Jeux de plateau

Black Lives Matter, la fronde gronde au sein de l’industrie du jeu de société

Temps de lecture: 3 minutes

La GAMA, l’association des fabricants de jeux de société aux US, ne réagit pas face au mouvement Black Lives Matter. En réponse, de nombreux auteurs de jeux de société boycottent leur événement Origins

Un nombre croissant de membres connus de l’industrie du jeu de société et de la communauté se retirent de l’événement Origins Online, pour dénoncer l’absence de communication de la GAMA au sujet du mouvement Black Lives Matter.

Origins Online est en effet un événement organisé par la GAMA, la « Game Manufacturers Association (GAMA) ». La GAMA est l’association américaine qui regroupe les fabricants de jouets et de jeux de société. Depuis le début des événements qui secouent la planète à la suite de l’assassinat de George Floyd, le mouvement Black Lives Matter prend une ampleur considérable. Après plus de deux semaines, la GAMA ne s’est toujours pas exprimée sur le sujet, alors que de nombreux secteurs culturels l’ont fait.

À l’instar de Wizards et de Magic, qui a décidé hier de retirer sept de leurs cartes jugées racistes.

La GAMA, elle, n’a rien communiqué et ne s’est pas exprimé sur la question. Un silence pesant, que de nombreux acteurs de l’industrie regrettent. Pour faire pression et témoigner de leur désapprobation, ils ont donc décidé de boycotter l’événement en ligne de la GAMA, Origins Online.

La GAMA possède et exploite Origins Online, un événement virtuel qui est censée se dérouler plus tard ce mois-ci, du 19 au 21 juin. Elle doit remplacer l’habituelle Origins Games Fair. Dû à la COVID (oui, on dit LA COVID…), cet événement IRL a été reporté à octobre, du 7 au 11, « juste » avant Essen (qui n’aura pas lieu cette année…).

Lors de cet événement en ligne, des auteurs, autrices et éditeurs sont invités à participer et à faire des présentations sur leur travail.

Au lieu de cela, de nombreuses personnalités et membres de l’industrie se retirent de l’événement, et la liste est longue.

Le fait que la GAMA ne s’exprime pas sur le mouvement est considéré par beaucoup comme problématique. Ne rien dire en dit long. C’est un refus de soutenir certains de leurs membres qui ont subi et qui subissent encore des injustices, actes et violences discriminatoires.

En revanche, la Entertainment Software Association, le pendant de la GAMA pour l’industrie du jeu vidéo, elle, s’est rapidement exprimée sur la question.

Est-ce que cette fronde va réussir à faire pression sur l’association des fabricants de jeux et de jouets aux USA ? Pas impossible… Bref, ce mouvement planétaire devient universel et profond.


Rebondissement dans l’affaire

🔴 Mise à jour de l’article du 11.06.20, 15h50 : suite aux nombreuses défections de personnalités du milieu du jeu de société, nous venons tout juste d’apprendre que la GAMA a décidé d’annuler leur événement Origins Online.

Ils en ont profité pour communiquer sur le mouvement social qui agite la planète et présentent leurs excuses pour leur réponse tardive :

À notre communauté :

L’association des fabricants de jeux croit que la vie des Noirs comptent (Black Lives Matter, en anglais). Nous condamnons sans équivoque le racisme et la violence contre les gens de couleur. Nous avons été trop tard pour faire cette déclaration avec force, et nous nous excusons. Les injustices d’aujourd’hui exigent que chaque personne de bonne conscience annonce clairement où elle se situe et nous aurions aimé être plus proactifs, plus stridents et plus efficaces de notre voix. Des innocents de couleur sont tués dans les rues des communautés où nous vivons, et ce n’est pas acceptable.

Nous ne pouvons pas tenir de manière responsable notre convention virtuelle, Origines Online, dans ce cadre. Même s’il était possible de le tenir, il ne serait pas approprié de le faire. Donc, nous annonçons ici que Origins Online est annulé.

GAMA’s Board of Directors, and Retail Division Board, 11.06.20

68 Comments

  • M FRANCOIS H

    [MODE HUMOUR ON]
    Oh merde ! J’ai oublié de dire publiquement que j’étais contre les crimes racistes, les violences conjugales, la pédophilie et l’extinction du rhinocéros blanc. Pourvu que les locataires de mon gîte n’annulent pas leurs réservations
    [MODE HUMOUR OFF]

    On vit une drôle d’époque, non ?

    • Gus

      Merci François pour votre commentaire.

      Je ne suis pas persuadé qu’on puisse véritablement « brancher » un mode « humour » pour aborder le sujet des discriminations et des violences commises à l’encontre de certaines personnes. On parle bien ici de violence, de crimes, de morts violentes. Le « MODE ON » peut même être plutôt déplacé, en réalité.

      Quel est votre avis sur la constatation sociale qui s’empare des membres de l’industrie du jeu de société, en réaction à la NON-réaction de la GAMA ?

      « On vit une drôle d’époque, non ? » Définissez… « drôle », François ? Personnellement, je la qualifierais peut-être plutôt par « nécessaire ».

      • patrikcarpentier

        Un certain Pierre Desproges a fait divers sketchs pas piqués des vers, dont un sur les juifs dans lequel il n’hésitait pas à parler des camps de concentration. Ce sketch est nettement plus efficace que 36 bonnes intentions de bonne conscience.

        Dois-je comprendre qu’on ne peut plus être neutre et qu’il faut fatalement se ranger dans un camp ou dans un autre ? Ça devient de + en + manichéen.

        • Gus

          Par certain que l’humour de P. Desproges ne passe bien aujourd’hui… Notre société évolue. Et tant mieux !

          • patrikcarpentier

            Dois-je en déduire que vous n’aimez pas son humour très caustique ?
            C’est un humoriste qu’il ne faut surtout pas prendre au 1er degré, ni même parfois au 2ème… 🙂

            • Gus

              Je ne suis pas persuadé que ce soit ici l’endroit et le moment de parler humour, Patrick

              Allons plutôt nous faire une terrasse prochainement autour d’un bon verre de lait 🥛 d’avoine pour en discuter (et avec un masque 😷)

              • patrikcarpentier

                L’un des 1ères choses qu’une dictature supprime, c’est justement l’humour.
                L’humour est aussi (à ce qu’on dit) la politesse du désespoir.
                Quant au lait d’avoine, je préfère une eau à bulle, ça facilite la digestion et la digression 😀

                • Jonas

                  « Dois-je comprendre qu’on ne peut plus être neutre et qu’il faut fatalement se ranger dans un camp ou dans un autre ?  »
                  –>
                  Quand on parle d’oppression, être « neutre » revient à être du côté de l’oppresseur (pour paraphraser quelqu’un de célèbre). Tout simplement car la neutralité face à l’opression (raciale, ou même dans une cœur de récré à l’école) revient à accepter le statu quo, et donc à accepter que quelqu’un soit opprimé.
                  À méditer 😉

      • Vaan

        Ce n’est pas un constat social que vous faites, c’est un constat sociétal. C’est celui relayé par les médias qui consiste à définir la population et leurs actions par leur couleur de peau. Comment appelle-t-on cela déjà ? 90% des afro américains tués aux Usa sont tués par des afros américains. Si la vie de ces personnes importaient vraiment aux commentateurs ils devraient en priorité dénoncer la libre circulation des armes, le traffic de drogue, les difficultés d’accès à l’université, les difficultés d’accès aux soins… Ça c’est un constat social. Cela n’empêche pas d’avoir un regard sur la question du racisme aux Usa. Mais on préfère interdire des cartes Magic !

        • Gus

          Vous avez raison en effet. La discussion ici est en lien avec un constat sociétal universel. Les exemples que vous donnez sont pertinents et… accablants. Et malheureusement, et nous le savons toutes et tous, le racisme, les discriminations n’existent pas qu’aux US. À Genève aussi, en France et ailleurs.

          « Mais on préfère interdire des cartes Magic ! » Très juste, vous avez raison ! Dans le cas de l’éditeur du jeu. Qui n’est pas juge, politicien ou policier. À chacun de réagir comme il peut. À coups de communiqués ou de boycott, le monde du jeu de société réagit. À sa manière, à son échelle. C’est inspirant !

    • Gus

      Monsieur cherche la petite bête je vois. Vous êtes en pleine forme aujourd’hui, François !

      Rien que le fait de publier deux articles aujourd’hui sur les événements actuels témoigne bien de notre soutien à la cause.

      Et cher François, je vous invite à jeter un rapide coup d’œil à mon avatar 😉

      Donc si je comprends bien vos deux interventions caustiques, vous ne soutenez pas l’action des différents auteurs et autrices de jeux de société qui boycottent la manifestation ?

