Origames. Ces hommes de l’ombre 

C’est en finissant de lire les règles d’Amun-Re, l’excellente réédition 2016 du « vieux » jeu de Reiner Knizia de 2003, que je suis tombé sur ce tout petit logo, Origames.

Origames? Mais qui sont-ils? Que font-ils? Pourquoi sont-ils cités dans Amun-Re reboot 2016, pourtant édité par Super Meeple? Je me suis alors demandé qui était Origames. Quel était leur rapport avec Super Meeple? Pour vous j’ai alors décidé de mener l’enquête. Et j’ai appelé Origames pour leur poser 217 questions.

Pas le

Amun-Re n’est pas le seul jeu dans lequel on retrouve le logo Origames, il y a en beaucoup d’autres: King of Tokyo, Zombie15, Innovation

Près de 50 interventions sur des jeux et extensions. Depuis 2010.

Un peu d’histoire

Origames est une entreprise créée par trois passionnés du jeu de société, Igor Polouchine, Guillaume Gille-Naves et Rodolphe Gilbart en 2010 à Ivry sur Seine dans le 94 en Île-de-France. Les trois compères sortaient alors de Playfactory, éditeur de presse et de jeux de société (la VF DnD4, Dobble), quand ils ont décidé de  lancer leur propre structure.

Depuis, Origames s’est quelque peu agrandi pour employer aujourd’hui 7 personnes. Et une constellation d’indépendants tel que graphistes et illustrateurs.

Mais alors, Origames, c’est quoi?

En 2010 Origames s’est d’abord monté autour de deux projets d’édition: la réédition du jeu Crôa!, créé en 2000 par l’un des sociétaires, Igor Polouchine, et un titre de presse, le mag Le Lotus Noir, spécialisé dans les jeux de cartes à collectionner, dont surtout Magic. Les activités se sont depuis élargies.

Origames est une société coopérative ouvrière de production (SCOP), une SARL mais coopérative, i.e. une voix à chaque sociétaire, quelque soit le nombre de parts. Bref, un truc de patrons gauchos bobos.

Aujourd’hui, Origames se considère comme packageur ludique. Ou comme studio de création ludique, c’est selon.

En gros, Origames fonctionne ainsi: un éditeur décide de lancer le jeu d’un auteur. Il aura besoin d’illustrations, de graphismes, de packaging. L’éditeur peut gérer le projet à lui tout seul et contacter tous les corps de métier nécessaires. Ou engager Origames.

Origames propose alors plusieurs solutions d’édition: gérer la charte graphique, et donc manager graphistes et illustrateurs. Egalement des conseils en marketing. Ou des réglages et du développement de jeu. Et webdesign. Et enfin trouver des possibilités de production en contactant directement le fabricant aka l’usine. En Chine. Car Origames travaille en étroite collaboration avec le sino-fabricant Whatz Games, un imprimeur et fabricant établi à Shanghai, dont Origames est devenu le représentant en Europe. Bref, toute une palette d’activités autour de l’édition de jeux de société.

En plus de Lotus Noir, Origames a lancé un nouveau titre pour le Festival de Cannes en 2015, TricTrac Magazine, distribué gratuitement dans divers festivals et événements au cours de l’année. Non, ce n’est pas Philippe Maurin qui écrit et édite son propre mag tout seul mais bel et bien Origames. Enfin, avec des pigistes quand même.

Pépéttes

Et financièrement, ça marche comment?

Si un éditeur décide de passer par Origames le contrat est négocié ainsi: Origames demande un montant fixe ainsi qu’un pourcentage sur le chiffre d’affaire de l’éditeur sur la vente du jeu. Donc plus un jeu se vend bien et plus Origames en profite.

Super

Et petite info au passage, il y a une année Origames a fusionné avec Superlude (Koba, Maître Renard). Fusionné, pas racheté.

 

Merci à Rodolphe d’Origames d’avoir eu la gentillesse de temps de répondre à toutes nos questions! Voilà, maintenant je sais tout sur Origames, je mourrai moins idiot.

Pour tout savoir sur Origames et leur frimousse, c’est ici.

4 réflexions au sujet de « Origames. Ces hommes de l’ombre  »

  1. Très intéressant en effet. Merci pour cet article.

    Mais pour moi, c’était précisément le rôle de l’éditeur de « gérer le projet à lui tout seul et contacter tous les corps de métier nécessaires ». Donc dans le cas où ils soustraitent à Origame, que leur reste-t-il? Le réglage du système de jeu? On est quand même pas loin de la marque blanche de l’édition là non?

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    1. Ah non, ici Origames est simplement un sous traitant/intermédiaire dans la fabrication du jeu. Origames peut avoir des deals avec des entreprises, ou des contacts particuliers sur certaines pieces de jeu etc.
      Je le vois ainsi. Ça existe dans tous les corps de métier. Pourquoi pas en jeu de société ?!

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  2. Alors je reprends ma formulation:
    oui, la sous-traitance existe dans tous les métiers et je n’ai rien contre 🙂 . Après tout, si toute les acteurs de la chaîne de l’industrie y trouve son compte, tant mieux pour eux.

    Il n’empêche que je pensais que c’était précisément le travail de l’éditeur de coordonner les étapes de la production d’un jeu. Cela implique d’ailleurs toujours de la sous-traitance: l’éditeur ne fabrique pas lui-même le jeu, par exemple. Mais je comprends à la lecture de l’article que là c’est justement Origame qui coordonne et gère les intervenants, notamment industriels. J’y vois là une sous-traitance du cœur du métier de l’éditeur (tel que je le voyais en tous cas: finalisation des jeux, marketing des jeux et coordination de la production du matériel). Et là, j’ai plus de mal à comprendre comment la chaîne de l’industrie s’y retrouve: si un des maillons délègue son coeur de métier, à quoi sert-il? Pourquoi ne pas juste le faire sauter? Du coup, ce genre de sous-traitance me semble toujours être un jeu étonnant et dangereux -_-‘

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  3. L’éditeur garde la sélection du prototype, le réglage du jeu, la finalisation des règles, la promotion auprès des joueurs, et surtout la prise de risque : c’est cela le cœur du métier d’éditeur.
    Je comprends de l’article qu’Origames pilote surtout des tâches matérielles (illustrations, charte graphique, relation fabricant, site internet éditeur), ce qui vient en deuxième couche après le cœur de métier.

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