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Les Gardiens de Havresac. Bag-building addictif en solo

Dans Les Gardiens de Havresac, bag-buildez votre territoire et luttez contre de viles créatures. Le nouveau carton de Catch Up Games.


Les Gardiens de Havresac

Catch Up Games, c’est cet éditeur de jeux de société lyonnais qui a le nez creux pour trouver, et éditer des jeux attachants, passionnants. À peine « remis » de leur succès de l’excellente réédition de Sobek à deux uniquement, ils relancent la machine pour nous proposer Les Gardiens de Havresac.

Attention, blockbuster ludique ! Surtout si vous appréciez jouer en solo.

Le pitch

Dans Les Gardiens de Havresac, vous incarnez, dirigez les gardiens d’un royaume fantastique en proie à des attaques de méchantes créatures. Saurez-vous les occire ? Tout en vous baladant dans le royaume pour 1. Trouver des coffres à trésor 2. pécho des fées 3. reconstruire des villages en ruine.

Sachant que dans le jeu, vous ne contrôlez pas un seul et unique gardien pour vous lancer dans l’aventure et remplir toutes ces, toutes vos missions. Non. Dans Les Gardiens de Havresac, tout est, à peu près, dans le… sac. Vous commencez avec quelques gardiens, représentés sous la forme de jetons, disposant chacun de leur pouvoir respectif.

Puis en fin de manche, avec l’argent obtenu, vous pouvez en acheter d’autres, à choix. Gardiens que vous allez ensuite placer dans votre sac personnel. Au début de la prochaine manche, vous voyez ce qui va se passer. Vous allez piocher un jeton, l’un après l’autre, pour le déployer sur votre plateau. C’est donc du bag-building.

Le bag-building, mais qu’est-ce c’est ?

Le bag-building, c’est comme le deck-building. Dans le second on achète, et augmente, et affine, et améliore son deck de cartes. Dans le premier, on fait pareil, mais avec des jetons qu’on place dans un sac. Tout se trouve alors mélangé, comme dans une pioche de cartes. À son tour on en tire un élément.

S’il y a énormément de deck-building sur le marché du jeu de société, le bag-building se fait, pour l’instant, plus discret. Notons deux jeux passionnants, emblématiques, qui intègrent cette mécanique, Les Charlatans de Belcastel et Orléans.

Les Gardiens de Havresac, et encore une fois c’est dans le titre, fait pareil. Avec, toutefois, un énorme twist, subtil, savoureux. On pioche TOUS les jetons de son sac. La seule inconnue réside dans l’ordre du tirage.

Les Gardiens de Havresac, on y joue comment ?

On joue bien. On joue vite. On joue peu. On joue en même temps, surtout. Les Gardiens de Havresac est haché en plusieurs phases : on place des streumon sur son plateau perso bardé de lieux spécifiques sur lesquels les viles créatures peuvent apparaître.

Vient ensuite le cœur du jeu, la pioche des gardiens que l’on place sur son perso et qui vont soit faire du dégagisme de créatures, soit ramasser des coffres, des fées, ou construire des villages. Dans l’idéal. Car chaque gardien dispose de sa propre capacité de déplacement.

Et les gardiens peuvent apparaître soit d’une tente précédemment posée, soit du château central, soit, et c’est tout l’intérêt, d’un autre gardien déjà sur le plateau.

Dans Les Gardiens de Havresac on joue un peu à « la course au témoin ». On continue là où l’autre s’est arrêté. On peut donc finir par espérer atteindre des confins du plateau en jouant un peu à l’Awalé. Je place ici, pour repartir de là avec un autre jeton.

Il faudra réussir à se montrer extrêmement tactique pour marier hasard de la pioche et placement, déplacement sur son plateau pour atteindre le plus d’objectifs possibles.

Une fois cette manche passée, on passe au décompte de points de la manche en cours, puis on procède à des achats de nouveaux gardiens. Enfin, on remet ses jetons dans le sac et on recommence.

Et tout se joue en simultané. On n’attend pas son tour. On joue en même temps, à chaque phase.

Points et pépettes

En plus de sa mécanique de jeu subtile, fluide et addictive, Les Gardiens de Havresac nous offre un système de décompte de points savoureux. Le nombre de points décrochés lors de la manche en cours confère un certain montant de points de victoire ainsi que d’argent. Plus on en gagne et plus… on en gagne.

Attention à l’effet win-to-win, qui est toutefois vite lissé par le hasard de la pioche et par ses choix, d’achats et de déploiement. Ce n’est pas parce qu’on achète plus qu’on finit par gagner plus, expérience faite.

Lors de nos multiples parties j’ai essayé de ramasser le plus d’argent pour m’acheter le plus de gardiens à chaque tour. Et ainsi de suite. j’ai quand fini par me faire laminer en toute fin, même si j’avais un peu d’avance tout au long de la partie.

Les Gardiens de Havresac, verdict

Je n’ai, jusqu’à présent, comme vous l’avez remarqué, que d’excellentes choses à dire sur Les Gardiens de Havresac.

Une fois les différents pouvoirs des différents gardiens compris, tout file, tout fonce. On essaie de faire plus, de faire mieux. Le jeu est attachant, addictif.

Mais

Oui, mais.

Et il y a un gros mais.

Comme vous l’avez lu plus haut, tout se joue en simultané. Et tout ceci sur son plateau personnel. Vous voyez le souci. On passe sa partie le nez collé à son plateau et à ses jetons piochés du sac.

Dans Les Gardiens de Havresac, on joue ensemble, mais dans son coin. On partage une partie, mais sans se parler ni s’intéresser aux autres.

Avec Les Gardiens de Havresac on a peut-être atteint les limites du jeu de société. Dans « jeu de société », il y a jeu, bien sûr. Et société, aussi, surtout. Avec le jeu de société, le jeu fait société. Je(u) crée du lien.

L’interaction est ici inexistante. Tout dépend bien sûr de votre définition du terme. Souvent débattu chez nous.

Si pour vous le fait de vous retrouver à une table sans se parler suffit pour générer de l’interaction, alors oui, dans cas il y en a. Mais si vous recherchez plus, le jeu Les Gardiens de Havresac risque fort de vous refroidir. On joue ensemble. Mais séparés.

Avec la pandémie, les jeux de société se sont adaptés à la situation sanitaire, à la demande. Aujourd’hui, la grande majorité des jeux de société inclut désormais une règle spécifique pour y jouer aussi en solo. Le jeu Les Gardiens de Havresac renverse le paradigme. C’est un jeu solo qui peut aussi se jouer à plusieurs. Mais on finit quand même par y jouer en solo. Mais à plusieurs.

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En solo, donc, le jeu est excellent. Gus&Co recommande, 5 étoiles, pas moins, la totale ! Mais dès qu’on est plus à la table, avec Les Gardiens de Havresac la soirée jeux, ou lunch ludique entre collègues, tourne polaire.

Un très bon jeu. Excellent en solo, glacial à plus.

Note : 4 sur 5.

  • Auteur : Frédéric Guérard
  • Illustratrice : Sabrina Miramon
  • Éditeur : Catch Up Games
  • Nombre de joueurs et de joueuses : 1 à 4 (tourne bien à toutes les configurations, puisque tout le monde joue dans son coin)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 30-45′ (bonne estimation)
  • Thème : Médiéval-fantastique
  • Mécaniques principales : Simultanéité

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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste. Et comme joueur, surtout. Ses quatre passions : les jeux narratifs, sa ménagerie et les maths.

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