    • Alfa

      Quelle situation ridicule que de devoir afficher un avis public sous peine de se voir boycotter.

      Manichéisme , hypocrisie et démagogie
      Vs.
      liberté d’expression et de réserver son opinion.

      D’autant plus que Gama n’a rien à voir avec le schmilblick … affligeant

  • Un joueur.

    Navré, mais je rejoins François.

    Ca s’appelle de la contrainte. On oblige désormais n’importe qui / quoi à soutenir des mouvements, sinon « t’es donc un gros raciste ».

    WotC retire « cleanse » parce que la carte est « blanche » ?A quand le retrait immédiat de Res Arcana, et un communiqué officiel de l’auteur et de l’éditeur, parce que les têtes de mort sont de couleurs noires ?

    On sombre dans l’hystérie collective. je rejoins aussi le commentaire de PatrickCarpentier: C’est du manichéisme absolu. Ou t’es pour, ou t’es contre. Plus personne n’a le droit de réserver son opinion, de dire que « moi je vends des jeux, et je ne me mêle pas de politique ou de l’actualité ».

    On force les gens à soutenir un mouvement (je ne suis pas la pour discuter du fond, je parle de la forme),car sinon, on le jette à la vindicte populaire.

    • Gus

      Merci pour riche et passionné commentaire

      Malheureusement, je ne pense pas qu’on puisse faire l’amalgame simpliste entre la couleur noire et des illustrations à connotation discriminatoire. Une tête de mort ☠️ noire 🏴‍☠️ reste une tête de mort.

      En revanche, une illustration qui renvoie à une représentation discriminatoire peut devenir problématique

      • Baptiste

        Une illustration renvoyant à une représentation discriminatoire peut en effet devenir problématique lorsqu’elle est sortie de son contexte comme c’est fait actuellement.

        Va t’on interdire le jeu d’Echecs car il s’agit d’un combat entre les noirs et les blancs ? C’est le même genre d’idiotie.

        Bien évidemment que toute vie compte, peu importe la couleur et c’est bien triste que des personnes ne le comprennent pas et qu’il y a encore des morts pour des raisons raciales. C’est même incompréhensible ! Mais ça me fait halluciner de voir qu’il faut obligatoirement que chaque entité qui a une certaine importance doivent communiquer sur la chose. Ce n’est pas le but premier de cette organisation. Et un silence peut simplement traduire cet état de fait, ou alors traduire un raz le bol de se voir imposer les choses ou une façon de penser. La vie est triste par bien des aspects. Certain on la chance de pouvoir jouer. Le jeu peut être une manière de s’évader de ce monde violent. Tout le monde n’a pas forcément la force mentale nécessaire pour affronter la réalité 24h/24. Pourquoi chercher à leur enlever ces nano capsules d’évasion ?

        Je suis contre tout forme de discrimination, notamment celle mise en lumière par une nouvelle mort d’un afro-américain. Mais je comprends parfaitement que des entités ne se prononcent pas. Va t-on me dire que c’est une réaction typique d’homme blanc ?

  • giloo

    Je soutiens évidemment la cause. Mais je ne vais pas reprocher à la GAMA, dont la mission n’est pas directement liée à la dite cause, de ne pas s’épancher. Je confirme : c’est une drôle d’époque où la culture de l’outrage balaie pas mal de raison et de sagesse sur son passage. La chasse aux sorcières est de retour, cette fois les sorcières n’ont parfois comme seul tort de ne pas envoyer le tweet que la masse exige, voire juste de ne pas applaudir à 20h… C’est mince.

    • Gus

      Oh, merci

      Dommage juste que vous soyez passé par Asmodee pour publier votre article. Comme média tout petit et indépendant, nous aurions eu énormément de plaisir à vous publier

      Repassez nous voir si vous avez un autre sujet en tête Thierry. Nous sommes disposés à vous payer en lingots d’or suisse 🇨🇭 ou en fondue, vous pourrez choisir 😅

  • Thibaut

    Je suis ravi que des éditeurs ou ‘game designers’ s’élèvent à leur manière face à l’oppression subie par les afro-américains aux USA. Cela fait quand même 400 ans que les premiers esclaves africains ont foulé le sol de ce pays et 400 ans que ces communautés ne sont pas fichues de vivre ensemble. Moi-même issu d’un père migrant, je constate qu’il y a de nombreux progrès à réaliser en France, mais que ceux-ci sont surtout d’ordre social et que le racisme des Français (qui existe) est sans commune mesure avec celui observé aux USA.
    Pour revenir à l’article, la politique est l’affaire de tous et ne doit pas être réservée aux hommes et femmes politiques (surtout quand on voit leur niveau actuel). Je comprends également qu’il apparaisse important dans ce contexte que chaque entité ou entreprise doive aux yeux des américains se positionner sur ce sujet. C’est effectivement une manière efficace de faire avancer les choses.
    J’espère cependant que ce genre de pratiques n’a pas vocation à se reproduire par chez nous. J’observe que l’impératif du positionnement idéologique aux USA relève souvent plus de la politique marketing. Il n’y a qu’à voir le long spot publicitaire qu’est devenu la gay pride à New York pour s’en convaincre.
    Les Etats-Unis sont une société fracturée, encore traumatisée par sa guerre civile et je crains que cette forme de contrainte ne fasse qu’accroître les dissensions. Dans le militantisme en général, je préfère la pédagogie à la coercition.

  • Skinner

    Boycotter est le droit de chacun. Si certains considèrent regrettable l’absence de soutien public de la GAMA, ils ont le droit de ne pas haire honneur de leur présence au rendez-vous.

    Il semble que l’on traverse une période où il est risqué d’avoir une opinion, les autres se chargeant immédiatement de rentrer dans le cadre de ceux dont l’avis diffère du leur.

    Pourquoi doit-on toujours rendre des comptes ? On se fait critiquer si on souligne le manque de représentation féminine dans les jeux. On se fait allumer si on ne joue pas aux jeux de Cathala. On n’est qu’un gaucho tyranique si on trouve révoltant de faire l’éloge d’un ancien marchand d’esclaves en exposant sa statue.

    Il n’y a presque plus de dialogue, juste du mépris et du sarcasme. Je trouve ça triste.

    Alors oui, certains sont maladroits quand ils partagent leur « bonne pensée ». Ils adoptent parfois un ton de jugeur, laissant supposer qu’ils ont plein de leçons à donner. Mais la plupart ne méritent pas que l’on sorte le fouet parce qu’ils ne sont juste pas d’accord avec la majorité.

    Personne à ma connaissance n’a menacé d’intenter un procès à la GAMA pour son silence. Alors plutôt que de blâmer ceux qui ont décidé de ne pas s’y rendre, pourquoi ne juste pas exprimer calmement son avis ? On ne boycottera pas vos commentaires pour ça.

    • nemesis

      je suis assez d’accord avec vous.

      Le plus grave étant, pour moi,qu’il semble être très risqué aussi de ne pas forcément avoir d’opinion.

      On doit réagir dans un sens ou dans l’autre à tout, et tout de suite, sous peine de se faire donner des leçons par des moralisateurs de tous bords qui ne comprennent pas toujours, et se foutent même parfois (!) des implications des sujets qu’ils « traitent ».

      La liberté d’opinion c’est aussi de ne pas en avoir ou de ne pas forcément vouloir l’exposer publiquement. Ce qui ne fait pas des « sans opinion » des racistes ou des criminels, mais juste des gens qui n’ont pas la capacité ou l’envie de s’exprimer sur des sujets qui les dépassent ou qu’ils pensent ne pas assez maîtriser.

      • Skinner

        @Némésis

        Je comprends ce que vous voulez dire. Moi-même, je ne voudrais pas voir mes amis me tourner le dos parce que je n’aurais pas participé à la manifestation pour le climat ou parce que je n’aurais pas signé telle pétition.

        Il est vrai que des fois on n’a pas d’opinion. On alors on en a une mais on a peur d’être malhabile en l’exprimant. Ou alors on sait qu’on se fera crier dessus. Ou alors on préfère penser en silence, tout simplement.

        Après, il serait intéressant de savoir à partir de quand nous sommes suffisamment importants et reconnus pour que l’on attende de nous une prise de position. Des personnalités (et peut-être des anonymes aussi) du secteur ludique ont clairement exprimé qu’ils avaient des attentes auprès de la GAMA. Peut-être est-ce une preuve d’estime pour ses dirigeants. Ou alors est-ce parce que ces personnalités considèrent normal de la part du groupe de s’engager. Je ne pourrais pas dire.

