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Monsters Of Loch Lomond : Le Skyjo qui avait de l’ambition

🏴󠁧󠁢󠁳󠁣󠁴󠁿 Memory + golf de cartes + mythes celtes : le cocktail malin de Monsters of Loch Lomond. Un jeu de poche savoureux.


Monsters Of Loch Lomond : chassez-les tous !

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.

L’essentiel en 3 points :

  • Monsters Of Loch Lomond, un jeu de cartes memory-golf interactif, avec une direction artistique gaélique et un bestiaire celtique.
  • Fluide et rapide, il excelle dans l’interaction entre joueurs, mais peut frustrer ceux distancés dès les premières manches.
  • Un peu cher pour le matériel, mais l’éco-responsabilité justifie (presque) l’addition.

Le Loch Ness a son monstre iconique. Le Loch Lomond, lui, en a soixante-douze, et ils sont tous planqués dans un petit deck de cartes.

Imaginez Pokémon au pays de Highlander… Bon, je vous l’accorde, dit comme ça, ça ne fait pas vraiment rêver. Et pourtant, c’est en substance ce que nous propose le jeu Monsters of Loch Lomond, édité par le label néerlandais Key Card Games. Sauf que, contrairement à Sacha, l’objectif ne sera pas d’attraper toutes ces créatures qui parcourent la lande — bien au contraire. En tant que chef de clan, votre mission consiste à les chasser des terres de votre village pour que vos congénères puissent y vivre en paix ! Mais ces bestioles ne se laisseront pas faire si facilement : dissimulation et duplicité sont leurs armes favorites.

Si tout le monde connaît le Loch Ness et son célèbre monstre, moins ont entendu parler du Loch Lomond… Et pourtant, c’est le plus grand des lochs de Grande-Bretagne par sa superficie, et le deuxième en volume après le Loch Ness. Situé à proximité de Glasgow plutôt qu’en plein cœur des Highlands, c’est un site naturel touristique aux paysages époustouflants.

Panse de carton farcie

Parlons d’abord de la couverture de cette petite boîte : illustrée par Rixt Heerschop, elle donne d’emblée le ton avec ses couleurs harmonieuses et son trait empreint d’une douce naïveté. Il s’en dégage une simplicité et une atmosphère toute particulière, évoquant immédiatement le Loch Ness, la mythologie celtique et la rudesse du climat du nord du Royaume-Uni. Elle attire l’œil tout en restant sobre, alliant élégance et mystère sans artifices tape-à-l’œil.

À l’intérieur de la boîte, même musique (de cornemuse)… 72 cartes et un bloc-notes de score : difficile de faire plus minimaliste. Et pourtant, là encore, le travail est soigné : les magnifiques illustrations d’inspiration gaélique ornent tous les visuels des cartes, jusqu’à leur dos, agrémentés avec goût et souci d’authenticité. La première édition utilisait des visuels assez impersonnels générés par IA ; heureusement, cela a été corrigé dans cette seconde édition grâce au recours à un véritable artiste. C’est donc un sans-faute graphique auquel on aboutit finalement, et l’on se plonge immédiatement dans l’atmosphère voulue avec une aisance certaine.

De plus, les cartes offrent un grain et une épaisseur très agréables à manipuler — ce qui peut sembler un détail, mais se révèle véritablement appréciable à l’usage. En effet, les cartes sont régulièrement brassées et se doivent d’être solides, en plus d’être belles. Jouer à un jeu de société est aussi une expérience sensorielle, comme peuvent en témoigner tous ceux qui ont manipulé des jetons en bois ou des pièces métalliques. Ici, pas de pions ni de plateau, mais ce n’est pas parce que le matériel est limité qu’on tolère qu’il soit bâclé — et c’est exactement le parti pris de cette édition : un matériel réduit, mais de qualité. On valide.

Cerise sur le gâteau, le petit label « eco-friendly game » atteste d’une réelle préoccupation environnementale dans la conception du jeu. Vu l’attachement de l’Écosse à son patrimoine naturel exceptionnel, il aurait été dommage de produire un jeu bourré de plastique et fabriqué en Chine. On s’en tient donc au carton, avec une fabrication européenne chez Fabryka Kart en Pologne. Bien !

