La révélation flagrante

Pour l’avoir constaté dans de nombreux salons et également dans notre Bar à Jeux, les gens rejouent extrêmement rarement à un jeu. A peine une partie terminée qu’ils se lancent déjà dans une autre aventure ludique.

Il faut reconnaître que le marché ludique actuel est tellement saturé, les sorties tellement proches et nombreuses, que les joueurs ne prennent pas le temps de rejouer à un jeu, pour ne pas « perdre de temps » et en découvrir d’autres.

Nous en avions déjà parlé dans notre article reprenant celui de Matt Drake sur la gloutonnerie ludique, cette tendance est en nette augmentation. D’où des auteurs et éditeurs qui ont compris le marché et qui proposent désormais des formats courts et des règles simples, voire même des versions light de leurs jeux (The City / RFTG, L’Ile Interdite / Pandémie, Mundus Novus / Mare Nostrum, etc), pour satisfaire une clientèle consommatrice et superficielle. Superficielle dans le fait de rester à la surface du jeu.

Après deux de nos récentes critiques, Tournay et Innovation, nous soulignons le fait qu’il est important d’y jouer, d’y rejouer et d’y rejouer encore pour en retirer un véritable plaisir ludique. Les premières parties de ces deux jeux sont touffues, les mécanismes / cartes / pictogrammes freinent et crissent.

Il est pourtant évident qu’une seule partie d’un jeu ne témoignera pas de sa juste valeur. Ce n’est seulement qu’après 3-4-5-10 parties que l’on en appréciera subtilité et richesse.

Et si ce n’est pas le cas, si après une partie on en a fait le tour, c’est que le jeu ne jouit pas d’une grande durée de vie et ne représente au final aucun intérêt. Acheter un jeu 20-40 euros et y jouer 1-2 fois paraît crétin. Et cher.

Quand un jeu n’est pas fluide, il faut savoir pourquoi: problèmes de règles? Longueur? Ou juste richesse intrinsèque?

Il faut en effet lutter contre son hyperactivité ludique, son ADD anglo-saxon, Attention Deficient Disorder pour défaut d’attention. Rien de tel que rejouer pour mieux comprendre les règles et enfin rentrer dans un jeu & un thème.

Si un jeu me « résiste », j’en apprécie encore plus les parties suivantes pour relever le défi, comme un jeu coopératif d’ailleurs.

Serions-nous devenus des joueurs & consommateurs compulsifs, toujours en attente de l’excitation du neuf ? Dès qu’un jeu a été essayé, lapalissade, il n’offre en effet plus rien de neuf; l’excitation diminue, il faut passer à autre chose.

Bref, si un jeu n’offre pas de révélation flagrante, qu’il faut faire plusieurs parties pour en apprécier stratégies et finesses, il faut à tout prix éviter le « play & pass ». Se faire violence pour ne pas passer à autre chose, et rejouer pour apprécier.

Quand l’offre ludique était plus ténue, comme dans les années 80 et 90, on restait alors plus facilement sur un jeu pendant plusieurs mois (j’ai dû faire 15 millions de parties des Colons de Catane à sa sortie). Avec 1’400 jeux en 2011, ce n’est toutefois pas de loin facile.

Vous en pensez quoi ? Il vous arrive de jouer et rejouer et rejouer à un jeu? Lequel?

32 Comments

  1. J’essaie aussi de lutter contre cette tendance… Aujourd’hui, je n’ai plus aucun problème à faire l’impasse sur un jeu /a priori/ prometteur… Je n’ai pas joué à Vasco de Gama, Vinhos, Le Havre, De Vulgari Eloquentia, préférant de loin approfondir un Dominion (environ 800 parties au compteur), Race for the Galaxy (300 parties), Funkenschlag (40 parties), etc. La première partie d’un jeu est trop souvent pénible : règles hasardeuses, premiers coups à l’aveugle, gros calculs pour compenser une intuition pas encore formée, durée de partie doublée… Pourquoi s’infliger ce calvaire alors qu’il y a encore une bonne cinquantaine de jeux dans ma ludo dont je ne me suis pas encore lassé ?

  2. Je suis entièrement d’accord. Aujourd’hui nous sommes poussés à la consommation rapide de produits toujours différents, plus évolués (franchement est-ce que ça vaut la peine de changer de mobile tous les ans alors que j’utilise le mien à 95% pour téléphoner ?).

    J’ai joué et fait jouer pour la première fois à l’adaptation française « Pas de bras … » de l’éditeur OYA. Ce jeu de cartes est basé sur des règles très simples mais sa profondeur fait qu’il nous a fallu quelques parties afin de prendre conscience de sa richesse et pour le coup nous y avons ensuite joué tout le weekend !

  3. J’ai également fait ce constat, aussi bien dans mon entourage qu’en ce qui me concerne moi-même. J’aime découvrir et faire découvrir de nouveaux jeux!
    Je pense que l’aspect « découverte » a de bons côtés, dans le sens où il reflète une certaine curiosité. C’est aussi un challenge intellectuel que de se retrouver face à un nouveau jeu et de tenter de s’y adapter rapidement.
    Mais je te rejoins également pour ce qui est de la nécessité de rejouer de nombreuses fois au même jeu pour en apprécier toute la saveur. Je me souviens avoir été plutôt déconcerté après mes premières parties d’Olympos – pour ne pas dire déçu – mais j’ai tout de même refait quelques parties et je l’apprécie véritablement.
    C’est pourquoi je mets en avant différents critères pour l’achat d’un jeu. Tout d’abord il faut qu’il ait – ou qu’il semble avoir tout au moins – une grande rejouabilité. Cela peut se sentir au travers des mécanismes employés. Ensuite, il faut selon moi que les interactions entre joueurs aient la part belle; parce qu’au final, je pense que la créativité et l’inventivité se trouvent chez les joueurs, moins dans le jeu lui-même. Enfin, je m’efforce de trouver des jeux proposant des extensions. Si elles sont bien faites, les extensions permettent dans une certaine mesure de concilier ce besoin de nouveauté, de trouver de nouveaux challenges avec celui de maîtriser un jeu et d’en découvrir la richesse.