        La vie ne se résume évidemment pas à un « Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi », mais c’est vrai que l’on a tendance à attendre l’exemple des plus grands, un peu comme s’ils étaient des grands frères ou des grandes soeurs. Et quand nous traversons une période importante comme celle actuelle, il semble que nous ayons besoin de soutien, de former une grande équipe avec les autres. Mais quand ces derniers ne répondent pas à l’appel, on se dit qu’ils ratent l’occasion d’améliorer le monde avec nous, ce qui nous fâche et/ou nous déçoit.

        Ce sont bien entendu des suppositions. Je ne suis ni expert en comportement humain ni en société. Je m’interroge, seulement.

  • Cédric N.

    En même temps… non, je ne suis pas un marcheur.
    En même temps donc, le jeu de société (disons de plateau, moderne, etc… enfin tout sauf la bel… heu, le poker !) est un loisir, dans les sociétés occidentales, de gens éduqués qui ont (un peu) d’argent à consacrer à « un plaisir », du temps aussi, ce qu’on pourrait appeler les CSP+plus (le « plus » au sens d’élargie) et donc : des BLANCS (malheureusement ! Je rajoute parce que j’ai vu qu’y avait des trolls qui traînent et les trolls, ça pue ! Bon, moins que les gobelins … sale race, il faudrait une bonne guerre racia… Oulà, je suis en train de faire… alliance avec … je m’égare).
    Développons.
    ÉDUQUÉS : on peut être éduqué sans avoir fait d’études. Par contre, on est éduqués si on lit : pour s’informer (en connaissant plus que 3 lettres B F M…), pour le plaisir (des phrases plus longues que « PSG contre OM »), pour apprendre des règles (et pas attendre que quelqu’un le fasse pour vous) ! J’ai pas l’impression que les librairies fleurissent dans ce qu’on appelle communément (enfin, c’est pas si vieux) « les quartiers ». Pas leur clientèle… elle n’a pas l’
    ARGENT nécessaire.
    J’ai vendu des jeux de société pendant des années. Après la « crise » de 200_, j’avais développé l’argumentaire suivant : ok, ce jeu n’est pas donné mais il sera chez vous : rapportez son prix à 4 places de cinéma … etc … etc… Commerçant, ça peut rendre con… Parce que dans l’ensemble, on (càd la plus part des gens qui trainent ici ou sur TT par ex) achète un jeu 50 ou 60 balles et on va y jouer … 2, 3 fois ?! Sans même se dire qu’on va le revendre sur Okkazéo : « il est ̶b̶i̶e̶n̶ bon, j’y rejouerai bien un jour ! » Et les jeux coûtent de plus en plus cher et ça va pas s’arranger …
    Tiens, je peux rajouter l’ESPACE. Ahhh la famille «  » »qui choisit «  » » de s’installer dans un T2 à Sarcelle… bien sur qu’elle a un débarras digne de la famille Tanenbaum et qu’elle peut laisser sur la table la moitié de la carte du 7ème continent (parce que le système de sauvegarde est pas fluff …).
    Et puis, ils sont au chômage, ils ont le TEMPS…
    Pas sûr que la « femme de ménage » de l’Assemblée Nationale chère à François Ruffin se disent qu’elle a le temps de passer au Damier de l’Opéra acheter un p’tit booster en espérant pécho cette carte légendaire noire qui lui ait défaut …

    Une anecdote, pour illustrer mais aussi faire exception : Une fois, durant un « ESSEN », le soir à l’hotel , on est tombé sur une bande de lascars (c’est comme ça qu’on dit pour plusieurs djeuns BBB de banlieue ?), de Trappes, je crois, qui faisait « tâche » dans la clientèle. On a passé une bonne soirée à jouer et à discuter. Mais la chose principale dont je me souviens c’est qu’ils disaient pratiquer les jeux de société à l’abris des regards de la plus part de leurs voisins, voir même de leurs autres camarades car : » c’est vu comme un truc de PD ! » (je cite, mais là encore le débat reste ouvert !).

    Vous n’êtes pas convaincus… Et bien allez voir les photos de n’importe quels salons/festival/conventions de France et d’ailleurs (ok, ça marche pas pour l’asie, mais y font rien comme tout le monde là-bas) et vous verrez (presque exclusivement) des BLANCS (dont les représentants mâles, pour une bonne part, mangent trop… voilà un débat : parlons-en !).
    Vous avez la flemme : Allez sur la page FB de « Paris est ludique », scrollez (pas trollez !!!) un poil. Là, cette vidéo avec la bande aux Tee shirts oranges : Ce sont les bénévoles de la dernière édition. Et bien ,pour une ville cosmopolite, ouverte (voir interlope parfois) comme Paris, ils sont bien monochromes tendance claire non ?
    Et Eric Lang (qui doit bien être le seul « auteur » de jeux des USA, heu, du monde, de l’univers ?…), quand il « vient en France », c’est pour faire un jeu avec Bruno Faidutti (qui a des origines soudanaise comme son nom l’indique !) pas avec …. Omar … non, Malek … non plus … mais, il n’y a pas de concepteur de jeux «  » »issu des minorités visibles » » » ! Si ? J’en ai jamais vu … (Auteurs de jeux de majorité en somme !). C’est curieux mais j’ai pas vu, ni entendu ce type faire quelque chose pour changer ça … pourtant aux USA, le communautarisme n’as pas le même sens qu’en France et est même bien vu … Ben non, il ramasse l’oseille et il se tait !!!

    Voilà, on a la société qu’on ̶m̶é̶r̶i̶t̶e̶ … hérite !

    PS (juste pour les trolls, que j’ai pas à y revenir) : je vous conchie !

  • Gus

    Jeudi 11.6, 15h50.

    L’affaire connaît un rebondissement et une conclusion.

    Les organisateurs ont décidé d’annuler Origins Online. L’article a été mis à jour, vous pouvez le lire.

  • nemesis

    démagogie :nom féminin : Politique par laquelle on flatte les masses pour gagner et exploiter leur adhésion.

    Obliger TOUT le monde à récupérer l’actualité et à s’exprimer sur un sujet pour que tous exprime le même avis (forcément, personne ne peut être pour le meurtre d’un innocent), c’est, pour moi du moins, de la démagogie, avec pour objectif de calmer les foules, mais pas forcément de résoudre des problèmes.

    Je suis évidemment sympathisant de la cause des minorités quelles qu’elles soient, mais enclenché des représailles contre n’importe qui ne se positionnant par pour ou contre une cause est pour moi une idiotie sans nom.

    Boycotter une boite de jeu ou n’importe quel organisation qui n’a pas grand chose à voir avec le sujet est permis, mais quel en est le sens ?

    Ca va résoudre quelque chose ??

    Ca ne fait pas réagir, ca OBLIGE à réagir, pour moi c’est gênant.

    • Gus

      Merci Johan. D’avoir pris le temps de répondre. D’avoir le courage de vos opinions. Et de proposer un débat passionné et intéressant.

      Franchement, tous ces commentaires commencent à me gonfler ! Pas parce qu’ils ne sont pas intéressants. Bien au contraire, Johan. Parce que j’aimerais tellement pouvoir mener cette discussion en vrai, devant un bon verre (de lait d’avoine bio. OK, je sors), entre gens de bonne compagnie. Ce clavier et écran m’insupportent et me noient. Je suis convaincu qu’il est plus maladroit de débattre sur ce sujet ainsi, en ligne. Cela risque malheureusement de susciter des réactions différentes que dans la vraie vie. Mais voilà. Tant pis. Je suis tristitude.

      Merci pour votre réaction Johan, je me réjouis de continuer à vous lire !

      • nemesis

        En effet, on pourrait se surprendre à être d’accord sur certains points si notre discussion était dynamique et pas figée sur le papier, et décalée dans le temps :).

        Mes mots sont souvent tranchants, parfois acerbes, mais j’ai plus de facilité à les lisser et à les corriger si la discussion est verbale et pas écrite.

  • Lionel

    Je suis d’accord avec ceux que ça choque.

    Personnellement je vois surtout tous ces messages d’entreprises qui soutiennent le mouvement comme une façon opportuniste de s’afficher une conscience, il faut écrire quelque chose car d’autres le font et ça nous rachètera une image. C’est simple de poster un message sur Twitter, si j’avais un compte je voudrais bien supporter toutes les bonnes causes dans le monde en écrivant des messages ou en changeant ma photo de profil, mais quid de la sincérité ?

