Critiques de jeux,  Jeux de plateau

In Windes Eule. Un jeu chouette

In Windes Eule, ça poppe !


In Windes Eule

J’aime quand dans les jeux, ça va vite. Quand il n’y a pas besoin de réfléchir trois heures à son prochain mouvement. Quand ça enchaîne. Quand ça file et fonce. J’ai du mal à rester concentré sur quelque chose qui ne m’intéresse pas, et je perds facilement patience. Attendre mon tour, alors que je sais déjà ce que je vais jouer, parce que les autres sont en pleine paralysis-analysis, c’est mon cauchemar ! Ce qui ne se produit pas dans In Windes Eule.

Si dans les jeux je dois attendre plus de 1d4 minutes avant de jouer, mon esprit vaque. Je pense à ce que je vais faire demain, aux prochains articles que je vais écrire, à cette fois où j’ai dit bonsoir à la boulangère alors qu’il était 11h du matin. À tout, sauf au jeu. Et quand vient mon tour, j’ai oublié ce que je voulais jouer. Et je finis par faire n’importe quoi. Ce qui me porte souvent chance, par ailleurs. Mais je ne peux pas dire que je m’amuse beaucoup dans ce genre de situation.

Il y a une explication à ça, bien sûr. J’ai un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité. TDAH en version courte, ou ADHD en version anglaise. Mon esprit n’arrive pas à se fixer sur la tâche en cours, si elle n’est pas dans mes centres d’intérêts du moment, et j’ai une mémoire à court terme proche de… 0.

C’est pour ça que j’aime les jeux d’ambiance, qui vont vite et ne demandent pas trop de concentration. Ou les jeux de questions. Parce que j’ai une très bonne mémoire à long terme et des détails… inutiles. Je suis spécialisé en savoirs… inutiles. Et les jeux qui sont dans mon thème d’intérêt du moment. Et que je fuis les « gros » jeux, où on passe deux heures à choisir s’il faut bouger d’une ou deux cases.

In Windes Eule ne rentre pas dans la catégorie « gros jeux ». Pas du tout. C’est un jeu qui poppe, avec une durée de partie annoncée de 10 minutes. Un jeu pour moi quoi.

In Windes Eule, le pitch

Magiciens et enchanteresses, vous ne seriez rien sans vos messagers. Ce sont eux, fidèles compagnons, qui vont aller chercher les ingrédients nécessaires à vos tours. Ils vont vous permettre d’être le ou la plus puissante du pays.

Faucons, dragons, chouettes, corbeaux, chauves-souris, chats et rats. Ce sont eux qu’il va falloir envoyer dans les différents villages et autres lieux du royaume, en essayant d’être celui ou celle qui remportera le plus de points de magie à la fin du tour.

Matériel

Le jeu est constitué de 96 cartes animaux (16 par créatures ailées, 8 par créatures terrestres) de 4 couleurs, et 7 lieux (4 villages, une clairière, un port et un château). Les lieux sont disposés au milieu des joueurs et joueuses, qui reçoivent les 24 cartes de leur couleur. Ces cartes sont mélangées et posées en tas face cachée devant chaque personne.

Au top, tout le monde retourne la première carte et c’est parti ! Tout le monde joue en même temps, en suivant ces quelques règles :

  • On ne joue qu’avec une main
  • On ne retourne qu’une carte à la fois
  • On doit poser la carte retournée avant de retourner une nouvelle carte
  • On doit poser les cartes en tas sur les lieux, pas les unes à côté des autres
  • On peut jouer à la vitesse qu’on souhaite

Dès qu’un ou une joueuse a posé toutes ses cartes, on arrête de jouer, la manche est terminée. On compte alors les points gagnés, en fonction des lieux :

