Jeux de plateau

Les deux auteurs de Gloomhaven et des Legacy sont sur un bateau

Temps de lecture: 4 minutes

Recette de cuisine pour cuisiner un jeu à succès :

  1. Prenez deux auteurs murs. De préférence parmi les plus connus et les plus bankables de la planète. Un ou une autrice toute seule irait aussi, mais en en prenant deux, vous augmentez vos chances de succès de la recette
  2. Choisissez ensuite un jeu qui dit peut-être encore quelque chose à des gens. Un vieux jeu dont certains joueurs et joueuses auraient peut-être entendu parler. De préférence, sorti dans les années 80, parce que dans les années 80, il y avait vraiment des jeux iconoclastes et surprenants
  3. Faites se dérouler le tout dans un univers méd-fan, parce que le méd-fan, ça fait toujours vendre
  4. Rajoutez un ou plusieurs mots énigmatiques dans le titre, rien que pour susciter la curiosité, l’envie, le mystère. Un truc du genre : « Mystery », « Scary » ou « Dark »
  5. Passez de préférence par une plateforme de financement participative, parce que c’est là que ça se passe. Et surtout, parce que vous vous assurez ainsi des commandes de ouf
  6. Mélangez le tout pendant un mois, et pouf, ça vous donne un blockbuster ludique !

Return to Dark Tower, en détail

Dark Tower est sorti en 1981. Il s’agissait à l’époque d’un jeu d’aventure et de baston méd-fan, avec une grosse tour bien en plastoque, parce que les années 80. Cette tour annonçait, indiquait des trucs, des machins qui apparaissaient alors sur le plateau. Notamment, et surtout, le déploiement de créatures ennemies

Et là, bim, près de 27 ans plus tard, on a appris au détour d’un tweet en 2018 que l’éditeur américain de jeux de société Restoration Games (RG) allait sortir un reboot. Oui, parce que les reboots des vieux jeux des années 80, c’est le fond de commerce de RG. Les soupes, les marmites, tout ça. Après avoir (plus ou moins bien) dépoussiéré le fameux Fireball Island en 2018, les voici donc revenus pour un nouveau retour avec Return to Dark Tower

Pour faire simple, Return to Dark Tower est un jeu de plateau en mode coopératif pour 1 à 4. Vous et vos alliés devez combattre des monstres, récupérer des trésors et terminer des missions pour finalement réussir à vaincre un méchant adversaire caché dans la tour au centre de la carte

La tour infernale de l’enfer

Return to Dark Tower, c’est surtout sa grosse, grosse tour en plastoque. Mais bourrée de tech. Elle mesure près de 30 centimètres quand même, possède le… Bluetooth (!), des trucs qui tournent dedans, des lumières et des effets sonores. Et non, non, à notre grand regret, elle ne fait pas (encore) le café ☕️ ni les massages de pieds. Peut-être dans une extension…

Ce gros morceau de plastique est impressionnant ! Les éditeurs de RG ont tout fait pour la rendre intimidante et menaçante, c’est plutôt réussi

En gros, vous déplacerez vos persos autour du plateau circulaire (!) de Return to Dark Tower tout en gérant les cartes « objets », les crânes en plastique et d’autres pièces en vrai, mais de nombreux autres aspects du jeu sont gérés par une app sur portable. Tels que le suivi des quêtes, le compteur de tours, les et combats et d’autres trucs. Plutôt une app assistante, pas un truc trop présent, trop relou à la Voyages en Terre du Milieu

Un ou une joueuse termine son tour en déposant un minuscule crâne en plastoque dans le haut de la tour. Un capteur détecte le crâne, signale à l’application qu’un tour vient d’est terminé et déclenche toutes sortes d’événements (ignobles et effrayants) en fonction des éléments vécus sur le plateau et le méchant principal utilisé pendant la partie. Les pièces de la tour tournent et font apparaître des visuels qui s’allument pour infliger des pénalités et des événements néfastes qui s’expriment sur le plateau