  4. Je pense que c’est vrai pour beaucoup de jeux… mais pas pour tous… les bombes atomiques ludiques, les jeux vraiment géniaux résistent à cette analyse : le nombre de parties de Small World que j’ai fait et le nombre que je compte bien encore faire… alors que plein d’autres jeux me passent entre les mains et m’amusent une ou deux fois, mais sans que j’en tombe amoureux.

    De même, les Colons ont la vie dure et quand je veux initier des gens c’est lui que je sort ! Et d’autres jeux encore (comme Timeline) sont demandés, redemandés et re-re-demandés à corps et à cris par mes amis. Qui encore n’a fait qu’une seule partie des Loup Garous ?… Ah, et sans oublier Carcassonne…

    Je pense qu’en fait de nos jours il y a plein de très bons jeux et de bons jeux qui sortent, mais très peu de « Géniaux », et que ces derniers, même si on n’y fait pas gaffe, on y revient !

  5. J’en pense qu’il faut essayer 1830 (qui ressort chez Mayfair cette année), ça fait oublier tous les autres ^^. Mais c’est un avis très personnel, pour une critique plus constructive, il va falloir lire la suite.

    Pour avoir été totalement victime du phénomène « achat=>test=>placard » que tu décris les 3 dernières années (ma ludothèque est passée d’une vingtaine de jeux à plus de cent pendant cette période), je ne peux qu’être d’accord avec tes propos. Il faut jouer plus et acheter moins. Ca ne va pas faire plaisir aux éditeurs, mais c’est pourtant vrai.

    Du coup, je me suis forcé en 2011 à jouer à ces jeux qui prenaient la poussière dans mes étagères. J’ai acheté moins, c’était dur mais c’est possible, j’ai même presque réussi à bouder Essen. Je n’ai acheté que Tournay en nouveauté, et l’extension Asie des aventuriers du rail. Résultat la fin d’année arrive et je suis fier de moi. J’ai donné une seconde vie à mes jeux, et vraiment pris mon pied dans ces parties. Je me suis même forcé à rejouer à des jeux qui ne m’avaient pas fait bonne impression à la première partie, et c’est ainsi que j’ai pris ma claque ludique de l’été en sortant l’excellent Megawatts en plein air.

    J’ai aussi ressorti 1870 parce que j’aime quand ça dure longtemps (+ de 10h de partie), Nicht Die bohne dans les petits jeux bien crapuleux, les aventuriers du rail (je joue exclusivement à 2/3 joueurs). Puis dans le désordre : Dominion, Maharaja, Blokus, Blokus Trigon, Agricola, les Princes de Florence, Bison, Taluva et Race For the Galaxy. Tous ceux là, c’est bon, je peux dire qu’ils ont été des achats rentables puisque sortis plus de 2 fois en 2011.

    Mais j’ai encore une longue route à faire avant de « rentabiliser » toute ma ludothèque en heures de jeu. J’espère bien l’entamer un grand coup en 2012.

    Du coup voilà, jouer plus c’est possible et c’est d’autant plus facile quand on achète moins, parce qu’on perd moins de temps à lire les règles ou à clarifier certains points.

    Et vous à quel jeu avez-vous « rejoué » avec plaisir cette année ?

  6. Je constate cette tendance de mon côté aussi, depuis plusieurs années. Et évidemment je me suis aussi interrogé à ce sujet.

    Si l’explosion du nombre de nouveautés est une des composantes de ce mouvement, il y a aussi la volonté pour une certaine frange des joueurs passionnés de pouvoir faire partie des premiers à « donner leur avis » sur ces nouveautés, au travers des sites communautaires (Tric Trac, Boardgamegeek, réseaux sociaux..).

    Ces joueurs ne se comportent plus vraiment en joueurs, mais en pseudo-critiques, voir même en censeurs. Parmi eux, certains possèdent le recul nécessaire pour pouvoir appréhender correctement une règle en une seule lecture, et avoir un avis éclairé après une seule partie.

    Mais ils ne constituent malheureusement pas la majorité. Et il est détestable de voir des jeux limite assassinés au travers des premiers avis par des personnes ayant tout simplement joué faux en ayant mal compris la règle.

    Je pourrai être indifférent à tout ça si cela n’avait pas un effet important sur la durée de vie des jeux:
    > d’une part il y a tellement de nouveautés, que les boutiques n’arrivent plus à suivre, ni à tout jouer. Elles font donc souvent des choix d’approvisionner ou pas tel ou tel jeu juste sur la base des premiers avis. Une volée d’avis pas suffisamment positifs pouvant alors avoir un effet désastreux.
    > d’autre part, la diffusion de notre passion se fait au travers d’un mécanisme de contamination virale. C’est à dire qu’il faut qu’un jeu soit joué, rejoué, et re re joué pour qu’il ait une chance de convaincre de nouveaux adeptes. et ainsi être acheté à nouveau pour contaminer un nouveau cercle et ainsi de suite.. Des jeux joués une seule fois et remisés sur les étagères ne contribuent pas à cet ensemencement.

    En tant qu’auteur, que puis je faire face à ce phénomène que je déplore, mais qu’il serait vain de vouloir combattre. (je pense en effet que ce comportement est aussi un reflet de la superficialité de notre société).

    D’une part, j’assure une présence quasi quotidienne sur les médias internet suscités, afin de répondre aux questions de règles qui se posent sur mes jeux, et de montrer autant que faire se peut comment tirer la quintessence des mécanismes utilisés.

    D’autre part, dès la rédaction de la règle, j’essaie de montrer au travers d’exemples des moyens astucieux d’utiliser ces éléments de règles.

    Bref, un côté « pédagogique » en quelque sorte.
    En espérant que la première partie donne un goût de reviens-y suffisant pour amorcer le mécanisme de diffusion virale. Car quand on met autant de passion dans nos créations, il est évidement très frustrant de voir la durée de vie de ces créations fondre comme neige au soleil.

