Critique de jeu: Les châteaux de Bourgogne, le jeu de cartes. Buvons à la carte

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Limp nous signe ici la critique d’un jeu en grande avant-première, à paraître dans deux semaines.

Il y a des jeux qui tel un bon vin, vieillissent merveilleusement bien.

« Les châteaux de Bourgogne », est-il besoin de le préciser, fait partie de ceux-là.

Bouchon

Le jeu est classé 8° meilleur jeu de société de tous les temps sur Boardgamegeek, le site de référence en la matière. Il est bien souvent considéré comme le meilleur jeu de son auteur Stefan Feld, dont on ne compte plus les créations réussies. 2011 fut d’ailleurs un bon cru, car il réalisa cette même année deux autres pépites : « Strasbourg », bien trop méconnu à mes yeux au vu de ses qualités, et « Trajan« .

De fait, vous ne serez pas étonnés, en cette période où les éditeurs enchaînent les extensions et autres dérivés (version « jeu de cartes », version « jeu de dés »…) d’apprendre que d’ici deux semaines (le 15 Avril, pour être précis) paraîtra « Les Châteaux de Bourgogne – Le jeu de cartes ».

Le jeu de plateau étant mon second jeu préféré parmi tous ceux pratiqués jusqu’à maintenant, je ne pouvais pas passer à côté de son petit frère. J’ai donc eu la chance d’en posséder une version prototype (juste dans ses composants, les règles du jeu étant bien fixées depuis un moment) et je l’ai bien usée, pour tout vous dire. D’ailleurs, je compte tout vous dire, histoire que vous sachiez si j’ai  eu droit à l’ivresse que le premier du nom m’avait provoqué, à du jus de chaussette ou à un verre à demi plein. Et « Bourgogne » aidant, je vais me la jouer « escargot » et essayer de vous détailler tout ça sans vous saouler non plus.

Démarrons par l’écrin. Eh bien pour l’occasion, et le nom inscrit sur la boite le vaut bien, Alea a décidé de vous présenter la chose dans un nouveau format, qui aura droit, comme de coutume, à une numérotation. Le deuxième opus de la gamme sera d’ailleurs « Broom Service – Le jeu de cartes »…      Le format sera plus grand que les petits jeux de cartes de chez Abacus ou Gigamic mais bien plus petit que celui de « San Juan » et « Edel Stein und Reich », qui appartiennent à une des deux autres gammes de l’éditeur.

Pour vous faire une idée, la boite du jeu est presque la même que celle de « Primiera » ou encore de « De cape et d’épée », pour ceux qui connaissent. Au niveau tarif, ce sera très doux, avec un prix boutique conseillé de 14€. tout ça pour 260 cartes tout de même ! De quoi faire plaisir de un à quatre joueurs (oui : le jeu propose un mode solo !) durant trois quarts d’heures / une heure.

Corps

La règle maintenant. Pour ne pas tout vous détailler, je vais vous la présenter en la comparant à celle de la version « plateau ». On a toujours 5 manches, donc. Par contre, si dans le jeu de base chaque manche était composée de 5 tours comportant 2 actions par joueur, la version cartes propose 6 tours par manche, mais chaque tour ne vous propose plus qu’une action. 30 coups par joueurs donc au lieu de 50, ce qui explique en partie la baisse de durée des parties, ce qui n’est pas plus mal pour une version « cartes ».

Lors d’une manche, chaque joueur a un lot de six cartes qui forment sa pioche. Au début chacun en pioche deux et en joue une à tour de rôle pour ensuite en repiocher une nouvelle. Les six seront jouées. Pour ces cartes là, seuls les chiffres sur les dés sont pris en compte et remplacent les dés de la version plateau. Si vous jouez une carte « 4 », par exemple, vous pourrez soit prendre une carte de la rangée « 4 » et la mettre dans vos projets (vous ne pouvez pas en stocker plus de trois : ça n’a pas changé), soit construire un de vos projets dont le chiffre marqué sur la carte est un 4. Les cartes construites sont placées devant vous, par famille.

Comme les joueurs n’ont plus de plateau, le côté puzzle de la pose des constructions a disparu. C’est à mes yeux la différence majeure entre les deux versions. Le jeu de cartes perd donc un mécanisme très intéressant, mais est plus rapide et accessible de par cette soustraction.

Bien entendu, il y a toujours les différentes familles de cartes (les bâtiments, les bateaux, les châteaux, les animaux, les connaissances et les mines) et leurs pouvoirs qui s’enclenchent à la construction. Une nouvelle famille voit même le jour : les cloîtres. Ils ne donnent pas de  pouvoir mais rapportent plus de points en cas de trio et peuvent être utilisés comme joker.

Ah, mais je ne vous ai pas expliqué ce que sont les « trios »…

Il s’agit d’un mécanisme qui remplace celui des tuiles bonus quand on terminait de remplir une zone de son plateau ou qu’on avait placé toute une famille de tuiles. En fait, vos cartes construites sont classées par familles/couleurs et, dès que vous en avez trois d’une famille, vous rapporteront des points en fin de partie. Les cloîtres peuvent se mettre dans n’importe quelle famille. Et pour plus d’interactions, le premier joueur à réaliser un trio d’une famille gagne des points bonus.

