres contraintes, notamment de lisibilitĂ©, de clartĂ© et parfois tout simplement de place. C’est valable Ă©galement pour nos textes de communication, qu’on prend soin Ă  rĂ©diger de façon inclusive.

Question 2 : Le cas échéant, pouvez-vous partager des exemples spécifiques de la maniÚre dont vous avez intégré le langage inclusif dans la conception et les rÚgles de vos jeux ?

On a Ă©crit l’intĂ©gralitĂ© des rĂšgles d’After Us, en utilisant des doublets (le joueur ou la joueuse, il ou elle, etc.).

Question 3 : Le cas Ă©chĂ©ant, quels sont les dĂ©fis que vous avez rencontrĂ©s lors de l’implĂ©mentation du langage inclusif dans vos jeux et comment les avez-vous surmontĂ©s ?

On a le contre-exemple des rĂšgles de Faraway, notre prochain jeu, qu’on n’a pas rĂ©ussi Ă  rendre suffisamment claires en inclusif. Les formules Ă©taient trop lourdes, ce qui nuisait Ă  l’ensemble. On a donc dĂ©cidĂ© de rester sur le masculin pour ce jeu, en espĂ©rant pouvoir faire mieux sur les prochains.

Question 4 : Comment rĂ©agissent vos clients Ă  l’usage du langage inclusif (ou pas) dans vos jeux ? Avez-vous reçu des retours positifs ou nĂ©gatifs ?

On a pas eu de retours pour le moment, ni sur After Us, ni sur notre communication, ni sur les autres jeux.

Question 5 : Comment voyez-vous l’avenir du langage inclusif dans l’industrie du jeu de sociĂ©tĂ© ? Pensez-vous qu’il y aura une augmentation de son utilisation, et comment votre entreprise prĂ©voit-elle de s’adapter Ă  ces changements ?

Ça dĂ©pendra clairement de l’évolution dans la langue en gĂ©nĂ©ral, mais on espĂšre que de plus en plus d’éditeurs s’y mettront.

On pense que l’égalitĂ© hommes-femmes et la lutte contre les clichĂ©s de genre sont une cause importante, et on fera notre possible pour les prendre en compte dans nos textes (comme on le fait dĂ©jĂ  pour nos illustrations), mais on n’est sans doute pas non plus les mieux placĂ©s pour ĂȘtre avant-gardistes sur ce combat. On espĂšre que des nouvelles conventions s’imposeront petit Ă  petit et on sera heureux de les appliquer, et d’ici lĂ , on fera notre possible.

Cocktail Games

L’Ă©diteur versaillais Cocktail Games (Trio), bien connus pour ses jeux grand public et accessible a lui aussi eu la gentillesse de nous rĂ©pondre sur le sujet.

Question 1 : Quelle importance accordez-vous au langage inclusif dans le développement de vos jeux de société ?

Pour le moment, nous n’avons pas/peu mis en place le langage inclusif dans nos rĂšgles. Nous prenons cependant, dans les exemples de nos rĂšgles de jeux, des noms de joueurs genrĂ©s au fĂ©minin (tel que dans l’extension Grozilla pour Happy City, Super Mega Lucky Box, oĂč les seuls prĂ©noms utilisĂ©s sont fĂ©minins). De mĂȘme que le genre, nous prĂȘtons attention Ă  la connotation des prĂ©noms des joueurs donnĂ©s dans tous nos exemples : nous essayons ainsi d’avoir la paritĂ© dans le fĂ©minin et le masculin mais Ă©galement pour des prĂ©noms internationaux et gĂ©nĂ©rationnels. Par exemple : Martine, Yanis, Juliette, Hadrien
 L’inclusivitĂ© n’est en effet pas qu’une histoire de genre.

Cependant, par habitude et pour ne pas risquer de perdre la personne qui lit les rĂšgles, nous utilisons encore le mot « le joueur ». En effet, voulant rendre nos jeux accessibles au plus grand nombre, nous restons dans une dynamique de facilitation, et mĂȘme si l’inclusivitĂ© nous tient Ă  cƓur, il n’est pas vraiment Ă©vident de sortir des formulations usuelles pour le grand public. En outre, les jeux de la gamme Cocktail Games Ă©tant testĂ©s auprĂšs du grand public avant Ă©dition et commercialisation, le langage inclusif utilisant le pronom IEL n’a pas Ă©tĂ© concluant lors de ces tests. Cependant, nous faisons bouger nos curseurs pour favoriser l’inclusion petit Ă  petit.

Question 2 : Le cas échéant, pouvez-vous partager des exemples spécifiques de la maniÚre dont vous avez intégré le langage inclusif dans la conception et les rÚgles de vos jeux ?

En plus des exemples donnĂ©s Ă  la question 1, nous aimerions ajouter que malgrĂ© la non-utilisation de l’Ă©criture inclusive sur les pronoms, les adjectifs avec les points mĂ©dians « e·e·s » par exemple, nous nous efforçons au maximum d’utiliser des Ă©lĂ©ments Ă©picĂšnes (dĂ©jĂ  qualifiĂ©s ainsi dans l’Ă©criture inclusive). Notamment, dĂšs le premier jeu TOP TEN, nous avons mis beaucoup d’efforts dans la formulation de nos thĂšmes et si nous pouvions Ă©viter un adjectif genrĂ© comme « belle » par exemple, et mettre Ă  la place « magnifique » ou « superbe », nous faisions le choix d’ĂȘtre le plus inclusif possible.

Question 3 : Le cas Ă©chĂ©ant, quels sont les dĂ©fis que vous avez rencontrĂ©s lors de l’implĂ©mentation du langage inclusif dans vos jeux et comment les avez-vous surmontĂ©s ?

La rĂ©ponse que je vais vous donner n’est pas tout Ă  fait celle demandĂ©e, mais un gros dĂ©fi que notre Ă©quipe a su relever, a Ă©tĂ© pour la crĂ©ation de Top Ten 18 +. Il aurait Ă©tĂ© facile de faire un Ă©niĂšme jeu surfant sur les blagues racistes, homophobes, transphobes, sexistes et autres
 tels le florilĂšge de jeux associĂ©s Ă  la thĂ©matique 18+, or il nous tenait Ă  cƓur que personne ne se sente Ă©vincĂ© par ce jeu.

L’équipe Cocktail Games a donc travaillĂ© sur la rĂ©daction des thĂ©matiques qui se veulent neutres. En effet, les thĂ©matiques sont au maximum Ă©crites de façon Ă  pouvoir ĂȘtre lues quelque soit son genre. NĂ©anmoins, pour les quelques thĂšmes qui nĂ©cessitaient un genre spĂ©cifique, l’équipe de Cocktail Games a travaillĂ© pour que chaque carte genrĂ©e fĂ©minine ait son pendant masculin et inversement.

Ainsi, les participants peuvent inventer les rĂ©ponses qu’ils souhaitent, en jouant sur le type d’humour autorisĂ© et/ou validĂ© par le groupe, tout en ayant des thĂ©matiques qui n’évincent aucun des joueurs.

Question 4 : Comment rĂ©agissent vos clients Ă  l’usage du langage inclusif (ou pas) dans vos jeux ? Avez-vous reçu des retours positifs ou nĂ©gatifs ?

Cette réponse est toujours par rapport à Top Ten 18 + :

Lors des présentations du jeu en festival, les retours sont positifs et les participants ne se rendent pas forcément compte du travail rédactionnel fait sur ce jeu.

Pour autant, des joueurs faisant partie de minoritĂ©s nous ont fait des retours trĂšs positifs sur ce jeu, Ă©tant donnĂ© qu’ils ne sont pas la cible, une Ă©niĂšme fois, de « blagues » oppressives.

De la mĂȘme maniĂšre, lorsque l’on explique le travail de fond rĂ©alisĂ© sur ce jeu, les joueurs ne portent plus le mĂȘme regard dessus.

Ce travail est notre part de contribution à ce petit déplacement de curseurs qui permettra, dans un futur proche, le langage inclusif pour les jeux destinés au grand public.