  7. Je teste pas mal de jeux, mais je sors 1 à 2 jeux par mois pour y jouer au moins 2/3 soirs alternativement par semaine. Si le jeu n’est pas trop long, il peut arriver qu’on fasse 2/3 parties dans la même soirée. Le dernier jeu pour lequel on a refait 2/3 parties dans la même soirée c’est Wiraqocha. Il y a également King of Tokyo mais on n’est plus dans le même genre de jeux 😀

  8. Bouh Bruno m’a filé le bourdon…

    Bon du coup je ne vais pas être que d’accord…
    D’abord si le phénomène est indubitable, il n’est, à mon sens, pas général c’est même plutôt marginal…

    Ceux qui participent aux soirées jeux, ludothèque asso salon etc (les curieux, je les aime bien, vive eux !) sont là pour tester plein de choses et voir s’ils les achèteront plus tard…
    Eux ne compte pas dans ce phénomène : ils participent à un speed dating !

    Cela ne concerne qu’une frange de la population ludique, celle qui achète beaucoup (trop pour avoir le temps de rejouer) et qui est active sur le web (pas que les meilleurs)…
    Alors oui : on ne voit qu’eux partout, ils gesticulent, font de grands mouvements des bras en criant « moi, moi, moi, je, je, je »…

    Mais quelle valeur a vraiment leur avis ? Ils ont généralement des goûts très précis, ils aiment certains types de jeux et donnent des avis définitifs du genre « c’est nul » sur des jeux qui par définition ne peuvent pas leur plaire !
    Exemple : Ronald 28 ans célibataire fan de « Trône de fer » et « Magique » : « nan moi j’dis Jungle truc c’est naze, y a même pas de nain dedans… »

    Comparons avec ce qui est comparable : les jeux vidéo tiens au hasard !
    Des millions de joueurs qui ne se privent pas pour donner leur avis (avis indéchiffrables en langage SMS mais avis quand même)
    Que font les vrais avertis ? Ben ils donnent des avis éclairés pour ce distinguer, (ben ouais on vaut mieux que ça !) avec comparaison, opinion, contre argument etc…
    C’est mieux pour ce faire une idée quand on ne connait pas le jeu !

    Alors est ce un phénomène général ? non je ne crois pas !
    L’immense majorité des gens n’achète pas plus de 3 jeux par an (un à noël et un à chaque anniversaire)…
    Le Marché du jeu de société a une marge de développement énorme, pour preuve les gens (le commun des mortels j’entends) ne connaissent encore que Monopoltruc et scrubble !
    Ces gens ne vont pas sur internet chercher un avis sur des jeux qu’ils ne connaissent pas et ne vont que rarement en boutique spé, ils ne veulent pas une nouveauté géniale, ils veulent un UNO…

    Qu’est ce qu’il nous manque donc à nous autres dans le jeu de société ?
    Ben que tout le monde donne son avis pardi ! Pour noyer les imbéciles (et les jeux qui déplaisent aussi oui bien sûr) !
    Et puis que ceux qui le donnaient déjà (leur avis) argumentent un peu plus !
    Nan parce que c’est bien gentil mais moi mes parents ils m’ont appris qu’on ne devait pas dire « c’est dégeu… » mais « non merci, je n’aime pas ! » !
    Sinon on va tout droit vers une uniformisation de l’offre, ciblant un type de joueurs particulier, car les éditeurs n’aurons pas le choix que de faire des jeux pour ceux qui les commentent !

    Il faudrait que sur les quelques forum libre les médiateurs fassent un boulot plus radical…
    Il faudrait que les pseudo médias spécialisés fassent un vrai travail de journalisme : et pas seulement décrire le jeu en reprenant le texte de l’éditeur.
    Il faudrait surtout plus de médias sérieux, mais bon là je demande la lune !

    Ce phénomène n’est donc, pour moi, qu’une réaction au flot de sorties !
    On a serré le frein trop longtemps, la pression est forte, mais le débits va se calmer, je pense !
    Si le marché se développe, les médias qui lui seront consacrés se développeront aussi : en quantité et qualité !
    Je donne 5 ans au jeu de société pour devenir un produit culturel à part entière (le 11ème art ? Je ne sais plus où on en est…) !

  9. Les éditeurs doivent mettre une sorte de cocaine volatile et incolore sur les plaques à depuncher…

    Sérieusement, heureusement que le budget / l’espace de rangement / une relation conjugale limitent mes achats. Je n’ai pas plus d’une vingtaine de jeux. Je n’ai que ceux que j’ai préféré au niveau mécanisme / thème sans doublon (un seul d’enchère, un de placement d’ouvrier, un de deckbuilding, etc) et qui correspondent à mes « cercles » de jeux (enfant / famille / gros joueurs).

    Je suis dans une asso, et là, effectivement, difficile de jouer à autre chose qu’une nouveauté amenée par ceux qui suivent le rythme des sorties.
    Parfois, il arrive qu’un groupe se forme tout de même autour un joueur qui propose une « vieillerie ». Cela permet de découvrir une perle trop vite oubliée.
    Parfois, un jeu va s’imposer pendant plusieurs semaines de suite car deux ou trois joueurs s’y accrochent.
    Pour ma part, si un jeu me plait, je n’hésite pas à le proposer et le reproposer un peu plus tard…

  10. En dehors du fait que certains commentaires m’ont doucement fait rire (dans le genre faite ce que je dis mais moi j’m’en fous je fais le contraire), on ne peut être que d’accord avec ce phénomène où malheureusement les gens sont dans l’immédiateté et plus dans la durée. Mais je pense que c’est une tendance de notre société, pas seulement du jeu.

    Concernant la ritournelle d’il y a trop de sortie donc on est obligé de zapper, je suis déjà intervenue sur le sujet à mainte reprise. certes il y a plus de sortie, mais il y a aussi plus de joueurs, plus de structures, plus de sites d’information, plus de… et donc au final tout cela s’équilibre. Mais, plus important encore, personne à ma connaissance n’a dit que tout le monde doit forcément acheter tous les jeux qui sortent. Donc cet argument d’il y a trop de sortie… hein. Alors pourquoi ce besoin de vouloir absolument tout acheter, pour au final ne jouer qu’une fois à un jeu voir pire ne même pas y jouer du tout.