    Que vaut le message de soutien au mouvement de la franchise Star Wars quand derrière ils font disparaître de l’affiche du film en Chine le seul acteur noir du casting ? Ou Bethesda qui s’affiche gay-friendly… sauf dans les pays où ce n’est pas bien vu ? Tout ça c’est du vent, de la comm’, et je suis effaré que certains y attachent à ce point de l’importance. Comment peut-on encore croire que des entreprises qui font tout pour réduire les coûts au détriment de leurs salariés et échapper à l’impôt auraient la moindre éthique…

    Plutôt que de blâmer ceux qui ont choisi de ne pas s’exprimer, voyons plutôt ceux qui passent aux actes (ex : BGG a recruté une rédactrice noire – en plein mouvement cela peut poser question sur sa légitimité [je ne juge pas !] mais au moins ils eu ont le courage de faire quelque chose en accord avec leur position).

      • Gus

        Ha, Cédric ? Les deux sont exclusifs ? Ne peut-on pas rêver d’un monde plus juste ET d’un monde plus propre ? En même temps ?

        J’aime bien le « for now »… c’est un rien cynique ou désabusé

        • Cédric N.

          Antisthène vaincra … ou pas !
          EXCLUSIF : l’Amérique ne peut pas être malade et raciste à la fois ! Enfin, selon les médias…
          Et c’est applicable à tout : Même exemple, la France ne peut pas être malade et écologiquement vertueuse. Il suffit de voir comment les cantines des établissements scolaires se sont vu refourger des couverts en plastiques «  »à cause » » du CovidXIX alors qu’ils étaient depuis peu interdit.
          Donc, désabusé : certainement. Rien ne changera tant que la table ne sera pas renversée. En parcourant les commentaires, j’ai lu quelqu’un affirmer qu’on ne peut pas reprocher aux Romains d’avoir eu des esclaves. C’est vrai, car c’est un passé lointain antique et aucun état civil ne peut s’en revendiquer. Par contre, je pense que oui, on peut reprocher à certains Nantais du XVII/XVIIIème de s’être enrichis grâce à la traite négrière (à titre d’exemple) : Parce que leurs descendants, qu’on peut facilement retrouver, jouissent encore du patrimoine constitué à cette époque.
          Alors, oui, ces derniers ne sont pas responsables… il n’empêche que l’injustice perdure et est connue… …
          Bon, l’option lait de soja est en fait pas mal (j’ai du travaille ..) mais comme je veux finir mon raisonnement, la suite va être plus lapidaire :
          Donc, des fortunes sont constituées sur le dos d’esclaves.
          Un jour, on invente des esclaves plus efficaces et dociles : les machines.
          Les propriétaires d’esclaves « conventionnels » n’ont pas envie d’investir dans un nouveau cheptel mécanique : on se fait la guerre !
          Aujourd’hui, on produit des jeux de société qui font le tour du monde pour être finalisés (les arbres sont coupés en europe de l’est ou pas très loin, le papier (et le pétrole Iranien) est envoyé en Chine, qui le transforme en jeux qui se vendent au USA. Personne ne fait fortune avec les JdS… par contre quelques un font fortune sur le commerce entre les lieux de prod et de vente (et pas seulement sur les bords du plus grand fleuve du monde …). Sauf qu’on commence à voir que ces fortunes sont constituée A CREDIT .. et que tout le monde sur la planète vont avoir à payer les intérêts (plus les taxes sur les intérêts) …. Alors, la guerre ?
          Et bien, si comme pour les descendants de marchands d’esclaves, on dédouane, on exonère les fautifs, ils en tireront un autre avantage et on se dirigera vers quelque chose ressemblant au féodalisme (que l’ensemble de l’humanité a à peine quitté), le féodalisme repose sur la guerre.
          Je sais, c’est pas très clair… alors, je vais finir sur quelque chose de plus prosaïque :
          J’ai entendu à la radio (en rapport avec Autant en emporte le vent, HBO et la destruction de statues d’esclavagistes…) une histoire dire : « l’Histoire n’est pas définitive. » Je ne pourrais mieux dire. Les faits historiques sont brefs, mais leur interprétation est mouvante. Aujourd’hui, grâce en grande partie à Internet (qui oblige à lire -au moins- et donc à déchiffrer des signes abstraits pour en retirer du sens…. etc … contrairement au flux vidéo … etc… même si on remarquera au passage que ceux qui « font » Internet en ferait bien une bonne vieille grosse télé… )
          de plus en plus de gens, réfléchissent, se questionne et interroge le monde.
          Donc, pas entièrement désabusé mais si on ne se bouge pas plus que ça notre futur risque de ressembler à un méchant mixe entre Mad Max (mais en voiture électriques !) et Shadowrun (les indiens elfes en moins …) et où la plus part d’entre nous seront de viles PNJ le dos courbé par l’effort pour que leur seigneur et maître puisse jouir de la climatisation… y aura-t-il les Perso pour les sauver ?

          (PS : je ,e relis pas : aïe !)

  • Warf

    Un peu HS mais dedans quand même : l’Académie Française a délibéré et recommandé l’utilisation de LA Covid en prenant pour argument que le premier mot la traduction française de cette abréviation anglaise est au féminin (Coronavirus disease / Maladie à coronavirus).

    Cette règle l’Académie ne l’applique elle-même pas partout (un laser, un radar, …).

    Étant partisan que la langue se doit de suivre l’usage et non le contraindre (dans le sens où elle est la représentation de ce qui existe, elle n’invente rien), l’utilisation de LE covid est toujours possible.

    C’était la minute légère des commentaires.

  • Jonas

    Une bonne partie des commentaires montrent une mauvaise compréhension du problème, et surtout un manque de volonté de, à minima, se remettre en question et réfléchir sérieusement (plus que 2 minutes devant son clavier) au sujet des discrimination. Je vais remettre un commentaire que je viens de faire plus haut et qui devrait d’autant plus parler à des européenns…

    « Dois-je comprendre qu’on ne peut plus être neutre et qu’il faut fatalement se ranger dans un camp ou dans un autre ? »
    –>
    Quand on parle d’oppression, être « neutre » revient à être du côté de l’oppresseur (pour paraphraser quelqu’un de célèbre). Tout simplement car la neutralité face à l’opression (raciale, ou même dans une cœur de récré à l’école) revient à accepter le statu quo, et donc à accepter que quelqu’un soit opprimé.
    À méditer.

    • Thibaut

      Ne pas être d’accord serait la preuve d’une mauvaise compréhension? Je trouve ça un peu condescendant.

      L’article parle de personnalités du monde du jeu de société qui refusent de participer à une convention sous le prétexte que les responsables ne se sont pas positionnés sur le sujet des violences policières. Exprimer et étayer son point de vue est une chose, dénoncer une population qui ne partage son point de vue en est une autre. Je respecte leur choix, mais je considère que le boycott n’est pas l’unique façon d’aborder un débat aussi sensible.

      Et puis refuser de choisir un camp ne signifie pas nécessairement qu’on est neutre. Pourquoi devoir s’engager dans une cause spécifique au moment où d’autres le décideraient ? Et pourquoi ce débat plus qu’un autre? Cette « oppression » n’est pas la seule méritant d’être dénoncée. Elle est importante, certes, mais j’aurais même tendance à penser qu’elle est la plus facile à dénoncer pour nous autres Occidentaux car la dénoncer n’implique aucun changement dans notre mode de vie. Par contre, arrêter de payer nos impôts Français parce qu’une fraction a participé aux massacre des civils libyens et yéménites, arrêter d’acheter des biens matériels dont les matières premières participent à l’oppression de millions d’individus des pays en développement (enfants qui extraient le lithium pour nos téléphones, chrome qui tue les tanneurs du cuir de nos chaussures, coton OGM de notre textile qui endette les agriculteurs, et j’en passe…), ça me paraît déjà plus courageux.

    • Un Joueur.

      Jonas,

      vous nous mettez du coup dans le manichéisme évoqué plus haut.

      Dites moi… vous mangez de la viande ? Salaud de spéciste!
      Vous vous en foutez et estimez que chacun mange ce qu’il veut ? vous êtes neutre, et donc un salaud de spéciste !
      Mettez un avatar anti viande, parce que sinon, vous êtes un….

      J’arrête de suite toutes les personnes qui après la lecture des 5 premières lignes vont se précipiter sur leurs claviers pour demander qui je suis pour oser comparer la cause végane et la cause des « oppressés ».

      Il est évident qu’on ne peut comparer la vie de l’homme et celle des animaux. Enfin, si, pour certains, dont les défenseurs des animaux, c’est peut être possible, et c’est quelque chose que je respecte.

      MAIS JE NE VEUX PAS EN DÉBATTRE. JE VEUX QU’ON ME FOUTE LA PAIX.