Enfin, le livret de règles est bien détaillé et illustré, limpide et permet de prendre le jeu en main en quelques minutes. Tout au plus a-t-on dû relire à plusieurs reprises un point sur l’ordre de résolution de certains effets, mais rien d’insurmontable. Bref, jusqu’ici, Monsters of Loch Lomond, c’est bon comme du haggis (la panse de brebis farcie) : ça n’en a pas forcément l’air comme ça, mais c’est vraiment savoureux (si si, je vous le jure, j’ai essayé). Mais qu’en est-il du jeu lui-même ?

Il ne peut en rester qu’un…

Le jeu se joue en 4 manches. L’objectif, comme évoqué précédemment, est de chasser tous les monstres qui rôdent dans votre clan en vous en débarrassant dans la pile de défausse.

Ce clan est représenté par 4 cartes distribuées depuis la pioche, disposées en carré devant vous, face cachée. Vous pourrez prendre connaissance des deux cartes du bas, mais après cela, il faudra vous en souvenir !

Les monstres sont symbolisés par des cartes de valeur 4 à 13, qui s’additionnent pour donner votre score : moins il est élevé, mieux c’est. On retrouve ici la mécanique du jeu traditionnel de golf, dont Skyjo est le descendant — mais Monsters of Loch Lomond s’avère bien plus malin (et intéressant).

Le paquet contient également des humains de valeur -3 à 2, qu’il sera évidemment plus avantageux de conserver dans son clan. Quant à la carte de valeur 3, elle est un peu particulière : c’est un œuf de monstre. Ni humain, ni monstre, elle ne représente pas un danger en tant que tel… pour le moment. À la manche suivante, l’œuf éclot, et vous démarrerez avec un marqueur bébé-monstre de valeur 4, dont l’utilité sera expliquée plus loin.

Au début de chaque manche, on révèle la carte du dessus de la pioche, placée dans la défausse face visible. Ensuite, chacun à son tour, chaque joueur choisit de prendre une carte depuis la pioche (face cachée) ou depuis la défausse (face visible). Les cartes à effets spéciaux ajoutent une couche supplémentaire de malice au jeu, notamment le « shoo ! » permettant de dénoncer un doublon chez un adversaire. Attention toutefois à ne pas se tromper : une erreur se sanctionne d’une carte supplémentaire dans son propre clan.

Les tours s’enchaînent jusqu’à ce qu’un joueur proclame « Freedom ! », estimant qu’il n’a plus de monstres dans son clan. Ses adversaires jouent alors un dernier tour avant que la manche s’arrête, et le clan du libérateur devient intouchable. Au bout des 4 manches, celui qui affiche le score total le plus bas l’emporte.

Rage against the monsters

La combinaison tableau de golf et mémoire avec des cartes à effets fonctionne à merveille ! On a enchaîné les parties sans forcer, avec ce délicieux petit goût de revanche. Le jeu s’avère fluide et dynamique, et c’est un vrai plaisir — gentiment mesquin — de se moquer de son adversaire quand il retourne une mauvaise carte face cachée devant lui.

Car grâce au twist des effets de monstres, le ballet des cartes devient vite difficile à suivre — un véritable bonneteau. Chaque créature a son effet propre, et certaines sont de vraies plaies, comme le « red-cap » (bonnet-rouge), un gobelin maléfique typiquement écossais. Vous apprendrez à le détester : dans le folklore, il trempe son bonnet dans le sang de ses victimes, et dans le jeu, il permet de pourrir l’adversaire en lui ajoutant une carte supplémentaire depuis la pioche dans son tableau — gratuitement. C’est méchant, et vous n’avez pas fini de pester quand vous en prenez un dans les dents (ou de jubiler sadiquement quand vous l’infligez à autrui).

Le vernis de mythologie celtique est particulièrement bien rendu, avec tout ce bestiaire fantastique écossais. La règle comporte d’ailleurs une section finement documentée sur le sujet, permettant d’enrichir sa culture générale en faisant connaissance avec les « broonies » (sortes d’elfes domestiques roublards), les « kelpies » (chevaux aquatiques) ou les selkies (créatures mi-femmes, mi-phoques). Seul regret : même si l’effort thématique est bien présent dans la mécanique, on finit par prêter davantage attention aux chiffres des cartes qu’à leurs noms.