    Je pense qu’un des gros problèmes aujourd’hui, et pas forcément que dans le monde du jeu qui n’est qu’un reflet de notre société, c’est que plus tu as de moyen de t’informer, de tester,… et moins tu t’en sers. Ca peut paraître paradoxal mais c’est tellement vrai. Les gens ne sont plus capable de faire l’effort de s’informer, préférant payer, quitte à payer pour rien. D’où certes frénesie. Et avec Internet c’est devenu tellement facile d’acheter que pourquoi faire l’effort de s’informer, qui est pourtant tout autant facile. Non je préfére suivre l’avis de tout le monde, de succomber au sirène du buzz, plutôt que de voir par moi-même si ce jeu vaut le coup ou non, si ce jeu est fait pour moi ou non, si ce jeu va au final me plaîre ou non. Au final, on achète des jeux, on y joue une fois mais bof…

    Beaucoup de gens avec qui j’ai discuté à Essen, m’ont dit qu’ils ne savaient pas quoi acheté, qu’ils ne savaient pas ce qui était bien ou pas, si bien que soit il achetaient plein de truc sans savoir, soit acheté des valeurs connues parce que tout le monde dit que c’est bien et passaient allégrement à côté de chose qui leur aurait pourtant plu. Combien de personne ont pris le temps de voir ce qui sortait pour Essen, on pris le temps de lire les règles disponibles, les commentaires ici ou là sur tel ou tel jeu,… étaient capable avant même d’aller à Essen de ce dire, voilà je sais déjà ce que je vais acheter car je sais que ces jeux là sont bien et qu’ils me plairont ?

    Faire cet effort intellectuel de s’informer avant est devenu pour beaucoup, un effort trop compliqué et on retrouve cette même logique en ce qui concerne la lecture des règles, l’apprentissage d’un jeu. S’il n’y a pas quelqu’un pour m’expliquer le jeu, si je ne comprends tout tout de suite, alors je zappe et je passe à autre chose. Voire pire, je critique le jeu car si je n’ai pas compris ce n’est pas parce que je n’ai pas fait l’effort de comprendre et d’apprendre, mais c’est forcément parce que le jeu est buggé, parce que le jeu à un défaut, parce que le jeu est mauvais. C’est si simple et tellement plus pratique, moins fatiguant… et rassurant pour soi-même.

    Et enfin qui a dit qu’il fallait jouer tout de suite la maintenant au jeu que l’on vient d’acheter. Et d’ailleurs pourquoi ? Est ce que le jeu en sera meilleur ? Est ce que dans une semaine, un mois, un an, le jeu deviendra moins bon ?

    Moi j’ai dans ma ludo des jeux auxquels je n’ai pas encore joué, oui je ne m’en cache pas et, pire, je n’ai même pas honte. Des jeux que j’ai acheté il y a un an, deux ans, voir plus. C’est jeu je les acheté parce que j’avais l’opportunité de le faire, parce que ceux-ci seraient par la suite surement, peut être, introuvable, parce que j’avais envie tout simplement de les acheter. Mais ces jeux je les ai choisi après lecture de leur règle, après consultation de leur fiche, après avoir lu des avis et commentaires dessus, et je sais déjà plus ou moins à quoi m’attendre. Et ce qui est le principal, je sais que j’y jouerai un jour, demain, après demain dans un an, ou plus… là n’est pas le problème, car je sais pourquoi j’ai choisi ce jeu… parce que ils vont me plaîre et parce que j’aurai du plaisir à y jouer un jour et y rejouer surtout.

  11. Compliqué de répondre: déjà quelle est la norme? qu’avons-nous là comme joueurs?, et dans quel but testent-ils les nouveaux jeux…
    moi je profite de soirées ludiques pour découvrir, et même des jeux qui ne me donnaient pas envie, mais suis souvent heureux de trouver de nouveaux mécanismes et idées!

    Pour ce qui est de mon cercle de joueurs, l’équilibre s’est installé de façon tout à fait équilibrer entre nouveautés et rejouer encore et encore…
    je pense qu’après 10 années de flamme ludique chez n’importe quel joueur, il va y avoir un moment ou ça va se calmer…
    (Pour espérons-le ne pas s’éteindre)

    Donc, moi je trouve justement judicieux d’avoir des lieux d’essayage et de découverte pour justement se faire déjà une 1ère idée, pour consommer de façon juste à ce qui nous convient
    (perso, une partie me donne un avis 90% définitif, la encore dépendra de la faculté analytique et l’expérience du joueur)

    Conclusion: soyons à l’écoute et partageons nos parties et nos avis et que l’univers se fasse!

    Mon top petit jeux: Trans America, Roll through the Ages, Dixit, Coyote, Diamant
    Les gros jeux : Age of Industry, Caylus, Le Havre, Dominion, Cuba, Goa,

  12. BioCore a dit: Les gros jeux : Age of Industry, Caylus, Le Havre, Dominion, Cuba, Goa,

    C’est marrant de voir ce genre de top. Le plus jeune de ces jeux à… 3 ans. Est ce à dire que depuis 3 ans rien de t’a fait vibrer au point d’entrer dans ton top…

    C’est d’ailleurs étonnant, mais pas que pour toi, de voir que Caylus apparaît encore et toujours dans une gande majorité de top de joueur. Pourtant depuis sa sortie, des jeux de placement d’ouvrier y’en a eu. Sont-ils tous plus mauvais que Caylus ?

    Bon j’ai pris toi comme exemple parce que tu tombais sous la main hein… y’a rien de personnel. Et je n’ai rien contre Caylus non plus, que je considère comme un bon jeu (d’ailleurs il fait partie de ma ludo).

  13. Alors plutôt d’accord avec ce constat également, que ce soit dans le monde du jeu et le parallèle qui est fait avec notre société de consommation.

    Je suis moi-même un gros acheteur de jeux, parce que c’est une passion, parce j’aime la variété de sensations que le jeu de société provoque quand on y joue (selon son type : rire, réflexion, mémoire, amusement, stratégie, vengeance, imaginaire, interaction…), parce que je prends plaisir à jouer avec des amis et que je les « utilise » dans le cadre de formation BAFA et en colonies de vacances,… bref, parce que j’aime ça.
    J’ai beaucoup de jeu dans ma ludothèque, j’aime de nombreux styles de jeu et je me trompe rarement sur ce que j’achète car je me renseigne avant (sur TricTrac, en lisant les règles, en voyant si le thème me correspond,…).
    Je n’ai pas le temps de jouer à tout et souvent, la nouveauté a tendance à primer sur les jeux les plus anciens, ce qui ne m’empêche pas pour autant de prendre plaisir à ressortir ces jeux plus anciens.