      Qu’on ne m’oblige pas à exhiber de façon publique mes opinions, qu’elles soient pour ou contre, pour soit passer pour un « gentil », ou bien pour pouvoir exercer mon activité, ou bien même pour pouvoir continuer à vendre et à faire des bénéfices (je pense notamment aux stars du ciné, dont l’image serait ternie s’ils ne soutiennent pas publiquement telle ou telle cause…).

      Les réseaux sociaux ont depuis 20 ans fait en sorte que l’émotion, mais surtout l’image que l’on renvoie aux autres, doit forcément être la plus lisse et la plus …ah, je ne trouve pas mes mots… « normée » possible.

      On en arrive à ce fameux épisode de Black Mirror. Ou bien à la Sainte Inquisition Espagnole. A savoir que demain, on pourrait bien, comme je l’ai dit plus haut, livrer à la vindicte populaire l’espèce de salaud de ce que vous voulez qui n’a pas affiché publiquement son soutien à telle ou telle cause que … (qui d’ailleurs ?) a décidé comme étant la position à avoir.

      Racisme, transphobie, grossophobie, trucmuchophobie… Il va falloir afficher partout que vous soutenez tous le monde. Parce que sinon, vous voyez….C’EST MAL !

      Certain sujets, je suis d’accord, sont « mal ».
      Fondamentalement.
      Le racisme, et pas seulement tourné vers les personnes noires, je parle de tous les racisme, dans tous les pays, c’est nul. C’est naze. Ca pue.
      Est ce que je suis obligé de clamer mon point de vue partout ? Je ne devrais pas à avoir à le faire.

      La transphobie. Perso ? Je m’en contre-tamponne le coquillard avec une plume de paon. Que les gens fassent ce qu’ils veulent avec leurs corps et leurs pensées. Mais qu’on ne viennent pas me dire que comme je ne les soutiens pas, je suis contre.

      Comme le disait John Stuart Mils:  » La liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence ».

      Et bien respectons aussi la liberté de ne pas « faire ». Car sinon, pour revenir à mon exemple du début, nous passerions l’intégralité de nous journée à manifester pour les milliers de causes, toutes entendables, et toutes défendables.

    • nemesis

      Ce qui revient à dire que TOUT le monde doit se positionner sur TOUS les sujets, car rester neutre sur le sujet des inégalités salariales ou d’autres sujets, c’est aussi marquer son accord tacite. Cependant, tout le monde n’a pas forcément l’envie, les capacités ou même simplement le temps de se positionner sur tous les sujets.

      Votre commentaire fait partie de ceux que j’abhorre; celui des néo moralisateurs, qui accusent, au mieux de bêtise, au pire de complicité toute personne qui ne s’exprime pas sur un sujet. Mais c’est notre époque qui veut cà, régie par les réseaux sociaux abêtissant qui inondent ceux qui les consultent de pseudo infos et contraignent leurs utilisateurs à réagir aussi bien aux chats mignons qu’à la problématique de l’élevage des castors en Sardaigne.
      Assénant à force de tweets et de snaps des avis sur tout et rien, peu importe l’intérêt du sujet ou le sérieux de celui qui les poste.

      J’en veux à cette époque qui sature le monde d’infos idiotes et d’avis débiles émis par des décérébrés, parce qu’elle annihile la volonté d’agir de certains quand il s’agit de réagir à des sujets comme black lives matter. Mais se permettre de critiquer ceux qui ne veulent plus ou ne peuvent pas réagir est la 2eme vague perverse de cette époque.

      Ne pas s’exprimer, ce n’est pas forcément donner un avis, c’est ne pas s’exprimer. Essayer de culpabiliser ceux-là c’est ne pas respecter leur droit de se taire. Et donc, quelque part, essayer de les faire plier pour qu’ils réagissent sur un sujet. Voilà le lien que je faisais avec la démagogie dans un autre commentaire.

      « revient à accepter le statu quo, et donc à accepter que quelqu’un soit opprimé.
      À méditer. »

      Afficher tant de condescendance devrait vous faire réagir et vous pousser à vous remettre vous-même en question …

      J’ai perdu 25 minutes à répondre semi-agressivement à un post pour le moins discourtois pour défendre une minorité de personnes silencieuses, j’ai donc agi assez pour aujourd’hui, je retourne travailler.

      En dépit de tout, BLACK LIVES MATTER, mon discours n’a rien à voir avec cette cause qui est plus que juste, évidemment.

  • KappaRoss

    Je trouve tous ses mouvements pour se donner une bonne conscience complètement hypocrite au final. Il se passe quelques choses de graves dans le monde, il faut que toutes les entreprises, les gens le condamne… Puis on attend le suivant et on recommence.

    Je n’ai jamais vu quelqu’un se plaindre de son matériel informatique qui contient des minerais minés par des enfants en Afrique dans des conditions scandaleuses, de ses habits fabriqué en Inde, de ses jeux fabriqués en Chine, il faudra attendre un drame, comme d’habitude.

    Il faut bien évidemment condamner ce qui s’est passé, mais pourquoi demander au monde entier de le faire ? Et tomber sur ceux qui ne le font pas ? Faut-il faire une chasse aux sorcières ? Je ne suis sur aucun réseau social, dois-je mettre une banderole à mon balcon en soutien pour éviter que mes amis ne me parlent plus et que mes voisins fracassent mon appartement ?

    Je ne vais pas mentir, la société actuelle qui nous dicte ce qui est bien ou mal me désole un peu. On ne doit pas rire de ça, on ne peut pas dire ça, attention cela va froisser telle ou telle communauté…
    Evidemment, qu’il y a des paroles condamnables, mais la marge ne devrait pas être à zéro comme c’est bientôt le cas.
    Ce sketch de la BBC3 m’a bien fait rire pour le coup et résume ce que je pense

    https://www.facebook.com/bbcthree/videos/quickies-when-youre-too-scared-to-say-black/2387237868258857/

    En lisant l’article sur Magic, cela m’a rappelé l’éditeur qui avait mis une note à propos des écrits de Lovecraft dans son jeu.
    Je suis un adulte. Je suis apte à faire la part des choses, quand je fais MJ dans l’appel de Cthulhu et que mes joueurs sont en 1920/30 je vais dire des propos raciste et misogyne via mes PNJ. Est-ce que je suis un monstre ? Je ne le pense pas, mes joueurs non plus. Ils sont aussi bien assez grands pour savoir que c’est un jeu, un jeu de rôle même.

    La bien-pensance qu’on nous dictes et finalement dommage pour notre esprit critique, peut-être que mon texte n’est pas écrit de manière inclusive, je dois donc être un salop de machiste.

  • Steph

    Bonjour,

    1. Le débat, c’est TRÈS bien, je vote POUR, mais…

    2. Sans vouloir polémiquer, je suis toujours circonspect devant ce genre d’articles,(quels que soient les sites qui les produisent) qui font nécessairement le buzz, et contribuent forcément à la montée en flèche du nombre de hits et réactions sur les pages des dits articles. Qu’est-ce qu’on ferait pas pour booster ses statistiques ! (just joking). Du coup, j’alimente pour contribuer au succès grandissant de votre site ;-), votez Gus & Co !

    3. A mon avis, sur le débat à propos de la colonisation, il a y confusion sur l’identification de qui est/a été victime. Une communauté se dit victime, mais quel déboulonneur de statue ici a souffert dans sa chair de la colonisation?(et je ne veux pas dire qu’il ne faut pas en parler ni condamner). Ceux qui ont déboulonné Saddam Hussein avaient souffert, souvent durement, du régime et exprimaient une colère spontanée légitime. La colère actuelle est à mon avis moins spontanée, plus de circonstance et plus instrumentalisée (même si la cause en question est tout à fait défendable), le tout en mode « je crois sincèrement en une cause », « ça défoule », « vengeance! » …etc, au choix.
    Car à ce rythme, on pourrait demander à ce que les arènes et arcs romains, symboles d’une occupation de nos ancêtres par des envahisseurs, soient détruits séance tenante. On pourrait en faire autant en Italie même, pays chrétien s’il en est, chrétiens martyrs du joug romain durant des siècles. On pourrait aussi dire que les blancs et les noirs n’ont rien à faire en Amérique et que les terres devraient être rendues aux gens qui en jouissaient bien avant eux. Les exemples ne manquent pas.
    Il est tout à fait possible de reconnaître ce pan sombre de notre histoire (statues mises dans des musées, explication pédagogiques…), sans céder à une vindicte populaire plus proche du lynchage en règle (heureusement, ce ne sont que des statues) que l’expression objective d’un rejet.