De même, chaque trio réalisé vous octroie un bonus, dont la puissance décline au fil des manches. Là aussi, ça devrait vous rappeler des trucs si vous jouez à la version plateau (qui est jouable en ligne et gratuitement sur « Boite à jeux« ).

Les ouvriers et les pépites sont toujours de la partie, tout comme la lutte pour être premier joueur.

Caractère

Au final, pour ce qui est de mon ressenti, j’ai trouvé les tours nerveux et le jeu très intéressant. Les Châteaux de Bourgogne – Le jeu de cartes reste un bon compromis entre « jeux pour joueurs confirmés » et « public familial voulant se frotter à des jeux plus tactiques ».

Le matériel, sans être vilain, n’est pas super beau, mais, même si ce n’est pas difficile, est plus sympa que celui de la version plateau. Et si la boite est compacte, attendez-vous à ce que la partie vous prenne de la place sur la table de jeu.

Vu le rapport qualité -prix et le fait que peu de titres existent en petit format mais donnant une impression de jouer à un jeu de plateau (« En route vers les Indes » étant le dernier – je n’avais pour ma part pas accroché – et « Verrater » et « Meuterer » à mes yeux les meilleurs dans le genre), je pense que ce jeu devrait et doit trouver sa place facilement sur les étagères des joueurs. Il va s’en vendre comme des petits pains.

De plus, le nom de l’auteur et celui du jeu devraient aider. L’éditeur ne s’y ai pas trompé en reprenant même l’illustration de couverture du grand frère…

Souvenez-vous de vous servir un bon Bourgogne le 15 Avril prochain : il n’y en aura peut être pas pour tout le monde…

Vous pouvez trouver Les Châteaux de Bourgogne Le Jeu de Cartes chez Philibert,

Chez Ludibay,

Chez Ludikbazar,

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvetia Games.

6 Comments

  1. après joué une partie, je dois dire que je suis mitigé sur le jeu, il ressemble beaucoup aux chateaux de bourgogne plateau peut-être même trop.

    les ouvriers & pépite ne valant rien, on s’est retrouvé à jouer nos derniers coups sans rien pouvoir faire, sans doute avons-nous mal optimisé c’est possible.

    le système des triple cartes pour avoir le bonus est un peu alambiqué de même que le scoring des animaux. j’ai personnellement pas plus accroché que cela au jeu mais y rejouerais sans problème si on me propose une partie, ça ne passera pas la barrière d’achat.

    Pour ceux qui possède déjà la version plateau à laquelle j’adhère modérement, ce qui explique aussi peut-être pourquoi je n’ai que peu accrocher au jeu de carte, je ne pense pas que l’achat soit nécessaire tant il y à des similarité entre les deux versions.

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  2. Les pépites sont très fortes, je t’assure…
    Les ouvriers, ils permettent comme dans le plateau de s’assurer un bon coup en fin de manche.
    Si on optimise pas, que ce soit dans le plateau ou le jeu de cartes, on joue des coups blancs sur la fin en effet, mais tout de même, ya à faire… surtout si on se garde des ressources à transformer sur la fin….

    Pour le scoring, je suis plus qu’étonné : ne charges-tu pas le jeu un peu gratuitement là ?
    Car il n’est pas alambiqué, bien au contraire. Bcp plus simple que le jeu de plateau. Là, c’est un reproche qu’on ne peut lui accorder, assurément. En quoi posséder 3 cartes d’une famille pour avoir des Pv et bonus est compliqué ?

    Pour en revenir sur ton avis final : effectivement, si on aime pas le jeu de plateau, on aimera pas le jeu de cartes. Mais en même temps, le titre ne trompait pas pour le coup. Ni la couv d’ailleurs. Là au moins, ce n’est pas une « fausse version cartes ». Etonné que tu sois surpris de na pas avoir apprécié…

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  3. Je viens de recevoir ce jeu pour mon anniversaire, et j’ai hâte de l’essayer car je suis une très grande fan du très grand M. Feld. D’ailleurs, Les châteaux de Bourgogne – version plateau est mon jeu préféré, le numéro 1 de mon top jeux (au fait Limp…. si chez toi il est placé en 2e position, je suis super curieuse de savoir quel jeu le détrône ^^)
    Pour cette version jeu de cartes, j’ai juste une petite question (j’ai un avis sur la réponse, mais c’est juste pour enlever un dernier doute):
    Le bonus octroyé pour les 7 couleurs, j’imagine qu’on ne le gagne pas si le cloître est utilisé comme joker?

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  4. Je lis içi:
    Le jeu de plateau étant mon second jeu préféré parmi tous ceux pratiqués jusqu’à maintenant, je ne pouvais pas passer à côté de son petit frère.
    et aussi:
    Le jeu est classé 8° meilleur jeu de société de tous les temps sur Boardgamegeek, le site de référence en la matière. Il est bien souvent considéré comme le meilleur jeu de son auteur Stefan Feld

    Mais quand on prend l’article sur la critique du jeu de plateau
    https://gusandco.net/2011/03/21/critique-de-jeu-les-chateaux-de-bourgogne/
    je trouve ça:
    Même si nous apprécions les Châteaux de Bourgogne, ce n’est pas le meilleur jeu de l’auteur.
    Les Châteaux est un bon jeu certes, aux combinaisons de placement intéressantes, mais pas des plus originaux et à la grammaire au final assez linéaire.

    J’ai un peu de mal à m’y retrouver.

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