Un changement se fait toujours un petit pas aprĂšs l’autre, et, suivant l’endroit oĂč l’on se positionne, le pas ne peut pas ĂȘtre le mĂȘme. Nous avons dĂ©cidĂ© de faire des jeux qui soient accessibles au plus grand nombre, il nous faut donc attendre que le langage inclusif arrive Ă  plus grande Ă©chelle pour pouvoir vraiment l’utiliser de façon plus rĂ©currente, mais cela ne nous empĂȘche pas de faire chaque petit changement que l’on estime possible.

Question 5 : Comment voyez-vous l’avenir du langage inclusif dans l’industrie du jeu de sociĂ©tĂ© ? Pensez-vous qu’il y aura une augmentation de son utilisation, et comment votre entreprise prĂ©voit-elle de s’adapter Ă  ces changements ?

L’entreprise du jeu de sociĂ©tĂ©, est comme les autres entreprises : elle suit l’évolution sociĂ©tale. Le jeu de sociĂ©tĂ© est un petit monde bienveillant dans lequel, je pense, le langage inclusif sera plus facilement et plus rapidement utilisĂ© que dans d’autres secteurs. Il sera donc logique que le langage inclusif devienne dans un futur proche la norme dans l’écriture des rĂšgles de jeux.

Et encore une chose

Pour poursuivre, et creuser sur le sujet, je vous conseille l’excellent Les Couilles sur la Table, qui dĂ©bat sur la question :


2007. Wahou ! Nous avons de la peine Ă  croire que cela fait depuis 2007 que nous sommes derriĂšre l’écran Ă  Ă©crire sur ce blog que nous aimons tant ! Cela n’aurait pas Ă©tĂ© possible sans votre fidĂ©litĂ©.

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Nous vous remercions du fond du cƓur pour votre soutien et avons hĂąte de partager encore de nombreuses annĂ©es avec vous.


Article Ă©crit par Gus. RĂ©dacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne Ă  l’École supĂ©rieure de bande dessinĂ©e et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.


Que pensez-vous de ces rĂ©sultats ? Est-ce qu’ils vous surprennent ?

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32 rĂ©ponses Ă  « La langage inclusif n’a pas la cote dans les jeux de sociĂ©té »

  1. Bonjour. Tout d’abord merci pour ce sondage et pour votre honnĂȘtetĂ© intellectuelle. Depuis un certain temps, je me demandais si j’allais arrĂȘter de vous lire car l’intĂ©gration du langage inclusif me posait un vrai problĂšme.
    En effet le langage inclusif est une vrai galĂšre Ă  lire et n’a Ă  mon sens aucun intĂ©rĂȘt Ă  part celui de dĂ©former et dĂ©visager la langue de MoliĂšre.
    Ensuite on nous parle de re-Ă©crire certains auteurs (exemple Victor Hugo) afin de rendre accessible leurs oeuvres Ă  une population qui n’a plus les fondements basiques de la langue Française pour pouvoir les lire.
    Alors pourquoi alourdir une lecture avec le langage inclusif alors qu’il faudrait que l’Ă©cole se remette Ă  faire son vrai travail d’enseignement de la beautĂ© d’une langue.
    A mon avis le langage inclusif fait partie de cette mouvance wokiste dont le but est un nivellement par le bas en détruisant toutes les valeurs ici artistiques que le monde entier nous a envié.
    Devant la qualitĂ© de votre contenu je n’ai pas rĂ©ussi Ă  me dĂ©sabonner de votre site malgrĂ© le langage inclusif utilisĂ© dans vos articles.
    Je vous souhaite une bonne continuation et une longue vie car vous créez vraiment du contenu de qualité.

    1. Gus

      Bonjour Yannick,

      Merci infiniment pour votre message et pour votre honnĂȘtetĂ©. Nous apprĂ©cions que vous ayez pris le temps de nous partager vos prĂ©occupations sur l’usage du langage inclusif dans nos articles, tout en continuant Ă  soutenir notre travail. Votre fidĂ©litĂ© nous touche beaucoup.

      Le langage inclusif, tout comme toute autre forme d’Ă©volution de la langue, peut sembler inhabituel ou difficile Ă  comprendre au dĂ©but. Cependant, son objectif est de promouvoir une plus grande Ă©galitĂ© et inclusivitĂ© dans notre sociĂ©tĂ©, en s’assurant que tout le monde se sente reconnu et respectĂ© dans le langage que nous utilisons.

      La beautĂ© du français, comme celle de toute langue, rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă  s’adapter et Ă  Ă©voluer avec le temps et la sociĂ©tĂ©. Chaque innovation linguistique, y compris le langage inclusif, apporte une richesse supplĂ©mentaire Ă  notre langue et reflĂšte les changements culturels et sociĂ©taux en cours.

      Mais. Il est vrai que les arguments en son défaveur sont nombreux (rappel du précédent article/épisode) :

      Arguments contre :

      > ComplexitĂ© et lisibilitĂ© : L’une des prĂ©occupations majeures concerne la complexitĂ© supplĂ©mentaire que le langage inclusif peut introduire dans le texte. Pour certaines et certains, l’ajout de marques de genre pour la fĂ©minisation ou la neutralisation peut rendre le texte plus difficile Ă  lire ou Ă  comprendre. Ils suggĂšrent que cela pourrait particuliĂšrement affecter les personnes ayant des difficultĂ©s de lecture ou d’apprentissage.
      > Tradition linguistique : Certaines personnes font valoir que le langage inclusif va Ă  l’encontre des rĂšgles traditionnelles de la langue française, oĂč le masculin est souvent utilisĂ© pour dĂ©signer des groupes mixtes. Ils estiment que cela pourrait entraĂźner une confusion et une dĂ©gradation de la langue.
      > PraticitĂ© : Le langage inclusif peut poser des problĂšmes pratiques, notamment en ce qui concerne la traduction de textes, l’édition de logiciels de correction automatique, et mĂȘme la prononciation Ă  l’oral. Par exemple, comment prononcer des mots Ă©crits avec un point mĂ©dian ? Bonne question.
      > Instrumentalisation politique : Certaines et certains voient l’utilisation du langage inclusif comme un outil de la politique identitaire, plutĂŽt que comme un moyen de promouvoir l’égalitĂ©. Ils et elles soutiennent que cela pourrait diviser la sociĂ©tĂ© plutĂŽt que de l’unir.
      > Impact limitĂ© : Enfin, certaines et certains pensent que l’usage du langage inclusif ne rĂ©sout pas les vĂ©ritables problĂšmes d’inĂ©galitĂ© de genre. Ils et elles suggĂšrent qu’il serait plus utile de concentrer les efforts sur des questions telles que l’égalitĂ© salariale, la paritĂ© en politique ou la lutte contre les violences de genre.

      Nous comprenons dĂšs lors tout Ă  fait que l’usage du langage inclusif puisse rendre la lecture plus ardue pour certaines personnes. Nous faisons donc de notre mieux pour l’utiliser de maniĂšre appropriĂ©e, afin de ne pas alourdir nos textes tout en veillant Ă  rester inclusifs. Votre retour nous est prĂ©cieux pour ajuster notre approche Ă  cet Ă©gard.

      Pour ce qui est de l’Ă©cole et de l’enseignement de la langue française, nous sommes totalement d’accord avec vous. Il est essentiel que l’Ă©ducation continue Ă  mettre l’accent sur l’importance et la beautĂ© de notre langue, tout en tenant compte des Ă©volutions contemporaines de celle-ci.

      Cher Yannick, nous vous remercions pour vos encouragements et votre soutien à notre travail. Depuis (septembre) 2007, nous nous efforçons continuellement de créer du contenu de qualité qui réponde aux attentes de nos lecteurs et lectrices (bim le doublet), et nous apprécions votre fidélité malgré vos réserves.

  2. Lionel Yon

    Le langage inclusif est destructeur de la langue française et son utilisation comparable Ă  celle de la destruction des bouddhas de Bamiyan par les talibans.C’est une volontĂ© d’attenter Ă  notre culture et Ă  notre histoire.Pour Ă©voluer dans ses pratiques et dans idĂ©es il n’est nul besoin de cette « arme »…

    1. Gus

      Bonjour Lionel,

      Merci d’avoir pris le temps de partager vos pensĂ©es sur l’usage du langage inclusif. Nous comprenons que ce sujet suscite des dĂ©bats et des opinions variĂ©es.

      Nous apprécions grandement votre contribution à cette discussion et continuerons à prendre en compte tous les points de vue dans notre démarche éditoriale.

