L’Espagne impose le jeu à l’école

chess, Flickr, CC, by shoobydooby
chess, Flickr, CC, by shoobydooby

C’est une nouvelle qui est restée plutôt discrète, et pourtant elle est fort intéressante. Mercredi passé 11 février, le Congrès Espagnol a accepté l’introduction du jeu d’échecs pour les élèves à l’école primaire.

Selon des études menées en Allemagne, les élèves qui joueraient aux échecs auraient des performances scolaires accrues de 17%.

Il est bien évident que les échecs développent certaines facultés mentales, telle l’anticipation, la planification, la mémorisation. Tout bénéf pour la formation des élèves.

Sauf que, certains joueurs professionnels d’échecs remettent en question cette décision politique, en avançant que le jeu d’échecs est un jeu extrêmement « violent », cruel et vicieux. Le but étant de vaincre son adversaire, de le « détruire », i.e. faire tomber son roi, de se montrer plus fort que lui.

Peut-on alors dire que c’est une bonne école de vie???

Qu’en pensez-vous, est-ce que l’Espagne a eu une bonne idée, ou une fausse bonne idée? Faut-il imposer le jeu d’échecs, ou le jeu, en général, à l’école?

12 réflexions au sujet de « L’Espagne impose le jeu à l’école »

  1. J’aurais plutôt instauré le « 6 qui prend »…connaissent bien ça les taureaux là bas non 😀 ?

    Attention l’auteur de ce commentaire rejette toute forme de préjugés envers ses voisins espagnols. Il tient même à préciser qu’il apprécie beaucoup la culture de ce pays et leur sangria

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  2. Sur une note plus sérieuse (et parce que je viens juste d’y penser) l’école primaire française doit proposer depuis 2 ans des activités dans le cadre de temps « périscolaires » (je ne me rappelle plus du terme exact) et dans certains cas ce sont bien de heures de jeux de sociétés qui sont proposées!

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    1. De nombreuses écoles (dont plusieurs à Genève) proposent en effet comme tu dis des heures de jeux de société, on peut saluer l’effort.

      Ce qui est juste dingue avec cette annonce et décision politique c’est que ça devienne officiel et… obligatoire.

      Je me demande bien comment et où ils vont faire pour trouver les enseignants formés à la pratique des échecs. Expliquer le jeu, c’est une chose, pas si compliquée après tout, mais former à la maîtrise, aux stratégies, c’en est une autre (et j’ai joué en club étant petit, je peux t’assurer que ça cogne).

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      1. Après, si ça peut encourager les enseignants à se former sur l’explication des jeux, c’est peut-être une porte d’entrée à « l’apprentissage ludique ».

        Je mets des grosses guillemets qui tâchent parce que le jeu comme outil éducatif, tu nous l’as bien annoncé dans des postes plus anciens, c’est un risque de dérive dans l’enseignement.

        Ensuite, apprendre à expliquer des règles complexes à un public jeune, ça peut donner des compétences supplémentaires aux enseignants. Compétences qui ne font pas partie de la formation des enseignants (du moins en France).

        … Bon, je suis mauvaise langue, ça vient petit à petit.

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        1. Merci pour ton commentaire Xavier.

          La dérive était dans l’utilisation du jeu comme moteur de « motivation », ex Classcraft. Dans le cas de l’Espagne, ou de l’utilisation du jeu comme véhicule d’apprentissage pour développer des compétences, coopération, stratégie, mémoire, c’est bien différent.

          Maintenant en ce qui concerne les règles du jeu, tu as raison, pas facile de les expliquer. D’ailleurs on proposait 10 conseils pratiques.

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  3. « Sauf que, certains joueurs professionnels d’échecs remettent en question cette décision politique, en avançant que le jeu d’échecs est un jeu extrêmement « violent », cruel et vicieux. Le but étant de vaincre son adversaire, de le « détruire », i.e. faire tomber son roi, de se montrer plus fort que lui. »

    Il est vrai par exemple que former des étudiants dans nos écoles de commerce/gestion à spéculer sur les matières premières alimentaires, ce n’est pas violent, c’est juste criminel ! Pousser des cubes en bois n’a jamais tué personne. Ces (quelques) joueurs professionnels sont peut être de fins tacticiens, mais leur degré de réflexion égale ceux des joueurs de football professionnel 🙂 🙂 🙂

    Enfin bref, le jeu est une bonne école de vie : des règles à apprendre et à respecter, de la convivialité, du respect, de la patience … Une excellente idée d’activité scolaire/périscolaire.