    Pour autant, je ne suis pas un « testeur » de jeu, mais un joueur. Je ne donne pas mon avis sur les jeux que je possède car je considère que je n’ai pas la légitimité pour le faire et que mon avis n’est que subjectif et basé sur un ressenti (qui va dépendre du contexte, des joueurs présents, de mon état de fatigue, d’une lecture et d’une compréhension correcte des règles,…).
    Je ne me permettrais pas par exemple de descendre un jeu sous prétexte qu’il ne me plaît pas.

    1. Je suis pas certain qu’il y ait vraiment besoin d’avoir une légitimité pour donner son avis sur un jeu. Sur internet, certains cherchent à s’informer, ils recherchent des avis, d’autres ont besoin de s’exprimer, ils rédigent ces avis. Trictrac, Jedisjeux et BoardGameGeek facilitent la rencontre entre ces passionnés, et si certains de ces « testeurs » ont une estime d’eux-mêmes démesurée, je pense que la majorité cherche juste à donner son ressenti sur un jeu pour garder une trace, pour se souvenir qu’ils avaient aimé tel jeu, et ce qui leur avait déplu.

      Parce que quand on joue à beaucoup de nouveautés, il n’est pas évident de se souvenir de chaque jeu. Il m’est arrivé de relire mes propres avis avant de faire une seconde partie d’un jeu 2 ans après. Certaines fois j’ai laissé la boite au placard, d’autres fois j’ai donné sa chance au produit et modifié mon avis, c’est ce qui s’est passé sur Megawatts notamment. J’avais pas apprécié ma première partie et à force de lire les avis sur internet, j’ai décidé de le ressortir. Je me suis replongé dans les règles, j’ai réuni une table de jeu et on a fait une super partie.

      Il faut pas oublier que tout le monde ne cherche pas la notoriété absolue, il n’y a pas de diplôme en rédaction de tests de jeu, chacun écrit ce qu’il veut, tout le monde peut s’exprimer. Reste à savoir si vous avez besoin de le faire ou pas.

      Alors c’est sûr, certains avis peuvent détruire un jeu. Il m’est arrivé d’écrire un avis négatif qui a pu avoir un effet néfaste sur un jeu. A vrai dire, je n’en sais rien, je ne compte pas le nombre de lectures de chaque article que j’écris. Je le fais avant tout pour moi, pour me souvenir de ce que j’ai pensé d’un jeu, si ça aide d’autres personnes à trouver leur bonheur ou à éviter un jeu bancal, tant mieux. Je serai ravi d’avoir aidé quelqu’un à choisir un cadeau d’anniversaire ou une sortie d’Essen parmi le millier qui est sorti cette année.

      Mais je ne m’autocensure pas quand je donne mon avis. Je me dis que c’est au lecteur de se faire son propre ressenti à partir de ce qu’il lit. Celui qui ne va qu’occasionnellement sur le net n’aura pas cette vision, mais ceux qui passent quelques heures par semaine sur les forums et les sites de jeu finissent par connaître les testeurs.

      Par exemple : Je sais, par expérience, que j’ai des goûts très différents du Docteur Mops (Trictrac) en matière de jeux de société, j’y fais attention quand je lis ses avis. C’est à chacun de faire la part des choses s’il ne veut pas acheter n’importe quoi. Que ça ne vous empêche pas d’écrire si vous en avez envie, les communautés fondées sur internet n’attendent que ça, et n’attendront pas que vous soyez Docteur S. Jeux de Société pour lire vos avis. Tout ce qu’elles veulent c’est que vous écriviez en français (et encore).

      Lancez-vous !

      1. Le 22 novembre 2011 à 13 01 53 115311, kevetoile a dit :
        « Alors c’est sûr, certains avis peuvent détruire un jeu. Il m’est arrivé d’écrire un avis négatif qui a pu avoir un effet néfaste sur un jeu. A vrai dire, je n’en sais rien, je ne compte pas le nombre de lectures de chaque article que j’écris. Je le fais avant tout pour moi, pour me souvenir de ce que j’ai pensé d’un jeu, si ça aide d’autres personnes à trouver leur bonheur ou à éviter un jeu bancal, tant mieux. Je serai ravi d’avoir aidé quelqu’un à choisir un cadeau d’anniversaire ou une sortie d’Essen parmi le millier qui est sorti cette année. »

        C’est justement là ou pour moi il y a problème quand on donne son avis en proférant des vérités soit dit absolu sur un jeu choisi à la va vite, et qu’on a joué une fois… Et malheureusement c’est bien trop souvent la cas pour pouvoir se faire une réelle idée d’un jeu. Dire qu’un jeu est bancal, buggé après une seule partie, sans même essayer de ce remettre en cause (du genre, peut être que j’ai pas compris quelques chose, peut être que j’ai mal lu la règle, peut être tout simplement que j’ai mal joué parce que je découvre le jeu,…) ça apporte quoi aux autres ? Ca donne quelle vision ? quel est l’intérêt ? si ce n’est la recherche de la notoriété et ce d’autant plus quand c’est fait au nom d’une rédaction. Quel est ta légitimité ?

        Encore une fois on est dans la différenciation du je n’aime pas / c’est pas bon de notre enfance. Non ce n’est pas parce que je n’aime pas un jeu que ce jeu est forcément pas bon. Ce n’est pas parce que je n’ai pas tout compris au jeu que le jeu est forcément buggé. Ce n’est pas parce que moi j’aurai préféré joué de telle façon que la façon dont le jeu se joue est mauvaise et doit être changé.

        Entre donner son ressenti personnel et assener des vérités absolues il y a une grosse différence qui tient pour beaucoup dans le vocabulaire utilisé, les mots employés. Etre critique c’est comme le reste, ça s’apprend et ça doit être fait avec responsabilité. Ce n’est pas malheureusement pas donné à tout le monde…

        1. J’ai pas envie de refaire le match une fois de plus Alain, je ne vois plus l’intérêt de discuter avec toi.
          Bien cordialement, Kévin.