    4. Bref, ce qui est à mon sens peu pris en compte dans ce débat très manichéen, pour ou contre, c’est la complexité de nos constructions sociales et de notre histoire, faite d’injustices, d’occasion manquées, de moments magiques, de révoltes, de héros merveilleux ou déchus…etc . Et il est impossible, de fait, de hiérarchiser douleurs et malheurs.
    Dans un autre registre, personne n’ira maugréer contre nos satellites alors que le développement de la balistique, si fatale à tant de soldats, et dont les enfants pleurent encore l’absence, a permis la conquête spatiale. Et que dire de tous les biens que nous importons et consommons à l’envi alors que nombre de ceux-ci sont fabriqués par des esclaves à l’autre bout de la planète? Ne serait-ce pas des victimes oubliées, sacrifiées sur l’autel de notre confort occidental ? Il nous coûte moins cher de jeter à l’eau une statue d’un gars mort il y a 400 ans que de nous regarder dans la glace et balancer nos iPhones à la flotte, car dans cette histoire PRÉSENTE, sommes-nous vraiment du coté des victimes ?
    Et ainsi de suite. Que cela nous plaise ou non, c’est triste à dire, mais la tragédie humaine n’a cessé d’alimenter des succès futurs, des bonheurs qui n’auraient pas été…etc. Cela étant dit, cela ne résout aucun problème, mais nous semblons ces temps-ci plus prompts à rechercher l’affrontement que la concorde alors que nos sociétés, certes géants aux pieds d’argile, ont pu assez bien résister aux dernières crises qui les ont frappées… jusqu’à la prochaine tragédie qui nous balaiera peut-être pour laisser place à un homme nouveau (ou une femme nouvelle, ou un trans-genre nouveau.velle – j’essaie ici de faire un effort et respecter le quota de politiquement correct ;-))))… tout aussi complexe et imparfait que nous.
    Bon courage à vous, bon débat, & take care.

  • Alexandre

     » quel deboulonneur de statue a souffert dans sa chair »
    Ces statues renvoient assez bien aux racines du problème actuel et nous montrent que certains citoyens, aujourd’hui, doivent souffrir de ne se sentir a leur place ni dans le roman national ni dans la Cité.

    • Steph

      aucun déboulonnage ne l’aidera à s’y sentir mieux, si ce n’est braquer des populations par ailleurs prêtes à entendre ce mal-être, braquage qui ne pourront que renforcer ce ressenti.

      • Gus

        Un acte fort tout de même, Stéphane. Qui prend de l’ampleur. Et qui fait feu de tout bois (Colbert, Churchill, etc.)

        • Steph

          Ayant longtemps partagé un local associatif avec une centrale syndicale, j’ai eu l’occasion de voir au contact des pros de la manif (je ne dis pas cela de manière péjorative, et m’entendais très bien avec eux) comment les « actes forts » étaient lancés, manipulés, instrumentalisés et dans le monde actuel de buzz et d’info en continu, c’est devenu on ne peut plus aisé de le faire. De quoi nuancer votre analyse qui me semble bien naïve.
          Lapidons nos statues, De Gaulle (torture en Algérie), Napoléon (il a remis par décret l’esclavage au goût du jour), Mitterand (il a fermé les hauts fourneaux du Nord, une casse sociale terrible, et a collaboré allègrement pendant la guerre), etc etc. Comme on dit outre-manche « a Little Learning is a dangerous thing », réduire un homme à un acte, un décret, un type d’actions ou de pensées est ridicule. Décidons de ne retenir de Mandela et de Luther King que leurs nombreuses aventures extra-conjugales. Reprochons au même Mandela de n’avoir fait que servir la soupe aux blancs alors qu’il pouvait nationaliser les mines de diamant et faire que les noirs reprennent en main la banque d’Afrique du Sud plutôt que de continuer de mourir dans les mines pour le confort des blancs. Oublions de retenir de Churchill qu’il était un des seuls représentants du monde libre à l’époque et qu’il a sans doute autant sauvé que sacrifié de vies alors même que nous aidions l’Allemagne à déporter les Juifs. Bref, juger ces hommes des décennies ou siècles après à l’aune de notre perception actuelle, sans prendre en compte le contexte, est une négation de notre mémoire, de notre histoire. Qui peut dire qu’il aurait fait mieux à ce moment là, dans ces circonstances là, dans cette société là? Personne. Un devoir d’inventaire est nécessaire, certes, mais les profanations en tout genre n’élèvent personne, elles ne sont que l’expression de la loi du plus fort à un instant T.

  • Gus

    Merci à vous pour votre participation à ce débat, fort intéressant, riche et passionné.

    L’éditeur de Root vient également de se prononcer sur le sujet.

    https://ledergames.com/2020/06/a-statement-on-gama-and-origins-online-from-patrick-leder/

    « A STATEMENT ON GAMA AND ORIGINS ONLINE FROM PATRICK LEDER
    by Leder Games | Jun 11, 2020 |

    Yesterday, Leder Games withdrew from participation in Origins Online. We made this choice for two reasons. First, we wanted to make it clear that there was no room for silence on matters of inclusion and police brutality. Second, we wanted to stand in solidarity with the BIPOC voices in our industry and community who pulled away from the GAMA-sanctioned event.

    When a striking number of voices, who are vocal for diversity, inclusion, and positive change in the industry, step down from their positions, the call to action is clear. They should be commended for their bravery and listened to.

    Late last night, GAMA made an official statement to cancel Origins Online. Though this statement answered some concerns, it too contains several notable omissions that highlight some of the challenges facing any effort to make the hobby more inclusive. Specifically:

    Their apology has no mention of the BIPOC members of the industry who stood up to them. It also fails to note that those voices were the catalyst for their decision to cancel Origins Online.
    Their plan to make amends by asking attendees and publishers to forfeit their Origins Online payments shows a lack of initiative and imagination. As our industry’s governing body, we expect GAMA to take the lead without waiting for the initiation of others.
    There is no actionable statement on how they can work on uplifting the BIPOC community or an attempt to broaden their board or staff, nor does it recognize the board’s failures in this regard.

    For these reasons, until the GAMA board introduces new and diverse voices in the upcoming election and provide an actionable plan on how they can uplift those voices and provide a safe platform to hear those voices, we will disassociate from GAMA in the following ways:

    Pull out of all GAMA sanctioned events/conventions
    Return our Origins awards
    Remove the Origin award emblem featured on the back of the Root box on any future printings.
    Request our refund from Origins Online in full so that we can double it ourselves and donate it to the Black Visions Collective on our own behalf

    We have been active members of the industry and have been honored with the highest awards GAMA can bestow. Despite this history, we do not hesitate to stand with our peers in demanding these changes. We must unequivocally declare that black lives matter and recognize the lack of diversity in our industry, and create actionable steps to uplift minority voices and provide them a safe platform to be heard from and thrive.

    For the sake of the community and the game industry, I hope GAMA can learn from this experience, make changes based on what they learned, and join us on the path for change. I have faith in everyone as we move forward to repair our strained union. I love you all and I want you to be safe. Black Lives Matter. »

    L’éditeur le relève : « Nous devons déclarer sans équivoque que les vies des Noirs comptent et devons reconnaître le manque de diversité dans notre industrie, et créer des mesures concrètes pour élever les voix des minorités et leur fournir une plate-forme sûre pour se faire entendre et prospérer. »

    Encore une fois, que des auteurs, autrices et éditeurs de nos jeux de société s’expriment et s’engagent, au point de devoir boycotter une institution et un événement, c’est beau, c’est fort, c’est inspirant !

    Bon weekend à vous, et merci pour votre participation à ce riche et cordial débat !

  • nemesis

    Oui, boycottons TOUTES les sociétés commerciales ou non, à travers l’Univers, qui ne s’engagent pas dans ce sens !

    Peu importe qu’elles respectent ou non leurs engagements, qu’elles se rendent compte ou non que c’est dans leur intérêt …

    A partir de ce jour, je m’engage à ne plus acheter de pain à ce fumier de boulanger du coin de ma rue qui ne s’est pas clairement positionné sur plusieurs sujets et qui en plus n’emploie pas de personnel de couleur, juste sous le prétexte fallacieux et Ô combien hypocrite qu’il travaille seul, l’enfoiré … Tout serait différent si seulement il s’était positionné, dommage pour lui, je vais m’activer sur mes précieux réseaux sociaux (grâce à mes 19 abonnés fb et mon compte twitter encore à créer), à le mettre sur la paille pour de bon !

    • Gus

      Monsieur est d’humeur taquine ce matin 😅

      Sans déc, les auteurs de jeux et les éditeurs qui ont boycotté la GAMA ont montré : 1. leur engagement 2. leur solidarité 3. que l’union fait la force

      C’est beau

  • Un Joueur.