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  4. Le jeu dans les écoles ! Quelle absurdité ! On est là pour apprendre, pas pour jouer… Le jeu c’est pendant la récré…
    Pourtant, depuis 3 ans, dans mon école (je suis instit’ à Lyon), nous avons un club « jeux de société » pendant ces fameuses heures d’Aides Personnalisées Complémentaires (c’est pas joli comme acronyme, hein ?) . Des heures prévues pour les élèves en difficultés pour leur faire un peu plus de calculs, un peu plus de grammaire, bref un peu plus de pas grand chose, mais je m’égare.
    Dans ce club, les élèves, ceux qui le souhaitent, viennent pendant le temps de cantine ou après l’école pour faire des jeux, pour jouer. Et pas de « mauvaise intention pédagogique », du genre « jouer pour .. » : jouer pour apprendre les syllabes, jouer pour apprendre à compter, jouer pour apprendre à … un enrobage « ludique » des trucs de l’école…
    Mais vous savez quoi ? Qu’est-ce qu’on apprend en jouant !
    On coopère, discute, s’affronte. On se mesure, gagne et on perd aussi ! On développe une stratégie, on s’adapte. On rigole, on calcule, on dessine. Autant de « compétences » qui ne font pas, ou si peu, partie du programme mais qui sont essentielles et réutilisables dans la classe et qui font partie de l’éducation ou des compétences qui prennent tout leur sens.
    Alors ça marchait si bien que, du coup, je fais jouer mes élèves dans ma classe à Kamisado, à la course aux tortues, à pandémie, à King of Tokyo, à des puzzles, à Katamino, à Bausack…
    C’est pas évident à justifier auprès de la hiérarchie de prime abord. Mais quand on est soi-même joueur, alors c’est plus facile.
    Alors, les échecs obligatoires en Espagne ? Pourquoi pas ? Si ça peut ouvrir la voie aux Jeux de sociétés modernes..

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  5. Bonjour,
    Personellement, je suis plutôt en faveur du jeu comme vecteur d’apprentissage. Mais je me questionne quand même sur un point… pourquoi les échecs??? Pourquoi avoir choisi ce jeux finalement très difficile à ammener à des jeunes et tout de même très « froid » alors qu’il existent des dizaines de perles ludique à mon avis beaucoup plus profond pour des enfants.
    Prenons les cas le plus évident, pandémie permet de montrer le rôle de l’entraide, le 6 qui prends (qui marche très très bien avec des jeunes ^^) permet d’apprendre les probabilités de façon toute naturelle…
    Après, moi, tant que de plus en plus de monde joue, je pense que tout vas bien 😉

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  6. Quelle horreure!
    On dégoûte déjà les enfants de la lecture en les obligeant à lire du Zola, on les dégoûte de la musique en les obligeant à jouer de la flûte à bec, et maintenant on voudrait les dégoûter des jeux en les obligeant à jouer aux échecs?

    Le problème n’est pas les échecs, ni la flûte à bec ni même Zola, mais bien le principe d’obliger. C’est complètement contre-productif.
    Donner la possibilité, encourager, promouvoir une activité, oui, mais si tu la rends obligatoire, tu en fait une corvée, et donc tu incite au rejet.

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    1. salut
      Les échecs requièrent de l’intelligence créatrice, des capacités d’exploration spatiale, de raisonnement logique et de mémorisation . Les espagnols veulent peut-être développer ça dans leur école, et le jeu d’échecs en serait le vecteur ?
      Une gymnastique cérébrale comme il y a des cours d’éducation physique …

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  7. J’ai approfondi dans ma thèse les différents systèmes de valeurs des jeux de société (« Jeu et signification, pour une sémiotique générale de l’expression ludique »). En effet, les échecs ne devraient pas être notre seul modèle… Le jeu de go serait vraiment idéal, mais encore faudrait-il former des éducateurs sur ce jeu ! Espérons qu’un mouvement collectif de la part des responsables éducatifs impliqués pourra rendre crédible en France une large avancée pédagogique autour de ces outils.

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