      Bien Ă  vous,

  3. Bonjour,

    Et merci pour tous vos articles toujours intĂ©ressants et pertinents. L’utilisation de l’Ă©criture inclusive est justement l’un des dĂ©tails qui m’a plu chez vous. Avec le terme joueureuse, enfin on s’adressait aux personnes autres que les hommes, fort nombreux par ailleurs dans cette communautĂ©.

    Je suis dĂ©solĂ©e d’enfoncer des portes ouvertes mais, que l’on s’en rende compte ou non, chaque langue Ă©volue, intĂšgre de nouveaux mots, de nouvelles rĂšgles, sinon elle meurt. Ajouter de nouveaux mots est en fait une norme, libre Ă  nous de les utiliser ou non, puisque la rĂšgle de l’usage fait loi.

    Invoquer MoliĂšre reste assez drĂŽle sachant que lui-mĂȘme Ă  intĂ©grer Ă  la langue française les mot tartuffe ou sosie, et Ă©tait pointĂ© du doigt pour ses barbarismes de la langue française. Toutefois, mes propos n’invitent en rien Ă  réécrire les textes, classiques et autres, car il est important de garder trace de ce qui a Ă©tĂ© vĂ©ritablement dit et de faire de la mĂ©diation autour.

    Pour en revenir au monde du jeu, l’Ă©criture inclusive y est peut-ĂȘtre d’autant plus importante Ă  la vue de ses rĂ©sultats, car en effet, il ne s’agit que d’une habitude Ă  prendre, celle de donner une vĂ©ritable place aux personnes autres que masculines.

    Je vous souhaite une trĂšs belle continuation

    1. Gus

      Bonjour Cynthia,

      Merci infiniment pour votre message trĂšs Ă©clairant et encourageant. Nous sommes vraiment ravis d’apprendre que notre utilisation de l’Ă©criture inclusive vous a plu et que vous partagez notre vision de l’Ă©volution de la langue. Et notre crĂ©ation du mot « joueureuse » que vous relevez.

      Vous avez parfaitement raison, chaque langue est en constante Ă©volution et l’intĂ©gration de nouveaux mots ou de nouvelles rĂšgles est essentielle Ă  sa survie. Votre rĂ©fĂ©rence Ă  MoliĂšre est trĂšs pertinente et nous rappelle que l’innovation linguistique a toujours Ă©tĂ© partie intĂ©grante de l’Ă©volution de la langue française. Il suffit de voir le nombre de nouveaux mots qui se sont « infiltrĂ©s » dans la langue, et ce surtout en 2020-2021 avec la pandĂ©mie et les « confinement », « reconfinement », « cluster », « distanciation », « coronapĂ©ro »…

      Dans le domaine du jeu, nous convenons Ă©galement avec vous que l’inclusion est particuliĂšrement importante. Nous souhaitons faire en sorte que chacun et chacune (bim, doublet) se sente accueillie et reprĂ©sentĂ©e, quels que soient son genre ou son identitĂ©.

      Nous sommes reconnaissants pour votre soutien et votre contribution Ă  cette importante discussion. C’est grĂące Ă  des Ă©changes comme le vĂŽtre que nous pouvons continuer Ă  apprendre et Ă  grandir.

      Nous vous remercions de votre soutien et vous souhaitons une trĂšs belle continuation Ă  vous aussi.

      1. Olivier14

        Bonjour, je ne suis pas Ă©tonnĂ© des rĂ©sultats de ce sondage. Il montre bien le raidissement ultra-conservateur d’une bonne partie de l’opinion, qui accompagne son vieillissement dĂ©mographique d’ailleurs. Et c’est le mĂȘme phĂ©nomĂšne de dĂ©ni ou dĂ©nigrement qui dĂ©ferle lorsque des acteurs du monde du jeu osent Ă©voquer les questions de la reprĂ©sentation des femmes, des prĂ©occupations Ă©cologiques dans la production ludique… La question de la langue, percue uniquement sous son aspect identitaire, anxiogĂšne et crispĂ©, n’est plus abordĂ©e comme un vecteur Ă©volutif de communication. Ce sondage ne peut cependant pas ĂȘtre utilisĂ© scientifiquement car effectivement il ne s’appuie pas sur un panel reprĂ©sentatif ou ne peut corroborer les rĂ©ponses obtenues en fonction de dĂ©terminants sociaux. Imaginons un instant que les rĂ©pondants soient, au pif hein, des hommes blancs, bac+, CSP+, de plus de 40 ans, voire babyboomer, vous obtiendriez un rĂ©sultat… similaire ou encore plus rĂ©tif. Avec les mĂȘmes argumentaires anti-woke pompĂ©s sur les chaĂźnes d’infos en continu en prime. Plus sĂ©rieusement je tiens Ă  vous dire que vos articles sur ces questions sociales, sociĂ©tales sont brillants et assez uniques dans la blogosphĂšre. C’est ce qui vous distingue au sens noble du terme, dans un monde du jeu qui pourrait se permettre de favoriser toutes les inclusivitĂ©s et pour une fois ĂȘtre d’avant-garde.

  4. Bonjour,

    Je ne peux partager qu’un exemple de rĂšgles de jeu Ă©crites en langage inclusif : celles de Alice is missing. AprĂšs dix minutes de lecture, Ă  relire trois fois les phrases pour en comprendre le sens, le jeu a fini au placard. C’est dĂ©sormais un de mes critĂšres d’achat : si le jeu est proposĂ© en langage inclusif, je ne l’achĂšte pas. Une rĂšgle du jeu est un mode d’emploi, dont la lecture est parfois technique. J’imagine que les lecteurs de gus and co sont rompus Ă  l’exercice, mais ce n’est pas le cas du plus grand nombre. Ajouter une complexitĂ© ne me semble pas opportun. Depuis des annĂ©es la tendance est Ă  la simplification des rĂšgles, avec des exemples, une mise en page aĂ©rĂ©e,… et les joueurs n’en sont que plus nombreux. Ne revenons pas en arriĂšre, dans un Ă©litisme qui fera fuir le grand public.

    1. Gus

      Bonjour Daniel,

      Merci pour votre commentaire et d’avoir partagĂ© votre expĂ©rience avec « Alice is Missing ». Nous comprenons que l’Ă©criture inclusive peut nĂ©cessiter une certaine adaptation pour certaines personnes, surtout dans un contexte technique comme celui des rĂšgles d’un jeu, vous avez raison.

      Dans un autre ordre d’idĂ©es, vous pourriez ĂȘtre intĂ©ressĂ© par le jeu « After Us » mentionnĂ© dans l’interview, qui a rĂ©ussi Ă  intĂ©grer le langage inclusif tout en maintenant des rĂšgles claires et simples. Il a Ă©tĂ© trĂšs bien reçu par de nombreuses personnes (tout bientĂŽt notre critique !), et pourrait ĂȘtre une bonne introduction Ă  l’Ă©criture inclusive dans les jeux.

      Nous apprĂ©cions grandement votre point de vue et nous continuerons Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la meilleure façon d’aborder ces questions Ă  l’avenir.

