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LE JEU DU JOUR : ORIFLAMME

Temps de lecture: 6 minutes

Oriflamme, de quoi ça parle ?

Le thème d’Oriflamme tient en quelques lignes : « Le roi est mort sans laisser de descendance. Partout dans le royaume, les familles les plus influentes cherchent à prendre le pouvoir par le complot, la ruse… et le sang. Vous êtes à la tête de l’une de ces familles« 

Donc je résume : influence, complot, sang

Pour faire simple, Oriflamme est un pur jeu de bluff dans lequel on joue des personnages face cachée pour obtenir le plus de points d’influence. Un thème en filigrane, peu important dans le jeu. On pourrait le rethématiser avec n’importe quel thème que ça irait aussi

D’ailleurs, un peu comme avec la palette de Love-Letter-Like, Oriflamme pourrait se voir rethématisé Marvel, Star Wars, Game of Thrones, Stranger Things, Harry Potter…

Un 2 sur 5 sur l’ITHEM

Et comment on joue ?

Oriflamme ne tient que sur une seule et unique action : poser une carte sur la table, sur la ligne de cartes commune

Que deux choix se posent à nous : quelle carte jouer de sa main, sachant qu’on en dispose de 10 au début du jeu, les 10 semblables par personne. Avec un twist toutefois, puisque avant de jouer, tout le monde défausse trois cartes hasard. Donc au final, on commence la partie avec sept cartes, et par conséquent, pas forcément les mêmes !

L’autre choix, c’est de savoir si on préfère poser à gauche ou à droite de ligne qui se constitue peu à peu au fil de la partie. Sachant qu’une fois que tout le monde a placé une carte, on résout la ligne de gauche à droite. Une fois cette phase de pose, on passe à la révélation. Ou presque

La toute première carte à gauche est retournée, et on en applique les effets. Ou pas, et on ne fait que poser un jeton « influence » dessus. On passe alors à la carte suivante. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que toute la ligne ait été résolue. La ligne et les cartes encore présentes sont conservées sur la table et on reprend la phase de pose, avec toujours la même ligne de cartes communes. On pose à gauche, ou à droite. Et ainsi de suite pendant six tours en tout. Il ne nous restera donc qu’une seule carte en main

Voilà, c’est tout. Des règles expliquées en une fraction de minute

Oui mais

Tout le cœur du jeu repose sur ses cartes. Sachant que chacune des dix par personne est différente. Elles disposent chacune de leur propre pouvoir et effet. L’une d’entre elle permet d’éliminer, de défausser une carte adjacente, l’autre de voler un jeton « influence », etc. Pour autant que cette carte soit révélée bien sûr. D’où le choix souvent cruel de savoir si on préfère la montrer, ou pas, lors de la phase de révélation

La toute première partie est plutôt lente et confuse. On passe le nez dans les règles, sur le texte des cartes à bien saisir les effets de chacune d’entre elles. Mais une fois la première partie terminée, une vingtaine, trentaine de minutes, on enchaînera les prochaines avec en tête, les actions des cartes

Et comment on gagne ?

Après avoir joué six tours en tout, la personne qui possède le plus de jetons « influence » remporte la partie

C’est tout !

C’est simple !

C’est tout l’avantage d’Oriflamme, on ne s’embarrasse de points de tous les côtés. Le but est évident : réussir à amasser le plus (de jetons) d’influence pendant la partie. Et tout est visible. Si une personne prend de l’avance, on pourra poser et jouer ses cartes pour la ralentir en mode « tir au pigeon », mais de manière subtile

Interaction ?

Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Oriflamme atteint un 4/5

Pourquoi ?

Parce que dans Oriflamme, on s’en prend directement aux autres. Les cartes, selon comment elles sont jouées et posées, permettent de voler, d’éliminer les autres. Ce n’est pas un jeu d’affrontement pour autant, et l’interaction est toute en subtilité, en bluff. Je pose cette carte ici à côté de celle-là, en espérant que !

À combien y jouer ?

Oriflamme peut se jouer de 3 à 5. À 3, le jeu manque de piquant, d’interaction. C’est vraiment à 4, et même au max, à 5, que le jeu devient vraiment, vraiment bon !

À noter qu’il existe une variante officielle pour y jouer à 2 aussi, en faisant comme si on était 4. Bof bof, peu palpitant et capillo-tracté !

À partir de quel âge y jouer ?

Le jeu est prévu dès 10 ans. C’est une bonne estimation, sachant qu’il faut quand même être capable de lire et de maîtriser les pouvoirs de toutes les cartes. À essayer à 8-9 ans

Alors, Oriflamme, c’est bien ?

