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Jeux de plateau

Into the Godsgrave : Trois ans d’attente, puis la VF annulée

🛑 Trois ans après le Kickstarter, la VF d’Into the Godsgrave est annulée. Ce que l’on sait du remboursement, des retards et des réactions.


Article écrit par :

Loïc

Into the Godsgrave : Lucky Duck vient de mettre une grosse carotte à ses backeurs français

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L’essentiel en 3 points

  • Lucky Duck annule officiellement la VF. Son équipe éditoriale française interne n’existe plus.
  • Les backers français doivent choisir entre une copie anglaise, livrée avec les autres pledges EN, et un remboursement intégral.
  • Le retrait des jeux à l’usine est prévu pour la dernière semaine d’octobre 2026 ; les expéditions finales européennes sont estimées à février 2027.

Trois ans, quarante-sept mises à jour et une promesse réaffirmée au printemps : il aura suffi d’un post Kickstarter pour faire disparaître la version française d’Into the Godsgrave.

Hier, jeudi 27 août, le couperet tombe. L’éditeur de jeux de société Lucky Duck Games a officiellement annulé la version française d’Into the Godsgrave. Les backers concernés peuvent conserver leur commande en anglais ou demander un remboursement intégral via PayPal.

Le même communiqué reconnaît que la promesse faite en mai reposait sur une équipe éditoriale française qui n’existe plus aujourd’hui après une restructuration. Et pendant ce temps, le retrait d’usine n’est plus espéré avant fin octobre, pour des livraisons européennes probablement en février 2027.

Le 27 août, le communiqué confirme le pire

La 47e mise à jour Kickstarter porte un intertitre sans détour : « The French Version of Into The Godsgrave Has Been Cancelled ». Lucky Duck Games présente ses excuses pour la déception, la frustration et la colère provoquées, en reconnaissant expressément que cette colère sera d’autant plus forte que la VF avait été garantie quelques mois auparavant.

L’éditeur reproduit d’ailleurs sa propre promesse du 27 mai : la version française devait toujours être créée parce qu’elle serait réalisée en interne par une équipe éditoriale dédiée. Dans le communiqué du 27 août, cette seconde phrase est mise en gras. Ce n’est pas un détail de mise en page. C’est l’aveu que toute la réassurance de mai reposait sur une capacité interne qui a disparu entre-temps.

Les deux options offertes aux Français sont désormais : première possibilité : conserver la commande et recevoir une copie anglaise, expédiée en même temps que les autres pledges EN. Deuxième possibilité : obtenir un remboursement intégral. En raison du temps écoulé depuis la campagne originale, Lucky Duck précise que ce remboursement devra être traité via PayPal.

Aucune conversion n’est effectuée automatiquement. Les backers doivent contacter le service client à info@luckyduckgames.com ou envoyer un message privé sur Kickstarter, communiquer leurs informations de backers et indiquer leur choix. Le communiqué ne fixe pas de date limite et ne précise pas ce qui arriverait à très long terme à une commande française laissée sans réponse ; il dit seulement que rien ne sera changé sans décision du backer.

L’équipe éditoriale française n’existe plus

Le communiqué donne la raison directe de l’annulation. Dans le cadre d’une restructuration plus large de l’entreprise, Lucky Duck Games ne dispose plus de l’équipe éditoriale française interne ni des ressources sur lesquelles reposait son engagement du mois de mai. L’éditeur écrit ne plus avoir la capacité qu’il comptait utiliser pour mener la localisation jusqu’au bout.

Le réseau de partenaires de Lucky Duck a ensuite sollicité plusieurs éditeurs français potentiels, comme il l’avait déjà fait après l’abandon de la version espagnole. Ces discussions n’ont débouché sur aucun accord. La VF n’est donc pas seulement repoussée, suspendue ou placée en attente : elle est annulée, sans solution de remplacement annoncée.

Le message signé par l’équipe française est encore plus sombre. Il confirme que Lucky Duck Games France n’a désormais plus d’équipe éditoriale en interne, qualifie l’abandon du jeu de « crève-cœur » et écrit que la version française « ne verra jamais le jour ». Le texte ajoute surtout que l’équipe ne pourra plus continuer à faire ce qu’elle aime de la même manière pour la communauté francophone.

Clairement, ce passage ressemble davantage à l’épitaphe d’un modèle éditorial qu’à la simple annulation d’une traduction. Lucky Duck demande de la patience pendant la poursuite de ses autres projets en cours et parle d’un « territoire inconnu » pour la suite.