      1. David40

        Bonjour Gus,
        je pense que vous vous Ă©garrez. Les joueurs et les joueuses (vous voyez j’essaye d’ĂȘtre inclusif) veulent avant tout jouer, pas avoir une dĂ©marche militante (en ce qui me concerne, quelqu’un qui confond ma table de jeu avec une tribune politique n’y est plus le bienvenu et oui, je pense que l’Ă©criture inclusive est un acte politique). Si l’argument pour essayer After Us est qu’il est Ă©crit de maniĂšre inclusive, je pense que vous avez ratĂ© le principe fondateur du JdR: s’amuser. En ce qui me concerne, je rentre dans les cases dĂ©noncĂ©es par Olivier14 (+40ans, blanc, cadre sup…), et j’avoue ne pas voir l’intĂ©rĂȘt de l’Ă©criture inclusive, tout au contraire je trouve que cette approche est contre-productive. Si l’on veut favoriser l’Ă©galitĂ© et une meilleure reprĂ©sentativitĂ© autour de nos tables, c’est avant tout nos comportements qui doivent Ă©voluer. Je me souviens par exemple d’un crĂ©ateur de jeu francais qui nous avait fait un scĂ©nario dĂ©couverte Ă  RPGers il y a quelques annĂ©es et qui n’avait pas pu s’empĂȘcher de faire plusieurs commentaires sallaces et trĂšs dĂ©placĂ©s Ă  l’Ă©gard d’une jeune joueuse de 14 ans. Nous l’avons recadrĂ© rapidement, mais je pense que c’est ce genre de comportements qu’il faut bannir, pas nous faire c***er avec des formulations toujours plus lourdes et qui n’apportent rien, ni Ă  l’histoire, ni aux rĂšgles.
        Amicalement

  5. Siegfried

    Bonjour, et grand merci pour ces articles passionnants qui – malgrĂ© une longueur qui peut rebuter les personnes dĂ©jĂ  hostiles au sujet malheureusement – permettent d’exposer, analyser, comparer et recadrer le sujet sur quantitĂ© de points importants. Je me permets Ă©galement de rĂ©pondre aux questions posĂ©es aux Ă©diteurs en tant qu’ancien responsable Ă©ditorial des Lucky Duck Games pendant deux ans et demie, poste auquel je prenais donc Ă©galement les dĂ©cisions quant Ă  l’inclusivitĂ© du matĂ©riel des jeux que nous crĂ©ions et localisions pour le marchĂ© francophone.

    1. J’estime essentiel de trouver des maniĂšres de rendre le matĂ©riel ludique toujours plus inclusif. On sait le pouvoir excluant de la langue, et je suis donc persuadĂ© que mĂȘme si les langages inclusifs ne sont pas la panacĂ©e, on ne peut pas Ă  la fois vouloir une sociĂ©tĂ© plus inclusive et vomir l’inclusion linguistique.

    3. On est confrontĂ©.e.s Ă  deux grands dĂ©fis quand on cherche Ă  avoir une dĂ©marche inclusive dans la langue du jeu de sociĂ©tĂ©. Le premier est d’ordre pratique : la plupart des stratĂ©gies inclusives ajoutent des caractĂšres, ce qui va Ă  l’encontre de l’efficacitĂ© recherchĂ©e
 ou n’est parfois simplement pas possible, surtout quand on est un Ă©diteur faisant 100 % de localisations (mĂȘme les jeux originaux des Lucky Duck sont conçus en polonais/anglais et doivent donc passer par la case traduction). Le français est dĂ©jĂ  naturellement plus long que l’anglais, ce qui pose rĂ©guliĂšrement problĂšme, de sorte qu’on ne peut simplement pas commencer Ă  ajouter des doublons partout, Ă  plus forte raison dans des Ă©noncĂ©s aussi courts que les cartes et plateaux par exemple. Le deuxiĂšme
 est que le milieu du jeu de sociĂ©tĂ© francophone semble encore particuliĂšrement rĂ©actionnaire – ou peut-ĂȘtre juste que sa frange rĂ©actionnaire est particuliĂšrement vocale, mais les sondages que vous avez effectuĂ©s semblent souligner qu’il n’est pas pressĂ© d’évoluer (encore que je m’attendais Ă  pire), sans permettre de mettre Ă  jour la toxicitĂ© pouvant accueillir parfois les dĂ©marches inclusives. Or non seulement le matĂ©riel ludique doit par essence conserver clartĂ© et efficacitĂ© (alourdir du matĂ©riel ludique par militantisme va contre l’essence de ce qu’est un bon matĂ©riel ludique), mais il est difficile malheureusement de se couper d’une large part de sa communautĂ© ou de susciter trop de rĂ©actions hostiles par militantisme.

    2. Rapidement aprĂšs mon arrivĂ©e chez les Lucky Duck j’ai optĂ© pour la solution qui me paraissait dĂ©jĂ  la plus consensuelle, aussi faible qu’elle puisse sembler (de l’extĂ©rieur et Ă  moi, mais il fallait bien commencer quelque part) : garder les rĂšgles au masculin prĂ©tendument neutre, mais ajouter au dĂ©but de chaque livret de rĂšgles un encart bien visible « Dans ces rĂšgles, le mot « joueur » dĂ©signe toute personne jouant Ă  X, quel que soit son genre. » En outre, je m’appliquais Ă  rĂ©duire le nombre d’occurrences du mot « joueur » quand c’était possible sans trop alourdir les phrases (deuxiĂšme personne du pluriel, tournures impersonnelles
). Enfin, vers la fin de ma mission, j’ai commencĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir plus profondĂ©ment aux prĂ©noms donnĂ©s dans les exemples, pour les remplacer de temps Ă  autre par des prĂ©noms moins connotĂ©s « vieille France » (ne pas remplacer Jane par Jeanne mais par Fatou par exemple). J’avais Ă©tĂ© assez fier de remplacer tous les prĂ©noms donnĂ©s en exemple dans le jeu Roll Camera (Ça tourne !) par des prĂ©noms
 de rĂ©alisatrices françaises, dans une dĂ©marche Ă  la fois militante et cinĂ©phile qui avait beaucoup plu Ă  l’éditeur original (avec lequel je discute toujours des remplacements des prĂ©noms au cas oĂč il aurait choisi des prĂ©noms ayant du sens pour lui). Chacune des personnes auxquelles nous faisions appel pour la traduction ou la relecture de nos jeux recevait un document de conseils et consignes comportant entre autres des conseils en ce sens, et leur laissant la libertĂ© de suggĂ©rer d’autres idĂ©es et stratĂ©gies.

    4. Si les prestataires avec lesquels je travaillais, puis les nouvelles responsables Ă©ditoriales, Ă©taient pour l’essentiel ravies de ces mesures, j’ai vu trĂšs peu de retours de la communautĂ©, probablement parce que lesdites mesures restent trop lĂ©gĂšres pour mĂ©riter des retours spĂ©cifiques, au point que certaines n’ont sans doute mĂȘme pas Ă©tĂ© remarquĂ©es. Je me souviens nĂ©anmoins d’un post rĂ©cent sur facebook demandant « innocemment » ce que les gens pensaient de l’encart « dans ces rĂšgles le mot « joueur » dĂ©signe toute personne jouant Ă  X, quel que soit son genre », et puisque le but de ce post Ă©tait de rĂ©veiller les pires instincts de la communautĂ©, ça n’a pas manquĂ© – et je dois confesser que malgrĂ© mon peu d’optimisme, j’avais encore Ă©tĂ© surpris qu’une mesure aussi insuffisante et finalement respectueuse des personnes les plus conservatrices en termes de langue parvienne encore Ă  susciter pareille hostilitĂ© de la part de gens violemment dĂ©cidĂ©s Ă  ce que rien ne change parce que le jeu aurait une vocation apolitique et ne devrait donc pas ĂȘtre contaminĂ© par les combats du monde (et on sait d’oĂč viennent ces fantasmes d’arts « apolitiques ».

    5. Je pense qu’il y aura une augmentation de recours Ă  des stratĂ©gies inclusives parce qu’on peut de moins en moins se prĂ©tendre vaguement progressiste en tant qu’éditeur de jeux de sociĂ©tĂ© sans recourir Ă  quelque stratĂ©gie que ce soit. J’admire beaucoup les Ă©diteurs allant au bout de la dĂ©marche d’ailleurs, et appliquant une Ă©criture pleinement inclusive avec points mĂ©dians en sachant pertinemment qu’ils seront attaquĂ©s pour ce choix, Ă©crivant des rĂšgles au fĂ©minin, ou faisant la moitiĂ© des rĂšgles au fĂ©minin et l’autre au masculin (« fĂ©licitations, vous avez une fille ! »), ou parvenant Ă  ne parler qu’à la deuxiĂšme personne du pluriel dans les rĂšgles et Ă  trouver des formules impersonnelles sur les cartes – un enjeu de l’avenir Ă©tant d’éviter de trop renforcer la binaritĂ© en cherchant Ă  ĂȘtre inclusif, ce Ă  quoi on devrait dĂ©jĂ  commencer Ă  rĂ©flĂ©chir sans griller les Ă©tapes. Le monde du jeu de sociĂ©tĂ© doit continuer de progresser en ce sens et faire toujours mieux pour associer progressisme social et efficacitĂ© intrinsĂšque au matĂ©riel ludique, et mĂȘme si cela prend un temps infini, je me rĂ©jouis profondĂ©ment de chaque nouve.lle.au act.rice.eur Ɠuvrant en ce sens et de chaque modeste retour positif des ludistes elles/eux-mĂȘmes. Il ne s’agit pas juste d’un fĂ©minisme radical et marginal, ou de reflĂ©ter une culture woke parce qu’on y serait contraint.e.s, mais d’aider les personnes pratiquant nos jeux Ă  s’y retrouver. AprĂšs tout, l’un des objectifs premiers du jeu de sociĂ©tĂ© est de nous aider Ă  faire agrĂ©ablement sociĂ©tĂ©, et on n’y parviendra donc qu’en essayant de mettre toute la sociĂ©tĂ© autour de la table, loin de l’image encore trop vraie d’une culture pour trentenaires mĂąles blancs.

