Critique de jeu: When I Dream. Concept chez Thiercelieux. Un hit

Banal dans sa mécanique de base, le jeu dissimule une surprenante et suave subtilité sophistiquée. Assurément un hit de cette fin d’année 2017

  • Date de sortie: octobre 2017
  • Auteur: Chris Darsaklis
  • Illustrateurs: Un paquet. Tous les illustrateurs tendance du jeu de société: Cyril Nouvel, Miguel Coimbra, Vincent Dutrait, Loic Billiau, Régis Torres, Maëva da Silva, Christine Deschamps, Nicolas Fructus, Anne Heidsieck, Gael Lannurien, Ismaël Pommaz, Sébastien Caiveau, Jonathan Aucomte, Cyrille Bertin, Frédéric Navez, Éric Azagury, Zong, Swal, Asterman Studio, Julien Delval
  • Editeur: Repos Prod
  • Nombre de joueurs: 4 à 10 (optimum 6-8)
  • Age conseillé: dès 7-8 ans
  • Durée: 30 minutes
  • Mécaniques principales: équipes, devinettes, bluff

De quoi ça parle?

Dans When I Dream, un ou une joueuse s’endort (pas pour de vrai, hein) et fait des rêves. Tous les autres à la table font lui souffler un mot pour lui décrire ses rêves

Un jeu de société dans le monde du rêve. Frais et original

Mais surtout, ce qui détonne dans le jeu, ce sont ses 110 cartes, superbement illustrées par des illustrateurs de talent et de renom du jeu de société: Cyril Nouvel, Miguel Coimbra, Vincent Dutrait, Loic Billiau, Régis Torres, Maëva da Silva, Christine Deschamps, Nicolas Fructus, Anne Heidsieck, Gael Lannurien, Ismaël Pommaz, Sébastien Caiveau, Jonathan Aucomte, Cyrille Bertin, Frédéric Navez, Éric Azagury, Zong, Swal, Asterman Studio, Julien Delval. Ils sont tous là. Les Wallons de Repos Prod ont eu une excellente idée d’associer tous ces illustrateurs

Ne manquait plus que Marie Cardouat, Christine Alcouffe ou Biboun pour les avoir toutes et tous. Dans une prochaine extension?

110 cartes à Dixit-style. Grandes, colorées, oniriques (forcément). Des cartes qui donnent envie de se plonger dans les rêves

Et le reste du matériel est lui aussi somptueux: le « lit » qui sert d’insert pour les cartes, le masque illustré pour cacher les yeux, le plateau, les PV lunaires et stellaires

Immersif

Et comment on joue?

Une manche dure 2 minutes. Le jeu se joue à autant de manches qu’il y a de joueurs

Lors d’une manche, un ou une joueuse va « rêver ». Il ou elle se munit du masque pour cacher les yeux, un masque illustré style masque d’avion pour dormir, pour ne pas voir les cartes « rêves » qui vont défiler

Les autres reçoivent une carte « rôle ». Il y en aura trois. Les « gentils » aka les Fées, les « méchants » aka les Croque-Mitaines et les « Suisses » « neutres opportunistes » aka Marchands de Sable

Chacun son tour, les joueurs et joueuses présentes énoncent un seul mot évoqué par la carte « rêve » en cours, en évitant de donner le mot à trouver. Sachant que chaque carte comporte un mot. Enfin, quatre. Deux par face. Ce qui fait en réalité 440 mots (110 cartes x4). De quoi jouer et rejouer et rejouer sans tomber sur le même mot

Le ou la dormeuse arrête le tour de table quand elle veut pour annoncer le mot à trouver. Soit elle a raison, et la carte est placée du côté « rêve », soit elle a tort, et la carte est placée du côté « cauchemar ». Mais on ne lui dit rien sur l’issue de la réponse. La manche continue avec une autre carte, avec un autre mot, jusqu’au terme du sablier

Et comment on gagne?

