Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Firefly, le jeu de plateau. Contrebandiers fringants de l’espace

Firefly: The Game. Le jeu où, pour pouvoir gagner, il va falloir mal se comporter !


Firefly, le jeu de plateau

Quoi ? Comment ? Dites moi pas que ce n’est pas vrai ? Alors que je regarde les nouveautés ludiques en ce mois d’août, sur un site marchand de jeux bien connu, je tombe sur Firefly: The Game. La réédition d’un jeu de 2013 issue d’un série télé mythique. Tout comme à l’époque, se sont les américains de Gale Force Nine qui s’y collent.

Laissez moi donc vous conter les aventures de pirates de l’espace dans le Verse, poursuivis par les vaisseaux de l’Alliance, cherchant à passer outre les chefs de pègre planétaires, tout en esquivant et maudissant les Reavers ! Tout un programme. Bienvenue à bord du Serenity.

Firefly, le jeu, est donc l’adaptation de Firelfy, la série télé, sortie en 2002. Une unique saison créée par le papa de Buffy, Joss Whedon, qui restera dans les mémoires. Malgré un… flop monumental aux USA.

Devenue culte dans les années qui suivent son annulation, les fans obtiendront finalement un film en 2005. Permettant ainsi de boucler au moins l’arc narratif principal.

Je ne suis pas ici pour en faire l’apologie. Une multitude de site spécialisés le font bien mieux. Simplement, pour ceux qui ne connaissent pas, jetez vous dessus ! Pour ceux qui connaissent, vous savez de quoi je parle.

Je suis une feuille dans le vent

Revenons en à nos moutons. Qui risquent d’ailleurs d’être stockés dans vos soutes en direction de Beaumonde.

En 2013, la première édition du jeu sort des cartons de Gale Force Nine. Selon moi, le jeu n’a pas connu le succès qu’il méritait. Est-ce que l’éditeur américain tenterait de relancer le jeu pour l’anniversaire des 20 ans de la série ? Ou cela aurait-il un rapport avec Misbehavin’, leur tout récent gros deckbuilding se déroulant dans le même univers (c’est le cas de le dire).

Find a crew – Find a job – Keep flying

Tout d’abord, parlons du matériel. Pensez à mettre Firefly: The Game en place sur une grande table !

Un plateau immense représentant les deux zones spatiales connues : le système central (The Core), dirigé par l’Alliance et la bordure, où, comment dire, les choses sont plus sauvages.

Des cartes à foison, pour les équipements ou les personnes cherchant du travail, utilisées lors de la traversée du vide interstellaire pour savoir comment les choses se passent. Mais également, les différents contrats à disposition ainsi qu’un deck particulier de poker afin de simuler certaines situations de conflits qui apparaîtront pour valider certains contrats.

Mais aussi, des vrais billets du ‘Verse » avec un petit côté… Monopoly dans l’espace. Des vaisseaux Firefly, mais aussi un croiseur de l’Alliance et trois carcasses Reavers qui poseront de sérieux problèmes à ceux qui les croiseront. Ces derniers sont au cœur de croyances populaires du ‘Verse. Ils circulent au-delà de la Bordure, mais ils leur arrivent de faire des raids pour piller, tuer et enlever la population. Tout un programme.

Ils sont considérés comme des démons, se nourrissant de la souffrance de leurs proies. C’est à dire, tout autre être vivant que l’un d’entre eux. Toute personne sensée préférera se suicider plutôt que de tomber entre leurs mains…

Dans cet univers chatoyant, vous prenez donc les commandes d’un des 4 vaisseaux de type Firefly. Les préférés des contrebandiers pour raison d’une multitude de caches possibles suite à une conception particulière de son architecture. Bref, on peut planquer marchandises illégales et fugitifs sans difficultés.