Oh oui, c’est vraiment, vraiment bien ! Alors oui, avec son aspect bluff et guess, et ses personnages à pouvoirs qui intéragissent entre eux, Oriflamme fait largement penser à deux jeux de Bruno Faidutti, l’auteur monomane des jeux de bluff, le cultissime Citadelles, bien sûr, et Mascarade

À la surprise générale, Oriflamme a remporté l’As d’Or 2020. Pourquoi à la surprise générale ? Parce que c’est le tout premier jeu de l’éditeur (qui bossait avant chez Matagot, donc pas vraiment son premier jeu) et des auteurs, tous deux frères. Mais surtout, Oriflamme est venu « de nulle part » sans pouvoir compter sur un buzz qui aurait pu le catapulter sur le podium

Mais Oriflamme mérite amplement son prix. Pas pour son originalité, qu’il n’a pas, pour autant qu’on ait déjà joué à deux-trois autres jeux de bluff avec personnages, comme Citadelles ou Complot, mais pour ses parties tendues et pleine de rebondissements : « Quoi ? Tu as joué cette carte-ci ici ? » Des parties immersives, captivantes, passionnantes !

🔴 Oriflamme, score final :

Note : 5 sur 5.

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ Des parties surprenantes, passionnantes, fluides et intenses

✅ Des règles qui s’expliquent en une poignée de minutes

✅ Une interaction forte

✅ Un jeu court, tendu, ramassé, qui donne envie de re-re-rejouer

✅ Un excellent jeu à 4-5

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Une boîte de jeu peu sexy, très nineties. Un rectangle simple, peu alléchant, et surtout, une illustration sombre peu colorée et peu appétissante qui confère au jeu un aspect terne. Imaginez un relookage, plus coloré, pareil pour les cartes, et Oriflamme devient beaucoup, beaucoup plus sexy. Je ne travaille pas dans une boutique de jeux, mais j’imagine que cet As d’Or doit être difficile à écouler auprès des familles

En réalité, l’illustration de la première édition de mars est beaucoup plus terne que cette image web ici ⬆️

❌ Une première partie « à vide » nécessaire pour comprendre les interactions, les synergies et les stratégies possibles entre les cartes

❌ Ne pouvoir y jouer qu’à (2)3-5. Comme c’est souvent le cas avec les jeux primés et qui se vendent bien, les extensions ne sont jamais très loin… Fier de son As d’Or, Oriflamme aurait tout intérêt à préserver et poursuivre sur sa lancée en proposant une extension pour y jouer à 6, voire à 7, même, de quoi générer des parties encore plus passionnantes !

❌ La variante officielle à 2, indigeste !

❌ Un jeu qui manque d’originalité (mais qui tourne quand même très, très bien !)

Et encore une chose

Vous pouvez consulter les règles d’Oriflamme ici

Vous pouvez trouver Oriflamme chez Philibert ici (qui reste disponible pour les commandes online pendant la fermeture due au coronavirus…)

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  • Auteurs : Adrien & Axel Hesling
  • Illustrateur : Tomasz Jedruszek
  • Éditeur : Studio H
  • Nombre de joueurs et joueuses : 3 à 5 (et aussi à 2, avec la variante. Mais comptez plutôt 4 à 5)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 20-30′
  • Thème : Moyen-Âge
  • Mécaniques principales : bluff, guess

Il y a quelques jours en avril, avant que le jeu ne ressorte en mai, l’éditeur Studio H (qui appartient à l’éditeur de livres Hachette) a publié une FAQ pour mettre les choses au clair :

➡️ Vous pouvez aussi la télécharger en PDF ici

L’éditeur a également publié une variante pour y jouer à 2 (déjà citée dans l’article)

➡️ Vous pouvez aussi la télécharger en PDF ici

4 Comments

    • Gus

      Merci Laurent pour votre retour

      La pose d’une carte sur une autre est plus qu’une variante, c’est la règle officielle, qui permet de protéger des cartes en-dessous. Malin

      • Laurent

        Ah oui c’est vrai, on a fait tellement de partie avant d’inclure cette possibilité que j’avais oublié, cela a permis au plus jeune de 10 ans de bien comprendre les mécanismes avant de rajouter cette subtilité. Ce que l’on aime beaucoup aussi c’est que même a 4 ou 5 joueurs on trouve qu’il y a très peu de possibilité de kingmaking car tout peut changer suite a l’action d’une seule carte (décret, assassinat..) et on peut toujours se protéger en recouvrant sa carte. Et aussi, partie très rapide, on ne s’ennuie jamais et partie toujours complétement différente grâce a la mise de coté de 3 cartes au hasard.

  • LB

    Ah oui c’Est vrai. Nous avons fait tellement de partie sans inclure cette règle pour permettre au plus jeune de 10 ans de se familiariser avec les mécanismes de ce jeu que je l’avais oublié
    Ce que nous aimons beaucoup dans ce jeu c’est aussi:
    -Partie très rapide, on ne s’ennuie jamais et on n’attends jamais son tour
    -Partie vraiment toujours complétement différente du au retrait de 3 cartes
    -Peu de possibilité de KingMaking du au fait que l’on peut se protéger en jouant une carte par dessus l’autre, jouant une action (décret royal…) qui change toute la donne et aussi on ne peut jamais savoir si un joueur est largué ou non (possibilité de carte complot versus embuscade)

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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