Le but des Fées est de faire trouver la carte, pas celui des Croque-Mitaines, et les Marchands de Sable gagnent des points en fonction de la différence entre réponses correctes et fausses. Plus l’équilibre est obtenu et plus ils gagnent de points. Versatiles, ils tournent et retournent leur veste en fonction des résultats

Le ou la dormeuse gagne des points pour toutes les cartes trouvées

Donc un jeu de bluff par équipe

Les Croque-mitaines sont certes moins nombreux que les Fées et que les Marchands de Sable, mais leur objectif est de brouiller les pistes, induire la dormeuse en erreur. Qui ne sait évidemment pas qui est qui à la table. Elle connait le nombre « d’enfoirés », Croque-Mitaine et Marchands de Sable, et les yeux bandés, elle va devoir essayer de repérer les rôles juste en écoutant toutes les propositions, découvrir et ignorer alors les intrus

Les équipes changent à chaque manche, et les autres à la table découvrent très vite qui est qui puisque le mot annoncé n’a aucun rapport avec la carte à trouver. Ils ne peuvent évidemment rien révéler sur l’identité de tout un chacun

Sachant qu’on prépare toujours le deck des équipes avec un rôle supplémentaire qui n’est pas distribué. Donc toutes les manches varient. Plus ou moins de Fées, plus ou moins de Croque-Mitaines, plus ou moins de Marchands de Sable

Interaction

Très forte, évidemment

Et à combien y jouer?

On peut y jouer à 4-5, mais ce n’est pas terrible puisqu’il aura moins de rôles présents. A 9-10, au max, le jeu devient trop long, chaotique et bruyant, il est alors plus difficile de trouver le mot juste

L’optimum, entre 6 et 8 joueurs, un bon rapport entre rôles-durée

Alors, When I Dream, c’est bien?

When I Dream est encore un autre de ces jeux à devinettes. Après PIX, dans lequel il faut retrouver un mot avec des « pixels » aimantés, après Concept,aussi chez Repos Prod, dans lequel il faut retrouver un mot grâce à des icônes, après Imagine, dans lequel il faut retrouver un mot grâce à des pièces transparentes qui peuvent s’assembler, etc etc etc ad nauseam la liste est longue, dans When I Dream on doit retrouver un mot grâce à des indications données par les autres

Jusqu’ici, rien d’original

Gus&Co, des gros blasés?

Nous avions même annoncé que le jeu nous avait déçus à Essen

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après plusieurs parties nous avons été surpris par sa finesse, sa sophistication, son intérêt

Car même si When I Dream n’invente rien dans sa mécanique de base l’aspect « rôles cachés » méchants-gentils à la Loups-Garous de Thiercelieux confère à chaque manche, à chaque partie une énorme subtilité

Au final, et nous devons revenir sur notre toute première impression, When I Dream est un excellent, excellent jeu. Assurément un hit de cette fin d’année 2017 à sortir sur toutes les tables des fêtes de fin d’année. Un jeu d’ambiance intelligent, subtil et taquin

Et c’est vite vu, j’en ai commandé plusieurs pour offrir à mes amis et surtout, pour y jouer en cours de langue au lycée. Un excellent jeu pour développer son champ lexical ESL ou autre

Et encore une chose

La partie « jour » rallonge le jeu inutilement. Se souvenir des mots donnés. Ne pas hésiter à la sabrer

Vous pouvez trouver When I Dream chez Philibert,

Chez Ludikbazar,

Chez Ludibay,

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvétia Games Shop

Dans le tout dernier Plato Magazine numéro 101 (101, déjà!!! Wahou), 5 cartes « vierges » exclusives sont offertes en goodies pour le jeu. « Vierges », car seules les illustrations s’y trouvent et pas les mots. Les joueuses et joueurs pourront les rajouter

Vous pouvez télécharger les règles ici

Et voir la vidéo d’explication ici

5 Comments

  1. J’étais aussi dubitative à la lecture des règles, rien de bien original à première vue. Mais finalement une fois lancés on est vite pris dans le jeu et il y a de bonnes tranches de fou rires !

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