Je fais le job, et ensuite je suis payé

Dans le jeu de plateau Firefly, vous êtes le capitaine d’un vaisseau navigant entre différents systèmes. Vos missions seront, dans l’ordre de votre choix ou tout en même temps, de rencontrer les baron locaux de la pègre ou de riches marchands pour voir les contrats qu’ils proposent, accepter certains ou pas, recruter un équipage, acheter de l’équipement pour vos troupes, améliorer les capacités de votre vaisseau, boucler vos contrats et revenir chercher la paie bien méritée ainsi que la reconnaissance de vos employeurs. Simple sur le papier… plus complexe dans les faits.

Les contrats sont multiples. Transport de bétails vers des colonies ou de médicaments en direction d’une planète en crise sanitaire. Transport d’esclaves ou d’armes volées à l’Alliance. Attaque de banques ou de vaisseaux. Meurtres et autres joyeusetés !

Certains contrats seront légaux, d’autres non. Certains seront moraux, d’autres non. Plus le contrat sera illégal et amoral, plus la récompense sera… élevée. Mais vous-mêmes, ou certains membres de votre équipage, pouvez avoir une éthique et prendre ce genre de contrats vous posera un problème moral pouvant entraîner l’abandon de certains membres de votre équipe… Ils décideront de partir d’eux-mêmes si vous enchaînez les jobs trop « sales » pour eux.

Dans le jeu Firefly, certains jobs demanderont charisme et négociation. D’autres des capacités de pilotage ou de hacker ou de sortir les flingues, tout simplement.

Vous pourrez également tenter de doubler vos employeurs. Certains pourraient laisser la chose impunie. D’autres chercheront à vous le faire payer cher !

Un autre point important est la gestion du carburant et des pièces détachées. Si vous voulez aller loin et que vos moteurs tiennent, pensez à voir large dans ce domaine !

Mais c’est immense, ce ‘Verse !

Une demi douzaine d’extensions sont sorties depuis la sortie du jeu de plateau Firefly. Certaines ne valent pas un clou pour le prix, Je pense à Jetwash ou Esmeralda par exemple.

D’autres sont des incontournables : Blue Sun et Kalidasa ajoutent chacun un nouveau morceau du Verse au plateau de départ. Avec leurs nouveaux employeurs et contrats, ainsi que quelques nouvelles règles. Pensez sérieusement à agrandir la table si vous utilisez les deux…voire à en acheter une seconde.

Crime & Punishment ainsi que Pirates & Bounty Hunters amènent quant à eux plus de profondeur au jeu, ajoutant un principe d’abordage et de pillage de vaisseaux ainsi que de multiples cartes en plus pour se « comporter mal « .

Let’s be bad guys !

Justement, nous en arrivons à une partie important du jeu : le  » misbehave « , en version originale, que l’on peut traduire par  » se comporter mal « . Pour résoudre certaines situations afin de valider un contrat, on tire un certain nombre de cartes inscrites sur le contrat. Ces cartes sont tirées au hasard dans un deck spécial. On résout la première pour passer à la suivante et ainsi de suite. Si la dernière est réussie, le contrat est validé.

Chaque carte vous propose une situation à résoudre et deux manières de le faire. Ce sera à vous de choisir. Certaines professions ou équipements vous feront passer automatiquement.

Sinon cela se résoudra avec un jet de dé ouvert, modifié par les compétences de votre équipage ainsi que vos équipements à bord. À vous de booster certaines compétences ou vous diversifier pour ratisser plus large. Avec le risque de rater votre tentative. Un poil chaotique je vous l’accorde. Mais du chaos gérable avec un peu de préparation.

Et franchement c’est aussi haletant de voir vos adversaires passer leurs épreuves, que stressant de tenter les vôtres !

Oh God… Oh God… We all gonna die !

Pour amener de la rejouabilité et de la variété, les auteurs ont opté pour une carte de scénario choisie en début de partie par l’ensemble de la tablée. Y est raconté une histoire et les 3 – 4 développements techniques qui préciseront les conditions de victoire. Chaque carte précise le temps  » supposé  » de jeu, intéressant pour prévoir.