    « C’est beau, c’est fort, c’est inspirant. »

    Je suis devenu cynique, car je ne vois que de l’hypocrisie. Je n’applaudirai les auteurs, éditeurs, etc, que le jour où je pourrais lire « Crée en XXXX, nous avons, dès la création de notre société, fais ça fais ci en faveur de ».

    Je rejoins le post de Lionel, et reviens sur le post de Nemesis d’il y a 2 heures (bravo, tu as encore mieux su exprimer ma pensée que moi !

    On poste parce qu’il faut poster, et que c’est un moyen de bien se faire voir. Et que si jamais on ne fait rien, peut être bien qu’un mec sur Twitter va dire : »Eh, mais telle boite, elle a rien dit et elle ne soutient pas ! BOYCOTT! »

    Ce qui me pose question aussi, c’est qu’aujourd’hui, on combat le racisme, mais on ne parle que de la communauté black.
    Et les Indiens d’Amérique du Nord, dont PERSONNE ne parle, alors qu’ils étaient là bien avant les blancs ou les noirs, et qui ont été tout autant massacrés ? Bah ils ne foutent pas le bordel, pas d’émeutes, alors on s’en branle un peu, non ?

    Au pire, une hypocrisie débordante en ce moment, au mieux, une légère prise de conscience, mais qui ne cible qu’une seule partie du problème.

    • Gus

      Merci pour vos commentaires forts et passionnés. J’aimerais beaucoup entendre Eric M. Lang ou Elizabeth Hargrave ou BGG ou différents éditeurs de jeux engagés vous répondre.

      Parce que là, entre nous, mâles, blancs, juste devant nos écrans, c’est un peu facile de critiquer ou de réagir.

      Même si leur action de boycott n’a au final pas changé beaucoup la donne aux US, et je ne pense pas que la police américaine va modifier ses pratiques suite à l’annulation de l’événement (quoique, on pourrait s’imaginer que des flics font aussi du jeu de plateau. Je dis ça, parce que ma belle-sœur est keuf à Genève). Mais. Leur réaction a eu un léger impact sur l’industrie. Et sur le monde du jeu, qui a été du coup obligé de se positionner (la preuve ici dans ce vif débat).

      Bon weekend à vous, et surtout, bonnes parties !

      • Un Joueur.

        Mais c’est là le problème Gus !!!!

        Premièrement, hop, je suis racisé et genré !
         » mâles, blancs ». C’est pas bien cette attitude !
        De là à dire « Toi, le priviligié blanc et sexiste », on est pas loin…
        On ne se connait pas, ni l’un ni l’autre, et on ne connait rien du parcours de l’un comme de l’autre. Mais tu appliques une lorgnette automatique.

        Deuxiemement, on en revient à : « Et sur le monde du jeu, qui a été du coup obligé de se positionner ».

        OBLIGE.

        Voilà. ils sont obligé, contraint. Et d’ailleurs, c’est pas obligé de se positionné hein. C’est obligé d’afficher la seule option possible, non pas par sa moralité, mais pour respecter l’opinion imposée « sous peine de ».

        Et une fois encore, on ne parle pas DES racismes, DES injustices, on ne parle que d’une communauté.

        Entendons nous bien, tous le monde, je me fous de la couleur ou de l’origine des discriminés, ce qui m’enrage, c’est qu’on ne traite qu’une seule partie du problème, parce que c’est la plus virulente.

        C’est de l’hypocrisie totale.

        • Gus

          Avez-vous déjà joué à Blood Rage ? À Rising Sun ? À Chtulhu Death May Die ?

          Je vous laisse lire ce qui est arrivé, régulièrement, à son auteur. Il en parle ici : https://www.facebook.com/eric.lang.1217/posts/10158108332435856

          « I love Minneapolis, having visited about a dozen times over the course of my career. In those times I made so many great lifelong friends, become intimately familiar with the city, and enjoyed some of my best life experiences, professional and otherwise.

          I’ve also had five direct interactions with the Minneapolis police, ranging from highly unpleasant to heart-stopping. I’m going to share three of them.

          **CW: hate speech, potential violence**

          Encounter One:
          Walking down Hennepin Avenue one summer afternoon, I encountered two officers outside my then-favourite spicy fried chicken place. They appeared to be playing some complex rock-paper-scissors variant, and curiosity got the best of me.

          « What are you looking at? » demanded one, making me aware that I was staring. His body language was quite hostile, and I withdrew inward immediately. « Nothing » I replied.

          « Move on, » he said, and I did. I started toward the chicken place, but they were in between me and it, so I changed my mind, turned around.

          « Hey (name forgotten), » said one to the other as walked away. « What’s the worst thing about a couple of niggers in a Honda getting hit by a truck? » (pause) « You could fit more! » (belly laughter)

          I picked up the pace and got the hell out of there.

          Encounter Two:
          I was on a semi-regular walk from the FFG office to the Rosedale mall (about 15 minutes by foot, in an admittedly non-pedestrian friendly area. No sidewalks)

          Walking on the left side as I always do, to keep eyes on incoming traffic, I was interrupted by a honk from a Roseville police car. « Hey! » the driving officer called from his open window. I cautiously crossed the street to approach the car.

          « What are you doing out here? »

          « Heading to the mall”

          “Why are you walking?”

          “I don’t drive.”

          After an awkward beat: “Where are you from?”

          I didn’t expect the question, stuttering: “Guelph. Erm, Ontario. Uh, Canada”

          “From Canada?” He eyed me. “You were born there?”

          “Um, yes?”�
          Another uncomfortable pause. “Let’s see your ID”

          I showed him my birth certificate (in lieu of a driver’s license which I did not have)

          He struggled with the foreign document. “It says Montreal. You said you were born in Canada.”

          “Um I was. Montreal is Canada.” A beat. “It’s in Quebec, to the north.”

          He clearly wasn’t a fan of my tone, and gave me the most epic stare down I can remember.

          Afterward, he grunted. “You’re on the wrong side of the road. Move on.” And they drove off.

          What didn’t register to me at the time was that there were at least three other people within sight, walking the same road toward the mall. Nobody else had this encounter.

          Encounter Three:
          After a long springtime walk through Roseville’s incredible lake area, I returned to the FFG office (a warehouse at the time) to meet my friend (who I was staying with) to get a ride home. Of course, as often happens, I totally zoned out on the walk and returned far too late. The sun was setting, and my friend’s car was not in the parking lot.

          Foolishly, I walked up to the front door, tried it several times. Locked. Stared into the window to see if any lights were on, then walked to a side window to look inside.

          I didn’t hear the police car approaching until the car door slammed.

          “Step away from the window” commanded the officer…hand on his holster.

          In my life I’d never encountered anything like this. I froze, instantly nauseous.

          “What are you doing here?”

          “I um, my friend was supposed to give me a ride.” I think I said that; it was probably less coherent.

          “Open your backpack”

          Now, anyone who knows me understands that I don’t have the best motor control at the best of times. I can only imagine how jerky I appeared in attempt to get the backpack off my shoulder.

          Somewhere during this act, I made a move that put them off. The second officer squared his legs and I heard his holster button snap open.

          Right then, I was convinced I was going to die. And I shit myself, dropping the backpack.

          Somehow, and don’t ask me how, my fucked up helpless body language must have helped de-escalate the situation, and no guns were drawn. Their hands never left their holsters, however. They patted me down, officer two rummaged through my bag, took my passport, asked me a series of questions I don’t remember, and I answered with words I cannot recall.

          “Pretty stupid to be lurking around private property looking like that” he said after I calmed down a bit. I generally wore all black in those days, which I assumed was his point.

          “Yes sir” I answered. And after some other exchanges I do not remember, they let me go, following me for about ten minutes (of the 45 minute walk to my friends place) before peeling away.

          ——

          I told very few friends about these encounters, assuming for many years that I was just acting reckless and shouldn’t be walking around alone, or find a way to dress less suspiciously.

          Minneapolis, I love you. And you have a problem. You need help.

          What can we do? »

          Voilà, tout est résumé à la fin. Que peut-on faire ? Lui, et d’autres, ont décidé de réagir. Comment ? En demandant à l’association faîtière qui les emploient (la MAGA) de réagir. Vous avez cela de l’hypocrisie ? C’est votre droit, et nous le respectons. Mais encore une fois, je ne pense pas que cela soit vraiment à nous de pouvoir juger et critiquer qui que ce soit, quoi que ce soit, tant que nous n’aurons pas vécu ce que l’auteur décrit, ce que l’auteur vit de manière fréquente. Nous sommes à des années-lumières de cette, de sa, de leur réalité. Nos avis, commentaires, opinions, traits d’humour (pas toujours drôle) et autres démonstrations de logique n’ont, je le crains, que peu de substance à l’aune d’une telle, triste, terrible vérité.