Autrement dit, le communiqué confirme un bouleversement structurel, mais pas encore son périmètre complet. Pour nous, joueurs et joueuses francophones, la question dépasse désormais Into the Godsgrave : qui traduira, relira, mettra en page et suivra les futurs projets Lucky Duck destinés au marché français ?

Pourquoi la langue n’est pas un petit détail

Into the Godsgrave n’est pas un jeu abstrait dont les douze cartes pourraient être traduites sur un bout de nappe de coin de table. C’est un gros jeu d’aventure coopératif et hybride, dans lequel une application accompagne l’exploration, présente les ennemis, suit les quêtes et mémorise les décisions prises par le groupe.

Les joueurs et joueuses, 1 à 4, y incarnent des mercenaires dans un monde de dark fantasy où les anciens dieux ont été massacrés. Chaque personnage combine une lignée – humain, elfe, halfling et autres – avec une classe. Ce choix détermine un deck de départ, complété par des dés de compétence et amené à évoluer au fil de la campagne. Une narration fortement dépendante de l’application, en mode The Dark Quarter, leur précédent jeu.

Dans ce type de jeu, passer du français à l’anglais ne revient pas à changer la couleur des cubes. Cela modifie le public capable de suivre confortablement les textes, de comprendre les capacités, de débattre des choix et de profiter du récit. La langue est une fonctionnalité du produit.

Le communiqué d’hier énonce une information importante : le travail sur l’appli se poursuit encore en arrière-plan. Les scénars sont toujours en cours d’intégration et du contenu issu des stretch goals est injecté dans les scénarios du jeu de base, avec des menaces supplémentaires possibles dès le début de la campagne. La partie numérique n’est donc pas encore totalement figée à l’instant t.

La VF était offerte. Si si

La FAQ Kickstarter de mai 2023 ne présentait pas le français comme un stretch goal conditionnel, une intention ou un bonus soumis à un seuil minimal. Elle annonçait une campagne dispo en anglais, français et espagnol. La langue devait être choisie dans le pledge manager.

La seule réserve clairement formulée concernait le calendrier : les éditions française et espagnole devaient arriver environ trois mois après l’édition anglaise. Un pledge revendeur existait même en anglais et en français. Autrement dit, les backers francophones n’ont pas financé une VO en espérant qu’une traduction apparaisse un jour. Ils ont choisi une VF proposée officiellement.

La campagne indiquait par ailleurs que le projet était encore très tôt dans son développement. Les backers savaient qu’ils achetaient une promesse en chantier, avec du game design, de l’écriture, de l’illustration et de la sculpture encore à terminer. Accepter ce risque de développement n’équivaut pourtant pas automatiquement à accepter l’abandon, trois ans plus tard, d’une caractéristique commerciale aussi structurante que la langue.

Lucky Duck avait aussi assuré, lors de la promotion francophone du jeu, que l’application serait en français. Le sort de cette localisation numérique n’est pas établi après l’annonce du 27 août. Une boîte anglaise accompagnée d’une application française, une application uniquement anglaise ou une autre combinaison ne peuvent donc pas être affirmées aujourd’hui.$

Trois mois pour passer de « garantie » à « annulée »

L’étape décisive n’est pas seulement l’annulation espagnole. C’est la manière dont Lucky Duck avait séparé les deux situations.

Le 27 mai 2026, après le retrait du partenaire espagnol, l’éditeur explique avoir cherché un remplaçant sans succès. Les backers espagnols obtiennent alors le choix entre anglais et remboursement. Puis vient une section distincte, intitulée « French Localisation », conçue pour rassurer les Français : la VF serait bien produite, précisément parce qu’elle dépendait d’une équipe interne capable de traduire directement dans les fichiers, d’ajuster la mise en page et d’effectuer les cycles de relecture.

Cette assurance arrive après la fermeture du pledge manager. Elle ne sert plus seulement à attirer de nouveaux contributeurs : elle maintient la confiance de personnes dont les commandes sont déjà verrouillées et qui viennent de voir une autre langue disparaître.

Le 27 juillet, un mois avant le couperet, le community manager Ben Poole écrit encore être en contact avec l’équipe de localisation française et promet des informations dans la prochaine update. La prochaine update est celle qui annonce qu’il n’existe plus d’équipe éditoriale française interne.