          Pour les autres, Alain m’en veut pour ce que j’ai écrit ailleurs sur le jeu Régents, qu’il édite. J’ai bien compris son message, et je ne souhaite plus revenir dessus aujourd’hui.

          Mais ce n’est pas ça l’important, l’important c’est d’écrire si vous en avez envie, peu importe si ça ne fait pas plaisir à certains. De toutes façons, il y aura toujours des mécontents pour critiquer votre labeur. Il vous arrivera de critiquer défavorablement un jeu, et d’autres critiqueront votre avis, c’est comme ça, faut pas s’arrêter pour autant.

          Et j’ajouterai aussi que le plus important finalement, c’est de jouer aux jeux qui vous font envie, qu’ils soient nouveaux ou anciens.
          En résumé : achetez, testez, critiquez si vous voulez, mais surtout pensez à jouer !

  14. Kevin je ne reviens pas sur ce que tu as écris. Tu sais ce que j’en pense et je pense que les gens seront assez grand pour ce faire leur propre opinion sur le fait que l’on puisse après une seule partie, dire, concernant un jeu comme Regents, qu’il a un gros défaut, surtout quand on voit le défaut pointé. Maintenant quand on écrit quelques choses, et là je parles de tes post au dessus, on essaye de faire en sorte que ses actes coïncide avec son discours. Je ne faisais que pointer cette différence surtout quand ce discours vient d’une personne agissant au nom d’une rédaction.

    Comme je te l’ai déjà dit et répété (et encore une fois aujourd’hui sur FB en mettant en avant, positivement, un avis négatif sur Vanuatu), je ne suis pas contre les avis négatifs à partir du moment où ceux-ci sont argumentés et respecteux du jeu, de l’auteur et de l’éditeur, comme à d’ailleurs si bien su le faire cette américaine sur BGG. Là oui c’est constructif et ça sert aux autres joueurs.

    http://www.boardgamegeek.com/thread/727439/a-frustrating-session-with-vanuatu-learning-game

    Assener des vérités comme tu le fais après une seule partie, sans argument construit, désolé ça ne sert à rien pour les autres joueurs. D’où ma question de l’intérêt final de la chose. Ce genre de pratique concours malheureusement à cet état de fait de l’immédiateté car, et c’est paradoxale, alors qu’il y a plus de vecteur d’information disponible; il y a moins d’information réellement exploitable par les joueurs pour ce faire une idée d’un jeu. Et cette déviance ce retrouve dans de nombreux sites qui soit disant font de la critique (JeDisJeux mais aussi JSP ou les avis sur TT qui sont souvent du tout et du m’importe quoi). Reste quelques blogs qui effectivement vont être utile car ces personnes prennent le temps de jouer, d’analyser et de faire un compte-rendu de joueur donc de ressenti (bon y’en a aussi des mauvais hein, on est d’accord). Et je tiens ce discours sur les avis négatifs mais je tiens le même sur les avis positifs. Un avis qui se contente de dire « ce jeu est super !! » n’apporte rien et quand on est noyé par ce genre d’avis ben on a plus trop envie d’aller les lire. En ce qui me concerne, cela fait longtemps que j’ai arrêté de lire les avis sur TT préférant de loin, soit aller sur le forum, car plus ouvert et donc forcément plus argumenté, soit aller sur BGG moins enclain à ce genre d’avis.

    Donc amis aviseurs, si vous voulez donner votre avis fait le, mais fait le de façon à ce que celui-ci, qu’il soit bon ou mauvais, serve la communauté en étant constructif et argumenté. car sinon cela ne sert à rien si ce n’est à ce faire plaisir et à flatter son ego. Et puis rappelez vous ce que disaient vos parents quand vous étiez petit… « On ne dit pas c’est mauvais, on dit je n’aime pas ». Ca fait toute la différence et ça vous permettra de rester crédible.

  15. Réponse à EPRON Alain : c’est clair! 😉 Je suis en partie dac avec toi, je pense que c’est souvent une question de temps à disposition, d’envie et de motivation!

    Si nous avions des vidéo brèves pour expliquer le jeu, des mémos super bien faits, et beaucoup de temps et d’énergie je suis convaincu que ça serait très différent!

    Il est quand même plus facile de jouer un jeu vite expliqué, logique et au matériel et thème bien fini!

    La question est compliquée, je trouve qu’il y a plein de trucs chouettes qui sortent, mais trop souvent pas aboutis (faut arrêter de nous prendre pour des Beta testeurs)

    Pour ce qui est des jeux 2011 j’ai quand même joué plus souvent à des jeux sortis en « 2010-2011 » qu’à mes vieux jeux ;( (Gloire de Rome, Troyes, Olympos) mais heureusement que la nostalgie nous avive avec les années et nous fasse nous accrocher et des coups de foudre 😉

  16. Wow que de commentaires !

    Pour ma part je trouve magnifique le phénomène d’ouverture au grand public des jeux de société.
    J’ai remarqué que les soirées jeux organisés par diverses associations depuis 5-10 ans ont beaucoup contribuées au désenclave « coregamer » des jeux de société disons nouvelle génération.

    C’est vrai, rien de plus cool que d’aller à une soirée jeux ou il facile de trouver des joueurs (pas besoin d’embêter mamy ou d’essayer de décoller vos potes de devant l’ultime match de la saison) les jeux sont à dispositions gratuitement, de gentils animateurs geek/tee-shirt Lafraise vous aident à choisir un jeu selon vos envies et vous explique les règles 🙂 Le bonheur !