          Mes réactions ne sont pas là pour juger qui a raison, qui a tort. Vous avez raison. C’est sans conteste. Mais en lisant les expériences (traumatisantes ?) d’Eric, on ne peut que faire preuve d’empathie et de compréhension. Mes réactions ne sont pas là pour juger qui a raison, qui a tort. Mais elles s’évertuent à tenter d’affirmer qu’une seule chose : c’est beau, c’est grand, c’est fort, c’est inspirant quand les auteurs, autrices et éditeurs de jeux, de NOS jeux s’engagent.

          • Steph

            Ben moi, mon père rentrait bourré à la maison et tapait sur la gueule de ma mère à l »occasion et mon beau-père est mort d’un cancer du poumon à force de cloper. J’ai jamais vu personne aller casser les échoppes de ces salauds de buralistes-marchands de mort ou de ces marchands de bibine qui font le malheur de nombre de familles à travers la planète, et pourtant c’est vraiment ce que j’avais envie de faire tout au long de mon adolescence.

            Bref, tout ça pour dire que, 1) exemple ne fait pas loi, comparaison n’est pas raison comme on dit. 2) je rejoins ce qui a été dit sur le coté hypocrisie, effet d’aubaine. Et cela ne veut en aucun cas dire qu’il ne faut pas que les choses changent.

            • Gus

              Encore une fois, comme dit plus haut, je ne suis pas persuadé que nous sommes les mieux placés pour débattre et donner notre avis sur la question. Comm ? Aubaine ? Il faudrait en parler directement à Eric Lang ou les autres éditeurs. Perso, je préfère réserver tout jugement et me contenter de :

              1. relayer l’information (c’est notre job)
              2. être en admiration devant cette réaction

              Les vraies raisons, comm, aubaine, hypocrisie, réel engagement, appartient aux acteurs et actrices de cette réaction. Je ne suis personne. Je ne me permettrai pas de juger.

    • Eric

      De fait, habitant en Amérique, je trouve agaçant que la communauté noire veuille se voir comme la seule victime de l’histoire de ce continent. Ça contribue à faire disparaître encore plus le sort des Premières nations qui ont été victimes d’un génocide (c’est d’ailleurs un exemple pour ce mot dans mon Larousse). Dans les derniers jours, un chef autochtone a été tabassé par la police canadienne. Où sont les boycotteurs?

      Oui, les noirs ont des raisons de se battre pour plus d’égalité et, surtout, moins de brutalité policière. Mais la société évolue. Il y a d’ailleurs peu il y a eu un président noir. Tout n’est pas noir (sans jeu de mot).

      Curieux de voir où en sera ce débat dans un an.

      • Gus

        Merci pour votre commentaire et réaction de l’autre côté de l’Atlantique Eric !

        Ce que je trouve incroyable dans cette contestation planétaire, c’est le fait que les Blancs se joignent au mouvement. Lors des émeutes dans les années 90 pour Rodney King, ou à Ferguson par exemple, il s’agissait surtout de contestataires Afro-Américains. La donne a changé, et tant mieux ! Tout le monde est concerné ! Et pas que les Blacks.

        À Genève nous avons eu une grosse manifestation ce mardi pour dénoncer les violences policières aux US et l’assassinat de George Floyd. Genève oblige, la très, très grande majorité des gens était Caucasienne. C’est beau de voir que la planète entière (ou en tout cas, un gros paquet de pays) participe au mouvement. Qui porte déjà certains fruits aux US et en France, avec des changements des gouvernements pour adapter les forces régaliennes afin de les rendre plus civiques.

        • Gus

          L’éditeur Stonemaier Games (Scythe) vient lui aussi de réagir en publiant un manifeste de soutien à la cause. Et c’est plus que des mots ! Il s’engage à soutenir financièrement la cause des personnes de couleur et indigènes dans l’industrie du jeu de société.

          Stonemaier

  • Lo

    « Encore une fois, que des auteurs, autrices et éditeurs de nos jeux de société s’expriment et s’engagent, au point de devoir boycotter une institution et un événement, c’est beau, c’est fort, c’est inspirant ! »
    Moi je trouve cela débile de boycotter une institution juste parce qu’elle ne s’est pas exprimée sur un sujet de société qui n’a rien à voir avec son activité…

    • Gus

      Je comprends, c’est fort étrange en effet, vous avez raison, on peut être surpris, surtout quand on ne travaille pas ni avec, ni pour la GAMA, quand on n’est ni auteur, autrice ou éditeur de jeux de société.

      Mais j’ai réagi d’abord exactement comme vous, pour être tout à fait honnête. OK, je n’ai pas choisi le terme de « débile », j’ai plutôt été intrigué.

      Après lecture de la réaction de Patrick Leder, éditeur du jeu Root (et bientôt Oath, youpie !), cité plus haut en commentaire, personnellement, je comprends mieux la démarche, LEUR démarche.

      • Lo

        Malheureusement cela ne me convint guère; je ne vois pas en quoi les expériences traumatisantes vécus par les uns et les autres leur donne une légitimité pour contraindre d’autres acteurs de prendre position publiquement sur un sujet qui n’a rien à voir avec leur secteur d’activité. Pourquoi demanderai-je à mon patron de faire un communiqué pour condamner le viol alors qu’on fabrique des extincteurs ? Bref, merci pour la réponse, et pensez à faire une déclaration officielle condamnant la pédophilie, la torture, la maltraitance … Certains de vos associés ont peut-être malheureusement été victimes…

        • Gus

          Merci pour votre réponse. Il n’est pas question ici de convaincre qui que ce soit. C’est la réalité. Pour certaines populations discriminées, aux US ici, ou ailleurs. La réalité est… bien réelle, et tragique, comme ici pour l’auteur de jeux.

          Mais en même temps, je comprends tout à fait que vous ayez énormément de peine à saisir la réaction des auteurs, autrices et éditeurs de jeux qui ont boycotté l’événement pour faire pression sur la GAMA. Mais comme je ne vis pas aux US mais à Genève, comme je n’ai jamais vécu de discrimination dû à mon ethnicité, comme je ne travaille pas pour la GAMA, personnellement, je préfère ne pas prendre position. Je suis juste, encore une fois, en totale empathie avec des gens qui « mouillent le maillot » et qui s’engagent pour une cause noble, celle d’une justice égale et égalitaire. Est-ce que la GAMA y est pour quelque chose dans l’assassinat de George Floyd ? Oui bien sûr absolument. C’est également la GAMA qui a enfanté Hitler et qui a loué la maison de M. Dutroux… Nous sommes toutes et tous d’accord là-dessus.

          Boycotter Origins et la GAMA ne va pas changer la constitution américaine pour plus de droits civiques.

          Mais en même temps, c’est pousser une institution importante à reconnaître des travers et à s’engager pour améliorer la situation, d’une manière ou d’une autre. D’une manière ou d’une autre. En versant un certain montant aux associations de lutte pour les droits civiques des Afro-Américains par exemple, ou en luttant contre le harcèlement (regardez ce qui s’est passé chez Cards Against Humanity…). Mais rien que le fait de le reconnaître, acknowledge, comme on dit en anglais, en prendre compte, conscience, re-connaître, représente un changement majeur. Un changement constructif, même si peut-être, d’apparence, minime ou, si on est plus cynique, juste un coup de comm.

  • Lo

    Nous sommes d’accord, le but poursuivi est noble. Mais le problème reste le « moyen » utilisé. Sous prétexte que la cause est légitime, ne faut-il pas critiquer la façon d’agir ? Chacun aura sa réponse. Pour ma part, je ne suis pas convaincu que la forme de « chantage » prôné par les auteurs n’exacerbe pas les tensions au lieu de les réduire. Il n’y a qu’à voir le nombre de réactions sur ce post: la plupart des intervenants ne remettent pas en cause l’objectif poursuivi, mais la manière de faire.

    • Gus

      Merci pour votre conclusion, très pertinente et intelligente.

      Malheureusement, même si décrié et… débile ??? le boycott a « fonctionné ». Je mets entre guillemets, car je doute que les acteurs de cette contestation cherchaient vraiment l’annulation. Plutôt la réaction. Ils l’ont eu. Avec des excuses de la part de la GAMA.

  • mangeclous

    Ce qui est flippant c’est de voir comment le climat est devenu insurrectionnel comme façon de dialoguer un peu partout dans le monde et pour de nombreux problèmes.

    Parfois on a l’impression que des têtes doivent tomber … après ça ira mieux !! … ou pas !!!

    … ça va piquer …

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