Autre petit bémol : on n’a guère le droit à l’erreur. Un malus encaissé pour une fausse suspicion, un tirage malchanceux qui plombe votre main, et c’est un handicap difficile à surmonter. Cela pousse à la prudence, certes — mais c’est très punitif. Certains joueurs grinceront des dents dès la troisième manche en réalisant que le retard accumulé est probablement insurmontable. Frustrant. Heureusement, la durée des parties permet facilement d’en rejouer une rapidement.

Enfin, le prix (près de 20 €) est relativement élevé pour ce qui reste, en fin de compte, un jeu de cartes. On peut se consoler en invoquant la démarche éco-responsable et la qualité d’ensemble — et c’est vrai. Mais quelques petits jetons en bois ou en carton à la place des cartes servant de marqueurs auraient été bienvenus.

Monsters of Loch Lomond : verdict

Alors, Monsters of Loch Lomond, c’est bien ?

Aye ! Oui !

Vous l’aurez compris : on a là un petit jeu bien malin et agréable, facile à expliquer et à prendre en main, mais qui n’est pas dénué de difficulté ni de profondeur. Qui plus est, sa direction artistique est soignée et plonge subtilement les joueurs dans la grisaille et le mysticisme de l’Écosse — ce qui n’est pas le moindre de ses attraits. On prend plaisir à traquer les monstres tout en se nouant les méninges pour se souvenir de ce qu’il y a chez soi et chez ses voisins. On savoure les coups bas fomentés contre eux, et l’on râle gentiment quand on en est la victime. Les retournements de situation et les surprises générés par l’aléatoire des tirages et les effets des créatures maintiennent l’engagement du début à la fin.

Alors oui, on pourra lui reprocher son dépouillement pour le prix, la part importante laissée à la (mal)chance et des erreurs de jeu trop lourdement sanctionnées — mais ce serait un mauvais procès. Car même si la thématique reste un brin plaquée, elle est bien présente, et le jeu est bien plus futé et esthétique qu’un Skyjo (ce qui, certes, n’était pas très difficile). Donc pour à peine plus cher, je vous le dis sans détour : il n’y a pas photo. Foncez sur ce petit jeu aussi savoureux qu’un bon whisky écossais… sauf que lui, vous pourrez le consommer sans modération.

On a aimé :

  • L’esthétique à la fois rude et raffinée, comme un tartan en laine de moutons des Highlands fraîchement cardé.
  • Les rebondissements et l’interaction perpétuels, comme des escarmouches de clans à la claymore (mais moins de blessés, normalement).
  • La dimension culturelle et l’éco-responsabilité, parfaitement raccord avec cette terre sauvage et de légendes.

On a moins aimé :

  • Le prix un poil élevé — et ce n’est pas de la pingrerie écossaise à la Picsou McDuck.
  • L’aspect memory, qui vous mettra en PLS devant votre petit dernier qui a encore tous ses neurones, lui.
  • La difficulté de revenir dans la partie une fois distancé. Vae Victis, loser.

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous rêviez d’un Skyjo qui ne soit pas moche comme un pot de peinture renversé, et avec une vraie thématique.
  • Vous avez regardé tout Outlander et les mythes et légendes d’Écosse vous font battre le cœur.
  • Vous aimez embêter vos adversaires avec espièglerie, façon lancer de tronc d’arbre dans la figure (sans les dégâts physiques).

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Vous êtes un control freak et préférez mitonner votre tableau tout seul dans votre coin.
  • Vous êtes allergique à Rebelle de Disney et préférez la British jelly au Scottish shortbread.
  • Vous jaugez la légitimité d’un jeu à l’aune de son rapport poids/coût (mauvaise nouvelle : c’est léger).

La phrase qui résume tout : Monsters of Loch Lomond, c’est un whisky de poche. Pas le plus grand, pas le moins cher, mais une fois qu’on y a goûté, on en redemande. Sláinte !

Pas mal, mais avec des réserves

Note : 3.5 sur 5.

  • Label Dé Vert : Oui. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Peter Jan van der Veek, Robin Stokkel
  • Illustrations : Rixt Heerschop
  • Édition : Key Card Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 6
  • Âge conseillé : Dès 14 ans
  • Durée : 30 minutes
  • Thème : Mythlogie, médiéval
  • Mécaniques principales : Mémoire, construction de tableau. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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