    Donc réflexe naturel, PAF, le nouveau joueur lambda court au magasin (en ligne ou pas) le plus proche et acheter de superbes jeux qui vont dormir dans son armoire.
    Car finalement il est assez rude, voir chiant, d’organiser des soirées jeux avec des amis non-joueurs ou simplement de trouver une soirée libre pour jouer (perso j’essaie d’organiser une partie des demeures de l’épouvante depuis 2 mois.) Et puis en plus ce superbe jeu que vous aviez adoré il y a quelques mois à totalement été écrasé par une nouveauté tellement plus sexy …

    Bref ce phénomène est très contemporain, il existe dans de nombreux loisirs liés à la création, le cinéma la musique, le théâtre…

    L’effet pervers; mis à part le faite de se ruiner et de remplir vos armoires de boardgames trop vite acheté; c’est d’honnir un jeu après une simple partie…
    Ca revient à dire que Lost Highway ou The tree of life sont de mauvais films, juste parce que l’on a rien compris ou que l’on préfère les Action Movies (coucou JCDV.) Il y a une nuance entre ne pas aimer un jeu et un mauvais jeu ! Problème de recul évident de nombreux testeurs/critiques…

    Bref mon conseil essayez les nouveaux jeux aux soirées organisées à cet effet, n’achetez pas plus de 2 à 3 jeux par an (2 à 3 par semaine pour GUS) et jouer aux vieux classiques de plus de 6 mois à la maison !!

  17. « Car finalement il est assez rude, voir chiant, d’organiser des soirées jeux avec des amis non-joueurs ou simplement de trouver une soirée libre pour jouer (perso j’essaie d’organiser une partie des demeures de l’épouvante depuis 2 mois.)  »

    Dans l’association où je suis on a pas trop se problème car l’association n’achète pas de jeu. Ce sont mes adhérents qui ramène les leurs, enfin, une poignée d’adhérent, parce que certains vivent au dépend des autres à ce niveau-là. Mais bon c’est pas trop grave car ça nous permet, à nous fournisseur de jeu, de choisir à quoi on veut jouer sachant qu’il y aura toujours du monde pour jouer. Donc si on envie de ressortir une vieillerie cela ne pose généralement pas de problème. Et puis ce qui est bien c’est qu’on a plusieurs styles (ameritrash pour l’un, eurogame pour d’autres, family game pour d’autres encores et même party game pour certains) donc pas mal de jeu au final qui tournent tous les vendredis soir…

  18. Alain,

    Tu parles de jouer avec des passionés qui se regroupent en assoc, le concept est d’ailleurs très sympa. La situation dont je parles c’est juste l’inverse… Essayer de faire jouer des gens qui ne sont pas des « Game Geek ». Car avec les potes du cours de Théâtre/Rugby club (choisisser l’option adéquate en présent sur Enter) il est toujours possible de sortir un Time’s Up, Loup Garou ou même les aventuriers du rail certains grand soirs. Mais ton BattleStar Galactica restera bien au chaud sous sa poussière, empilé sur Imperial 2030 et Res Publica Romana.

    La boulimie ludique vis à vis des plateaux est frustante car finalement Mr Tout-le-monde ne peux pas jouer si souvent que ça… J’ai l’exemple, un peu êxtreme, d’une amie qui a remplit ses armoires suite à quelques soirées jeux. Et bin PAF samedi dernier au Bar à Jeux, entre 2 bouchées de crumble aux pomme la demoiselle nous balance « c’est chouette ça fait presque 1 an que je n’avais pas jouer ». Elle a pourtant propriétaire de presque tout les hits 2008-2010…

  19. @Didi, C’est vrai que l’on a méchamment tendance à négliger ce facteur, tu fais bien de le soulever.
    Acheter des jeux, oui, mais pour y jouer quand ? Et surtout, avec qui ?

    Bon, c’est pas tout ça, je vais vite aller percer des préservatifs et remplacer des pilules par des tictac. Comme ça, dans 10-12ans, j’aurai un bon groupe de joueurs toujours dispo.

    1. @Gus : Y’a une date de péremption sur les jeux ? Une date limite de consommation ? non.
      Moi j’achète des jeux pour y jouer. La question du quand ne se pose même pas, ni celle avec qui. Je ne connais pas le futur, je ne peux donc pas dire si demain j’aurais les mêmes fréquentations. J’achète un jeu parce qu’il me plaît pas pour le consommer tout de suite maintenant avec les personnes que je fréquente actuellement.

      1. @Alain, j’aimerais partager ta patience et dévouement. Quand j’achète un jeu, j’ai rapidement envie d’y jouer. Ne pas le faire me dérange, je n’apprécie pas trop amasser « pour rien » et attendre le bon moment. Ce qui est malheureusement trop souvent le cas je dois l’avouer. Et tu ne pourras que confirmer après avoir vu ma salle de jeux.

        Mais il y une date de péremption sur les moyens de contraception, donc j’ai bon espoir de trouver de nouveaux joueurs dans quelques années.

        Blague à part, le Bar à Jeux, par exemple, est un formidable outil de démonstration, test et découverte, je l’ai justement mis sur place en partant du constat que je ne jouais pas assez. Mais bon, courir toute la soirée ne me donne au final pas plus d’opportunités ludiques.

        Au final, du moment que cela démocratise le jeu de société et donne envie aux gens de faire autre chose que s’abrutir devant la télé ou pire, faire du sport, cela me convient.

  20. @Didi : Dans notre association il n’y a pas que des Geek mais on accueille tout le monde donc plein de personnes qui ne connaissait pas le jeu de société moderne ou qui en avait juste entendu parler. Il y a donc un mélange et c’est ça qui est bien aussi, car ça permet l’enrichissement des personnes. C’est aussi pourquoi, on n’hésite pas à sortir de vieux jeux pour leur faire connaître. A côté de ça, on ne se prive pas non plus entre « geek » de se faire plaisir sur des nouveautés fraîchement débarquées, ou de ce faire des soirées spéciales entre nous en dehors de l’association pour tâter du gros jeu. On a fait par exemple une journée spécial Wallace à trois avec Steam, Brass et Naissance et apogée des empire 😉 14h de pure bonheur entre gros joueurs.

  21. @Gus : Faire des enfants… Tu veux dire comme dans Agricola ?