Le communiqué du 27 août ne date pas la restructuration. Cette absence est centrale. Soit l’équipe a disparu après le 27 juillet, ce qui montre la brutalité du changement ; soit la réorganisation était déjà engagée, et les backers n’en ont pas été informés au moment où la localisation leur était encore présentée comme un dossier vivant. Dans les deux cas, la chronologie appelle une explication plus précise.

Trois ans de campagne, résumés en huit dates

La chronologie du financement d’Into the Godsgrave suffit presque à raconter l’affaire. Elle montre moins un accident isolé qu’une succession de dépendances repoussées jusqu’au moment où la structure chargée de la traduction n’existe plus.

DateCe qui se passe
30 mai-15 juin 2023Kickstarter : 343 736 € récoltés auprès de 3 703 backers. Anglais, français et espagnol annoncés. Livraison estimée à décembre 2024.
Décembre 2024Fenêtre de livraison initiale manquée. Le développement physique et numérique se poursuit en 2025.
24 mars 2026Fermeture du pledge manager. Lucky Duck annonce l’entrée dans la phase de fabrication et vise encore des livraisons européennes fin 2026.
29 avril 2026Les localisations française et espagnole sont annoncées comme devant commencer plus tard dans l’année.
27 mai 2026Version espagnole annulée. Lucky Duck garantit expressément la VF, annoncée comme prise en charge par son équipe éditoriale interne.
30 juin 2026Fichiers annoncés comme approuvés. Le tirage commun backers + retail décidé au niveau du groupe retarde le lancement industriel.
27 juillet 2026Lucky Duck dit encore être en contact avec l’équipe de localisation française et promet des nouvelles dans la prochaine update.
27 août 2026VF officiellement annulée. Restructuration et disparition de l’équipe éditoriale interne invoquées. Choix entre anglais et remboursement intégral via PayPal. Retrait d’usine désormais estimé fin octobre.

L’édition anglaise ne devrait pas arriver en Europe avant 2027

L’autre info majeure du communiqué concerne la production. Ben Poole explique avoir reçu au début du mois d’août une première estimation de retrait à l’usine, mais avoir retardé l’update en raison des changements en cours en coulisses. La nouvelle fenêtre provisoire place désormais le retrait des marchandises à la dernière semaine d’octobre 2026.

Lucky Duck espérait accompagner cette annonce d’images ou de vidéos de l’usine. L’éditeur reconnaît n’avoir encore rien reçu et promet de publier ces preuves tangibles dès qu’elles lui parviendront. Après plus de trois ans de campagne, cette absence de visuels de production ne prouve pas une absence de fabrication, mais… elle entretient forcément l’incertitude.

Pour un backer français qui choisit la copie anglaise, la fenêtre pertinente est donc celle de l’Europe : arrivée du stock entre fin janvier et début février, puis expédition finale entre mi et fin février 2027. Si cette estimation tient, la livraison interviendra environ vingt-six mois après décembre 2024, la date annoncée pendant la campagne.

Le calendrier ne concerne évidemment plus une VF, puisqu’elle n’existera pas. Il concerne les copies anglaises acceptées en remplacement. Lucky Duck précise qu’elles seront traitées en même temps que les autres pledges EN.

Un calendrier qui n’a cessé de s’alloooooooooonger

En mars 2026, Lucky Duck prévoyait encore une production d’avril à juin, un échantillon de production de masse au début de juillet, des exemplaires prêts à la fin du mois, un embarquement fin août ou début septembre, puis des livraisons européennes à partir de la fin novembre.

Le 30 juin, les copies étaient désormais espérées prêtes à expédier en septembre. L’éditeur expliquait que tous les fichiers en attente avaient été approuvés et que le retard ne venait ni de la capacité de l’usine, ni de la création, ni d’un manque de fonds. Le blocage venait, selon lui, de la coordination des quantités retail de chaque territoire.

Le 27 juillet, Lucky Duck attendait toujours les plans de production de son fabricant pour confirmer les détails logistiques et un calendrier complet. Le fameux feu vert était « presque » là. Un mois plus tard, la VF disparaît.

Il n’existe donc plus de date française fiable. La livraison de décembre 2024 est dépassée d’environ vingt mois et l’ancien décalage de trois mois par rapport à la VO n’a plus de sens pour une édition annulée.

Le retail a retardé les backers (mais sans prouver qu’il les remplaçait)

Le 30 juin, Lucky Duck révèle une décision de sa maison mère : produire dans un même tirage les exemplaires destinés aux backers et les futures copies commerciales. Sur le plan industriel, le raisonnement se comprend. Un seul print run peut réduire les coûts unitaires, simplifier certains flux et éviter de relancer l’usine trop vite.