En sachant que la partie moyenne est d’environ 120 – 180 mn. Vous ne sortirez pas le matos pour le ranger immédiatement après. À noter qu’un nombre non négligeable de cartes de scénario, écrites par des fans, se retrouvent sur BGG. Histoire de prolonger le plaisir !

La réédition propose de pouvoir jouer jusqu’à 5 au lieu de 4 sur la première édition. avec un vaisseau sortant d’une extension (Artful Dodger) et quelques cartes promotionnelles en supplément.

De légères modifications des règles pourraient également être du voyage. Il était déjà possible de jouer à 5 ou 6 avec les extensions à disposition qui nous proposent, au lieu d’un Firefly, d’utiliser un vaisseau cargo de récupération ou un jet spatial. Leurs caractéristiques seront bien entendu différentes, tout comme les manières de les jouer.

Firefly, verdict

Pour conclure, on retrouve totalement l’univers de la série Firefly. Ayant les droits, l’éditeur GF9 a utilisé les images de la série pour faciliter l’immersion. Tous les fans retrouveront les marqueurs qui ont fait de la série un classique. Les autres pourront sauter dedans à pieds joints et la découvrir de l’intérieur.

Récupérez donc vos longcoats, chargez vos flingues, planquez vos billets, esquivez l’Alliance et les Reavers afin de terminer en un seul morceau. Foncez découvrir le ‘Verse au manette d’un bon vieux Firefly et si vous croisez le capitaine Malcom Reynolds et son équipage, tâchez de vous en faire des alliés. Vous ne regretterez pas votre voyage… Surtout si Jayne porte le bonnet tricoté main offert par sa maman. Comme disait Wash : « un type qui sort dans la rue avec ce bonnet…on sait qu’il n’a peur de rien ! »

Juste exceptionnel malgré de minuscules défauts

Note : 4.5 sur 5.

  • Auteurs : Aaron Dill, John Kovaleski, Sean Sweigart
  • Éditeur : Gale Force Nine
  • Illustrations : Charles Woods
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1-4 / 1-6 avec les extensions (tourne très bien à 2 ou 3, risque d’être long à plus)
  • Âge conseillé : Dès 13 ans (si l’anglais est maîtrisé, ou avec de l’aide)
  • Durée : 120 – 240 mn
  • Thème : Science Fiction, série
  • Mécaniques principales : Pick Up and Deliver, Course, Objectifs secrets. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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Article écrit par Chab. Rôliste devenu platoïste par manque de temps. Pâtissier initié et fan de Robbie Williams. Patriarche de cœur d’un troupeau de gremlins. Aime qu’un jeu lui raconte une histoire.

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7 Comments

  • Tchi

    Merci pour cette description! Mais j’ai l’impression de lire les règles de Bordure extérieure. Je me trompe où FFG a tout piqué à ce jeu dans sa version ?

    • Chab

      Bonjour Tchi.
      Impossible pour moi d’être si catégorique, n’ayant pas essayé Bordure Extérieure. J’avais presque l’envie de le prendre avant de trouver que les deux se ressemblait trop pour risquer le doublon…
      Pour avoir suivi certains échanges sur BGG sur le sujet, il ressort que les deux sont effectivement très similaires et que le choix se fait plus sur les préférence d’univers des joueurs.

      • Cédric De Mey

        Merci de me redonner envie d’y jouer…

        Ça fait quelques années que le jeu n’est pas sorti de l’armoire 😢

        Un des défauts est le manque d’interaction direct. Mais on adore.

          • Chab

            oups les gros doigts….. pour éventuellement leur souffler la victoire !
            Une des extensions permet l’abordage des vaisseaux concurrents afin de vider leurs soutes.

              • Chab

                Le ‘Verse est immense c’est clair…mais entre pousser vos adversaires vers l’Alliance, voir les Reavers, et les courser pour les piller, voir récupérer certains de leurs membres d’équipage…
                Je valide que le jeu a franchement plus d’interactions à 4 (5 avec la nouvelle version) et s’en retrouve de facto plus intéressant !

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