    1. Gus

      Wow !
      Wow !
      Wow !
      Siegfried !

      Merci infiniment pour votre commentaire long, riche et approfondi. Nous apprĂ©cions grandement le temps et l’effort que vous avez consacrĂ©s Ă  partager vos rĂ©flexions et expĂ©riences personnelles. Mais franchement.

      Votre perspective, en tant qu’ancien responsable Ă©ditorial chez Lucky Duck Games, offre un aperçu unique des dĂ©fis et des prĂ©occupations liĂ©s Ă  la mise en Ɠuvre d’une langue plus inclusive dans le monde des jeux. Vous avez soulignĂ© plusieurs points pertinents, notamment la nĂ©cessitĂ© d’Ă©quilibrer l’inclusion linguistique avec l’efficacitĂ© du matĂ©riel ludique, ainsi que les obstacles pratiques et culturels Ă  l’adoption de l’Ă©criture inclusive.

      C’est particuliĂšrement intĂ©ressant de lire votre approche progressive et vos stratĂ©gies pour rendre le langage des jeux plus inclusif, comme l’usage du mot « joueur » pour dĂ©signer toute personne jouant au jeu, indĂ©pendamment de son genre, et l’incorporation de prĂ©noms plus divers dans les exemples de jeu.

      Votre engagement envers l’inclusion linguistique, malgrĂ© les obstacles, est admirable et pourrait inspirer d’autres personnes dans le milieu du jeu. Nous sommes convaincus que des discussions et des partages comme le vĂŽtre contribuent Ă  la progression de l’inclusivitĂ© dans le secteur.

      Encore une fois, merci pour votre contribution Ă  cette conversation. Nous avons hĂąte d’entendre davantage de vos rĂ©flexions et expĂ©riences dans le futur. N’hĂ©sitez pas Ă  rĂ©agir Ă  d’autres commentaires postĂ©s ici.

      En tout cas, WOW (pas le jeu vidéo, je précise, mais ma réaction suite à votre riche commentaire !)

  6. Autant tout accorder au féminin et on en parle plus


    1. Gus

      Bonjour,

      Merci pour votre suggestion. Nous comprenons que cette proposition peut sembler une solution simple, et pratique, pour certaines personnes. Mais. Le choix d’accorder tout au fĂ©minin pourrait Ă©galement ĂȘtre perçu comme exclusif pour ceux qui s’identifient au masculin ou Ă  d’autres genres.

      L’objectif avec l’Ă©criture inclusive est d’essayer d’offrir une reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e et respectueuse, indĂ©pendamment de leur genre. C’est un dĂ©fi complexe ! Mais intĂ©ressant. À dĂ©battre, dĂ©jĂ .

      Nous apprécions votre contribution à cette discussion.

  7. Bonjour
    Merci pour cet article.
    J4ai 61 ans et derriĂšre j’ai Ă©tĂ© bousculĂ© par ma fille de 24 ans (danseureuse) et un certain nombre d’article d’une palĂ©ontologue sur le nĂ©olithique est la phrase « l’Homme chassé » Ă©crit dans toutes les publication ancienne et rĂ©centes. Mais l’Homme est devenu l’homme ! Le langage a dĂ©gradĂ© le sens.
    Au moyen Ăąge tous les mĂ©tiers avait le mot au masculin et le mot au fĂ©minin, c’est le 16 et 17Ăšme siĂšcle qui vont structurĂ© la Français en supprimant tous les mots au fĂ©minin.
    Oui il y a nĂ©cessitĂ© de redonner toutes les dimensions Ă  l’humanitĂ© et cela passe par des mots comme joueureuses et autres danseureuses. C’est difficile et cela doit prendre du temps. Le · point centrale n’est pas forcĂ©ment ce qui facilite le plus la lecture. On doit prendre le temps de ramener une Ă©criture et une dĂ©nomination existant au moyen Age dans nos habitudes, car si on ne prend pas le temps alors le temps se chargera de tout dĂ©truire.
    Des gens se montreront ultra-résistant, mais cela passera mieux par le douceur que par le jugement et la condamnation.
    Prenons le temps, les objets humains ont en mouvement et se transforme, accompagnons cela gaiment.
    Merci Ă  vous 1001 fois.

  8. Beardou

    C’est rigolo, le fait que 68% des personnes interrogĂ©es disent ne jamais utiliser le langage inclusif, prouve qu’une Ă©norme part des gens n’ont pas compris ce qu’est le langage inclusif.
    Le point mĂ©diant et les tournure du type « joueureuse », ne sont pas le langage inclusif, se sont des outils parmi d’autre. Le simple fait de dire « madame, monsieur », ou de dire « joueur, joueuse », c’est pratiquer le langage inclusif.
    Il y a des études sérieuses qui montrent de maniÚre scientifique via des expériences sociales que OUI ça a un impact positif sur la diversité.

    Ce n’est pas le langage inclusif, mais c’est les mĂȘme leviers sur la reprĂ©sentation, il y a une anecdote que je trouve super intĂ©ressante sur « Question pour un Champion » (titre pas trĂšs inclusif d’ailleurs :p), dans une interview, le prĂ©sentateur actuel, Samuel Etienne, explique qu’il n’y avait mĂȘme pas 1/4 de candidates fĂ©minines Ă  l’Ă©mission quand il est arrivĂ©, il en a parlĂ© Ă  la production qui lui ont rĂ©pondu qu’il y a mĂȘme moins que ça de candidature fĂ©minine en proportion.
    Il a insistĂ© pour qu’ils se dĂ©merdent comme ils veulent mais qu’il veut plus de femme Ă  l’Ă©cran dans les Ă©missions, en expliquant que s’il y a plus de femme Ă  l’Ă©cran, il y aura plus de femmes qui candidaterons Ă  l’Ă©mission. Et… c’est ce qu’il s’est passĂ© ! Ils ont mis plus de femme, et plus de femme ont naturellement candidatĂ© Ă  l’Ă©mission. La reprĂ©sentation EST importante et permet aux gens de plus facilement et naturellement s’identifier et se sentir lĂ©gitime. Et le langage inclusif est un outil qui permet d’augmenter cette reprĂ©sentation.

    PS : et pour les gens qui dĂ©fendent le sacro-saint français qu’on dĂ©truit avec le langage inclusif, dites vous que ce que vous considĂ©rer comme du vrai français immuable serait probablement un ramassis de barbarisme incomprĂ©hensible pour des français d’il y a 2 ou 300 ans. ^^

    1. Samuel

      Bonjour,
      Merci pour votre site rempli de critiques de jeux toujours de trÚs bonne qualité.

      Concernant le sujet du langage inclusif, et plus particuliĂšrement du point mĂ©dian, sa lecture n’est pas chose aisĂ©e puisque nous n’avons pas appris comment se prononcent les mots qui utilisent le point mĂ©dian. J’ajoute que son Ă©criture au clavier n’est pas non plus Ă©vidente puisque le caractĂšre n’existe pas sur un clavier QWERTY ou AZERTY ordinaire. Sous Windows il faut taper Alt+250 pour ajouter un point mĂ©dian. La route paraĂźt longue pour le faire ajouter par les fabricants de clavier.

      Je commence Ă  m’habituer au terme joueureuse parce que je le lis beaucoup chez vous. L’inclure dans des rĂšgles de jeu demande peut ĂȘtre une petite explication en dĂ©but de rĂšgle.

  9. Saperlipopette

    Bravo, merci, encore !