Pour les backers, la musique est moins douce. Ils ont avancé leur argent depuis 2023, mais leur fabrication attend désormais que les volumes retail des différents territoires soient coordonnés. Lucky Duck affirme que les boutiques ne recevront le jeu que plusieurs mois après les backers et que l’édition commerciale n’inclura ni les exclusivités Kickstarter ni les stretch goals.

Cela ne démontre pas que l’éditeur aurait volontairement privilégié le retail. Cela montre toutefois un certain paradoxe : la préparation du futur marché boutique a ralenti un projet déjà très en retard, financé par des personnes qui avaient précisément payé pour le faire exister.

Goliath, la nouvelle stratégie (et l’équipe éditoriale disparue)

Lucky Duck Games a été rachetée par Goliath en 2024. Ce contexte nourrit naturellement les soupçons, mais il faut résister au scénario trop facile : aucune source officielle ne dit que Goliath a ordonné l’annulation de la VF.

Ce qu’on sait, en revanche, c’est un changement de stratégie. En avril 2026, Lucky Duck réduit certaines localisations jugées très consommatrices de ressources afin de privilégier davantage ses créations maison et les projets sur lesquels l’entreprise dispose de plus de contrôle. La VF de Cascadia: Alpine Lakes fait partie des localisations citées comme abandonnées.

Into the Godsgrave est justement un titre maison. C’est ce qui rend l’épisode particulièrement embarrassant / problématique : le recentrage devait, en théorie, donner davantage de contrôle sur le développement, le calendrier et l’exploitation des propres jeux de Lucky Duck.

La disparition de l’équipe éditoriale française n’était encore qu’un signal repéré dans la feuille de route de l’éditeur. Elle est désormais la cause officielle donnée aux backers. Le texte du 27 août confirme sans détour que l’équipe interne n’existe plus.

La question dépasse une seule boîte. Lucky Duck France s’était construit une identité en localisant de nombreux jeux exigeants pour le marché francophone. Le communiqué du 27 août annonce que cette capacité n’est plus disponible en interne. Pour une marque dont la confiance reposait largement sur son savoir-faire éditorial, le signal est immense.

Les réactions de la commu

Les premières réactions françaises sont brutales. Un backer parle d’un « ooooouch ». Deux demandent immédiatement un remboursement. L’un explique qu’un jeu narratif en anglais est simplement injouable pour lui.

Le fil CWOWD raconte cependant une histoire plus longue et plus nuancée. Dès 2023, certains joueurs et joueuses hésitaient à s’engager tant que Lucky Duck n’avait pas livré plusieurs campagnes antérieures. D’autres défendaient la solidité de la structure et restaient attachés aux localisations de l’éditeur. En 2025, le matériel presque finalisé séduisait encore, malgré les inquiétudes sur la taille de la boîte et la décote rapide de certains gros projets en retail.

Même chez nous sur Gus&Co, un lecteur disait encore au printemps 2026 avoir de grandes attentes autour d’Into the Godsgrave et accepter le retard comme un risque du crowdfunding, dans l’espoir que Lucky Duck se recentre sur ce qu’il maîtrise le mieux : ses productions hybrides.

Quatre mois plus tard, la version française de l’un de ces projets maison est annulée. C’est moins la preuve d’une colère générale que le signal d’une réserve de confiance qui se vide très vite.

Le remboursement est nécessaire. OK mais il n’efface pas trois ans de galère

Un remboursement intégral est une vraie porte de sortie. Lucky Duck ne force pas les Français à recevoir une boîte inutilisable pour eux et reconnaît explicitement la colère provoquée par son revirement.

Mais rembourser en 2026 une somme versée en 2023 ne remet pas le compteur à zéro. Le backer a immobilisé de l’argent, suivi quarante-sept (!) mises à jour, accepté des reports, parfois renoncé à d’autres achats et continué à croire au projet parce que l’éditeur lui disait que le produit finirait par arriver dans la langue choisie.

Le remboursement répare l’essentiel du dommage financier. Il ne rembourse ni l’attente, ni l’anticipation, ni la confiance accordée à une garantie répétée après la fermeture des commandes.