Avec le côté « je pose un crâne, et je ne sais pas ce qui va se passer. Parfois rien, ouf ! Parfois, catastrophe ! ». Comme une machine à sous, mais le contraire. Et plus la partie avance, et plus il y a de risques que les crânes posées, placés dans la tour déclenchent des trucs pas toptop. Et pourqui du Bluetooth ? Parce que la tour est connectée au portable et à l’appli du jeu

Si dans le Dark Tower d’origine de 1981 il suffisait de récupérer trois clés sur le plateau, tout en gérant la menace de la tour, qui jouait un peu le rôle de MJ. Une fois les trois clés obtenues, on pouvait alors ouvrir la tour et se ruer dedans le ou la première pour cogner le méchant dedans. Dans cette nouvelle version de Return to Dark Tower, les joueurs et joueuses ont deux objectifs : accéder à la tour, aussi, puis vaincre l’adversaire, aussi

Ce qui change, toutefois, c’est que jeu propose maintenant plusieurs adversaires et des moyens de déverrouiller la tour. Pendant le jeu, les joueurs et joueuses rassembleront des guerriers pour se livrer à des combats contre les ennemis rencontrés sur le plateau, ennemis qui apparaissent depuis la tour nuit noire et obscure (Isabelle s’est cognée contre les murs). La tour sombre « dépose » également des crânes au hasard dans différentes parties du plateau, de quoi détruire des bâtiments et obliger toute l’équipe à réagir

Deux auteurs

Return to Dark Tower a été conçu par Isaac Childres, le créateur de Gloomhaven, et Rob Daviau, le concepteur de Betrayal Legacy et le créateur du format de jeu « Legacy ». Rien qu’avez ces deux noms, le Kickstarter risque de tout faire péter. Mardi matin 15 janvier, moins de 24h après le lancement de la campagne, le KS a déjà allègrement dépassé les 1.2 millions récoltés. La participation à cette préco-participative n’est pas donnée non plus, il faut compter entre 125 $ pour le jeu de base quand même, et 225 $ pour « all-in » avec tous les add-ons. Le Kickstarter s’arrête le 4 février. La livraison du jeu est prévue pour février 2021

Vous pouvez consulter les règles de Return to Dark Tower ici

Et non, pour l’instant, pas de VF prévue. Il faudra attendre 2021 ou 2022 se lance dans la trad, du jeu, de l’appli

Un projet qui vous tente ? Vous allez craquer ?

5 Comments

  • Adrien

    Moi qui achète certains jeux sur kickstarter. Je trouve hallucinant le prix que coûte un jeu aujourd’hui. Il faut toujours compter au moins 100e minimum pour une boîte simple sans des fois prendre en compte les frais de ports. Alors qu’il y a 2 ou 3 ans en arrière un jeu à 100e all in était déjà énorme en terme de budget. Plus ça va et plus cela augmente. Où est l’arnaque ? A part si tout le monde a compris qu’avec le financement participatif il y a moyen de ce faire du bénéf’!!?

  • mesmacque

    C’est délirant les prix des Kickstarters, pour un jeu qui semble, en plus, être vraiment plein de hasard.
    Les américains aiment bien les figurines en plastique à gogo, mais moi je commence à me saturer. S’il n’était pas sorti sur KS, il y aurait beaucoup moins de gadgets et le jeu serait nettement plus abordable pour un public qui semble être au Collège/Lycée.
    Comme si l’offre en magasin ne suffisait pas, et au moins les jeux auront été testé par nos sites favoris (coucou Gus&Co.) !

  • Paul

    Bof…Tous les projets que j’ai soutenu sur KS étaient des eurogames, je n’ai jamais accroché aux profusions de figurines. Surtout que ça dissimule bien souvent un gameplay très basique voire hors d’âge. Dark Tower était une légende aux Etats-Unis, ce qui explique sûrement le succès de cette nouvelle campagne. Quasiment 11000 backers sur 13500 sont américains/canadiens actuellement.
    Pour ma part, je préfère pledger une mécanique avant un thème ou un enrobage (It’s a Wonderful World dans les derniers projets soutenus).

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