  10. Bonjour,
    Je suis le plus souvent la voix de Cocktailgames sur ce site. Mais, sur cet article prĂ©cis, rendons Ă  CĂ©sar ce qui est Ă  CĂ©sar, car c’est Florence qui est responsable Ă©vĂ©nementielle chez Cocktailgames qui a pris la voix de l’entreprise. Et ses propos sont beaucoup plus pertinents que ce que j’aurais pu Ă©crire.
    Matthieu

  11. Gzh

    Merci pour cette synthĂšse intĂ©ressante. Maintenant peu importe les arguments des uns et des autres, on peut simplement constater que l’Ă©criture inclusive ne l’est pas (inclusive) tellement elle divise.
    Au final l’utiliser c’est juste une question de choix : veut-on faire un acte militant et parler Ă  certains ou veut-on parler Ă  tous.

    1. Seb

      Je pense que l’utilisation de l’écriture inclusive dans le but de promouvoir une meilleure Ă©galitĂ© homme/femme est un faux dĂ©bat. Outre le fait que ce soit une horreur (pour rester poli) Ă  lire et Ă  Ă©crire, je ne peux m’empĂȘcher de penser Ă  la langue anglaise qui comprend finalement assez peu de mots genrĂ©s (ou du moins Ă©normĂ©ment moins que le français). L’Angleterre ou les pays anglophones plus gĂ©nĂ©ralement sont ils plus Ă  la pointe de l’égalitĂ© homme/femme? J’en doute fortement 
 Tenter d’imposer ce style d’écriture/langage, d’autant plus au vu du rejet assez massif Ă  priori (mĂȘme si ce sondage n’est rĂ©alisĂ© que sur 300 personnes), ne fera que cristalliser les tensions et augmenter le rejet de cette forme d’écriture.

    2. Daniel

      Avant de parler d’écriture ou de langage inclusifs, parlons et Ă©crivons correctement le français. L’utilisation de l’expression « au final » repĂ©rĂ©e dans un commentaire est tout simplement un barbarisme insupportable Ă©manant des Ă©coles de journalisme relayĂ©e par l’éducation nationale et dont l’acceptation s’est faite par le plus grand nombre depuis une dizaine d’annĂ©es. Il s’agit ici de se servir d’un adjectif au lieu d’un adverbe comme finalement, en dĂ©finitive, au bout du compte, tout bien posĂ© etc.. ou tout autre locution adverbiale proposĂ©e par la diversitĂ© et la richesse de la langue française.

      C’est tout de mĂȘme effarant que certains qui ne maĂźtrisent pas correctement la langue française s’obstine pourtant Ă  vouloir la dĂ©voyer au nom d’un pseudo Ă©galitarisme de salon. Si nous Ă©tions tous Ă©gaux, cela se saurait depuis longtemps. En revanche, nous avons le droit et le devoir de nous battre dans l’existence pour gommer quelques-unes de nos diffĂ©rences ou insuffisances pour nous diriger vers ce que nous voulons de mieux pour nous mĂȘmes. Pas besoin pour cela d’écriture inclusive. Cela s’appelle l’affirmation de soi-mĂȘme au lieu de la victimisation.

      Pour l’utilisation de « au final », voir l’article de Didier Pourquery dans Le Monde du 7 fĂ©vrier 2014 intitulĂ© Ă  juste titre : « Pour en finir avec l’expression au final ».

      1. Gus

        Cher Daniel,

        Merci pour votre commentaire. Je comprends que vous placez une grande importance sur l’utilisation correcte de la langue française et je respecte votre point de vue.

        Il est vrai que la langue française possĂšde une richesse et une diversitĂ© qui mĂ©ritent d’ĂȘtre prĂ©servĂ©es et utilisĂ©es correctement. Cependant, il convient de noter que les langues Ă©voluent constamment, et les expressions comme « au final » sont devenues courantes dans l’usage quotidien, bien que certains les considĂšrent comme des barbarismes. Ou comme « Du coup ». Ou comme « Par contre » au lieu de « En revanche » ou comme le A en dĂ©but de phrase au lieu de « À » poke Aline. Ou « PIRE », comme QUOICOUBEH 😅

        Concernant l’Ă©criture inclusive, le dĂ©bat est vaste et chaque personne a sa propre perspective. Ce n’est pas seulement une question d’Ă©galitarisme, mais aussi de reprĂ©sentation et de reconnaissance des diffĂ©rentes identitĂ©s.

        Votre rĂ©fĂ©rence Ă  l’affirmation de soi plutĂŽt qu’Ă  la victimisation est un point de vue intĂ©ressant. Mais. Le langage joue un rĂŽle crucial dans la façon dont nous nous percevons et comment les autres nous perçoivent. L’Ă©criture inclusive vise Ă  reconnaĂźtre cette diversitĂ© et Ă  donner Ă  chacun et chacune un espace linguistique. Je vous invite, cher Daniel, Ă  Ă©couter / voire le lien YouTube citĂ© dans l’article. ExtrĂȘmement intĂ©ressant.

        SincĂšrement, nous apprĂ©cions votre contribution Ă  cette discussion. Mieux vaut clairement en dĂ©battre que s’enfermer. DĂ©battre, c’est dĂ©jĂ  s’ouvrir. C’est se confronter Ă  l’autre, aux autres, Ă  soi-mĂȘme. Les rĂ©sultats de ce sondage ont eu le mĂ©rite de lancer le dĂ©bat, de fond. Et maintenant, on fait quoi ? La balle est dans le camp des Ă©diteurs.

      2. Gzh

        Merci pour votre remarque sur l’expression « au final ».
        Il n’est jamais trop tard pour rectifier ses erreurs. 🙂

        1. Gus

          Bonjour,

          Puisqu’on est sur le sujet, l’Ă©volution de la langue est un processus constant et parfois, certaines expressions ou utilisations peuvent devenir courantes mĂȘme si elles sont considĂ©rĂ©es comme non standard ou discutables par les puristes.

          Comme vous l’avez mentionnĂ©, il y a de nombreux exemples similaires Ă  « au final ». « Suite à » est souvent utilisĂ© pour signifier « à la suite de » ou « aprĂšs », mais certains puristes prĂ©fĂšrent l’expression « à la suite de ».

          « Par contre » est souvent utilisĂ© comme synonyme de « mais », bien que l’AcadĂ©mie Française recommande de l’utiliser uniquement pour signifier « en revanche ».

          Concernant l’utilisation du A majuscule sans accent (À), il est prĂ©fĂ©rable d’utiliser un accent mĂȘme sur les majuscules pour respecter les rĂšgles orthographiques, bien que dans l’usage courant, surtout dans les messages Ă©lectroniques, cette rĂšgle ne soit pas toujours respectĂ©e.

          D’autres exemples pourraient ĂȘtre :

          1. « Au jour d’aujourd’hui » : une tautologie souvent utilisĂ©e mais qui est gĂ©nĂ©ralement mal vue par les puristes de la langue française. Il est prĂ©fĂ©rable d’utiliser simplement « aujourd’hui ».

          2. « Demander Ă  quelqu’un de faire quelque chose » : cette construction est devenue courante mais l’AcadĂ©mie Française prĂ©fĂšre l’expression « demander Ă  quelqu’un qu’il fasse quelque chose ».

          3. « En fait » : souvent utilisĂ© pour signifier « en rĂ©alité », alors qu’il devrait signifier « dans le fait ».

          4. « Du coup » : une expression qui est devenue extrĂȘmement courante en français moderne, souvent utilisĂ©e pour remplacer « donc », « par consĂ©quent », ou « alors ». Cependant, certains puristes peuvent trouver son utilisation excessive ou inappropriĂ©e dans certains contextes. « Du coup » vient du vieux français oĂč il signifiait « du choc », en rĂ©fĂ©rence Ă  l’impact d’un Ă©vĂ©nement. De nos jours, l’expression est utilisĂ©e pour indiquer une consĂ©quence ou une suite d’Ă©vĂ©nements, parfois sans vĂ©ritable relation de cause Ă  effet, ce qui peut ĂȘtre source de confusion ou de dĂ©bats sur son utilisation appropriĂ©e.

          Mais ce n’est pas tout !!!