Le communiqué d’hier rend l’affaire à la fois plus claire et plus dure. L’annulation n’est plus une information rapportée par des backers : elle est officielle. Le remboursement n’est plus une possibilité aux contours inconnus : il est annoncé comme intégral. Et la disparition de l’équipe éditoriale française n’est plus un signal périphérique : c’est la raison donnée par Lucky Duck.

Les backers peuvent donc récupérer leur argent. Chouette ? Ils ne récupéreront pas le produit qu’on leur avait vendu, la localisation présentée comme certaine, ni les trois années pendant lesquelles leur confiance a servi de capital au projet.

À l’heure où le financement participatif demande encore aux joueurs et aux joueuses d’avancer 100, 150 ou 200 € bien avant de voir une boîte, Into the Godsgrave rappelle une règle simple : un stretch goal peut se débloquer avec de l’argent. La confiance, elle, ne se débloque qu’avec des actes. Dans le Godsgrave, les dieux étaient déjà morts. La promesse française et son équipe éditoriale viennent de les rejoindre.


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9 Comments

  • Chab

    La surprise fut de taille hier soir à la réception du mail fatidique…
    Je venais d’envoyer un mail à BackerKit ce weekend puisque mon pledge n’apparaissait plus sur mon compte. Bref, encore un beau merdier !
    Le remboursement est le minimum syndical, la confiance a totalement disparue et des questions se posent sur d’autres projets comme avec les 3 nouvelles extensions de Chronicles of Crime. Ils assurent déjà qu’il n’y aura aucun soucis…mouais, on voit qu’on peut leur faire confiance.
    Heureusement c’était mon dernier projet en attente chez eux. Cela sentait déjà pas bon depuis quelques temps. Dommage car le projet semblait top de mon côté et j’ai adoré Dark Quarter pour ma part.
    Je me demande si leur équipe française n’est pas devenue Moona Games…
    RIP 😱😤🤬 et exit Unlucky Duck !

    • Cédric CLEMENTE

      J’avais déjà quitté le bateau (le canot de sauvetage) Into The Godsgrave il y a quelque temps. Du coup, je n’ai pas eu un remboursement intégral, mais ils ont joué le jeu et m’ont remboursé rapidement sans soucis.
      La raison était surtout que la hype était passée et que je savais que je ne jouerais pas au jeu.
      Ma chérie n’aurait pas aimé le jeu et je n’ai jamais le courage de faire les jeux que j’ai en solo…
      C’est surtout la période où j’ai pris conscience que je devais me « désintoxiquer » de ma consommation excessive de financements participatifs.
      Et puis il commençait quand-même à y avoir des signes pas trop rassurants pour cette campagne.
      J’ai encore 3 projets en cours : Chronicles, La « grosse » campagne de trad de Toi Many Bones sur GamesOnTabletop et aussi 20 Strong Tanglewood (qu’il m’arrive d’oublier tellement l’attente est longue pour quelques petite boites de cartes).
      Pour Too Many Bones, l’équipe se veut rassurante dans les commentaires, mais on n’est pas à l’abris d’avoir le même type de surprise qu’ici.
      Je reste optimiste car on est dans ce cas sur de la localisation d’existant et non sur une création « maison ».
      J’ai toujours été un défenseur de Lucky Duck car j’aime (j’aimais ?) leur ligne éditoriale que ce soit en production maison ou en traduction, mais depuis le rachat par Goliath, on sent vraiment que le vent tourne.
      Typiquement, leur stand au FLIP n’a cessé de diminuer au fil des ans. Il y a 3 ou 4 ans, ils avaient un grand stand avec boutique de vente en direct et plein de jeux en avant première.
      Ça s’est dégradé petit à petit et cette année, ils partageaient l’espace avec d’autres éditeurs, avaient quelques jeux en démo (mais pas d’avant première de dingo) et surtout plus de la moitié des tables avec des « jeux Goliath »…

    • Siegfried

      Non, l’équipe éditoriale française n’est pas devenue Moona Games, une boîte créée en effet par l’ancien directeur France et directeur hobby channel (et précédemment directeur commercial) et l’ancien brand manager monde (et précédemment directeur marketing France) de Lucky Duck, mais les personnes qui s’occupaient des localisations chez les Lucky Duck n’ont pas accompagné le mouvement pour rejoindre Moona, il me semble que Moona veut se reposer uniquement sur des prestataires externes pour ses localisations (ce qui a peut-être aussi été la décision des Lucky Duck en se séparant de leur équipe éditoriale française, même si les nouvelles donneraient plutôt tort à cette stratégie).