    @Alain : Comme je le disait dans mon 1er commentaire, longue vie aux soirées jeux ! Elles sont vecteur, de socialisation et de beaucoup de FUN. Par contre pour les 14h de bonheur, WOW, je suis admiratif, car même avec du viagra je n’y suis jamais arrivé… 😉

  22. La première fois que j’ai joué à TTR j’ai dit pffffffff c’est que de la chance ce jeu. J’ai donc passé mon chemin.
    J’ai essayé de jouer un peu online et suis tombé sur le classement : heureusement!!!Je serais passé à côté d’une bombe ludique et après 10 000 parties (Je pense avoir fait le tour) j’ai pu enfin passer à un autre jeu☺

  23. Je suis dans un cas semblable à nombre d’entre vous, je souffre aussi du complexe du collectionneur mais j’ai aussi une excuse et explication : je suis game designer professionnel et par le fait, j’ai un besoin vital de consommer du jeu que ce soit table ou virtuel. Je dois réaliser une veille professionnelle sur les avancées du Game Design et les évolution. C’est évidement aussi une excellente excuse.

    Mis à part ça, je ne peux que m’aligner sur le dernier paragraphe de Mr Alain :
    « Moi j’ai dans ma ludo des jeux auxquels je n’ai pas encore joué, oui je ne m’en cache pas et, pire, je n’ai même pas honte. Des jeux que j’ai acheté il y a un an, deux ans, voir plus. C’est jeu je les acheté parce que j’avais l’opportunité de le faire, parce que ceux-ci seraient par la suite surement, peut être, introuvable, parce que j’avais envie tout simplement de les acheter. Mais ces jeux je les ai choisi après lecture de leur règle, après consultation de leur fiche, après avoir lu des avis et commentaires dessus, et je sais déjà plus ou moins à quoi m’attendre. Et ce qui est le principal, je sais que j’y jouerai un jour, demain, après demain dans un an, ou plus… là n’est pas le problème, car je sais pourquoi j’ai choisi ce jeu… parce que ils vont me plaîre et parce que j’aurai du plaisir à y jouer un jour et y rejouer surtout. »

    Je suis exactement dans le même cas. Je viens par exemple de sortir La Fureur de Dracula qui est désormais épuisé et que j’avais acheté à sa sortie (seconde édition) en sachant que ce clone amélioré de Mister X me plairait et franchement je ne regrette pas. Voyons ça un peu comme mettre une bonne bouteille de vin en garde, se léchant les babines en pensant au jour futur où on l’ouvrira. 🙂

  24. D’où la grande question : Pourquoi avoir créer de nouveaux jeux quand le Go et les Echec contiennent une source inépuisable de parties et de stratégies ?

    Simplement parce que découvrir un jeu permet egalement de travailler la souplesse de son esprit, là ou retravailler un jeu muscle sa puissance

  25. Oui, comme c’est bien exprimé !

    En effet, il est fort plaisant de rejouer à un (très bon) jeu, et il ne faut surtout pas s’en priver. Néanmoins, le « travail » intellectuel fourni lors d’une découverte ludique est fort différent, et ressemble effectivement à de la souplesse. J’en veux pour preuve le fait que je gagne chez moi presque systématiquement les parties initiales, mais me fais la plupart du temps rattraper – voire dépasser – dès la deuxième partie d’un jeu 😉

    Il est courant de nos jours de comparer le cerveau à un muscle, et ainsi peut-on l’imaginer qui croît en puissance comme en souplesse, cette dernière se développant notamment par l’adaptation à des conditions nouvelles.

    C’est d’ailleurs un critère largement recherché aujourd’hui, que l’aspect de « renouvellement » du jeu. Celui-ci recouvre à la fois la volonté de ne pas revivre toujours les mêmes parties, et l’envie de varier les conditions du jeu. Ce sont deux choses liées, mais fort différentes. La seconde me semble être dans l’air du temps. Or, quel meilleur moyen de varier les conditions de jeu, que de changer à la fois les règles et le matériel ?

    De nombreuses personnes prennent leur pied à suivre des séries télévisées ou littéraires, dont les « règles » exposées dans le livre ou l’épisode pilote n’ont plus besoin d’être assimilées au deuxième ; elles y trouvent un confort certain, et en jouissent sans entrave (si ce n’est une possible lassitude à la longue). Mais cela ne les empêche pas de lire / voir des œuvres qui ne s’inscrivent dans aucun cycle (heureusement dirais-je, car celles-ci sont – même encore de nos jours – la majorité), en découvrant pour chacune les « règles » qui lui sont propres (de nouveaux personnages, un nouveau cadre / postulat, un nouveau style), souvent avec excitation même si cela demande un petit effort. Le jeu ne fait pas exception. Pour ma part, je rejoue dès que possible aux jeux que j’aime, mais une certaine lassitude peut me gagner si j’en fais beaucoup de parties successives. Et l’idée de me frotter à un jeu que je ne connais pas (qu’il soit antique ou moderne… peu me chaut) me titille immanquablement l’encéphale.

    Tout cela rejoint une interrogation qui vous est chère sans-doute : qu’est-ce que le jeu ?
    Parmi les éléments de réponse, on trouvera je crois consensuellement la notion de liberté. Tout comme me perdre dans un lieu que je ne connais pas, oubliant tout repère, sans maison, sans ami, sans boussole (sans GPS devrais-je écrire), me fait éprouver le sentiment de liberté le plus intense qui soit, je ne me sens jamais plus ludiquement émoustillé que devant un jeu nouveau.

    Certes je pourrais me contenter d’un seul jeu, d’un seul livre, d’un seul film, d’un seul disque… en les choisissant avec le plus grand soin (le premier serait probablement le go). J’en serais capable à n’en pas douter, tant les grandes œuvres se prêtent aux multiples relectures et présentent des richesses proprement inépuisables. Mais ce serait me fermer à bien des plaisirs différents. Et il me faudrait trouver ailleurs cette liberté ludique que m’offre la découverte…

  26. Ma femme et moi avons trouvé une solution qui nous convient : on limite l’espace « jeux » à une étagère ikéa noire (celle que l’on voit chez tout le monde) de 8 cases. ça se remplit très vite ! Ce qui ne retient pas notre attention, nous le revendons ou nous l’offrons à nos amis. On garde nos classiques, ceux dont on tombe amoureux, mais aussi les coups de coeur de passage. Quant aux jeux récents dont on se débarrasse, on s’oblige toujours à en jouer 2-3 parties minimum, au cas où nous aurions raté quelque chose (ce qui arrive plus souvent qu’on ne pourrait l’imaginer!) 🙂

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