          Dans le systĂšme typographique français, il existe une rĂšgle concernant l’espacement avant et aprĂšs certains signes de ponctuation. Cette pratique, qui diffĂšre de celle en anglais, peut parfois causer de la confusion. Voici quelques exemples :

          1. Les deux-points (:) et le point-virgule (;) doivent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s d’une espace insĂ©cable et suivis d’une espace.

          2. Les signes de ponctuation doubles, comme le point d’interrogation (?), le point d’exclamation (!), les guillemets (« ») et les chevrons (> <), doivent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s d'une espace insĂ©cable et suivis d'une espace. 3. Les signes de ponctuation simples, comme la virgule (,), le point (.) et les points de suspension (...), ne doivent pas ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s d'une espace, mais suivis d'une espace. 4. Il n'y a pas d'espace autour du tiret (-) dans un mot composĂ©, mais il y a une espace avant et aprĂšs le tiret lorsqu'il est utilisĂ© comme un trait d'union dans une phrase. Il est important de noter que ces rĂšgles peuvent parfois ne pas ĂȘtre respectĂ©es dans les messages informels ou les textos, mais elles restent la norme en typographie française formelle. Bref, c'est une des beautĂ©s de la langue que de pouvoir Ă©voluer et s'adapter avec le temps, mĂȘme si cela peut parfois causer des dĂ©bats passionnĂ©s. Merci d'avoir soulevĂ© ce point intĂ©ressant 💙

  12. Jean-Louis

    Le sujet est assez fascinant, je trouve.
    Mine de rien, Ă  travers l’Ă©criture inclusive, je me suis posĂ© une foule de questions. On veut promouvoir l’Ă©galitĂ© entre les hommes et les femmes, comment peut-on ĂȘtre contre cette volontĂ© ?
    NĂ©anmoins ce n’est pas simple. DĂ©jĂ  il y a un manque d’harmonisation (majuscule, point, etc …) sur la façon de procĂ©der.
    Il y a aussi des personnes qui prÎnent la création de nouveaux mots (exemple: heureuxe pour remplacer heureux et heureuse).
    Bref, c’est un joyeux bordel Ă  la française.
    L’Ă©criture inclusive est une horreur Ă  lire, pourquoi ne pas ĂȘtre plus ambitieux et réécrire les rĂšgles de l’orthographe et de la grammaire ?
    Et puis, il convient de se poser la question pour les personnes non binaires.
    Elles revendiquent une place dans notre société et notre orthographe.
    Est-ce que l’avenir n’est pas vers une forme de neutralitĂ© ???
    Mais lorsque l’on propose un Lo, Ă  place de Le et La, je me dis qu’il faudra 1000 ans pour assimiler cette nouvelle façon de faire.
    J’ai surtout le sentiment, que l’on se trompe de combat.
    Les femmes mĂ©ritent mieux qu’une mesurette !!!

  13. Mark

    Le langage inclusif est encore socialement trÚs connoté et usé par des pans de la société trop peu représentatives.
    Au delĂ  de l’objectif qu’il sert, il y a un Ă©norme marqueur philosophique, social et politique… de ce que je vois, c’est quasi une Ă©criture « communautaire ». D’aucuns pourraient caricaturer cette Ă©criture, comme le langage de petits intello branchouilles, bobos, urbains et de CSP+… Cela ne parle pas aux catĂ©gories modestes ni Ă  d’autres aisĂ©es. Les enjeux que s’attachent Ă  traiter l’Ă©criture inclusive ne parlent pas Ă  une trop grande partie de la population… MĂȘme si ses desseins sont louables (pour certains mais pas pour d’autres), au regard du contexte, l’Ă©criture inclusive est pour le moment, Ă  mon sens un diviseur plus qu’un rassembleur.

    Mais… il me semble pertinent d’intĂ©grer une dimension inclusive dans la rĂ©daction de rĂšgles ou de cartes. Comme ecrire « joueur et joueuses » ou mettre tout simplement parfois « la joueuse » Ă  la place de « le joueur » sur une carte…
    Au lieu de l’Ă©criture inclusive, Ă©crire les choses comme ça me semble trĂšs intĂ©ressant comme option et je vois pas mal d’articles ou de nouveaux jeux qui intĂšgrent cela.

  14. MaĂŻwenn

    Bonjour,
    Comme dĂ©jĂ  lu dans un des commentaires, peut-on parler d’Ă©criture « inclusive » si son usage divise autant… premier point clivant. Le deuxiĂšme point d’une longue liste, selon moi, c’est que cette Ă©criture n’est prĂ©cisĂ©ment pas inclusive.
    Les personnes en situation de handicap (troubles neuro, mentaux, malvoyants, etc.) ne sont pas, le plus souvent, en capacitĂ© de lire des formulations comme « toustes » (sans point mĂ©dian, donc, car on est bien d’accord que le point mĂ©dian est une catastrophe pour le braille, le FALC et les troubles dys, entre autres) ou « concepteurice ». De mĂȘme, les formulations Ă©picĂšnes ne sont pas toutes compatibles avec le FALC. Une Ă©criture qui exclut le handicap ne fait pas notre affaire, certainement pas la mienne en tout cas.
    Le troisiĂšme point, et je m’arrĂȘterai lĂ , c’est que le problĂšme mĂȘme soulevĂ© par l’Ă©criture dite inclusive, cĂ d « le masculin l’emporte sur le fĂ©minin », n’a pas grand sens. Nous avons un genre neutre en français moderne, et il s’avĂšre qu’il se dĂ©cline (en grooos rĂ©sumĂ©, le français n’ayant plus de dĂ©clinaisons) comme le masculin. C’est l’hĂ©ritier du neutre latin, et il a donc une histoire, n’en dĂ©plaise aux soi-disants « puristes » qui souhaiteraient revenir Ă  la rĂšgle de proximitĂ©. RĂšgle qui, d’ailleurs, Ă©tait loin d’ĂȘtre utilisĂ©e par tous.

    Bref. Team jeune, cĂŽtoyant un milieu fĂ©ministe militant, milieu professionnel qui utilise l’Ă©criture inclusive (point mĂ©dian) et Ă©ducation supĂ©rieure +++… mais pour autant, team « pas du tout convaincue par l’Ă©criture inclusive ».

  15. joe

    J’ai longtemps rĂ©flĂ©chi pour savoir si je devais ou pas rĂ©pondre Ă  votre article et aux commentaires.
    Tout d’abord je tiens Ă  souligner que j’utilise madame, monsieur depuis tout jeune. Que je tiens la porte aux dames, que j’ai travaillĂ© et frĂ©quentĂ© pendant longtemps des milieux trĂšs majoritairement fĂ©minins et que j’accueille depuis toujours aussi bien femmes, hommes ou enfants Ă  ma table de jeux.
    Donc difficile de dire que je ne suis pas sensible au respect de tous.
    Mais trop de choses me mettent mal Ă  l’aise dans votre article et certains commentaires et surtout dans cette pseudo-volontĂ© « d’inclusion ».

    Plus de 70% disent ne pas ĂȘtre d’accord avec l’utilisation de cette forme de langage. Et la rĂ©ponse c’est qu’ils n’ont pas compris, que cela peut sembler inhabituelle et qu’il faut du temps pour s’habituer ?
    On croirait entendre le gouvernement français face aux manifestations contre la rĂ©forme des retraites qui rĂ©ponds que les gens n’ont pas bien compris et qu’il faut faire preuve de pĂ©dagogie et expliquer.
    Non je suis dĂ©solĂ© quand 70% rejette une idĂ©e, ce n’est pas simplement une histoire de manque d’habitude ou de comprĂ©hension.

    Cette approche de « l’inclusivité » n’est pas contrairement Ă  ce qui est Ă©crit, un ajout de quelques nouveaux mots comme cela a toujours existĂ©. C’est trĂšs diffĂ©rent de vouloir forcer une modification grammaticale dans un but partisan, de transformer des mots et les rendre imprononçables Ă  l’oral. Normalement ce qui s’Ă©crit doit pouvoir se prononcer sans diffĂ©rence.