  • Au château, le ou la joueuse avec le plus d’animaux (quelle que soit l’espèce) remporte 3 points, le ou la seconde 2, et le ou la troisième 1. En cas d’égalité, on considère que les gens sont en dessous de la place (Si deux personnes ont le plus d’animaux, ils seront deuxièmes tous les deux, pas premiers ex-æquo).
  • Au port, le premier animal de chaque espèce remporte un point à son propriétaire (l’ordre est donc important, c’est pour ça qu’il faut poser les cartes les unes sur les autres).
  • Dans la clairière, chaque personne compte le nombre d’animaux de sa couleur qui est seul, et gagne un point par espèce.
  • Dans les villages, l’espèce la plus représentée dans ce village fait gagner un point par carte de cette espèce. Mais les rats et les chats ne comptent pas dans ce total, et vont venir perturber la fête. S’il y a un rat dans un village, et qu’il n’y a pas de chat, la peste se déclare, et personne ne gagne de point. En revanche, s’il y a plus de chats que de rats, la peste est évitée, et les propriétaires des chats gagnent deux points par carte. Les autres cartes sont alors comptées normalement, comme indiqué dans la première phrase de ce paragraphe.

Chacun récupère ses cartes, et la manche suivante débute. La partie se déroule en 3 manches, et c’est le ou la joueuse qui a le plus de points qui remporte la partie.

In Windes Eule, verdict

Pour popper, ça poppe. In Windes Eule va vite, très vite. Il ne faut pas trop chercher à analyser son prochain coup, ou vous finirez la manche sans avoir posé une carte. On retrouve la rapidité de Nimble, mais avec un thème plus intégré, et un système de points qui va contrebalancer le côté rapide.

Si on se débarrasse de ses cartes sans réfléchir on ne pourra pas gagner. Il faut poser les cartes aux bons emplacements, se rappeler ce qu’on a posé et observer les autres pour savoir contrer les rats (ou gagner des points faciles avec les chats). Il y a de l’intelligence dans ce jeu, pas seulement de la rapidité.

Il faut toutefois être honnête. Cette intelligence est parfois un peu tarabiscotée. Et la phase de décompte des points à la fin de la manche n’est pas très… sexy. C’est un point faible de ce jeu. Mais qui est sans doute inévitable si on veut avoir un peu de défi intellectuel dans un jeu de rapidité.

Le thème est bien intégré au jeu, et l’esthétique, assez classique pour ce genre de thème, est plaisante. Le format est transportable facilement. In Windes Eule trouvera sa place dans une valise ou un sac de transport.

Pour résumer, In Windes Eule est un petit jeu de rapidité familial, avec un thème agréable et visuellement réussi. Pas la révélation de l’année, mais un bon petit jeu tout de même. Qui file et qui fonce. Un jeu chouette avec des chouettes.

Note : 4 sur 5.

  • Auteurs : Alexey Konnov, Alexey Paltev et Anatoly Shklyarov
  • Illustrateur: Alexander Jung
  • Éditeur : Zoch zum spiel
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (tourne mieux à 4)
  • Âge conseillé : Dès 8 ans (bonne estimation)
  • Durée : 10-20′
  • Thème : Animaux
  • Mécaniques principales : Cartes, rapidité

Pour vous offrir une expérience de lecture plus agréable, nous vous proposons un site sans aucune publicité. Nous entretenons des relations d’affiliation avec Philibert et Play-in. Ainsi, lorsque vous achetez un jeu en cliquant sur les liens menant aux boutiques, vous nous soutenez. Grâce à vous, nous pouvons obtenir une petite part des revenus. Ceci nous permet alors d’acheter d’autres jeux et de continuer à pouvoir vous proposer de nouveaux articles.


Article écrit par Clément de la Team Gus&Co. Adepte des jeux rapides, son pire ennemi est le paralyseur. Spécialiste des jeux de plis, des casse-têtes et des ours. Il a deux chats, trop de plantes et une mémoire défaillante. Devise : « Faut que ça poppe ! »

À vous de jouer ! Participez à la discussion

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :