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Écologie,  Jeux de plateau

Jeux de société : Produire en Europe va-t-il coûter plus cher ?

🇪🇺 Produire un jeu en Europe coûtera-t-il plus cher ? PET, droits de douane et PPWR : ce qui se prépare et ce qui pourrait changer.


Jeux de société : Produire en Europe va-t-il coûter plus cher ? Ce qui se prépare à Bruxelles

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L’essentiel en 3 points :

  • Jeux de société : des pays européens envisages des restrictions sur le PET, époxy et fibres de verre.
  • Le PET entre dans certains inserts de jeux de société, pas dans tous les plastiques.
  • Aucun surcoût sur les jeux n’est pour l’instant établi, à voir au moment de l’application.

Le prochain casse-tête des éditeurs pourrait se cacher sous les pions, dans le plastique qui les range.

Des restrictions européennes sur certaines matières sont envisagées, mais aucun surcoût sur les jeux n’est encore établi. Le paradoxe à surveiller : protéger les producteurs de matières pourrait compliquer la vie de certains fabricants européens.

Selon l’enquête de Philip Blenkinsop publiée par Reuters ce jeudi 10 septembre 2026, la France, l’Italie et probablement l’Allemagne préparent des demandes de sauvegarde visant le PET, les résines époxy et les fibres de verre. Les démarches seraient attendues dans les prochaines semaines.

L’inquiétude industrielle n’est pas imaginaire. Un rapport Roland Berger publié en décembre 2025 et commandé par le Cefic, la fédération européenne de la chimie, recense 37 millions de tonnes de capacités annuelles de production annoncées à la fermeture en Europe entre janvier 2022 et décembre 2025 : environ 9 % du total européen. Il s’agit d’annonces, pas d’un décompte d’usines déjà fermées. Préserver des fournisseurs européens constitue donc aussi un enjeu pour leurs clients.

Une sauvegarde, pas une taxe sur les jeux

Une sauvegarde répond à une hausse des importations causant, ou menaçant de causer, un préjudice grave à l’industrie européenne. Elle n’exige pas de démontrer des pratiques déloyales. Un dispositif possible consiste à fixer un volume d’importations, puis à appliquer un droit supplémentaire au-delà. Il viserait en principe toutes les origines, sous réserve d’exceptions.

L’enquête prend normalement jusqu’à neuf mois, exceptionnellement onze ; des mesures provisoires restent possibles. Rien n’est donc automatique. Et attention au mot « nouvelle » : des droits antidumping existent déjà sur certaines importations d’époxy, notamment chinoises. Ce dossier de sauvegarde serait une autre procédure, pas la première intervention douanière sur ces matières.

Dans nos boîtes, surtout le PET

Le lien le plus concret passe par les inserts thermoformés, le thermoformage, ou thermofromage comme on aime bien le dire, ces rangements qui empêchent nos composants de voyager en classe économique dans la boîte. Le fabricant Eastar cite le PET parmi les matières utilisables, aux côtés du PETG, du PVC, du PS et du PP. Certains inserts pourraient donc être concernés indirectement ; « plastique » ne veut pas dire « PET ».

Crédit image : Eastar Game Manufacturing

Pour l’époxy, la prudence s’impose. La Commission cite des usages dans les adhésifs et les revêtements, mais cela ne prouve pas sa présence dans les colles d’un jeu précis. Et « figurine en résine » ne suffit pas à identifier une composition chimique présente dans les jeux de société.

Le paradoxe du « fabriqué en Europe »

Imaginons une usine européenne important du PET pour fabriquer ses inserts. Une surtaxe sur cette résine pourrait alourdir ses achats. Comparons-la à un concurrent fabriquant entièrement ses jeux hors de l’Union : celui-ci y importerait des boîtes terminées, pas de la résine.

Si le futur dispositif ne couvrait que la matière, le jeu fini ne supporterait pas automatiquement le même droit. Protéger le fournisseur européen pourrait ainsi pénaliser son client fabricant, face à un concurrent étranger.

C’est une hypothèse industrielle, pas une conséquence annoncée. Tout dépendrait des produits et codes douaniers retenus, des approvisionnements et de la répercussion des coûts. À l’inverse, préserver une production européenne de matières pourrait sécuriser des approvisionnements à plus long terme. Le dilemme oppose donc aussi deux horizons : la facture immédiate et la solidité future des fournisseurs.

Le PPWR joue une autre partie

Le règlement européen sur les emballages et leurs déchets, ou PPWR, est applicable depuis le 12 août 2026, avec des obligations échelonnées. Ce n’est pas une taxe. Il fixe des exigences sur les emballages, tandis qu’une sauvegarde encadre les importations pour protéger une industrie.

Le rapprochement reste pertinent : vérifier la conformité d’un emballage ou le repenser peut mobiliser du temps et de l’argent. Une hausse de matière viendrait éventuellement s’y ajouter. Mais présenter l’ensemble comme deux taxes déjà décidées serait trompeur. Nous avions détaillé les difficultés des petites structures dans notre décryptage du PPWR.

Combien de plus sur une boîte ?

Impossible à chiffrer sérieusement aujourd’hui. Il manque le périmètre, les éventuels quotas, les taux et surtout la composition des jeux concernés. Clairement, on ne peut pas davantage affirmer que le plastique pèse toujours peu dans leur coût. Une surtaxe sur une matière ne se traduit pas mécaniquement par le même pourcentage sur le prix public.

Pour un éditeur, le premier réflexe serait de demander au fabricant la matière exacte des composants et où elle entre dans l’Union. Puis de comparer les solutions : un insert en carton, déjà proposé par certains fournisseurs, peut réduire la dépendance au PET, à condition de protéger correctement le contenu. Enfin, surveiller une éventuelle ouverture d’enquête et son périmètre, plutôt que modifier précipitamment son tarif.


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