    80% disent que cela rend la comprĂ©hension plus difficile ; 68% disent que cela n’aide pas Ă  promouvoir l’Ă©galitĂ©. Et pourtant il y a clairement une volontĂ© de l’imposer. Donc ce qui devrait ouvrir Ă  un plus grand nombre finalement devient un obstacle qui en plus n’atteint pas son but, bien au contraire. Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir. Si l’intention (de l’égalitĂ© et de faciliter l’accĂšs) est louable, le moyen est en train de crisper et de diviser. Tout l’inverse du but visĂ©.
    Outre le terme « inclusif » qui est mal choisi, car dans le cas de votre article c’est plus une volontĂ© de fĂ©miniser le vocabulaire pour « donner leur place aux femmes ». Mais alors que fait-on pour les autres publics minoritaire et invisible ?

    66% utilisent déjà le doublet ou les mots épicÚnes. Donc bien avant cette approche revendicative inclusive. Beaucoup de monde avait déjà une approche sans que cela fasse débat ou ne braque qui que ce soit. Pourquoi insister pour les mots contractés et illisibles ou le point médian qui sont sources de problÚme ?

    Quant Ă  parler de raidissement ultra-conservateur et de discours des hommes blancs, bac+, CSP+, de plus de 40 ans, voire babyboomer. Bel exemple de tentative de culpabilisation de ceux qui n’accepte pas cette approche linguistique. D’ailleurs utiliser la jeunesse contre les plus ancien n’est pas une bonne idĂ©e pour inclure. De plus si la jeunesse, de part sa moindre expĂ©rience et son enthousiasme naturel, est plus permĂ©able. Elle accepte parfois tout et n’importe quoi et pas uniquement ce qui serait positif pour eux ou la sociĂ©tĂ©.
    Mais rejeter la dĂ©marche de l’Ă©criture inclusive ce n’est pas forcement rejeter une dĂ©marche de respect et de la place des femmes. Il ne faut pas tout confondre.
    L’objectif avec l’écriture inclusive est d’essayer d’offrir une reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e et respectueuse, indĂ©pendamment de leur genre dit Gus.
    Peut-ĂȘtre est-il tant de se rendre compte que cela produit le contraire et que le moyen n’est pas pertinent.
    Pour ce qui est des Ă©diteurs, je trouve la dĂ©marche biaisĂ©e. C’est tellement Ă  la mode que personne n’oserait dire vraiment qu’il rejette cette forme d’Ă©criture de peur de se prendre un bad buzz sur le net et de perdre des clients. Vous en avez montrĂ© plusieurs exemples.
    Mais le pire c’est que plus on dira que ce n’est pas la bonne approche, plus les partisans forceront le trait. CrĂ©ant encore plus de divisions.
    Pour ma part, alors que je suis sur le fond Ă  100% pour l’Ă©galitĂ© et le respect. Cette forme de communication et son imposition a fini par crĂ©er chez moi un rejet, alors que j’aurai plutĂŽt Ă©tĂ© un terrain fertile.
    De mon cĂŽtĂ© mon choix est clair. Oui Ă  l’accueil de toutes et tous Ă  ma table mais non Ă  ce style d’Ă©criture.
    DorĂ©navant un jeu Ă©crit ainsi c’est clairement, pas d’achat de ma part et un site qui l’Ă©crit ou le prĂŽne c’est blacklistĂ©.
    La rĂ©ponse au problĂšme de la place des femmes, qui est diffĂ©rent de l’inclusion des minoritĂ©s (handicap, etc.) n’est pas la modification forcĂ©e de l’Ă©criture, c’est l’Ă©ducation de tous depuis le plus jeune Ăąge.

    1. Gus

      Cher Joe,

      Merci pour le temps que vous avez pris Ă  Ă©crire cette rĂ©ponse dĂ©taillĂ©e et rĂ©flĂ©chie. Votre point de vue sur ce sujet complexe est extrĂȘmement apprĂ©ciĂ© et je suis sĂ»r que beaucoup d’autres membres de notre communautĂ© en tireront des perspectives prĂ©cieuses.

      Je reconnais et respecte votre engagement envers le respect et l’Ă©galitĂ© dans votre environnement de jeu et dans la vie quotidienne. Je vois aussi que vous avez des prĂ©occupations lĂ©gitimes au sujet de l’Ă©criture inclusive et de son impact sur la lisibilitĂ© et la comprĂ©hension. C’est un sujet qui, comme vous l’avez clairement montrĂ©, divise beaucoup de personnes.

      Vous avez soulignĂ© que le langage inclusif semble parfois ĂȘtre imposĂ© malgrĂ© les prĂ©occupations exprimĂ©es par une majoritĂ© de personnes dans certaines enquĂȘtes. Je peux comprendre pourquoi cela peut sembler frustrant et semer la confusion. Cependant, il est important de se rappeler que le but de l’inclusion linguistique n’est pas d’exclure ou de diviser, mais de faire en sorte que tout le monde se sente reprĂ©sentĂ© et valorisĂ©.

      En ce qui concerne votre point sur le fait que l’Ă©criture inclusive semble davantage fĂ©miniser le langage, il est vrai que certains aspects de l’Ă©criture inclusive cherchent Ă  mettre en Ă©vidence les femmes qui ont Ă©tĂ© historiquement sous-reprĂ©sentĂ©es. Cependant, il est Ă©galement important de noter que l’inclusivitĂ© va au-delĂ  de la fĂ©minisation du langage. Elle cherche Ă©galement Ă  inclure ceux qui ne se retrouvent pas dans les catĂ©gories traditionnelles de genre.

      Je tiens Ă  prĂ©ciser que l’objectif de cette discussion n’est pas de culpabiliser ou de blĂąmer ceux qui sont en dĂ©saccord avec l’Ă©criture inclusive. Le dĂ©bat est nĂ©cessaire et il est important d’Ă©couter toutes les voix, y compris les vĂŽtres.

      Je suis d’accord avec vous sur le fait que l’Ă©ducation est essentielle pour promouvoir l’Ă©galitĂ© et le respect. L’Ă©ducation peut aider Ă  promouvoir la tolĂ©rance et l’empathie, ce qui peut Ă  son tour crĂ©er un environnement plus inclusif.

      Merci encore d’avoir partagĂ© vos rĂ©flexions. Il est clair que vous vous souciez profondĂ©ment de cette question et votre voix est une contribution prĂ©cieuse Ă  cette discussion.

      Bon weekend (orageux Ă  GenĂšve. Enfin de la pluie ?)

  16. Narnokatt

    J’admire votre patience face Ă  tant de dĂ©clarations intempestives et pĂ©remptoires.
    Heureusement que certains éditeurs sont en phase avec leur époque.
    Pour que votre sondage soit complet il eut fallu demander le genre et l’Ăąge des votants, je suis sĂ»r qu’il n’y pas de paritĂ© chez les votants 😉

    D’ailleurs, ce pourrait ĂȘtre un sujet d’article de recenser les Ă©diteurs ayant choisi d’utiliser un langage plus inclusif, lequel ne se limite au point mĂ©dian, dans leurs boĂźtes.

    1. Gus

      Bonjour Narnokatt,

      Je suis tout Ă  fait d’accord avec vos rĂ©flexions. Vous soulignez bien la nĂ©cessitĂ© d’une plus grande inclusivitĂ© dans le secteur du jeu de sociĂ©tĂ©.

      Vous avez raison de souligner que la patience est une vertu essentielle dans ces discussions. Le respect et l’Ă©coute sont des valeurs clĂ© chez Gus&Co et permettent pour avancer dans ce dĂ©bat important.

      Concernant l’adoption du langage inclusif, c’est bien la question de la poule et de l’Ɠuf. Les Ă©diteurs de jeux, en montrant l’exemple, peuvent certainement encourager une utilisation plus large de ce langage dans leur communautĂ©. En mĂȘme temps, les joueuses et les joueurs ont un rĂŽle actif Ă  jouer en demandant ces changements et en adoptant eux-mĂȘmes un langage inclusif.

      Votre suggestion d’intĂ©grer l’Ăąge et le genre dans le sondage est trĂšs pertinente. Cela pourrait nous aider Ă  mieux comprendre les diffĂ©rents points de vue au sein de notre communautĂ©. Et bien sĂ»r, le recensement des Ă©diteurs qui adoptent un langage inclusif serait une excellente idĂ©e pour un futur article. C’est une façon de reconnaĂźtre leurs efforts et d’encourager d’autres Ă  suivre leur exemple. À la suite de votre intervention nous allons y rĂ©flĂ©chir.

      Merci de participer à cette discussion importante et de partager vos idées éclairées.

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