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Jeux de plateau

Goliath se paie Lucky Duck

🦆 Goliath rachète Lucky Duck Games : un tournant pour le jeu de société français ? 🇫🇷 Découvrez les enjeux de cette acquisition !


Lucky Duck Games, pépite française du jeu de société, passe sous pavillon néerlandais

Une nouvelle vient de tomber et mérite qu’on s’y attarde : Goliath, poids lourd néerlandais du jeu familial, vient de racheter Lucky Duck Games. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est normal. Lucky Duck Games est cet éditeur français à qui l’on doit des pépites comme Chronicles of Crime et Destinies. Mais que faut-il penser de cette acquisition ?

D’un côté, on peut y voir une opportunité pour Lucky Duck Games. Intégrer un groupe comme Goliath, c’est accéder à de nouveaux moyens, de nouveaux réseaux de distribution. De quoi donner des ailes aux ambitions du studio français, direz-vous. Mais à quel prix ?

Car on est en droit de s’interroger : qu’adviendra-t-il de l’identité si particulière de Lucky Duck Games ? Le studio, connu pour ses partis pris audacieux et son goût de l’innovation, saura-t-il garder son âme dans le giron d’un géant du jeu ?

L’indépendance créative en question

Bien sûr, Goliath assure que Lucky Duck Games conservera son indépendance créative. Vincent Vergonjeanne et son équipe continueront à diriger le studio de manière autonome, nous dit-on. Mais peut-on vraiment croire à une indépendance totale quand on est adossé à un groupe de cette taille ?

On a vu, par le passé, des rachats qui ont fini par dénaturer l’identité des studios acquis. Des logiques de rentabilité qui ont pris le pas sur l’audace créative. Alors, oui, on veut croire que Lucky Duck Games échappera à ce syndrome. Mais le doute est permis.

Un pari risqué pour Goliath ?

Et que penser de la stratégie de Goliath dans tout ça ? Après le rachat de la licence Funko Games il y a quelques semaines, voilà que le géant néerlandais s’offre un nouveau fleuron du jeu de société dit « hobby ». Un virage à 180 degrés pour un groupe historiquement positionné sur le grand public.

Goliath fait le pari que les jeux de stratégie et les jeux d’ambiance pour adultes sont les deux segments d’avenir. Un pari osé, quand on sait que ces marchés restent encore des niches par rapport au jeu familial. Goliath arrivera-t-il à démocratiser ces segments sans les dénaturer ? L’avenir nous le dira.

Les grands oubliés de l’équation ?

Et nous dans tout ça, nous les joueurs et joueuses passionnées, que devons-nous penser de ce rapprochement ? Difficile à dire. D’un côté, on peut espérer que les moyens de Goliath permettront à Lucky Duck Games de produire des jeux toujours plus ambitieux. Mais de l’autre, on peut craindre une standardisation, une perte de cette patte si particulière qui fait le charme de Lucky Duck.

Car ne nous leurrons pas : au final, c’est nous, les joueurs et joueuses, qui risquons de faire les frais de ces grandes manœuvres capitalistiques. Si Lucky Duck Games venait à perdre son âme, c’est toute une partie de notre paysage ludique qui s’en trouverait appauvrie. Et franchement, je kiffe les jeux Lucky Duck ! Je serais super triste s’ils devaient devenir plus… mainstream.

Que pensez-vous du rachat de Lucky Duck Games par Goliath ?

Lucky Duck Games : Un avenir en pointillé

Alors, faut-il s’inquiéter de ce rachat ? Sans doute est-il encore trop tôt pour le dire. Goliath semble avoir compris l’importance de préserver l’indépendance créative de Lucky Duck Games. C’est un bon point. Mais les tentations de la rentabilité à tout prix sont parfois plus fortes que les bonnes intentions.

Au-delà du cas Lucky Duck Games, ce rachat pose une question plus large : où va le jeu de société ? Avec l’arrivée de grands groupes comme Goliath sur le segment « hobby », on peut craindre une forme de standardisation. Une perte de diversité au profit de logiques purement commerciales.

Mais on peut aussi y voir une opportunité. Si des géants comme Goliath investissent dans le jeu « hobby », c’est qu’ils croient en son potentiel. De quoi, peut-être, amener de nouveaux publics vers ces jeux plus exigeants, plus innovants. À condition, bien sûr, de ne pas dénaturer ce qui fait leur essence.

Car c’est bien là tout l’enjeu : réussir à démocratiser le jeu « hobby » sans le vider de sa substance. Trouver le juste équilibre entre accessibilité et profondeur, entre rentabilité et audace créative. Un défi de taille, qui va demander de la finesse et de la vision.

L’avenir du jeu de société n’est pas écrit. Avec tous ces mouvements, dont celui d’hier avec Asmodee qui devient indépendant, l’industrie du jeu de société est en pleine effervescence ! L’avenir du jeu de société n’est pas écrit. Il continue de l’être.


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Que pensez-vous de cette acquisition de Lucky Duck Games par Goliath ? Selon vous, quels pourraient être les avantages et les inconvénients de ce rapprochement pour les joueurs passionnés de jeux de société ?

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4 Comments

  • Karlack

    Ça explique peut-être pourquoi Lucky Duck Games ne se lance pas dans la traduction et la distribution de nouveaux projets sur Kickstater, comme Abondance, l’extension du jeu Earth qui avait fait un carton et pourtant déjà géré par Lucky Duck la première fois.

    Le monde ludique avait un bel avenir devant lui, sans doute pas dans ces conditions

  • Ange

    Je me pose la question de l’initiative de ce rachat. Est ce Goliath qui vient voir les éditeurs et leur propose le rachat pour, par exemple, grossir leur portefeuille ou sont-ce les petits éditeurs qui cherchent un racheteur/structure support, parce qu’ils voient qu’ils risquent la faillite à moyen terme et/ou pour avoir plus de moyens pour proposer plus de choses ???

  • Zill

    J’adore Lucky Duck Games et ses jeux. Mais est-ce un éditeur Français ou Polonais? Certes le fondateur et actuel président est Français mais la société est basé en Pologne.

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