  • Fabrou

    Ils peuvent qd meme se considérer chanceux d’être intégralement remboursé. J’aurai bien voulu la meme chose avec mythic games… oui la frustration tout ca. Ça arrive aussi sur des commandes en rupture etc.. au moins ils récupèrent leur billes. On est pas sur le meme scandale que mythic…
    C’est surtout malheureux pour l’équipe française qui faisait du bon boulot. Vous en parlez meme pas. Que deviennent ils ?
    Qd la seule perte d’un backer est le temps d’attente.. c’est pas bien grave

  • Marc

    Ayant beaucoup de leurs jeux hybride antérieur, j’avais déjà eu la mauvaise surprise de les voir passer a prix sacrifié très rapidement.
    Maintenant va se poser la question du suivi de ses même jeux 😱 d’une entreprise qui semblait solide et fiable…

  • Pikraft

    Ayant pledger beaucoup de jeux il y a quelques années. Je me dis, quand je lis ce genre d’articles (très bien écrit) je suis content d’arrêter de pledger. Beaucoup de projet voit le jour mais beaucoup aussi s’annule. Avant le prix du jeu était intéressant par rapport au prix boutique et par rapport à la quantité/qualité du jeu. Aujourd’hui l’intérêt est plus d’avoir le jeu en avance. Ce n’est presque qu’une question de FOMO. C’est malheureux pour Lucky Duck parce que j’adore vraiment leurs jeux et j’espère qu’ils retrouveront vite une ligne de traduction française parce qu’ils avaient vraiment toucher un public à part avec tous ces jeux traduits.

  • Sam D

    Je suis curieux de savoir ce que le rédacteur propose de réaliste en alternative au remboursement complet (qui coûte déjà de l’argent à la compagnie qui a payé des gens pour un travail qui ne rapportera rien) ?
    Payer plus pour le préjudice moral entraînera obligatoirement des conséquences réelles pour la compagnie et ses employés. Souhaite-t-on des licenciements pour payer notre traumatisme psychologique ?

  • Chab

    Pour SamD et Fabrou :
    Je ne critique pas le remboursement, bien au contraire. Je vous invite juste à noire mon article sur un autre crash : Eldorado Games et son Legend Academy.
    Pas de VF en version forcing alors que cela avait été acté et aucun remboursement puisque la boîte avait déjà coulée. J’avais pris la version anglaise puisque jeu non narratif (donc jouable plusieurs fois) et sans appli (donc pas d’obsolescence programmée) Petite boîte ayant fait avec les moyens du bord et qui a très très mal géré à tous les niveaux… Et bien je leur en veux même pas !
    Par contre, quand on a les reins solides au niveau financier mais qu’on décide, certainement pour une question de rendement, de cracher au visage des backeurs avec le fric desquels ils ont pû produire du retail en même temps pour le vendre rapidement…c’est quand même abusé.
    Et je pense malheureusement à l’équipe éditoriale française. Ils ont certainement eu le « choix » entre s’installer en Pologne pour continuer à bosser en anglais ou aller pointer à France travail. Goliath est une grosse structure et je ne pense pas qu’ils aient la moindre conscience à ce sujet.
    En fait je n’en veux pas à Lucky Duck, et surtout pas à Ben leur community manager qui doit gérer tout cela en étant le plus soft possible envers les déçus.
    Et petite pensée à Laureline, customer special service, qui gère les remboursements et qui a déjà pris contact.
    J’en veux à Goliath mais ils n’en n’ont rien à fo….re !
    Et cerise sur le gâteau, un mail cet aprem pour me rappeler de backer leur dernière campagne Yumegari…
    Bref du management à la con qui se fout de tout ce qu’il y a en dessous : backeurs ou employés.
    Ce n’ est que mon humble avis et il n’engage que moi.

  • Laurent Lemaitre

    Tiens… Ça me rappelle ce que j’ai vécu navec Mythic Games. Eux aussi s’étaient engagés à rembourser…
    Le crowfunding reste un pari risqué. En ce qui me concerne, le vaccin MG reste encore très efficace y compris sur mon syndrome FOMO… Mon argent n’est pas volatile et mon ascenseur émotionnel est encore en maintenance.
    Courage aux backeurs.
    J’ai aimé les productions de Lucky Games, mais leur mails sont déjà orientés vers mes spam depuis leur annonce de restreindre les localisations : pas de mails, pas de hype déçue.

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